Tao et l’Histoire du Prince Perle


Tao et l'Histoire du Prince Perle dans Le Livre de la Légende 21Il était une fois un prince qui, depuis toujours, cherchait le pays du bonheur. Il avait, des années durant, parcouru le monde en vain et dépensé des fortunes dans sa quête. Un jour, quelqu’un lui dit :  » Je ne sais pas où se trouve le pays chu bonheur, mais je connais le chemin qui y mène. Ce chemin a son point de départ là où se trouve la demeure du vieil Ho, le vieillard-enfant.
Le prince chercha et trouva la demeure du vieil Ho. Il s’approcha de la porte et frappa. Personne ne lui répondit. Le prince frappa longtemps, puis, lassé, découragé, il s’apprêtait à se retirer quand sen regard se posa sur l’amorce d’un sentier que l’on apercevait, au milieu des buissons, de l’autre côté de la route. Une intuition traversa l’esprit du prince et il comprit que cette voie étroite menait vers le pays du bonheur.
Il prit ce chemin. Il était fort peu commode. Les ronces déchiraient les mains et le visage du prince. Il trébuchait sur de grosses pierres malicieusement dissimulées sous les herbes de la sentine. Il marcha, longtemps, très longtemps. Souvent, il eut peur car des dragons et des fantômes lui apparurent. Enfin, après des jours, des mois, des années peut-être, de marche harassante, il parvint dans un jardin très quelconque. Des jardins semblables à celui-ci, le prince en avait vu des centaines. Et cependant, il sentit qu’il était enfin au bout de sa quête, qu’il avait atteint le pays du bonheur. Dorénavant et pour toujours, il vivrait là, heureux.
Mais, avant de prendre possession de son domaine, le prince décida d’en faire le tour. Le jardin était petit, de forme carrée, encadré sur trois côtés par des broussailles. Mais, le quatrième côté, à l’opposite de la direction d’où venait le prince, était, lui, borné par une petite maison. Effectuant le tour de son petit royaume, le prince parvint devant la maison cet en trouva la porte ouverte. Il entra. Personne à l’intérieur. Voulant en avoir le cœur net, le prince traversa la maison entière. Il parvint ainsi à la porte qui donnait sur l’extérieur.
Le prince ouvrit cette porte, sortit, se retrouva sur le trottoir d’une route. Il se retourna et considéra le battant de cette porte par laquelle il venait de passer. Il vit alors qui ce battant portait une inscription :  » Maison du vieil Ho – Pays du bonheur – Entrée libre  » et le prince comprit qu’il avait déjà vu cette inscription mais qu’il n’avait pas été capable de la comprendre…

Pourquoi l’homme qui n’a pas subi un entrainement spécial est il incapable de trouver d’emblée le  » pays du bonheur  » ?
Parce que, simplement, il n’utilise pas son équipement mental comme il devrait le faire.
L’être humain est, NATURELLEMENT,  » équipé  » pour échapper, au malheur qui est, comme le bonheur, notion en grande partie subjective.
Le corps humain possède des muscle que l’individu veut mouvoir volontairement et d’autres sur lesquels sa volonté n’a pas d’action directe, mais qui ne sont pas moins utiles que les premiers : des muscles « conscients » et des muscles « inconscients », en somme. De même, le mental humain possède des aptitudes conscientes et des aptitudes inconscientes. Les aptitudes conscientes sont, comme leur nom l’indique, destinées à permettre à l’homme de s’occuper de ce qu’il peut consciemment percevoir, de diriger son existence quotidienne. Les aptitudes inconscientes doivent, en principe, permettre l’homme d’entrer en contact avec la  » conscience ’’ du Tao – du Cosmos – de même que par ses muscles lisses il est en contact avec le  » vie ’’ du Tao. L’expression  » conscience nu Tao  » ne doit, en effet, pas nous illusionner : cette conscience se rapproche bien davantage de l’inconscient humain gue du conscient humain.
La raison humaine, la raison consciente, celle qui devrait uniquement être utilisée pour les actions immédiates de la vie de chaque jour est, en effet, dualiste. Elle ne peut, en définitive, répondre (avec des nuances, certes) que par  » oui  » ou par  » non ’’ aux questions posées. Et cela est fort bon dons la vie pratique. Mais, la Conscience Cosmique (le Tao, Dieu, peu importe le nom que l’on veut lui donner) dépasse infiniment le dualisme. On ne peut donc pas plus entrer en contact avec elle par le canal de la raison consciente qu’on ne peut digérer volontairement à l’aide des muscles abdominaux. Mais la partie inconsciente du mental humain, à un moindre degré que la Conscience Cosmique, n’est pas non plus limitée par un dualisme restrictif. Sa fonction originelle était donc de permettre l’établissement d’une sorte de pont entre l’homme et la Conscience Universelle non-dualiste. Mais, tout fier de se raison consciente et imaginant à tort qu’elle devait lui per- mettre de tout élucider, de tout SAVOIR alors que certains états ne peuvent être que RESSENTIS, l’homme a détourné cette raison consciente de son véritable travail et lui a posé les questions auxquelles elle ne pouvait répondre. La partie inconsciente du psychisme humain se trouvant ainsi déchargée du travail qui était normalement le sien devint oisive et se  » débaucha « . D’instrument de contact entre l’homme et le Cosmique, elle devint le réceptacle des refoulements et des névroses. Certains appellent ce déplorable État de fait  » la Chute de l’homme « .
Ce mode de pensée totalement faux qui est celui de presque tous les humains, finit par imposer à l’homme une structure mentale particulière, anormale. Il convient donc de briser cette structure car, permettre à l’homme de prendre la voie du Tao sans cette précaution préliminaire, équivaudrait à faire absorber un forti- fiant à un homme empoisonné sans lavage d’estomac préalable.
Chaque Ecole a ses procédés de  » brisage  » des structures. Celui couramment utilisé par le Groupe Tchan consiste à faire exécuter des exercices spéciaux qui, sans qu’il y paraisse souvent, introduisent une fêlure dans cette structure.
Certains de ces exercices – le dzog tchen, notamment – peuvent et DOIVENT provoquer  » l’éveil au moment même où la fêlure – qui devient aussitôt brisure – se manifeste. Mais il n’en est pas toujours ainsi; soit parce que l’exercice a été pratiqué dans des conditions défectueuses, soit par suite d’un ‘‘ sommeil de l’être  » trop profond, le côté positif de l’expérience peut ne pas apparaitre. MAIS LE COTE NEGATIF APPARAIT TOUJOURS. Et, en définitive, c’est là l’important. Lorsque l’adepte Tchan a suivi, même sans résultats VISIBLES une voie corres- pondant à ce que proposent les textes de la  » Technique du Tao « , il est prêt à prendre la voie positive, et à vivre, s’il le veut, le tao du Tao.
Lorsque, dans un  » monastère ouvert  » du Centre Asie, un adepte juge que, sans avoir atteint l’éveil, il a, néanmoins,  » purgé ’’ son mental par la pratique de la Technique, il le dit à l’instructeur et celui ci, sans mot dire, lui remet un feuillet portant ce qui suit :
Programme de l’adepte : 

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