Archive pour 31 janvier, 2013

Présentation du JI

 

Présentation du JI  dans Le Livre des Mutations 170px-confucius_02-147x300« En 1939, sur un marché de Chine du Nord, un officiel du Guomindang découvre un livre de recettes d’immortalité. A la fin de l’ouvrage se trouve un court traité de stratégie : Les 36 stratagèmes. Ce recueil secret datant probablement de l’époque de la dynastie des Ming (1366-1610) offre un tableau exhaustif de toutes les ruses et des différentes méthodes, accompagnées de commentaires, qui permettent de les interpréter en termes de stratégie militaire. Manuel de guérilla ou traité de philosophie inspiré du Livre des mutations (Yijing), il permet de faire face à toutes les situations conflictuelles, et de l’emporter sur l’adversaire, jusque dans les batailles presque perdues : Rien dans les mains / Rien dans les poches / Ruse des mauvais jours / Ruse des ruses / Le Yiking dit: « A la frontière en force et faiblesse. » Cf. la traduction française de François Kircher.

Reconnue le plus souvent pour sa littérature philosophique, morale ou poétique, la Chine a produit aussi une importante littérature militaire, dont l’Art de la Guerre de Sun Zi est le représentant le plus illustre. Il peut sembler à l’amateur que les sinologues ont rarement inclus ce terrain dans leur recherches. Pourtant, les businessmen ou les joueurs d’aujourd’hui, outre quelques proverbes faussement attribués à Confucius, connaissent de la Chine avant tout le Sunzi, et l’ont lu. Tous les chemins sont bons pour qui découvre une autre culture. La lecture de ce petit « recueil d’exceptions », de ce vade-mecum de ruses passablement diaboliques, incarnées chacune dans un proverbe courant se référant la plupart du temps à une vieille anecdote de l’Histoire militaire chinoise ; l’approfondissement nécessaire à sa compréhension mèneront le lecteur vers diverses autres parties de la culture chinoise, comme le fameux Livre des Mutations, la rude philosophie légiste et ses fables machiavéliques répertoriés par Hanfei Zi, ou bien l’Histoire des Trois royaumes (un des quatre plus fameux romans en langue commune, avec le Voyage en Occident, le Rêve dans le Pavillon rouge et Au bord de l’eau, magistralement traduit par Jacques Dars). On peut aussi orienter ses recherches vers les Chengyu, ces innombrables proverbes en quatre caractères dont s’émaille aujourd’hui encore la langue écrite et parlée, qui sont comme des résidus de la distillation par les siècles de la culture chinoise, et qui servent de titres aux trente-six stratagèmes.

Dans les romans d’aventures, on lit souvent que « des trente-six stratagèmes, le meilleur est le dernier » ou encore qu’« entre trente-six solutions, la meilleure est la fuite », ce qui relève d’une sagesse pragmatique. Si trente-six choix équivalents s’offrent à vous, c’est certainement qu’aucun n’est le bon… Cependant, des Trente-six Stratagèmes proposés ici, on peut préférer le tout premier, intitulé « 6 × 6 = 36 » et servant de préface (voir ci-dessus), que François Kircher interprète comme une allusion à un petit reste, un espace vide permettant à tout l’appareil de fonctionner harmonieusement, bref : un jeu au sens mécanique du terme. Marcel Granet décrit en détail une « tendance si souvent rencontrée d’ajuster les ensembles et de déterminer les proportions en réservant toujours le jeu d’une unité. » (La Pensée chinoise p. 220). Cette imprécision assumée d’une unité permet par exemple d’égaler 80 (8 × 10) et 81 (9 × 9), puis de construire une cosmologie des nombres (incluant la théorie des cinq éléments) qui décrive adéquatement le monde, et permette aussi de construire une gamme musicale. Ce « petit rien qui fait tout » rappelle aussi ce vide au milieu du moyeu qui permet à la roue de tourner, proposé à la méditation par Lao-tseu, ainsi que la conception du « non-agir » donnant au roi sa pleine puissance.

Le commun des lecteurs n’étant pas roi, ni même général, il pourra se contenter de consulter cet étrange opuscule en y cherchant matière à réflexion sur, par exemple, le hacking, la pratique du jeu de Go, des arts martiaux, les stratégies commerciales, l’infinie réversibilité de la tromperie, la crudité de la condition humaine, ou même sur les problèmes actuels de géopolitique.

SOURCE : http://wengu.tartarie.com 

Conscience émergente

 

Conscience émergente dans Le Livre des Mutations 14

Dans le bouquet japonais, la branche SHU s’élance toujours ardemment vers le ciel. Je vous propose d’y voir ici le symbole d’une autre source puissante de la vitalité humaine, la poursuite vivante par l’idiomorphon (la forme humaine idéale), du projet divin, du but inconnu fixé à l’espèce au terme « téléonomique » de son évolution. Cette branche pourrait donc représenter la partie « cérébrale » de la découverte de l’Univers par l’Homme, sachant bien qu’il s’agit également de la perception intuitive de l’outre Monde, et l’image de gauche en est une évidente illustration. C’est le développement de son cerveau qui fait émerger l’humain hors du terreau de l’animalité. Dans cette émergence apparaissent la conscience et la liberté du comportement qui forment la « Personne », image particulière de la cause première. Au sein de l’intellect, la pensée gnostique panthéiste sépare ici deux outils : d’une part la raison qui permet d’accéder au savoir analytique matériel, (c’est à dire à l’avoir), d’autre part l’intelligence qui permet d’accéder à la connaissance globale et supra terrestre, (c‘est à dire à l’être). Á travers les illusions du Monde, l’intellect global doit ainsi permettre d’accéder à la véritable réalité et au sens profond et caché de la vie terrestre, moyen de la restauration des caractères divins initiaux de la Personne des origines, intemporelle et immortelle.


Dans la pensée panthéiste, il n’est qu’un Être primordial, inconnu, total, absolu qui nous inclut. Nous essayons ici de comprendre qu’au terme déterminant l’évolution de notre être propre, il y a une manifestation simplement différente de la même force essentielle éternellement vivante, qui est l’Idée de la Personne Humaine. Cette manifestation agit pour que chaque Personne devienne conforme à ce que son devenir fut et demeure conçu par l’Intelligence Universelle (quelle que soit la nature de cette entité). L’Homme lui reste relié dans son être total, mais, dans son aspect terrestre (donc dans le nôtre), il a maintenant découvert les admirables facultés de son corps et les capacités de son multiple cerveau. Ébloui et captivé par les splendeurs de la nature, les plaisirs et les richesses du Monde, il veut tout posséder, tout savoir, tout dominer, de l’atome à l’univers, et tout maîtriser, y compris la vie et la mort. Animé par ces pulsions de pouvoir et de possession, d’orgueil et de domination, utilisant sa raison, l’Homme travaille à remodeler les sociétés et à réorganiser le monde selon ses désirs. Il invente des sciences et des arts, des philosophies et même des religions, et il élabore des théories et des doctrines pour expliquer tous les aspects cachés du monde. Á ce sujet, voir les constructions mentales des Néoplatoniciens, admirables mais vraiment complexes.  Mais la Personne dispose aussi de son intelligence propre, cet outil de contact direct avec l’Intelligence Universelle. En l’utilisant, elle peut enfin comprendre le plan qui la concerne. La révélation reçue par les panthéistes établit qu’en se détachant consciemment des illusions du Monde et des désirs de possession et de domination, l’Homme se délivre de tous les liens qui l’enchaînent, tant à la vie terrestre qu’à la mort du corps de chair. En abandonnant les pulsions visant à conquérir l’avoir, il permet l’émergence ou la reconstruction d’un nouvel Être totalement libre, d’une entité disposant des caractères divins originels et du corps transfiguré de la Personne intemporelle et immortelle des origines.

Traditionnellement et toujours dans l’imaginaire de notre pensée, nous bâtissons un nouveau concept pour évoquer cette autre manifestation de la puissance originelle. Les anciens Grecs l’appelaient le « Noûs » mais nous disons souvent « l’Intellect » ou, par erreur, « l’Esprit ». Là réside une illusion nouvelle. Nous avons lâché la réalité biologique et neuronale de notre conscience vivante, raisonnable et intelligente. Nous l’avons de nouveau remplacée par un reflet mental utilitaire, par autre image symbolique, vaporeuse ou éthérée qui figure, dans un milieu inconnu assez flou, tout le destin prochain de notre devenir terrestre. Dans le mystère de l’avenir, c’est la matière cérébrale qui nous semble être la plus apte à contenir cette représentation, et c’est pourquoi nous tendons à poser l’intellect au sommet de nos facultés.

Cependant, il n’y a toujours aucune raison de placer ce concept au-delà ou en deçà, au-dessous ou au-dessus, ou dans une hiérarchie quelconque, car il ne demeure dans la triple essence humaine nul espace entre l’alpha et l’oméga de l’être. Dressée vers le ciel, la branche SHU nous paraît nécessaire, mais l’harmonie du bouquet IKEBANA persiste à résider dans sa globalité.

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