Archive pour 25 février, 2013

Et si nous retrouvions le goût du risque

Retrouvez le goût du risque

Oser aborder quelqu’un qui nous attire, dire non quand ça nous déplait, traverser hors du passage piéton ou bien se lancer dans un projet fou qui nous tient à coeur… Quelque peu englué(e)s dans nos habitudes, ou notre besoin de sécurité, nous avons peut-être perdu le goût d’oser. Nos pistes pour se montrer audacieux(se)… à nouveau !

Et si nous retrouvions le goût du risque dans TAO et le Maître marque-pages-plastifiac--150x300« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ! ». Cette célèbre phrase de Mark Twain, a soutenu bien des audaces et de folles aventures. Et si nous sortions de notre engourdissement, en mettant de côté nos craintes (souvent infondées), pour enfin vivre nos rêves, plutôt que rêver notre vie. Sans forcément opérer une révolution spectaculaire, faire preuve d’audace pourrait bien commencer par de micro-changements et de nouvelles attitudes… D’autant plus qu’à l’approche de la rentrée, la tentation de s’embarquer pour un énième tour de manège, entre habitudes et réflexes sécuritaires, menace le ciel enfin dégagé de notre été.

Se mettre en mouvement !

Peut-être vous arrive-t-il de sentir comme une certaine inertie, vous obligeant chaque matin à prendre le même parcours, à échanger des propos souvent similaires (voire ennuyeux) avec vos collègues de bureau, votre moitié, ou avec vous-même… Peut-être ruminez-vous les mêmes pensées, comme la décision de demander une augmentation, de partir en week-end avec votre amoureux ailleurs que chez ses parents ou bien d’aborder le nouveau voisin…

Devenus quelque peu « esclaves » de nos habitudes, d’une certaine routine ou encore du qu’en-dira-t-on, oser peut parfois disparaître de notre vocabulaire. « C’est pourtant un processus, un mouvement, une marche vers l’avant, qui permet d’amener de la nouveauté et de l’inconnu… autant de données indissociables de notre épanouissement » explique le psychothérapeute Jean-Paul Sauzède. Oser peut nous inviter à relever un défi, à dépasser nos limites et nos peurs de déplaire, pour aller de l’avant… et vivre mieux !

Entre frilosité collective et histoire familiale

Les « à quoi bon ? » limite dépressifs ou les « ça ne marchera pas » des vaincus d’avance, sonnent comme autant de freins à nos élans d’audace. Il semblerait que nous soyons devenus craintifs, aux prises avec une insécurité croissante, celle de la crise financière, des dérèglements climatiques alarmants… Toutefois, précise Jean-Paul Sauzède « s »il est vrai que la conjoncture exacerbe notre besoin de sécurité, cette frilosité témoigne également que l’on dépend beaucoup de l’environnement extérieur, comme si l’on n’était plus acteur de notre histoire ! ».

Quand on se sent vraiment « plombé », plus que d’autres peut-être, par cet immobilisme, le psychothérapeute conseille en premier lieu de revisiter sa propre histoire justement. Il peut arriver que les racines de la peur d’oser se trouvent dans la lignée. Un grand-père qui a fait faillite, ou une arrière-grand-mère malheureuse en amour peuvent bloquer bien des élans. Certains héritages peuvent encourager des scénarios de répétition qui nous échappent ! A ce titre, effectuer des recherches en psychogénéalogie peut donner des pistes de compréhension et des ailes à vos projets.

Dépasser la peur de l’échec

15 dans TAO et le MaîtrePour certaines personnes, le risque d’échouer est plus fort que l’exaltation de se lancer ! La peur d’essuyer un « non » en abordant une personne qui leur plait, de tenter une nouvelle recette lors d’un dîner entre amis ou bien de démarrer un projet, domine. « Commettre des erreurs leur semble insurmontable, comme autant de preuves de leurs manques ou de leurs faiblesses » commente Jean-Paul Sauzède.

La parade : Peut-être enfant, n’aviez-vous pas le droit à l’erreur… Résultat : votre quête de perfection peut inhiber bien des élans. « Vous avez besoin de soutien, essayez de vous entourer de personnes qui vous rassurent sur vos compétences » conseille notre expert en audace. Tournez-vous aussi vers ceux qui ont déjà fait un certain chemin. Vous vous rendrez compte alors que les échecs sont aussi le ferment de réussites à venir.

Cesser de se conformer

Nous sommes souvent pris dans des réseaux de loyautés et de dépendances qui peuvent entraver bien des accès à nos rêves. Résultat : nous vivons comme il faut, avec le métier, le costume, et parfois même la famille modèle qui comblent… nos parents, quand ce n’est pas la société. « Mais qu’en est-il de votre idéal, de vos fidélités à vos valeurs ? » questionne Jean-Paul Sauzède.

La parade : Renouer avec ses rêves. Pour retrouver le goût d’oser, il est temps de faire le point sur vos désirs. Essayez de vous projeter dans deux ans… Comment vous voyez-vous ? De quoi avez-vous réellement envie ? D’un voyage, de quitter la ville, de fonder une famille… Autant de pistes qui vous permettront ensuite de tenter pour commencer des micro-changements dans votre relation aux autres, au travail et de nouvelles attitudes plus dynamiques face à l’avenir.

Qui ne tente rien n’a rien, on vous dit ! Alors on essaye : une marche pour sauver la forêt amazonienne parce qu’on y croit, suivre une formation pour exercer le métier de ses rêves, ou bien le demander en mariage parce qu’on l’aime.

Et pour faire un pied de nez à toutes les réticences qui pourraient pointer leur nez, Jean-Paul Sauzède rappelle que « l’être humain est souvent en prise avec son désir de permanence, de répétition sécurisante et cet appel intérieur à l’impermanence et son incroyable capacité à rêver ». C’est de l’équilibre entre les deux dont dépend notre épanouissement. Etre pétri d’habitude ou à l’inverse en quête perpétuelle de nouveauté peut entraîner un réel mal-être.

Catherine Maillard

Avoir besoin de reconnaissance

Pourquoi avons-nous tant besoin de reconnaissance ?

Un amoureux dont on attend toujours le compliment, un boss qui ne profère aucun encouragement… Et vous voilà le moral en berne, persuadé(e) de ne pas être reconnu(e) à votre juste valeur. Sans reconnaissance, le sentiment de ne pas avoir de valeur domine, avec des difficultés à prendre sa place. Pourquoi avons-nous tant besoin de reconnaissance et comment le satisfaire ? Réponses de la psychothérapeute Lise Bartoli.

Avoir besoin de reconnaissance dans TAO et le Maître carteschat-copie-2Votre Jules omet tout simplement de vous dire merci, même quand vous lui préparez un repas digne d’un restaurant 4 étoiles ; votre amie oublie de vous appeler le jour de votre anniversaire ; votre boss ne vous félicite jamais… Ces comportements souvent difficiles à vivre peuvent susciter de nombreux sentiments négatifs. Vous n’êtes pas considéré(e) à votre juste valeur, vous ne méritez pas d’attention, voire vous n’existez pas à leurs yeux, ou encore vous vous sentez exclu(e) de votre cercle d’amis… Bref, vous ne vous sentez pas reconnu(e) !

L’enfance : le lieu de la reconnaissance

Clé de voûte d’une vie épanouie, le besoin de reconnaissance aiguille bien des comportements. Une quête qui commence dès l’enfance.

Pour Lise Bartoli, psychologue clinicienne et psychothérapeute, auteur de « Dominer sa part d’ombre »1 : « Ce besoin se nourrit dès le départ par des regards, des attentions, c’est très sensoriel« . Une maman qui « couve » des yeux son enfant avec tendresse et bienveillance quand elle l’allaite ou qu’elle lui donne le biberon, va le satisfaire. Un enfant qui est vu, porté, tenu, soutenu par des gestes et des paroles aussi, comme « Bravo, tu as bien mangé ! », comprend qu’il est reconnu. « Faire la place à un enfant en l’accueillant est déjà un bon départ, il fait partie d’une fratrie, d’une famille » ajoute la psychologue. La manière dont il trouve sa place auprès de sa mère et de son père est déterminante pour s’inscrire dans le cercle élargi de la famille, puis dans un groupe d’amis ou professionnel.

 A l’inverse, quand il n’a pas été reconnu, il va chercher à combler ce besoin, dans bien des domaines de sa vie, souvent sans succès. En comprendre l’origine peut nous aider à retrouver les ressources en soi !

Besoin de reconnaissance au travail : Mon boss est radin en compliments

« Je suis toujours obligé de me battre pour récolter des miettes de considération » déplore Philippe, qui vient enfin d’obtenir une augmentation au prix d’efforts considérables… Pourtant, il reste insatisfait.

Décodage : Dans l’enfance, certains doivent lutter pour attirer l’attention de leurs parents de manière favorable, alors ils en font beaucoup plus. Une fois adulte, ces personnes continuent à vivre sous tension.

Elles travaillent souvent plus que les autres et s’emploient à faire des étincelles pour être remarquées. Mais leurs efforts n’étant pas reconnus, elles s’épuisent. Par ailleurs, une réussite ne les satisfait pas complètement et elles continuent leur quête de reconnaissance en donnant à nouveau le maximum.

Nos pistes : Quand cette quête devient épuisante parce qu’elle n’est jamais comblée, se poser la question est essentielle. Après quoi courez-vous vraiment ? Les attentions de votre boss ? Un compliment sur votre travail ? Des encouragements (« Bravo, vous êtes le(la) meilleur(e)« ) qui sous-entendraient que l’entreprise ne pourrait pas se passer de vous ? « En réalité, vous tentez de combler un besoin qui remonte à beaucoup plus loin » insiste Lise Bartoli. Attendre des compliments pour un travail bien accompli, qui plus est, s’il a nécessité certains efforts, est tout à fait légitime. Toutefois, ça ne doit en aucun cas devenir vital. En fait, une fois adulte, vous êtes le seul à pouvoir vous apporter cette reconnaissance : la satisfaction d’avoir bien accompli votre travail vous appartient. Ensuite, si d’autres le partagent et que votre boss vous encourage, c’est parfait ! Dans le cas contraire, cette situation ne doit pas mettre votre moral, ni vos compétences en péril. Il y a sans doute d’autres personnes qui vous l’apportent.

En revanche, si les propos de votre supérieur à votre encontre sont dévalorisants, il s’agit d’autre chose. C’est très différent d’une critique constructive qui parfois est nécessaire pour s’améliorer. Dans ce cas, communiquer avec lui est important.

La notion clé : Etre reconnu(e) au travail, c’est d’abord se reconnaître soi-même. Avoir la conscience de bien faire votre travail est la clé pour cesser d’attendre des compliments extérieurs.

Besoin de reconnaissance en amour : mon chéri, quel ingrat !

« Je lui prépare son plat préféré, il ne relève pas ! Je lui joue le grand jeu en portant une tenue qu’il adore, ou invite ses amis pour lui faire plaisir, et je n’ai droit ni à un « merci », ni « tu es formidable », ni « Qu’est-ce que je ferais sans toi ! »«  se plaint Juliette.

Décodage : Dès l’enfance, certains reçoivent des marques de reconnaissance, quand ils aident à mettre la table, à faire les courses ou la cuisine : bref, quand ils sont gentils ! Résultat, ils ont peut-être intégré que pour être reconnu, il faut satisfaire les besoins de l’autre. Une fois adulte, ils existent en se mettant au service des autres et en se pliant en quatre pour leur faire plaisir. Ils ont souvent le sentiment de le faire de tout coeur, mais en réalité, ils sont dans l’attente de compliments… qui ne viennent pas toujours !

