L’ARBRE DE VIE COSMIQUE ET SES FLEURS

 

L’individualité véritable au-delà de l’égo

La nature exacte des rapports existant entre la conscience égoïste et le champ de conscience cosmique évoqués dans les sagesses antiques ou la nouvelle physique est très ambiguë. La plupart des sages et mystiques enseignent le caractère illusoire de l’égo. Krishnamurti déclare qu’il n’y a pas d’entité permanente telle que nous nous éprouvons la plupart. « Il n’y pas de « penseur », répète-t-il souvent (Conférence d’Ojai, 1944).

Seule existe une succession de pensées sur laquelle nous superposons arbitrairement la notion d’un égo permanent. Ce qui vient d’être énoncé constitue l’une des bases essentielles du Bouddhisme que nous avons commenté ailleurs ».

Krishnamurti définit l’art de vivre comme un processus de libération des limites fictives et des conditionnements de l’égo. Cette mutation spirituelle aboutit-elle à une intégration totale et définitive dans l’immensité de la conscience universelle comme la goutte qui se perd dans l’océan ?

S’agit-il d’une extinction complète ?

Reste-t-il quelque chose et dans ce cas quelle pourrait être la nature de ce « quelque chose » ?

Quel serait son rôle ?

Tao de francesca

 Krishnamurti a déclaré que « mourir à soi-même est un ravissement ». Nous sommes en droit de nous poser la question : ravissement de « qui » ? Y a-t-il un « qui » ? La nature des relations réciproques entre le Tout et les parties a fait l’objet de nombreux commentaires contradictoires. L’étude de ce problème risque d’égarer le chercheur dans des spéculations intellectuelles ou métaphysiques inutiles.

Nous tenterons de ne pas tomber dans ce piège. Krishnamurti nous demanderait de découvrir la motivation première d’une telle question. Ne serait-elle pas l’expression d’une peur de l’égo pressentant la nécessité de mourir à lui-même tout en ayant l’assurance de ce qui subsisterait de lui après cette mutation ? Toujours est-il que nous sommes la plupart engloutis dans le réseau complexe des mémoires formant le contenu de notre conscience personnelle. Les sagesses antiques évoquent le rôle prioritaire d’une essence universelle unique et les sciences nouvelles en confirment le bien-fondé.

Toutes deux enseignent la nécessité d’un démantèlement de l’égo afin de résoudre de façon définitive les problèmes résultant des crises tant individuelles que collectives. II est normal de se poser la question de savoir quelles sont les relations naturelles existant entre l’individuel et l’universel, entre l’individu humain et la totalité multidimensionnelle de l’univers. Quels sont les comportements concrets et l’attitude mentale adéquate dans l’approche de ce problème ? La réussite ou l’échec de notre vie en dépendent. Pour répondre à cette question, il est préalablement nécessaire de dissiper une équivoque fréquente concernant le sens que nous donnons à des mots tels que « égoïsme », « égo », « individualité ».

Krishnamurti insiste souvent sur le fait que nous ne sommes pas réellement des individus. L’étymologie du mot individu suggère une réalité ou un état d’être exempts de toute division, de toute fragmentation. Or, nous sommes psychologiquement fragmentés en une multitude de tendances contradictoires entre lesquelles existent des tensions conflictuelles constantes. Nous sommes divisés. Nous savons intellectuellement ou intuitivement que nous devrions agir dans une certaine direction mais dans la matérialité des faits, nous agissons dans un sens contraire.

Ainsi que le déclare Krishnamurti (« Eveil de l’intelligence », pp. 468-469) : « Je suis moi-même fragmenté. En moi-même, je suis conditionné. Et cette fragmentation peut cesser si je vois clairement que toute ma conscience est elle-même constituée par cette fragmentation. C’est ma conscience qui est la fragmentation ».

Cette fragmentation s’effectue à deux niveaux. Elle est double psychologiquement. D’une part, nous sommes divisés en nous-mêmes. D’autre part, nous nous sommes séparés de façon arbitraire et excessive de la Totalité-Une de l’Univers dont nous sommes une émanation. Nous en sommes inséparables et solidaires à tous les niveaux : physiques, biologiques, psychologiques et spirituels.

En chaque être humain s’affrontent les aspects et les interférences de deux situations apparemment inconciliables et contradictoires. D’une part, nous formons des entités biologiques dotées d’un corps isolé par la peau. Il possède une certaine autonomie, plus apparente que réelle. Ce corps revêt une forme particulière. Il est porteur de potentialités uniques et possède un cerveau, à la fois récepteur et émetteur d’un réseau considérable de pensées, de mémoires construisant une image de nous-mêmes. Celle-ci possède une singularité spécifique.

Notre isolement et notre séparation ne concernent toutefois que le niveau « surfaciel » de notre constitution globale. Dans la mesure où nous allons en profondeur, un spectacle non seulement différent mais opposé s’offre à nos yeux. Une première étape de notre exploration s’arrête provisoirement au niveau de nos constituants sub-atomiques, bien au-delà de nos cellules, des molécules géantes qui les constituent, bien au-delà des constituants sub-neutroniques et sub-protoniques au cœur du noyau. A ce niveau profond, se révèlent des processus incroyables dans leurs extensions universelles et leur intensité. Il est indispensable d’en citer sommairement les plus essentiels. Ils viennent d’être révélés par la nouvelle physique quantique.

 Celle-ci nous enseigne « qu’une particule existe (un électron ou un « quark » par exemple) parce que toutes les autres particules de l’Univers entier existent à la fois » . Pour être clair, disons que quelque chose d’une particule se trouve dans toutes les particules de l’Univers jusqu’aux lointaines galaxies situées à des millions d’années-lumière, et, réciproquement, quelque chose de ces innombrables particules se trouve dans la particule en question. Aux niveaux sub-atomiques, la matière de l’Univers est formée par une sorte de trame de milliards d’ondes et de champs qui se superposent, s’entremêlent dans une interfusion constante. Cette « interfusion » universelle était enseignée dans l’Inde antique et symbolisée dans la célèbre parabole du collier d’Indra, citée dans l’Avatamsaka Sûtra.

Le « collier d’Indra » est formé de milliards de perles. Chaque perle contient le reflet de toutes les autres et réciproquement, toutes les autres perles contiennent le reflet de la première. Au terme d’une seconde étape, nous aboutirons au seuil de l’unité absolue du champ de conscience cosmique au sujet duquel rien ne peut être dit dans le langage ordinaire ni imaginé par quelle que représentation que ce soit. La priorité absolue de cette réalité unitaire conduit David Bohm à dire que « le particulier » est une abstraction.

SOURCE : http://www.revue3emillenaire.com/



QUELQUES ECHOS DE LA LUMIERE SPIRITUELLE DANS LES TRADITIONS

 

BougieLes allusions à la lumière spirituelle sont nombreuses dans les sagesses orientales et extrême-orientales. Les textes classiques contiennent fréquemment des expressions telles que « lumière divine » ou « lumière spirituelle ».

La Bhagavad Gîta, ou « Chant du Seigneur » contient de nombreuses allusions à la lumière spirituelle .

Nous lisons au verset 17 du Onzième dialogue : « Je TE vois partout, rayonnant de lumière.. étincelant comme le feu, éblouissant comme le Soleil incommensurable, dans toutes les régions du ciel », et verset 17 du treizième dialogue : « CELA, lumière des lumières est au delà des Ténèbres. C’est la Sagesse et l’objet de la Sagesse que peut connaître la Sagesse qui réside dans le cœur de chacun ». Les célèbres « Oupanishads » évoquent avec plus de fréquence encore l’importance de la Lumière spirituelle.

La Mundakopanishad y fait allusion : Verset 1, Deuxième partie : « Lumineux par soi-même, secrètement actif, foyer puissant, CELA, connais le, adorable comme être et non-être ». Verset 2 : « Ce qui est empli de Lumière.. c’est en CELA que Brahman ne connaît pas de changement. C’est la Vie ». Verset 9 : « Dans le radieux vêtement supérieur de l’homme est Brahman, sans tache, indivis. CELA est la pure clarté de toutes les lumières que connaissent ceux qui se connaissent eux-mêmes ». Verset 10: « Le Soleil et la lune ni les étoiles ni les éclairs ne brillent. Lorsqu’IL (Brahman) brille, toutes choses brillent après LUI : c’est de l’éclat de Brahman que brillent toutes choses ici bas ».

