Gilbert Durand et le Jeu du Tao

 

Gilbert Durand et le Jeu du Tao dans RESSOURCES et Savoirs en TAO gilbert_durand-226x300Gilbert Durand, né en 1921, est un universitaire français connu pour ses travaux sur l’imaginaire et la mythologie.

Agrégé de philosophie, successivement professeur de philosophie de 1947 à 1956, professeur titulaire et professeur émérite de sociologie et d’anthropologie à Grenoble II, disciple de Gaston Bachelard, d’Henry Corbin et de Carl Gustav Jung, maître de Michel Maffesoli, Gilbert Durand a été le cofondateur – avec Léon Cellier et Paul Deschamps en 1966 – et le directeur du Centre de recherche sur l’imaginaire, noyau d’un réseau international de plus d’une soixantaine de laboratoires, et membre du Cercle Eranos et ancien résistant du Vercors.

Afin de rompre avec les réductionnismes, Durand a proposé une notion pour une définition de l’imaginaire : « l’incessant échange qui existe au niveau de l’imaginaire entre les pulsions subjectives et assimilatrices et les intimations objectives émanant du milieu cosmique et social » (Les structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, 1960, p. 38). Durand remarque que cette position écarte le problème de l’antériorité ontologique puisqu’elle postule une « genèse réciproque » entre l’environnement matériel et le « geste pulsionnel ». Ainsi Durand prolonge les travaux du psychologue suisse C.G. Jung (Types psychologiques, Genève, Georg, 1986, p. 456-457) qui avait observé que le Moi de notre conscience coïncide avec le Soi « cosmique », conscient de son appartenance à une dimension collective.

 

Structures anthropologiques de l’imaginaire

La théorie des « Structures anthropologiques de l’imaginaire » (SAI) énonce deux propositions, la première sur l’origine de l’imaginaire, la seconde sur l’organisation de son contenu. Ainsi, l’origine de l’imaginaire est une réponse à l’angoisse existentielle liée à l’expérience « négative » du « Temps ». L’être humain sait qu’il mourra un jour car le Temps le fait passer de la naissance à la mort. De cette angoisse existentielle et universelle naîtrait l’imaginaire. L’imaginaire est un créateur d’images et de figures (Bachelard), mais cette création n’est pas un chaos désordonné. S’appuyant sur les tentatives de classification des productions de l’imaginaire (Bachelard, Eliade, etc.) mais en montrant leurs limites, la théorie des SAI propose une classification sur la base de deux principes, l’un s’appuyant sur la logique réversible du trajet anthropologique et l’autre sur une critique du structuralisme, et avance trois structures – c’est-à-dire des groupements de symboles de formes semblables – générales, à vocation universelles (ou anthropologiques): schizomorphe, mystique et synthétique. Ainsi, l’imaginaire ne serait pas inépuisable, à l’infini. Il se reproduirait, il se répèterait selon des « axes » logiques et isomorphiques. L’origine de ces trois ensembles de l’imaginaire provient des travaux de F. Minkowska (De Van Gogh et Seurat aux dessins d’enfants, Paris, Musée pédagogique, 1949). La structure schizomorphe relève du régime diurne de l’image, les structures mystique et synthétique du régime nocturne. Chaque régime de l’imaginaire possède ses lois d’assemblages des images et ses logiques. L’assemblage dans la structure mystique du régime nocturne se fait sous la conduite d’une logique de similitude ou homéologie, et d’analogie. Dans le régime diurne, les images se regroupent entre elles selon des principes d’identités, ou se repoussent par contradiction ou exclusion.

gilbert-durand dans RESSOURCES et Savoirs en TAOBibliographie de Gilbert Durand (ouvrages)

  • Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod (1re édition Paris, P.U.F., 1960).
  • Le Décor mythique de la Chartreuse de Parme, Paris, José Corti (1961)
  • L’Imagination symbolique, Paris, PUF (1re édition en 1964).
  • Sciences de l’homme et tradition. Le nouvel esprit anthropologique, Paris, Albin Michel (1re éd. Tête de feuille-Sirac, Paris, 1975).
  • Figures mythiques et visages de l’œuvre. De la mythocritique à la mythanalyse, Paris, Berg International, 1979.
  • L’Âme tigrée, Paris, Denoël, 1980.
  • La Foi du cordonnier, Paris, Denoël, 1984.
  • Beaux-arts et archétypes. La religion de l’art, Paris, P.U.F., 1989.
  • L’Imaginaire. Essai sur les sciences et la philosophie de l’image, Paris, Hatier, 1994.
  • Introduction à la mythodologie. Mythes et sociétés, Paris, Albin Michel, 1996.
  • Champs de l’imaginaire. Textes réunis par Danièle Chauvin, Grenoble, Ellug, 1996.
  • Les Mythes fondateurs de la franc-maçonnerie, Paris, Dervy, 2002.
  • La sortie du XXe siècle. Introduction à la mythodologie, Figures mythiques et visages de l’œuvre, L’Âme tigrée, Un comte sous l’acacia. Réédition des quatre ouvrages, Paris, CNRS Editions, Préface de Michel Maffesoli, 2010.

En collaboration:

  • & Simone Vierne, Le Mythe et le Mythique, Paris, Albin Michel, 1987.
  • & Sun Chaoying, Mythes, thèmes et variations, Paris, Desclée de Brouwer, 2000.

Une bibliographie complète des publications de Gilbert Durand se trouve dans Champs de l’imaginaire, textes réunis par Danièle Chauvin, Grenoble, Ellug, 1996, p. 243-256.

 

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