Introspection et exploration des désirs

Introspection et exploration des désirs dans Le Livre des Principes le-livre-des-principes5-254x300

LIVRE 5

1.QUESTIONNEMENT INTROSPECTIF ET EXPLORATION DES DESIRS

 

Comment parvenir à ses fins ? C’est un peu l’œuf ou la poule : pour avoir – puis devenir et être – ce que l’on veut vraiment, il faut se connaître soi-même, et pour se connaître soi-même, il faut partir en quête de ce que l’on veut vraiment … Il faudrait donc d’abord une méthode d’exploration du désir ? Un habile questionnement ? Socrate, Jésus, Bouddha, Confucius sont des exemples de grands questionneurs dont les pratiques, essentiellement transmises par l’oralité, obéissaient à des règles de cheminement métaphorique aujourd’hui disparues. Quelles questions posaient ces sages ? Pourquoi considéraient-ils l’introspection comme un moyen fondamental pour accéder à la connaissance de soi et à une vie réussie ?

 

L’INTROSPECTION

Les travaux de Paul Diel, qui fit de l’introspection l’outil principal de sa thérapie, servent ici beaucoup. C’est en estimant que l’esprit,  loin d’être insaisissable, peut s’étudier aussi scientifiquement que la matière, avec méthode et logique, que Diel conçoit cet aspect de son activité.

 Dissident de la psychanalyse, Diel explique l’origine du désir à partir de sa manifestation la plus primitive : la faculté que possèdent les êtres unicellulaires à réagir au milieu ambiant, par un réflexe d’excitabilité-réactivité porteur d’un sens précis : la satisfaction. L’amibe absorbe un corps étranger s’il peut lui servir et se ferme devant celui qui risque de lui nuire. Au fil de l’évolution, cet acte réflexe s’est ralenti, un décalage temporel s’est créé entre l’excitation et la réaction. L’information venue de l’extérieur s’est transformée en images mentales chargées d’émotion, par aptitude croissante du vivant à mémoriser les excitations du monde extérieur (le chat rêve de souris).

Ainsi est née l’imagination, qui est la faculté de se représenter mentalement le monde et d’en jouer. Elle ne va pas sans dangers, mais permet un jeu imaginatif appelé par Diel la « délibération ». Ce jeu permanent et semi-conscient va et vient entre le monde réel et le monde imaginé. Pour que la délibération devienne introspection consciente, il faut calmer la « folle du logis » et adopter une attitude lucide et honnête.

 Mais il est nécessaire aussi de savoir ce que l’on cherche. Pour Diel, « connais-toi toi-même » rime avec « connais tes désirs », puisque l’homme est porté comme tout le vivant par un élan vital de satisfaction et d’adaptation.

 

DESIRS ET QUETES

 

Be_strong__by_Tegwen dans Le Livre des PrincipesDe fait, l’être humaine st incontestablement et avant toute autre chose un être de désir, et de désirs multiples. Cette variété lui vient de l’enrichissement apporté par l’évolution depuis que les premiers organismes vivants ont commencé à réagir au milieu en fonction de la satisfaction de leurs besoins.

  • Le premier de ces besoins primitifs est de se conserver soi-même. Comme n’importe quelle espèce animale ou végétale, l’homme a besoin de vivre. Mais la faculté d’évolution nous a peu à peu poussés à désirer vivre bien. C’est ce que le Tao appelle les « quêtes matérielle et sociale » (voir Liste des quêtes types).
  • Le second est celui de perpétuer l’espèce. C’est la pulsion sexuelle. Comme n’importe quelle espèce animale ou végétale, l’homme a besoin de se reproduire. Mais chez l’homme, cette pulsion s’élargit et devient affective. C’est ce que le jeu du Tao appelle les « quêtes sexuelles et affectives » (voir Liste des quêtes types).
  • Le troisième besoin est celui de répondre à la pulsion évolutive, particulièrement développée chez l’être humain et qui conduit les espèces, mue par une logique interne et sous la pression du milieu, à donner naissance à de nouvelles formes d’organisation, plus satisfaisantes parce que mieux adaptées. Chez l’homme, cette pulsion évolutive, éventuellement nommée « pulsion spirituelle », va se transformer en désir d’aller vers le meilleur de soi. Celle-ci peut devenir prédominante et se confondre avec le désir essentiel, en opposition aux désirs dictés par les pulsions sociales et affectives. C’est ce que le jeu du Tao appelle les quêtes de développement personnel et de spiritualité (voir Liste des quêtes types).

 

FAIRE ALLIANCE

 

Cette répartition ascendante du désir ne signifie en aucun cas que certains désirs seraient meilleurs que d’autres. Elle indique au contraire que tous demandent à être pris en compte, chacun attendant satisfaction à son niveau. Ainsi se développe une véritable « psychologie de la motivation », fondée sur une idée : le plus sûr moyen de se motiver pour atteindre un but passe par un compromis entre ses différents besoins. Cela nécessite un processus de délibération intime et d’exploration des désirs dont le Jeu du Tao se fait l’écho à travers tout son questionnement, à commencer par celui du monde de la Terre, lieu privilégié d’une clarification de la quête dans laquelle le sujet éprouve le besoin de s’engager à ce moment de sa vie.