L’ésotérisme Soufi et Islamique enseigne que la Lumière spirituelle En-Nûr et l’Esprit Er-Rûh sont une seule et même réalité. Pour les Bouddhistes chinois, le caractère Ming symbolise l’Illumination au cours de laquelle les « dix mille choses » se révèlent sous l’aspect d’une essence commune de pure lumière. L’évocation de la lumière spirituelle constitue une part importante des enseignements du Bouddhisme tibétain dans la Doctrine de la Claire Lumière.

Celle-ci a été traduite par le Lama Kasi Dawa Samdup et commentée dans le « Yoga Tibétain » par le Professeur Evans-Wentz de l’Université d’Oxford . Le verset 161 expose que : « L’Etat Réel de l’esprit, l’identité véritable de toutes choses, inséparable du Vide, au delà des phénomènes, pendant que l’on expérimente le « Grand Bonheur » qui va au delà de la pensée, est la Claire Lumière Fondamentale ».

L’ouvrage auquel nous nous référons est intéressant par les conseils pratiques qu’il expose et confirme ce que d’autres de nos instructeurs nous ont enseigné, notamment Sam Tchen Khâm Pâ, le Lama Yongden et Alexandra David Neel. Il met en évidence l’importance du silence mental et plus spécialement l’attention au « Vide interstitiel » existant entre les pensées. Ceci correspond d’ailleurs à « l’état d’intervalle » auquel Krishnamurti fait allusion.

Le paragraphe 9 expose  : « La réalisation de la Claire Lumière doit prendre place dans l’intervalle existant entre la cessation d’une pensée et la naissance de la pensée suivante ».

Le paragraphe 10 rappelle les six règles de Tilopa : « Ne médite pas, ne réfléchis pas, n’analyse pas ». « N’imagine pas, ne pense pas, demeure dans l’Etat Naturel ». Paragraphe 11 : Méditant sur ce qui apparaît comme Vide, c’est la « descendance de la Claire Lumière ». Nous avons commenté et développé l’importance des moments de silence mental permettant la prise de conscience des états d’intervalle entre les pensées .

Ceux-ci ont deux conséquences hautement libératrices. Premièrement, ils produisent une rupture dans l’apparente continuité de la conscience de l’égo. Or, cette continuité est précisément, comme le suggère Krishnamurti, une prison responsable de notre exil, notre véritable « patrie » étant la Claire lumière primordiale. Deuxièmement, l’état d’intervalle est l’opportunité que saisit la Lumière primordiale pour dissiper l’ombre de la « caverne » psychologique dans laquelle l’égo se trouve englouti. Dans le silence mental une « porte » s’ouvre et nous livre accès à d’autres dimensions essentielles, tel est le sens profond de la « grande opportunité ».

Le Yoga tibétain expose l’opportunité de l’attention non-mentale exercée lors du glissement dans le sommeil. Il déclare notamment au verset 17  : La reconnaissance de la Claire Lumière a lieu dans l’intervalle qui se trouve entre la cessation des expériences de l’état de veille et le commencement des expériences de l’état de sommeil. Les expériences de l’état de veille évoquées ici concernent évidemment l’identification aux mémoires, l’attachement au passé et à l’image de soi ainsi que toute fixation mentale. Nous retrouvons la même exigence formulée dans le « no abiding mind » du Maître Hui-Haï dans le Ch’an. Il est important de souligner que dans l’optique des Maîtres Tibétains, aussi bien que dans celle de l’Advaïta Védanta, du Ch’an, de Krishnamurti et des « Voies Abruptes » l’Etat d’Eveil dans la Claire lumière primordiale est le seul « Etat Naturel ».

Il est permanent, dans son renouvellement quelles que soient les circonstances et n’est pas influencé par les alternatives périodiques de sommeil ou d’activité. Ainsi qu’il est enseigné dans le verset 178 . « Si la méditation est pratiqué avec succès, le yoguin réalise une clarté de perception extatique appelée Lumière. Elle ne luit que lorsque le yoguin a réussi à maintenir la continuité de conscience au travers des états de veille, de sommeil et de l’état intermé- diaire qui existe entre les deux ».

Une rectification de ce texte s’impose nous semble-t-il. A notre avis et selon Krishnamurti, « nous » n’avons pas à réussir à maintenir l’état d’Eveil intégral. La priorité du champ de conscience cosmique, ou, en d’autres termes l’intensité d’énergie de la Claire lumière primordiale (correspondant vraisemblablement à ce que Krishnamurti désigne en anglais par le terme « Otherness ») s’impose d’Elle-même sans aucun acte de volonté de notre part. Ceci est d’autant plus évident que dans l’Etat d’Eveil intégral il n’y a plus d’égo.

Il n’est pas inutile de souligner que du point de vue expérimental, le silence mental parfait s’accompagne instantanément d’un transfert du centre de la conscience dans le plexus solaire et dans le « Hara ». Ces centres sont psychiques et non physiques.

 

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ALLUSION A L’EXPÉRIENCE DE LA LUMIERE SPIRITUELLE DANS L’OEUVRE DE KRISHNAMURTI

Krishnamurti évoque de temps à autre l’existence d’une Lumière spirituelle mais il se garde d’y accorder l’importance que nous serions tentés de lui donner. Lorsque nous lui en parlons il attire notre attention sur le danger que constitue pour nous la construction d’une image mentale de la lumière qui s’interposerait entre elle et nous. Les allusions les plus directes à la lumière spirituelle se trouvent dans le « Krishnamurti’s Notebook ». Il en évoque la puissance et la beauté. L’ouvrage, publié en 1976 n’étant pas encore traduit en 1987, nous donnons une traduction littérale . « Ce matin.. au-delà de toute méditation, pensée et des illusions que la sensibilité crée, il y avait une lumière intense, brillante (perçue) au centre du cerveau et au-delà du cerveau au centre profond de la conscience. C’était une lumière qui n’avait pas d’ombre et qui n’était située dans aucune dimension. Elle était là, sans mouvement. Avec cette lumière il y avait la présence d’une force incalculable et la beauté au-delà de la pensée et du sentiment ».

A la page 40  : « C’était une vision qui était au-delà des rivières, des montagnes, du passé de la Terre et de l’horizon et des peuples. Dans cette vision il y avait une lumière pénétrante et une incroyable rapidité. Le cerveau ne pouvait pas la suivre et la pensée ne pouvait pas la contenir. C’était une pure lumière.

Et p. 175. « Il y avait la lumière, non celle du soleil couchant ni une lumière artificielle; celles-ci font des ombres mais il y avait la lumière sans ombre.



L’arbre et la notion de renouveau

:

La Chine , nous l’avons déjà vu, ne possède pas le monopole exclusif du symbolisme de l’arbre.

On retrouve bien évidemment l’arbre de vie dans la Kabbale et l’arbre de la connaissance (ou du péché !) dans la bible au coté de Adam et Eve. Mais on le retrouve également avec Ygdrasil l’arbre cosmique de la mythologie scandinave sans parler des arbres du zodiaque et des arbres généalogiques qui symbolisent la succession des générations, donc le passé, le présent et le futur. L’arbre représente donc et bien l’axe du monde (axis mundi) qui relie le Ciel et la Terre.

En énergétique chinoise l’arbre, donc le Bois, symbolise le Printemps, l’Est, l’Orient, le Petit (ou Jeune) Yang, la croissance, la régénération, la renaissance et la résurrection.

Il  puise sa force dans les profondeurs de la Terre , ce qui correspond au Nadir, au Grand Yin, au Nord, à l’Eau grâce à ses racines mais sort de l’obscurité pour venir à la rencontre de la lumière. Chaque année il semble mourir en hiver mais ressuscite (se remet en mouvement) à nouveau au printemps.

36
Cela correspond symboliquement en Chine à l’hexagramme 36 

http://livreblogdujeudutao.unblog.fr/category/le-livre-des-mutations/

 


« Ming Yi »
« l’obscurcissement de la lumière » ou le matériel funéraire et en Occident et au Moyen Orient à la mise au tombeau. 

Cette mise au tombeau, donc à l’obscurité des profondeurs de l’hiver, est naturellement suivie par le retour à la vie, à la lumière du printemps, à la résurrection, donc à la renaissance et au renouveau des énergies. 
En Chine, le premier jour de l’année est également le premier jour du Printemps, donc celui du renouveau de la nature, de la germination des énergies. 
L’élément bois est donc rattaché à la vue. 
On dit toujours « il a vu le jour à telle date ». 
Mais également aux muscles et au tendons qui motivent le mouvement et l’activité physique.

