Archive pour 6 janvier, 2013

L’âge d’Or du Go

 

L'âge d'Or du Go dans TAO et le Maître 220px-gobildalt.jpg-211x300Dans la seconde moitié du xvie siècle, le go est objet de grand intérêt de la part des seigneurs qui se disputent le pouvoir. En 1578, le daimyo Oda Nobunaga invite à Edo le moine Nikkai, un joueur réputé, pour l’affronter. Impressionné par la force de Nikkai, il lui accorde le titre de Meijin (Maître) qui deviendra par la suite l’un des grades les plus prestigieux du monde du go. Nikkai est nommé instructeur d’Oda Nobunaga. Quelques années plus tard, en 1582, celui-ci assiste à une partie dans laquelle apparait un triple ko. Le soir même, l’un de ses compagnons d’arme se révolte, provoquant le seppuku (vulgairement appelé « hara-kiri ») d’Oda Nobunaga. Depuis, le triple ko est considéré comme un présage néfaste.

En 1590, Toyotomi Hideyoshi organisa le premier tournoi officiel pour désigner le plus fort joueur du pays. Honinbō Sansa (nouveau nom de Nikkai) remporta ce premier titre. Les autres joueurs sont classés en fonction de leur rang selon le système nouvellement créé des dan.

Avec l’unification du Japon par Ieyasu Tokugawa en 1603, le go, soutenu par les militaires et le shogunat Tokugawa, entre dans sa période classique et connaît un développement ininterrompu pendant plus de deux siècles et demi. Grâce à la protection du shogun, le go acquiert un statut officiel et devient une institution gouvernementale. Le meilleur joueur du pays se voit promu au rang de godokoro, une sorte de « ministre du go » qui a la haute main sur toute l’administration du go professionnel. Trois nouvelles grandes écoles voient le jour, Hayashi, Inoue et Yasui, qui disputeront la prééminence à la prestigieuse Honinbō. Elles s’affronteront pour se partager les prébendes et les postes de fonctionnaires richement dotés. Un tournoi annuel (o-shiro-go) réunira les deux meilleurs joueurs en présence de l’empereur et du shogun.

En 1868, la restauration Meiji mettra un terme à cet âge d’or. Avec l’entrée du Japon dans l’ère industrielle, le go perd ses repères féodaux traditionnels et ses mécènes, et il sombre dans une crise durable et profonde. Plusieurs tentatives de réorganisation avortent rapidement. En 1879 cependant est fondé Hōensha, la première organisation qui parvient à fédérer le monde du go. Après de nombreuses vicissitudes, il en émergera la Nihon Ki-in fondée le 20 mai 1924. Les premières décisions de ces organisations visent à démocratiser le go. Grâce à la couverture régulière dont il est l’objet dans certains journaux comme le Daily Yomiuri, le go devient très populaire.

C’est aussi à ce moment que sont édictés les premiers règlements concernant les cadences de jeu : en 1922, le temps total dont dispose chaque joueur est réduit à 16 heures. Il n’était en effet pas rare à l’époque qu’une partie durât une semaine ou plus ; certaines parties furent interrompues jusqu’à 20 fois. Le roman de KawabataLe Maître, ou le Tournoi de go, met en scène l’ultime partie de Shusai, dernier des Honinbo, jouée contre Kitani Minoru (appelé Otake dans le livre), et qui fut aussi la dernière de ces parties interminables :

« Les joueurs de haut rang se voient généralement attribuer dix heures chacun pour une partie, mais cette fois, par exception, les délais avaient été multipliés par quatre. Il restait encore quelques heures aux Noirs, néanmoins, trente-quatre heures, cela semblait tout à fait inhabituel, et même sans doute unique dans les annales du jeu, depuis qu’on fixait des limites de temps. ».

La partie en question, qui se déroule en 1938, s’étale sur six mois et quatorze séances. La première séance, cérémonie d’inauguration, ne comprit, pour la forme, que les deux premiers coups.

La durée des parties sera encore réduite par la suite.

Le Jeu de Go

Le Jeu de Go dans TAO et le Maître go_boardOriginaire de Chine, le jeu de go (碁, go), igo (囲碁) ou wéiqí (chinois simplifié : 围棋 ; chinois traditionnel : 圍棋) oppose deux adversaires qui placent à tour de rôle des pierres noires (黒, kuro) et blanches (白, shiro) sur un tablier, appelé goban, tentant ainsi de contrôler le plan de jeu en y construisant des « territoires » qui se comptent en points (目, moku). Chaque « pierre » représente un soldat ; les soldats encerclés deviennent des prisonniers.

Il s’agit du plus ancien jeu de stratégie combinatoire abstrait connu. Malgré son ancienneté, le jeu de go continue à jouir d’une grande popularité en Chine, en Corée et au Japon. Dans le reste du monde, où sa découverte est récente, sa notoriété est croissante. Son succès tient autant à la simplicité de ses règles qu’à sa grande richesse combinatoire et sa profondeur stratégique.

La terminologie du go est principalement d’origine japonaise.

Histoire du go

La très longue histoire du go s’est déroulée pour une grande part dans des mondes clos et séparés : en Chine d’abord, puis au Japon et enfin en Occident. C’est seulement depuis la fin du xxe siècle que le go commence à s’unifier sur le plan mondial.

Légendes des origines

Selon une tradition chinoise, ce serait deux dragons appelés Hei-Zi (le noir) et Bai-Zi (le blanc) se disputant pour savoir lequel des deux était le plus puissant qui créèrent le wéiqí (nom chinois du go) pour se départager. Les dieux envoyèrent alors un troisième dragon observer la partie et lui ordonnèrent de ne revenir faire son rapport qu’une fois celle-ci terminée. Leurs règles étaient les mêmes que les nôtres aujourd’hui, si ce n’est que la règle du ko n’existait pas puisque, étant immortels, ils étaient infiniment patients. Les dragons jouent donc depuis des milliers d’années et chaque millénaire, les dieux envoient un nouvel observateur. Actuellement, cinq dragons observent le jeu et un sixième devrait être envoyé dans quelques années.

Sur le plan historique, bien que le wéiqí soit très ancien, les datations qui lui attribuent plus de 4 000 ans d’âge ne reposent que sur des récits légendaires que rien ne vient étayer mais que beaucoup ont pris pour argent comptant. Seule certitude, le jeu fut inventé bien avant notre ère en Chine. Son attribution à l’un ou l’autre des empereurs légendaires Yao ou Shun, chacun l’ayant utilisé pour l’éducation de leur fils, n’a aucun fondement historique. Pas plus d’ailleurs qu’une autre légende qui en attribue l’invention à un vassal, s’appelant U, qui l’aurait imaginé, quant à lui, pour distraire son suzerain sous le règne de Jie Gui au xviie siècle av. J.-C.

Certains chercheurs voient dans l’art divinatoire chinois du Yi Jing de nombreuses analogies avec le wéiqí qui pourrait en être le vecteur matériel.

Premières attestations

On trouve les premières références écrites à un jeu qui pourrait être le go dans les Annales des Printemps et des Automnes (entre 722 et 481 av. J.-C.). Plus tard, Confucius mentionne le go dans ses entretiens.

Le jeu connaît alors un très fort développement avec l’apparition d’un système de classement des joueurs, d’instituts de go et de fonctionnaires. Les livres se multiplient : recueils de parties, écrits théoriques, listes de joueurs, etc. Les premiers traités de go sont écrits à la fin de la dynastie Han (début du iiie siècle ap. J.-C.). Le go est alors ajouté aux trois « arts sacrés » (peinture,musique et calligraphie) pratiqués par l’empereur et ses courtisans, pour devenir l’un des « quatre arts du lettré » ; cela durera jusqu’à la fin du xixe siècle.

Dès la fin des Han et jusqu’à la restauration de l’empire par les Sui en 589 ap. J.-C., les classes dirigeantes sombrent dans le désœuvrement et se tournent vers le taoïsme et le go.

L’arrivée du jeu au Japon

230px-Kano_Eitoku_010 dans TAO et le MaîtreLe wéiqí arrive en Corée au ve siècle et atteint enfin l’archipel nippon où il est vite adopté par l’aristocratie locale, très influencée par la Chine. Selon la tradition, c’est en 735 que le go fut introduit au Japon mais on trouve des interdictions du go déjà édictées plusieurs dizaines d’années plus tôt. Dans un décret de l’impératrice Jitō promulgué en 701, l’aristocratie s’arroge le droit d’y jouer. Les moines bouddhistes, auxquels on interdit la musique et les jeux de hasard obtiennent le droit de jouer au go, non considéré comme un jeu de hasard. Réservé à l’élite sociale, le go ne s’est cependant pas démocratisé au Japon avant le xxe siècle.

La pratique du go se généralisera parmi les samouraïs comme entraînement à la stratégie militaire. À Kyoto, les moines nichirens (secte bouddhiste japonaise) seront les fondateurs d’Honinbō, la première grande école de go qui durera jusqu’en 1940.

Au xve siècle, une simple modification de règles va transformer profondément la pratique du jeu. On abolit la règle du zuozi qui consiste à placer une pierre dans chacun des quatre hoshi de coin du goban et on commence désormais la partie avec un goban entièrement vide. Le zuozi restera en vigueur en Chine jusqu’au début du xxe siècle. Au Japon, le go est désormais libre pour les explorations théoriques sans entrave qui déboucheront sur le développement des fuseki et des joseki.

 

Le Jeu des Perles de Verrre

Le Jeu des perles de verreEssai de biographie du Magister Ludi Joseph Valet accompagné de ses écrits posthumes (titre original allemand : Das GlasperlenspielVersuch einer Lebensbeschreibung des Magister Ludi Josef Knecht samt Knechts hinterlassenen Schriften) est un roman utopique de Hermann Hesse, publié en 1943 et qui lui valut, en grande partie, le prix Nobel de littérature en 1946.

Pyramid of 35 spheres animation.gifIl s’agit d’une biographie fictive, celle de Joseph Valet (Josef Knecht) dont on suit l’éducation, la carrière et l’évolution intellectuelle. L’histoire se déroule principalement en Castalie, province pédagogique et ordre culturel. À travers la vie de Joseph Valet le lecteur découvre une autre manière de vivre la culture, et notamment son expression dans un jeu inédit, le Jeu des perles de verre qui donne son nom au roman.

Le fonctionnement du jeu n’est pas détaillé par l’auteur et chaque lecteur peut librement y projeter son propre imaginaire, contrairement au Loup des steppes.

Cependant les longs passages consacrés par Hesse à certains aspects de son jeu permettent de se faire une idée des qualités requises de la part des joueurs et de saisir l’importance et l’esthétique de ce jeu.

Le jeu des perles de verres est un des noms du jeu de go. Si certains aspects rattachent le jeu décrit par Hesse à ce jeu asiatique multimillénaire, on a clairement affaire à tout autre chose. Le jeu de go est sans conteste très abstrait, mais il se joue encore avec des perles de verre, contrairement au jeu décrit dans le livre. Cela dit, nombre de considérations que Hesse applique à son jeu peuvent s’appliquer au go également, ainsi qu’à tous les jeux stratégiques à information complète.

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