Diogène Laërce et le Jeu du Tao

 

Diogène Laërce (en grec Διογένης Λαέρτιος / Diogenês Laertios) (ou Diogenes Laertius ou Diogène de Laërte) était un poète et doxographe grec (Laërce, Cilicie, déb. du IIIe siècle après J.-C).

Diogène Laërce et le Jeu du Tao dans RESSOURCES et Savoirs en TAO diogenee-184x300On ne sait que peu de choses sur Diogène Laërce. Le fait est d’autant plus paradoxal qu’il représente souvent l’unique source que nous ayons sur la vie et les doctrines de nombreux philosophes. C’est par exemple uniquement par lui que nous connaissons les lettres d’Épicure et ses maximes capitales, ainsi que les testaments de certains philosophes.
Certains de ses écrits restent encore sujets à caution, car il cite par exemple une lettre de Pisistrate à Solon et une réponse de Solon à Pisistrate considérées aujourd’hui comme apocryphes.

Les origines de Diogène Laërce sont mal connues : son nom signifie-t-il qu’il est né à Laërtès, une colonie grecque de Cilicie dont parle Strabon(XIV, 5, 3) (Diogène de Laërtès, sachant que des chroniqueurs médiévaux l’écirvaient aussi Diogène de Laërtes), ou bien que son père se nommait Laërce (Diogène fils de Laërce) ? Des épigraphistes britanniques ont en tout cas localisé une ville sur la montagne de Celebireç Dağı où l’on a découvert des monnaies portant l’inscription : Laerteiôn.

De même avons nous une idée de l’époque à laquelle il a vécu par recoupements ; Il connaît les philosophes « classiques », tels qu’Aristote ou Platon, ainsi que leurs successeurs, comme Théophraste jusqu’au début du iiie siècle (il parle de Sextus Empiricus et de Saturninus en IX, 116) ; il ne mentionne pas le néoplatonisme de Plotin et de Porphyre de Tyr, ni le néopythagorisme. Il aurait donc vécu dans la première moitié du IIIe siècle.

Doctrine

Black slave Louvre Br361.pngDe même que pour sa vie, sa doctrine nous est mal connue, si tant est qu’il en ait eu une. Il semble apprécier Épicure (Wilamowitz voyait en lui un épicurien), et se montre assez dur enversPlaton, mais aucune indication précise ne nous permet de le classer dans telle ou telle école. Au livre IX de son œuvre, Diogène, parlant d’Apollonidès de Nicée, un commentateur de Timon de Phlionte, dit : o gar emôn« l’un d’entre nous« , que l’on peut comprendre comme notre compatriote ou notre condisciple. Cette dernière traduction est un argument (controversé cependant, car peu probant) en faveur de l’hypothèse que Diogène était sceptique. Cette expression peut simplement vouloir dire que Diogène était de Nicée en Bithynie, ou qu’il appartenait à la famille d’Apollonidès.

Dès sa préface, cependant, il annonce : « Nous autres Grecs avons donné au monde la philosophie, non seulement la chose, mais même le mot », et ironise sur la « xénophilie » de ses compatriotes, si ouverts à l’extérieur qu’ils ne semblent pas s’imaginer que quoi que ce soit de bon puisse venir de chez eux.

Diogène Laërce était en fait un doxographe : il a retranscrit les doctrines et les vies des philosophes considérés comme les plus importants à son époque. On a pu le voir aussi comme un poètes’intéressant à la philosophie et se plaisant à l’érudition.

Œuvre

Il a écrit deux livres : un recueil d’épigrammes (Pammétros) où il fait preuve d’une grande habileté technique (nous connaissons une cinquantaine de ses épigrammes qu’il cite dans son second ouvrage), et les Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, dans lequel il classe les philosophes par écoles, en commençant par le fondateur. Le plan de chaque vie est globalement identique. Diogène commence par retracer la vie du philosophe, avec une abondance d’anecdotes diverses, qui situent notamment les relations que celui-ci aurait eues avec les autres philosophes. La doctrine est évoquée à grands traits, parfois avec quelques incohérences. Suit une liste des œuvres, les circonstances de la mort et une épigramme composée par Diogène Laërce.

Publications anciennes

Les éditions les plus estimées de Diogène Laërce au xixe siècle, citées par le dictionnaire Bouillet sont celles :

Gassendi a donné à part le Xe livre (Épicure), avec un commentaire.

Tout l’ouvrage a été traduit en français :

  • par Gilles Boileau, 1668 ;
  • par un anonyme, en 1758 ;
  • par Charles Zévort dans la Bibliothèque Charpentier, 1846.
  • Richard Goulet, Études sur les Vies de philosophes dans l’Antiquité tardive: Diogène Laërce, Porphyre de Tyr, Eunape de Sardes Paris, Vrin, 2001
  • Richard Goulet, Des Sages parmi les philosophes. Le premier livre des Vies des philosophes de Diogène Laërce dans: Marie-Odile Goulet-Cazé, Goulven Madec et Denis O’Brien (édit.), SOPHIÈS MAIÈTORES, Chercheurs de Sagesse, Mélanges Jean Pépin, Paris, Études Augustiniennes, 1992, p. 167-178.
  • Richard Goulet, Les références chez Diogène Laërce: sources ou autorités, dans J.-C. Fredouille, M.-O. Goulet-Cazé, Ph. Hoffmann, P. Petitmengin (édit.), Titres et articulations du texte dans les œuvres antiques. Actes du Colloque international de Chantilly, 13-15 décembre 1994, « Collection des Études Augustiniennes », Série Antiquité 152, Paris, Institut des Études Augustiniennes 1997, p. 149-166.
  • Marie-Odile Goulet-Cazé, Le livre VI de Diogène Laërce: analyse de sa structure et réflexions méthodologiques, dans: Aufstieg und Niedergang der Römischen Welt II 36, 5, Berlin, New York, 1992, p. 3880-4048.

 

 


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