Le symbolisme occidental de l’Arbre de Vie ou de l’Arbre de Croix

On parlait jadis de « l’arbre de la croix ». 
On arborait donc la croix. 
La croix symbolisa donc aussi l’épée franque qui souhaitait se mesurer au cimeterre, donc au croissant. Il est à noter que la croix, constituée de bois, se compose d’une barre verticale (symbolisant le Ciel) et d’une barre horizontale (symbolisant la Terre ), d’une partie visible se tournant vers l’au delà et d’une partie invisible se situant dans l’au deçà. Elle symbolise donc la vie…et la Voie.
Le métal des clous et de la lance symbolise la mort physique. 
Le tout se transforme, lors de la résurrection, en lumière céleste et en éternité.

 arbre

avant la pratique matinale

Et une information sur les faux-arbres antennes 
cliquer ici

Et une curiosité occidentale : l’arbre de Saint Claude ou Saint Gleude 
C’est « l’arbre à loques » situé entre Picardie et Normandie.
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L’INDIVIDU VERITABLE A UN ROLE A JOUER

 

Par la réalisation de sa véritable individualité, chaque être humain est appelé à jouer le rôle que la Totalité universelle lui assigne. Il doit être comme une fenêtre ouverte, ici, en « surface » où s’exprime en lui et par lui l’infinitude du champ de conscience universel. Il est dès lors un membre actif du « Corps cosmique ».

 Nous avons insisté à maintes reprises sur la vision de la nouvelle physique quantique et de la biologie systémique évoquée par Fr. Capra, David Bohm et plusieurs savants tels E. Jantch. Ceux-ci considèrent la Totalité-Une de l’Univers comme l’unité organique d’un seul et même « Grand Vivant » suprêmement substantiel.

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Le corps cosmique du Grand Vivant s’exprime à travers les membres innombrables que sont les véritables individus, libérés de leur égo. Le rôle de chaque unicité individuelle peut être comparé à celui que jouent les notes particulières dans la Grande Symphonie universelle. Ce rapprochement n’est d’ailleurs pas nouveau.

Chaque note possède sa singularité propre se traduisant par un son restant toujours unique mais vibrant et se renouvelant sans cesse parce qu’il s’accorde aux rythmes toujours changeants du Grand Vivant. Il est à remarquer que sans le recours au jeu des notes innombrables et différentes qui la constituent, la symphonie ne pourrait exister. Un rapport identique existe entre les parties et le Tout, entre les individus et l’Universel. La notion de Corps Cosmique évoquée dans les sagesses antiques, tel le Dharma Kaya dans le Védanta ou le Corps de Bouddha dans le bouddhisme ou « le Corps de Christ » dans l’ésotérisme chrétien se trouve curieusement mise en évidence par la nouvelle physique quantique. Fr. Capra le souligne dans le « Tao de la Physique » où il écrit  : « L’expérience du Corps est en fait soulignée dans bien des traditions orientales et est considérée comme la clef de l’expérience mystique du monde. »

Lorsque nous sommes en bonne santé, nous ne sentons aucune fragmentation de notre corps mais le percevons comme un tout unifié, et cette conscience engendre un sentiment de bien-être et de bonheur. De façon semblable, le mystique perçoit l’intégralité de l’Univers comme un prolongement du corps. » La notion de « corporéité cosmique » est évoquée par le Lama Govinda qui déclare que pour « l’homme éveillé, dont la conscience embrasse l’Univers, l’Univers devient son corps, tandis que son corps physique devient une manifestation de l’esprit universel et sa vision intérieure, une expression de la Réalité Suprême ».

 Les physiciens d’avant-garde, tels David Bohm et Fr. Capra, considèrent que l’essence ultime de la matière est le lieu de la plus haute concentration d’énergie. La nouvelle physique quantique enseigne que seuls les champs sont substantiels, et que, par contraste, la matière qui nous est familière — et qui pour nous est le symbole de la substantialité — est presque insubstantielle. La notion de la corporéité cosmique qui vient d’être évoquée, associée aux enseignements de la Bhagavad Gîta, nous suggère une image un peu simpliste. Nous citons à ce propos les versets de la Bhagavad Gîta : « Treizième dialogue » :

« CELA a des mains et des pieds, des yeux et des têtes, des oreilles et des bouches partout. CELA réside dans le monde et embrasse toutes choses ».

« Rayonnant de toutes les facultés des sens sans en avoir aucun; détaché de tout, libéré des qualités. IL perçoit les qualités».

« A l’extérieur et au-dedans de tous les êtres, immobile et mobile, d’une subtilité imperceptible, tout près et bien loin de nous est CELA ».

« Indivisible, IL réside dans tous les êtres comme s’il était partagé. IL est CE qui soutient tous les êtres.

IL absorbe et IL génère ».

« CELA, Lumière des lumières est, dit-on, par-delà les ténèbres. C’est la Sagesse et l’objet de la Sagesse que peut connaître la Sagesse qui réside dans le cœur de chacun».

Le Corps Cosmique du Grand Vivant possède des milliards de membres que sont tous les êtres humains. Il a des milliards de pieds, de jambes, d’oreilles et d’yeux. Un de nos instructeurs chinois le comparaît à un immense myriapode, sorte de millepatte géant se mouvant à l’aide de ses milliards de pseudopodes. Sans eux, il ne peut avancer. Chaque être réalisant parfaitement son individualité permet à la Totalité universelle de s’exprimer dans la souplesse que lui suggère l’Holomouvement.

En revanche, l’être humain prisonnier de son égoïsme et identifié à son image résiste à l’impulsion créatrice. En conclusion, nous avons un rôle à jouer. L’adéquacité de notre comportement dans une présence au Présent toujours renouvelé nous permet d’être une articulation parfaite, dans le temps et l’espace de CELA, de la Totalité-Une qui est au-delà du temps et de l’espace parce qu’Elle est à la fois immanente et transcendante. Le dépassement de l’égo n’est donc pas une annihilation mais une Plénitude. Ceci a été admirablement exposé par John Blofeld: « Le Tao transcende à la fois le fini et l’infini.

Puisque le Tao est tout et que rien ne lui est extérieur, lorsqu’un être finit par laisser tomber l’illusion d’une existence séparée, il n’est pas perdu dans le Tao comme une goutte de rosée qui se fond dans la mer. Plongez le fini dans l’infini, et bien qu’il ne reste qu’un, le fini, loin d’en être diminué, assume la stature de l’Infini ». « Ceux qui ne sont que logiciens n’approuveront pas mais si vous percevez la signification cachée, vous rirez de leurs arguties. Votre perception vous mettra face à face avec le véritable secret chéri par tous les Sages accomplis; un secret vaste, glorieux, à peine concevable.

L’esprit de celui qui revient à la Source devient la Source. Votre esprit, par exemple, est destiné à devenir l’Univers ». La nature exacte des rapports entre l’individu véritable et la totalité universelle permet de donner la seule réponse valable au problème de la mort. Celui-ci ne s’éclaircit vraiment qu’à partir du moment où nous avons pu discerner les parts respectives du « résiduel » et du « vivant » dans le corps cosmique. La compréhension du rapport exact existant entre le « résiduel » et le « vivant », entre le Passé et le Présent intemporel entraîne une métamorphose complète de notre approche du problème de la mort.

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Celui-ci ne nous suggère plus le climat d’angoisse et souvent de drame qui est généralement prédominant. Précisons cependant que la dédramatisation du problème de la mort ne peut être atteinte par une compréhension se limitant au niveau intellectuel et verbal. Il s’agit d’un problème fondamental dont la solution requiert une méditation approfondie, un « penser-sentir » intuitif et un silence intérieur capables de nous délivrer des perpétuelles auto-occupations de l’égo. L’attitude intérieure correcte et dédramatisée du problème de la mort ainsi que les rapports entre la conscience personnelle familière et la conscience cosmique sont exposés de façon très claire ne laissant subsister aucune ambiguïté par Renée Weber

Extrait du livre : L’arbre de vie cosmique et ses fleurs de Robert LINSSEN – Editions « Etre Libre » 1987 



La physiologie de l’arbre et son rapport avec la pratique énergétique

 

Si il s’agissait d’une simple image (Xiang) ou d’un simple symbole spéculatif, l’arbre, dans la pratique n’aurait qu’un rôle décoratif. Mais depuis des millénaires les sages de l’ancienne Chine eurent une vision assez précise des mouvements de vie qui animent les arbres.