L’EXPLORATION DES FAUX DESIRS

Aspire-t-on à devenir un saint, l’ami le plus dévoué, la femme parfaite, l’employé modèle ? Diel demande si l’important n’est pas, finalement, de sortir de l’ordinaire ; et il prévient : l’exaltation du désir essentiel conduit souvent à une nervosité faite de ressentiment et d’une extrême ambivalence dans l’estimation des autres ou de soi-même (survalorisation/mépris). Croit-on au contraire pouvoir se passer du désir essentiel et trouver son équilibre dans la seule satisfaction des désirs matériels ou sexuels, comme le propose l’idéologie consumériste et hédoniste ? Diel répond : faux désir, banalisation de l’être, vanité, arrivisme : culpabilité se manifestant par le cafard, l’ennui incurable ou l’insatisfaction chronique ; paresse de l’esprit, dénoncée par tous les grands systèmes symboliques comme responsable de la mort de l’âme.

 

UNE CLARIFICATION DU DESIR ESSENTIEL

 

0cead99f31f48e1ce8e993bce7386d01Aucune quête, aussi matérielle soit-elle, ne peut mobiliser un être si elle n’entraîne d’autres dimensions que le seul intérêt égoïste. Aucune quête, aussi spirituelle soit-elle, ne peut ignorer les désirs premiers : sublimer n’est pas ignorer. D’où la nécessité de l’introspection et de la recherche du désir essentiel (aussi indispensable à l’humain que la nourriture ou la reproduction). Double objectif : libérer l’imagination, seule créatrice de rêves : exercer la raison, seule faiseuse de possibles ; inlassablement, le Jeu du Tao rappelle donc au joueur qu’il dispose de deux atouts : l’intuition et le pragmatisme. La première, associée au cerveau droit, connaît par flair ce qui est propice au néfaste à la satisfaction du désir. Le second, associé au cerveau gauche, prend en compte la réalité et développe stratégies et projets. De leur alliance naît une forme bien particulière d’égoïsme.

 

UN EGOISME CONSEQUENT

 

Il serait faux de croire cet égoïsme immoral, tout comme le penser à l’inverse que son aspect « conséquent » en effacerait toute recherche de satisfaction de l’intérêt personnel. Ici, Paul Diel ne se fait pas faute de démonter les mécanismes par lesquels nous nous aveuglons – aucune de nos petites excuses ne paraît plus sans importance. L’égoïsme conséquent ne se contente pas de faire la part entre égoïsme et altruisme (notamment du fait du besoin que l’on a des autres), il se livre à une juste estimation du rapport entre nos moyens et nos buts.

 

IMAGINATION EXALTEE ET FAUSSE MOTIVATION

 

Cette délibération consciente demande du bon sens, du courage et de la volonté. Il serait tentant de se réfugier dans l’imagination exaltée, en se demandant si le désir choisi doit être gardé ou abandonné, sans chercher à savoir comment il pourrait se réaliser. L’imagination exaltée délibère dans l’absolu, par oui ou par non. Ces solutions extrêmes ne tenant pas longtemps, le psychisme oscille d’un pôle à l’autre : garder ce désir, le rejeter. A la fin, cette ambivalence mène à ne plus savoir ce qui est bon ou mauvais pour soi.

 Elle aboutit à plusieurs manières de se masquer la réalité et de se fabriquer de fausse motivations : la vanité (on s’imagine une tâche grandiose par laquelle on dépassera les autres, évitant de s’atteler à l’essentiel : la formation du caractère et de la personnalité) : la culpabilité (on trouve des excuses à l’inaction en se dévalorisant à outrance) ; la sentimentalité (on prend les autres comme modèles dans l’espoir de leur ressembler ou d’être accepté dans leur milieu) ; l’accusation (on rejette sur autrui la responsabilité).

 Le Jeu du Tao propose de développer cet égoïsme particulier qui consiste d’abord à admettre l’importance de la relation à l’autre dans notre recherche de satisfaction. Nos désirs concernent toujours, directement ou pas, quelqu’un d’autre que nous. Il s’agit d’apprendre à cultiver cette recherche, tout en respectant l’autonomie et le désir d’autrui – en premier, des personnes avec qui nous sommes en relation étroite. Evident ? Peut-être pas…

En cas de conflit rédhibitoire, il faut en effet savoir trouver un nouveau désir, satisfaisant pour soi et accepté par les autres. Une fois sa quête, à la fois légitime et possible, découverte et annoncée, le joueur (de la vie) sait qu’il lui faut changer les conditions extérieures qui bloquent la réalisation de son désir…. Mais ce changement peut à son tour générer des conflits. Il est alors temps d’en appeler à toutes les ressources dont dispose le sujet –et pas seulement à l’intelligence rationnelle qu’il a l’habitude de solliciter – et de considérer comment s’opère la réalisation des désirs.

 ying-yang-noir-dos.jpg2

Issu du Livre du JEU du TAO – Comment DEVENIR le Héros de Sa Propre Légende créé par Daniel Boublil et Patrice Levallois

Le Livre du Jeu du Tao a été conçu sur une idée originale de Marc de Smedt et réalisé sous la direction de Patrice Van Eersel, Patrice Levallois et Sylvain Michelet

 


Répondre

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes