L’Enseignement du Tao

Le but essentiel de l’Enseignement étant de donner à l’être humain les moyens de conquérir sa Liberté, nous allons aujourd’hui préciser ce que, dans la phraséologie du Tao, ce vocable signifie.

L'Enseignement du Tao dans Le Livre des Principes zen6-300x225Qu’il soit bien entendu, tout d’abord que la liberté dont nous parlons ne dépend pas de causes politiques, sociales ou économiques. Ce n’est pas que nous négligions ces facteurs. Le totalitarisme politique, de quelque tendance qu’il soit, ne saurait être accepté par des hommes en marche vers l’Eveil et il est certain qu’un milieu social ou économique défavorable entraîne à la longue, l’abrutissement. Cependant, il faut bien noter que certaines natures- assez rares- trouvent au sein d’une existence particulièrement difficile les ressources nécessaires à la conquête de la véritable Liberté. D’autres, au contraire, plus nombreuses, reçoivent comme une charge les facilités d’une vie économique et sociale favorable. Epictète, esclave, était un homme libre. César, Imperator, était en fait, un esclave. Même si- et ce n’est pas le cas !- il avait réussi à maîtriser les passions qui le gouvernaient, il serait demeuré un homme  » conditionné, soumis à toutes sortes d’influences extérieures. Pour les initiés du Tao, César et après lui, les « grands hommes » de l’Histoire, font plus encore que l’homme commun, figures d’individus irresponsables.

Dans quelle mesure, l’être humain est-il responsable de ses actes et même de ses pensées ? Au cours des siècles passés, en Occident, une controverse interminable opposa les tenants du libre arbitre et ceux de l’irresponsabilité de l’homme, jouet du Destin. De nos jours, ce différent s’est notablement apaisé. Un modus vivendi est apparu, chacune des parties ayant fait des concessions. Si l’on examine le problème de près, on peut même dire qu’aujourd’hui tout le monde est à peu près d’accord, mis à part quelques extrémistes. Extrémistes  » de gauche « , behaviouristes pour lesquels l’homme n’est rien d’autre qu’une machine cybernétique de haute précision- et pavloviens plus royalistes que le  » roi  » PAvlov. Extrémistes  » de droite  » : certaines sectes excentriques pour lesquelles la responsabilité de l’homme est totale, absolue. Mais la majorité des grandes écoles de pensée actuelle a, en fait, adopté un point de vue qui est le nôtre depuis bien des siècles : la responsabilité humaine existe, mais dans la pratique, elle est très, très limitée. Des objections pourront être faites à notre affirmation. Aux yeux de l’Eglise Catholique, dira-t-on, la responsabilité de l’homme ne se discute pas. Pourvu par Dieu d’un libre arbitre, il est responsable devant son créateur. Nous pourrions ergoter et faire remarquer que l’Homme, au sens propre du terme, tel qu’il fut d’après la Bible, créé par Dieu, n’a que peu de point communs avec l’homme actuel. Nous n’en ferons rien et noterons simplement que l’Eglise pose de telles conditions à la réalisation du péché mortel (volonté délibérée, connaissance, etc.) qu’il est bien difficile à l’être humain de commettre un tel crime. D’autre part, dans le camp opposé, le marxisme, nous dira-t-on, e manque jamais, avec les néo-lamarckiens, d’ériger en axiome le fait que :  » l’homme est le produit de son milieu « …mais il est bien obligé d’admettre, du moins implicitement, qu’il peut y avoir des exceptions à la règle : Lénine appartenait à un milieu bourgeois.

Notre position exacte est celle-ci : dans la vie courante, l’être humain est pratiquement irresponsable tant qu’il n’est pas conscient, nettement de la triomphante immixion du milieu dans son  » moi « . A nos yeux, il demeure un mineur tant qu’il n’a pas compris que son métabolisme, que son hérédité, l’éducation reçue et les multiples apports extérieurs de chaque jour, déterminent entièrement chacun de ses gestes et chacune de ses pensées. En bref, l’homme qui se croit déjà libre de ses actes est un simple robot télécommandé par des forces que nous appelons, par commodité, son Tao personnel- d’autres diraient : son destin…

Mais nous pensons- nou savons- que l’homme ne peut pas  » chevauher son destin », selon l’expression imagée de l’un des nôtres. Que faut-il faire pour obtenir ce résultat ? C’est simple, il s’agit de prendre conscience au maximum, de la sujétion dans laquelle nous nous trouvons. Lorsque nous accomplissons une action  » délibérée « , il nous faut voir jusqu’à quel point cette action vient de notre volonté propre : jamais, dans la pratique… Vous ne croyez pas ? Vous êtes dans le vrai en ne nous accordant pas une confiance aveugle. Vous ne devez accorder un crédit absolu qu’à votre expérience personnelle. Cette expérience, faites-la donc. Prenez par exemple, la profession que vous exercez actuellement. Il se peut qu’elle vous ait été imposée visiblement, par les circonstances. Mais il est aussi possible qu’elle soit le résultat d’une vocation… N’y a-t-il pas à ses origines, une influence étrangère ? Cherchez et surtout n’imaginez pas pouvoir découvrir aisément toutes les raisons, extérieures à vous-même qui vous ont poussé dans cette voie. Vous pouvez renouveler l’expérience avec n’importe laquelle des options que vous avez  » choisies  » : politique, religion, goûts les plus divers. Si vous poussez assez loin vos recherches, voua vous apercevez que votre personnalité entière a été crée par influences extérieures (ou héréditaires, ce qui revient au même). Ces influences vous ont modèle, en agissant soit par attraction ,soit par répulsion. Vérifiez : vous constaterez qu’elles ont exercé leur action, en ce qui vous concerne, dans tous les domaines, du plus important à vos yeux, au plus insignifiant. Actes, pensées, tout chez vous, comme chez tout homme, est conditionné par elles. Lorsqu’une idée quelconque vous traverse l’esprit, essayez d’en faire l’historique à l’envers et d’en retrouver la genèse. Agissez exactement à l’inverse des détectives de roman et , de la conclusion- votre idée actuelle- remontez aux prémisses. C’est un jeu de société amusant et combien instructif ! Vous verrez clairement que vous ne créez pas votre pensée mais qu’elle vous est imposée par des influences étrangères à votre  » moi « . En fait, tant qu’il n’a pas pris pleine conscience de la réalité de ces influences toutes puissantes, chaque être humain voit sa personnalité confondue avec elles. Cette constatation entraîne le double corollaire suivant :

1° Pour le moment, vous n’avez pas pleine conscience des influences diverses, qui sans arrêt, façonnent votre  » moi « . Mais vous allez conquérir cette conscience. Après cette acquisition, VOUS SEREZ RESPONSABLE DE VOS ACTES ET DE VOS PENSEES.

Ne l’oubliez pas !

2° Les humains qui vous entourent sont, eux aussi (et maintenant plus que vous) inconscients de leur sujétion. tenez-en compte.

Extrait de la méditation Tchan …

 


Répondre

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes