Archive pour 7 janvier, 2013

La réconciliation avec soi-même

Se réconcilier avec soi-même

Que faire quand rien ne va plus entre vous et vous ? Quand votre ras le bol de vous-même et vos complexes prennent le dessus ? S’il n’existe pas de panacée – ça se saurait – voici quelques clés qui vous aideront à retrouver le bonheur.

La première chose à faire pour se réconcilier avec soi-même, c’est de découvrir ce que cache la souffrance que vous éprouvez…

A bas la politique de l’autruche

La réconciliation avec soi-même dans TAO et le Maître harmonieLe monde dans lequel nous vivons a une fâcheuse tendance à faire l’autruche face à la souffrance, tant que celle-ci ne s’impose pas d’elle même (jambe cassée, fièvre, lumbago, dépression…). Nous ignorons (très) souvent nos souffrances, voire les méprisons : « bof, ça ira mieux demain ». Quand ce n’est pas notre entourage qui nous rappelle à l’ordre : « ce que tu es susceptible ! », « arrête de t’écouter » « t’as toujours un truc de travers, hein ! »…

Quelle erreur grossière ! Parce que la souffrance, sous son habit peu attrayant, recèle des trésors : comment saurions-nous que quelque chose ne tourne pas rond, que nous sommes à côté de nos pompes si la souffrance ne venait tirer la sonnette d’alarme ? En ce sens, on peut même dire qu’elle est, paradoxalement, plutôt un signe de bonne santé : elle signale qu’il faut réagir à une situation donnée.

Entendre le(s) secret(s) de la souffrance

Mais pas plus qu’on ne devient alchimiste du jour au lendemain, on ne transforme le plomb de ce qui nous fait souffrir en or du bonheur retrouvé en un seul jour. L’une des premières difficultés de l’aventure est de décoder le(s) message(s).

Y réussir suppose de ne pas se laisser envahir par la souffrance. Parfois c’est trop difficile tout seul. Il ne faut pas hésiter alors à demander conseil à un professionnel. Non seulement cela n’a rien de déshonorant mais son aide peut nous permettre de passer un cap qu’on croyait infranchissable. Quoi qu’il en soit, seul ou accompagné, il s’agit d’apprendre à accueillir notre souffrance, à lui donner sa place, et à la respecter sous peine -si on la dénie- de la voir un jour nous submerger.

Donc, la première chose à faire est de se poser afin d’affronter sa souffrance. On peut prendre avec elle une tasse de thé, un verre de jus de fruit ou mettre une musique qu’on aime particulièrement par exemple.

On aura tout intérêt à éviter alcools et excitants. Bien installé, on écoute alors son histoire, de son origine à tous ses composants, sans rien juger, ni censurer… Ce qui est plus difficile qu’il n’y paraît : des sentiments comme l’orgueil peuvent très vite tenter de s’interposer : « pas moi, je suis au-dessus de tout ça ». Il s’agit d’apprendre à les écarter, sans violence mais avec fermeté et douceur, afin d’entendre la messagère qu’est toute souffrance. C’est le début de ce qu’on appelle s’occuper de soi.

Apprendre à s’occuper de soi

C’est la réelle aventure à laquelle nous sommes conviés. Nous sommes invités d’abord à constater, sans chicane ni exigence, là où nous en sommes (anxieux, rapide, tyrannique…). Nous sommes appelés à devenir fidèles à nous-mêmes, à nos besoins, nos aspirations, nos valeurs. S’occuper de soi c’est apprendre à s’aimer, tel qu’on est, en perpétuelle transformation (inhérente au fait que nous sommes vivants) et non pas tel qu’on voudrait être ou tel qu’on croit que le monde voudrait qu’on soit. S’occuper de soi, c’est apprendre à devenir soi, en équilibre dynamique entre liberté intérieure et contrainte sociale.

Pour notre bonheur… et celui du monde qui nous entoure.

Geneviève Hervier

Le regard des autres

N’ayez pas peur du regard des autres !

La phobie sociale est une maladie psychologique qui toucherait 5 % des Français. Quand il devient impossible de supporter le regard des autres, la vie de la personne atteinte est bouleversée. Patrick Légeron, psychiatre à l’hôpital Sainte Anne et à la tête d’un cabinet de conseil aux entreprises, est l’auteur de « la Peur des autres », un ouvrage de référence traduit en 5 langues. Il nous parle de cette anxiété liée à l’entourage.

Doc : Selon un sondage, 60 % des Français seraient timides, mais tous n’en souffrent pas dans leur vie quotidienne. A quel moment bascule-t-on de l’anxiété sociale « courante » et passagère à une peur pathologique ?

Le regard des autres dans TAO et le Maître loeilPatrick Légeron : On peut en réalité affirmer que 100 % de la population a vécu à un moment ou un autre de sa vie une situation qui l’a mis un peu mal à l’aise. Mais le passage à la phobie sociale est avéré quand trois critères sont réunis :

  • L’intensité de la peur est extrême, proche de la panique ;
  • Cette peur envahit toute votre vie, tout votre esprit, à tout moment, vous vous mettez à anticiper les événements ;
  • Peu à peu cela devient un vrai handicap dans votre vie professionnelle et personnelle. Vous refusez une promotion, vous vous faites porter absent aux réunions. Vous n’osez pas aborder une personne du sexe opposé, vous privant de vie amoureuse.

Doc : La phobie sociale consiste à craindre d’être jugé négativement par les autres. Les esprits les plus brillants peuvent être concernés…

Patrick Légeron : La phobie sociale n’est pas liée à l’intelligence des individus. Certains sont d’un niveau intellectuel relativement moyen et n’en souffrent pas, tandis que d’autres qui occupent des postes à responsabilité et sont « au-dessus de la moyenne », craignent d’être mal jugés, de ne pas paraître à leur avantage. Pierre Suard, ancien PDG d’Alcatel, a lui-même avoué dans une interview être confronté à une phobie sociale majeure. On peut également citer le cas du compositeur russe Tchaïkovski.

Doc : Comment expliquer l’apparente augmentation des troubles liés à la perte d’estime de soi ?

Patrick Légeron : Il est difficile d’affirmer avec certitude qu’il y a une recrudescence de ce phénomène car cela ne fait qu’une dizaine d’années que l’on étudie la phobie sociale. Mais on estime que 5 % de la population est touchée. A quoi cela peut-il être dû ? L’exploitation du culte de l’image joue un rôle important. La notion d’estime de soi et surtout l’image que l’on doit donner de soi, qui doit toujours être valorisante, est omniprésente. Il suffit de lire la presse féminine pour s’en rendre compte, et la presse masculine s’y met aussi. Il faut y ajouter le culte de la performance, et surtout de la performance sociale. Communiquer, c’est presque devenu un leitmotiv. Les gens en viennent à se demander s’ils sont suffisamment bons dans leur communication avec les autres, ce qui peut aggraver des anxiétés sociales qui existaient préalablement.

Doc : De quelle façon cette peur s’exprime-t-elle ? Elle entraîne des troubles associés ?

Patrick Légeron : La peur s’exprime en trois domaines. D’abord physiquement : le coeur bat fort, les mains sont moites, des rougissements surviennent. Ces individus finissent par être encore plus paniqués à l’idée que ces signes puissent révéler leur état, ce qui les renforce dans leur crainte. Ensuite il y a des signes psychologiques qui s’expriment par des pensées négatives : « je ne suis pas à la hauteur ; ce que j’ai dit est stupide ; je n’intéresse personne ». Enfin au niveau du comportement, les personnes atteintes de phobie sociale évitent les situations et les personnes, en allant jusqu’à les anticiper.

Il ne faut pas négliger les complications de cette maladie, qui est déjà en elle-même une souffrance, avec l’apparition de troubles associés. Le risque de dépression est ainsi multiplié par 4 ou 5, et l’on constate une forte consommation de substances qui calment un peu l’angoisse, en particulier l’alcool, mais aussi de la drogue, des tranquillisants.

Doc : Quelle est la part du facteur familial et du facteur génétique dans le développement d’une phobie sociale ?

arbre-nuit-300x225 dans TAO et le MaîtrePatrick Légeron : On en comprend encore assez mal les mécanismes. Il y a des facteurs génétiques, mais aussi éducatifs. Par exemple si les enfants évoluent dans un environnement où ils sont surprotégés et où on leur répète sans arrêt de se méfier des étrangers. Le comportement des parents compte aussi s’ils reçoivent peu de monde, fuient les contacts, craignent de décrocher le téléphone, sont peu à l’aise en public et imposent l’idée qu’il faut faire attention à son image. Il faut également éviter les phrases du type « T’as pas honte de ce que t’as fait ? T’es qu’un nul » et au contraire valoriser les enfants. Ceci dit toutes les situations sont possibles, il y a bien sûr des contre-exemples de parents à l’aise avec des enfants qui ont des phobies sociales, et inversement.

Doc : Comment lutter contre ses tendances phobiques ?

Patrick Légeron : Lorsque l’on est malade il existe des antidépresseurs qui sont très efficaces, ou des psychothérapies comportementales qui permettent de travailler sur la dimension psychologique et d’obtenir de très bons résultats. Avant que la maladie ne s’impose, il faut affronter les situations en allant vers les autres, même si cela vous coûte un petit peu. Participez à des activités, comme le théâtre ou pratiquez un sport collectif par exemple.

Propos recueillis par Mathieu Ozanam

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