Ils furent donc probablement les premiers, le Liji (Li Ki) ou Livre des Rites, l’un des Cinq Grands Classiques de la Chine , en atteste, à édicter des règles qui avaient pour but de les protéger (Calendrier des Xia, Prescriptions mensuelles…) :

« Premier mois du Printemps … Il est fait défense d’abattre des arbres. Qu’on ne renverse pas les nids. Qu’on ne détruise pas les petits animaux, les fœtus, les nouveaux nés, les oiseaux au sortir du nid, ni les faons, ni les œufs… » « Second mois de Printemps …qu’on protège les bourgeons et les pousses, qu’on nourrisse les petits animaux… »

« Premier mois d’Eté…que rien ne soit dégradé ni ruiné, qu’on n’abatte pas de grands arbres… » « Second mois d’Eté…qu’on protège la forêt, qu’on ne fasse pas de feux dans les endroit exposés au sud » « Troisième mois d’Eté…En ce mois les arbres prospèrent : il est ordonné aux inspecteurs d’aller à la montagne et de veiller à ce que les arbres ne soient ni taillés ni abattus ». Il est ajouté « Respecter les arbres, c’est respecter la vie ».

C’est probablement pour ces raisons que la cuisine chinoise classique permet, grâce à son découpage et à ses divers modes de cuisson d’économiser du combustible.

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Bodhidharma et son arbre

Tout d’abord, comme tout être vivant, l’arbre respire. Il absorbe l’oxygène et produit et rejette du gaz carbonique. Ce qui pourrait être un inconvénient. Mais, heureusement, ce processus est largement compensé par la photosynthèse. Celle ci se réalise au travers des feuilles qui agissent comme de multiples panneaux qui captent à la fois la pluie et la lumière solaire.

Cette lumière permet un processus alchimique subtil permettant de fractionner les molécules d’eau (H2O) amenées jusqu’à ces feuilles à partir du sol grâce à la sève brute ou a partir du ciel par la pluie. L’oxygène (O) est alors libéré et se répand dans l’atmosphère tandis que l’hydrogène (H) s’allie au gaz carbonique pour produire des glucides. Par la suite, ces glucides, toujours dans un processus subtil, se transforment en amidon, puis en lignine donc en bois.

Cette même photosynthèse permet également de synthétiser les acides aminés en utilisant l’azote puisé dans le sol et transporté par la sève brute. Cette synthèse permet la production de la sève élaborée à partir des feuilles, sève qui se répartit ensuite dans les diverses parties de l’arbre. Cela s’effectue à partir au travers d’un important réseau de canaux situés sous l’écorce au niveau du liber.

Cette circulation particulière amenant la sève brute à partir du sol dans l’aubier jusqu’à une hauteur considérable et distribuant la sève élaborée dans les différentes parties de l’arbre s’effectue grâce à deux systèmes distincts. Le premier est l’ évaporation qui attire la sève vers le haut. Le second est produit par la différence de concentration entre la sève brute et la sève élaborée, différence produisant une pression suffisante pour faire circuler la sève.

Lorsque l’évaporation n’est pas suffisante, les racines se chargent d’ions dans le sol ce qui crée un appel d’eau suffisant pour créer une circulation minimale. Il existe donc bien une différence particulière entre la respiration diurne (Yang) et la respiration nocturne (yin) de l’arbre, comme il existe une différence entre sa circulation printanière et estivale (Yang) et sa circulation automnale et hivernale (Yin). 

On retrouve donc bel et bien les quatre cycles principaux de l’énergétique chinoise, le cinquième étant celui de la production des fruits destinés à la reproduction et de lignine, donc de bois assurant la structure de l’arbre. Cette dernière production s’opère à partir du cambium qui engendre à la fois le bois de l’aubier et le liber ou circule la sève.

Chaque année l’arbre produit une nouvelle quantité de bois, le cerne. L’aubier se constitue de lignine dont les cellules vivantes sont animées par la sève brute. Le cœur même de l’arbre se constitue de lignine dont les cellules sont mortes. Il constitue en quelque sorte le squelette de l’arbre. 

Bien qu’il s’agisse à l’échelon microscopique d’échanges subtils, les quantités considérées par les grands arbres sont considérables tant au niveau de la production d’oxygène que de l’évaporation en eau. Une forêt produit ainsi plusieurs millions de mètres cubes d’oxygène et l’équivalent de plusieurs milliers de tonnes d’eau. Cette production et cette évaporation massive ne sont pas sans influence sur le climat et la climatologie.