19_soleil-190x300 dans TAO et le MaîtreNos pistes : Quand ce que vous percevez comme des manques d’attention et de reconnaissance vous fait souffrir, comprendre son histoire familiale est important. Depuis quand vous comportez-vous ainsi ? De qui recherchez-vous tant le regard ? Il ne s’agit pas tant de se juger, que d’observer comment la répétition s’est installée et de faire le choix d’un changement. « Dans ce cas, on est le plus souvent axé sur l’autre, qui ne nous donne pas ce qu’on attend. Comme si seule l’attention qu’il vous porte, vous fait exister » commente la psychothérapeute.

Le plus important est de reprendre votre pouvoir : exister ne dépend que de vous. Et puis changez de cible : devenez cette personne à qui vous aimeriez tant faire plaisir, à qui vous accordez toute sa valeur. Prenez du temps pour vous, du bain à bulles, à l’expo de votre artiste préférée, profitez de l’écoute en boucle d’une chanson que vous adorez… Traitez-vous comme une vraie princesse, et dites-vous merci. Exprimez-vous toute votre gratitude ! 
La notion clé : Se donner des marques de reconnaissance passe par un rapport plus doux avec soi. En étant pour soi, une bonne maman, il est possible à nouveau de naître à soi : alors vous cesserez de demander à l’autre, une reconnaissance que vous vous apportez !

Catherine Maillard

Valoriser ses différences !

 

Vous avez du mal à accepter certains de vos « défauts » ? Vous n’êtes pas en accord avec votre physique ? A force de polariser votre attention sur vos petites imperfections, vous les accentuez. Quelques conseils pour retourner la situation et faire un atout de vos différences !

 Si l’on se réfère à l’aspect des top-models, nous pouvons presque tous et toutes considérer que nous sommes des monstres ! Comment songer à séduire, lorsqu’on a un teint jaune d’hépatique, une chevelure terne, un grain de beauté mal placé, des rondeurs frisant l’obésité ou au contraire une maigreur à faire peur ? Mais les mannequins, dans la réalité, sont loin d’être aussi beaux que le font croire les images ! Heureusement qu’ils sont maquillés et éclairés ! Heureusement  aussi que l’on retouche leurs photos…

Valoriser ses différences ! dans TAO et le Maître voyant-oracle-cartes-tarot-copie-193x300L’ultime recours : la chirurgie esthétique

Faut-il se faire greffer des implants de silicone pour arrondir ses seins ou un fessier trop plats, s’exposer aux rayons ultraviolets pour garder un teint de vacancier, se livrer à la liposuccion pour faire disparaître des bourrelets superflus, faire raccourcir son nez pour ne pas se faire appeler Cyrano ou faire remodeler son visage pour ressembler à une star ? Pourquoi pas, évidemment. Toutes ces techniques permettent à chacun(e) de redessiner son corps à volonté. Pourtant, pas besoin d’un chirurgien pour améliorer son apparence ! Même si parfois l’aide d’un professionnel de la beauté peut aider à se mettre en valeur, il existe d’autres solutions que le scalpel !

Stylisme, coiffure et maquillage

Les magazines féminins aiment métamorphoser des jeunes gens au physique « quelconque », en les confiant à des professionnels de la mode. Les vêtements, la coupe et la couleur des cheveux, le fond de teint et les ombres à paupières suffisent à rendre leur physique attrayant, tout en lui gardant son originalité. Car ces professionnels ont su repérer les détails à valoriser, que ce soit la couleur des yeux (par le maquillage et la couleur des vêtements), la forme du visage (par la coiffure), le modelé du corps (par des matières moulantes), le galbe des jambes (par les chaussures)… Vous aussi, si vous oubliez vos complexes, vous pouvez réussir votre transformation ! Votre chance, c’est que la mode du prêt-à-porter vous laisse toute liberté : par exemple, si vous êtes grande et maigre, choisissez une jupe longue : cela vous donnera un air romantique. Au contraire, à une petite ronde, un vêtement court et des chaussures à talons conviendront mieux !

Etre acteur de son anatomie

Vous êtes propriétaire de votre corps et, à ce titre vous êtes seul(e) à avoir des droits sur lui. Acceptez d’être la personne physique que vous êtes au lieu d’en souffrir. Il n’est pas interdit de faire régime ou de se muscler. Mais apprenez aussi à vous regarder et devenez imaginatif au lieu de passer votre temps à vouloir masquer votre anatomie. Par exemple, redressez la tête et prenez un air conquérant, souriez, au lieu d’être maussade : vous verrez, ça change tout ! Quant à ces rondeurs qui vous tracassent, regardez comme elles sont mises en valeur chez certaines femmes ! Et ce grain de beauté dont vous croyez qu’il vous défigure ? Au 17esiècle, on se collait des “mouches” sur le visage, et cela ressemblait diablement à cette tache brune que vous n’aimez pas…Faites le donc ressortir sur un maquillage clair !

Bref, assumez ce que vous prenez pour des défauts et qui, en fait, vous différencie des autres : c’est la particularité d’un individu qui fait son charme, bien plus que sa conformité à un modèle standard!

Marianne Chouchan

Nos états d’âme… force ou faiblesse ?

Nos états d’âme, source de sérénité !

Notre force intérieure réside entre autres dans une meilleure régulation de nos états d’âme. Souvent perçus comme douloureux, ils sont pourtant le socle de notre identité. Les comprendre, les accepter et trouver le bon équilibre, cela s’apprend. En route vers davantage de sérénité avec le médecin psychiatre Christophe André.

Nos états d'âme... force ou faiblesse ? dans TAO et le Maître 13-copie-203x300Nos états d’âme sont précieux. Ils peuvent nous aider à aller mieux, à élargir nos horizons, à nous rendre plus fort et plus en paix. Ils ne sont pas réservés qu’ aux poètes et aux philosophes ! Dans son dernier ouvrage, « Les états d’âme. Un apprentissage de la sérénité », le médecin psychiatre Christophe André soutient qu’ils peuvent éclairer aussi la science des psychologues, et nous encourage à mieux les connaître et les réguler, pour gagner en quiétude. Une valeur à la hausse, pour beaucoup d’entre nous. Bonne nouvelle, elle est accessible et se niche à l’intérieur de nous !  Il suffit d’y consacrer un peu de temps.

Doc : Comment définir un état d’âme ? Quelle différence avec les émotions ?

Christophe André : Nos états d’âme mêlent à la fois nos pensées sauvages, vagabondes et d’autres plus subtiles. Nos pensées sont de plusieurs types : il y a  celles que l’on contrôle et celles qui suivent leur propre cours. Nos états d’âme sont constitués des deux. Moins intenses que nos émotions franches, ils se caractérisent par la notion de rémanence. C’est ce qui reste après un événement. Lors d’une altercation avec votre conjoint, par exemple, vous allez laisser libre cours à l’émotion de colère de nature brève et intense. Il vous en restera un état de ressentiment, de la rancœur, plus subtile et durable. Un état d’âme.

Doc : Quel rôle jouent nos états d’âme dans notre vie ?

Christophe André : Cet état plus familier aux poètes, aux artistes, et aux philosophes est en réalité le siège de notre conscience d’exister. Nos états d’âme nourrissent le sentiment d’être soi comme le nomme le neurologue américain, Antonio Damasio. La conscience d’être soi est le lieu de réception du monde, l’estuaire où se mélange ce qui nous arrive de l’extérieur. C’est la manière dont nous accueillons le monde en nous et comment nous percevons les informations, qui nous donnent notre identité. On se sent exister à partir du moment où l’on prend conscience de soi. Nos  états d’âme nous permettent à la fois de comprendre le monde dans lequel on vit et de nous adapter.

Doc : Pourquoi sommes-nous si tourmentés ?

Christophe André : Les états d’âme négatifs sont ceux auxquels nous avons accès en premier. Notre cerveau les repère plus rapidement que les autres. Tout simplement parce que nos émotions franches négatives ont une fonction importante en termes de survie. Le stress donne soit la possibilité de fuir ou de se battre. La peur, celle de demander la protection des plus forts, la colère permet d’impressionner son adversaire… Elles ont longtemps facilité notre survie. D’où ce focus sur la présence d’états d’âme négatifs, avec lesquels nous sommes plus familiers. Nous avons pris l’habitude d’amplifier ce qui a facilité notre survie. Non pas ce  qui améliore notre qualité de vie.

Doc : Vous parlez d’une quête d’équilibre intérieur. Pourriez-vous en définir les contours ?

Christophe André : Trouver un équilibre intérieur n’est pas utopique, c’est très concret. Il peut s’obtenir en pacifiant nos états négatifs, en faisant de la place à nos états d’âme positifs, voire en en produisant davantage. On cherche souvent à supprimer nos états d’âmes négatifs. C’est impossible, et ce n’est pas la bonne voie  ! La sérénité ne réside pas dans l’absence de ceux-ci, mais dans une juste répartition des deux états. Dans l’idéal, on pourrait viser une vie où nos états d’âme seraient à 2/3 positifs et 1/3 négatifs. Le négatif a son importance, il nous permet de mieux nous adapter à l’environnement. Les états de tristesse et d’agacement nous donnent également des informations justes sur notre ressenti du moment. Plutôt que chercher à ne pas en ressentir, il faut tenter de ne pas se laisser dominer par eux. L’équilibre intérieur est le fruit d’un ajustement permanent. D’où la notion de travail sur soi.

Doc : Comment y parvenir ?

Christophe André : Notre équilibre intérieur nécessite des efforts, au même titre que notre forme physique que nous entretenons par une activité sportive et une alimentation équilibrée. Pour commencer, il faut cultiver la présence et l’attention à soi. Nous vivons dans une société matérialiste qui tend à nous distraire, à nous arracher à nous-mêmes. On est toujours en train de se remplir d’autre chose que soi. Jogging en musique, envoi de sms dans une salle d’attente. Il n’y a plus de lenteur, ni de continuité. Pour la plupart de mes patients, le seul moment où ils s’arrêtent pour se demander ce qu’ils ressentent, c’est en séance !

Doc : Vous pourriez nous donner des pistes concrètes ?

Christophe André : L’idée consiste à se poser pour respirer et se demander comment on va ! Comment ça se passe pour vous en ce moment ? Tout retour à l’écoute du corps est bénéfique. Si vous avez eu un coup de fil qui vous laisse très émotif, prenez le temps de vous demander ce qui s’est passé. Il faut augmenter le temps de conscience de soi ! Ce n’est pas simple au départ, parce qu’on est envahi, de pensées, de réflexions, alors on est vite tenté de s’agiter à nouveau. Pour se fuir ! Il faut persévérer. La notion de conscience de soi s’apprend. On est très orgueilleux de croire qu’il suffit de vouloir, pour pouvoir. C’est le fruit d’une pratique régulière, d’une discipline. Développer des compétences spécifiques destinées à se pacifier s’apprend.Des pratiques comme le Tai chi, le yoga, la méditation permettent des initiations de qualité. Mais on peut aussi prendre des temps pour soi tout seul, 5 minutes, puis plus longtemps.

Doc : Vous dites que la quiétude est impermanente. En quoi est-ce important ?

Christophe André : Accepter la notion d’impermanence, tout comme la présence de nos états négatifs est une des clés de la sérénité. Tout est impermanent, au risque de rejoindre la pensée bouddhiste. J’ai remarqué que certains de mes patients avaient peur du bonheur, enfin plus précisément du fait qu’il s’arrête. Or les chances qu’il cesse, en tout cas sous une certaine forme, sont effectivement à envisager. L’équilibre intérieur n’est pas une climatisation mentale, mais une aptitude à revenir régulièrement à son point d’équilibre. C’est une aptitude dynamique, non un état figé.

Catherine Maillard

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