Peur, angoisse vitale et angoisse sacrée

  

MEDITATION 12 DU MONDE DU FEU -

Pour le philosophe et psychologue Paul Diel, la peur est une réaction réflexe à un danger précis auquel les animaux répondent par un comportement de fuite ou d’attaque. Au fur et à mesure de l’évolution, le délai entre l’excitation et la réaction a augmenté, donnant lieu à un phénomène dit de  » rétention « .

Peur, angoisse vitale et angoisse sacrée dans MEDITATIONS du JEU du TAO image-141-h-300x201L’énergie retenue est gardée en mémoire sous la forme de ressenti émotionnel et, chez les êtres dont les organes perceptifs sont développés, sous forme d’images mentales et de concepts (les chiens font des cauchemars.)

Dans l’esprit humain, obstacles et désirs s’élargissent. Le réel chargé d’émotions se transforme en images mentales d’un monde intérieur possédant sa vie propre. Le souvenir des peurs, l’impossibilité de réagir par un acte réflexe (comme l’amibe) et l’obligation d’aboutir à un choix conscient mais susceptible d’erreur, créent une  » angoisse vitale « .

Elle est naturelle car elle bloque l’élan vers la satisfaction, qui constitue le moteur de la vie. Elle crée la prévoyance instinctive chez l’animal et, accompagnant la poussée évolutive, elle entre dans une dynamique d’opposition entre le désir de satisfaction et l’angoisse devant l’obstacle, dialectique à la base du fonctionnement du psychisme supérieur. L’angoisse vitale ne doit cependant pas être confondue avec l’angoisse morbide provoquée par l’imagination exaltée qui, en faisant une montagne du moindre obstacle, bloque toute possibilité de l’affronter.

L’homme découvre aussi l’obstacle de la mort, qui vient en contradiction avec son désir animal de durer. Il en ressort des questions existentielles lancinantes et terriblement insatisfaisantes, à l’origine de  » l’angoisse sacrée  » (qui suis-je, qu’est ce que je fais ici, quel est le sens de la vie, de la souffrance ?).

Ces interrogations poussent l’esprit à inventer des réponses dans les mythes, les religions, la philosophie ou la science, pour repousser les limites du mystère et apaiser l’angoisse sacrée. Les réponses naissent, selon Diel, d’une synthèse entre l’observation de la nature et des intuitions venues d’un surconscient nourri par la pulsion évolutive. La ressemblance entre le vent et la respiration, par exemple, rencontre l’intuition d’un souffle animateur de la vie pour donner naissance à la notion d’Esprit.

Ces croyances sont porteuses de vérités essentielles et jouent leur rôle sédatif pendant un temps. Mais les visions du monde qui en résultent, engagées en même temps par l’angoisse sacrée dans une dynamique qui les conduit à repousser des limites du mystère, perdent leur utilité quand les croyances ne correspondent plus à la connaissance du moment. Pour retrouver l’harmonie et la satisfaction qu’elles procurent, les hommes doivent inventer autre chose. Ainsi,  » aujourd’hui, le lien entre l’angoisse de la mort et l’insuffisante solution du problème collectif n’a jamais été aussi évident « . Diel, qui écrit ces lignes en 1956, reste cependant confiant dans le dynamisme transformateur de l’angoisse. Il préconise de laisser en suspens la question du mystère, limite toujours mouvante des compétences de l’esprit humain, et de se consacrer à la maîtrise de notre vie intérieure et à l’accomplissement de notre personnalité. La joie et l’harmonie qui en résulteront sont le meilleur moyen, selon lui, de calmer nos angoisses.

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