Certaines espèces comme les pins, les mélèzes, les épicéa produisent également des substances balsamiques en grandes quantités.

Enfin, les arbres influent profondément sur le sol, permettant des associations particulières notamment avec les plantes et les champignons. 
On connaît les associations particulières entre les champignons et certaines espèces d’arbres. 

L’amanite tue mouche (Amanita muscaria) ne pousse que sous les bouleaux et est donc plus fréquente sur les sols siliceux.
Les truffes (tuber mélanosporum), comme la russule noircissante préfèrent les chênes. Lorsque l’on cueille des champignons il est donc d’abord préférable de regarder d’abord vers le haut afin de déterminer les essences d’arbres les plus favorables à la cueillette. Ce sous bois particulier aux essences d’arbres, aux espèces végétales spécifiques comme les lichens, les mousses, les fougères influe à son tour sur les espèces animales qui trouvent un biotope favorable à leur activités.

Le geai recherche les chênes dont il disperse les glands assurant la reproduction de l’arbre. Bon nombres d’insectes, particulièrement de papillons, sont liés à des espèces spécifiques (Bombyx du chêne, de l’ailante, sphinx du laurier rose…). 
L’arbre constitue donc bien un moyen d’ échange exceptionnel entre l’énergie et la matière, le ciel et la terre, l’être humain et son environnement le plus naturel. 

Dans la vision chinoise de l’énergétique l’arbre ne se limite donc pas aux seules racines et à son faîte mais prend en compte ce qui est à son origine, le sol et ses minéraux (sels minéraux, cristaux attachés au Métal) et à son environnement général. 
Un philosophe chinois, Zhang Shi (1133 1180) a pu affirmer dans « L’initiation Correcte » (Zhengmeng) :

« l’être humain possède des défauts comme l’arbre possède de la mousse, des insectes et des oiseaux. Un arbre sans mousse, sans insecte et sans oiseau n’est plus un arbre. Un être humain sans défaut n’est plus humain ».

 

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Taiji et arbre dans la Cité Pourpre à Pékin



La vision du Tao

 

 

La vie est un jeu et à ce jeu, seuls les perdants peuvent gagner !

Le maître chinois Lao Tsé voyageait avec ses disciples et ils arrivèrent dans une forêt où des centaines de bûcherons abattaient les arbres. Presque toute la forêt avait été décimée, sauf un grand arbre aux branches innombrables. Il était si vaste que dix mille personnes auraient pu s’asseoir à son ombre.

Lao Tsé pria ses disciples d’aller demander pourquoi cet arbre n’avait pas été coupé. Les bûcherons leur répondirent : « Cet arbre est totalement inutile. Vous ne pouvez rien en tirer car ses branches ont trop de nouds, elles sont toutes tordues. Vous ne pouvez pas davantage en faire du combustible, car sa fumée est nocive pour les yeux.. Cet arbre est absolument inutile, c’est pourquoi nous ne l’avons pas coupé. »

TAO Francesca

Les disciples rapportèrent ces paroles à Lao Tsé. Il rit et dit : « Soyez comme cet arbre. Si vous êtes utiles, vous serez abattus et transformés en meubles. Si vous êtes beaux, vous serez vendus au marché, tels des objets. Soyez comme cet arbre, absolument inutiles… alors vous deviendrez immenses, et des milliers de gens s’abriteront sous votre ombrage. »

La logique de Lao Tsé diffère totalement de la logique de la société. Il dit : « Soyez le dernier. Vivez dans le monde comme si vous n’existiez pas. Ne soyez pas ambitieux, n’essayez pas de prouver votre valeur, ni de rechercher le mérite, ce n’est pas la peine. Restez inutiles et réjouissez-vous. »

Ce message du Tao est aujourd’hui plus que jamais d’actualité, la société de consommation s’est étendue à presque tous les domaines de la vie et il est important de se rappeler que nous n’avons pas besoin de prouver notre valeur et encore moins de nous laisser réduire à une simple commodité pour exister !

Souvenons-nous que la plus grande expérience de la vie ne vient pas de ce que nous faisons, mais elle nous est donnée par l’Amour, à travers la méditation.



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