Archive pour 8 juillet, 2013

Le temps du sommeil.

 Le temps de sommeil, comme celui de l’action, s’accorde au jour et à la saison tout au long de l’année. 

L’accord saisonnier :
– Au printemps, l’énergie céleste augmente et les jours allongent, l’on commence à se lever plus tôt, avant l’aube. Mais on se Le temps du sommeil. dans MEDITATIONS du JEU du TAO someilcouche aussi encore tôt car le yang n’est pas encore puissant et s’épuise vite.
– En été, l’on se léve tôt, et l’on se couche tard, car c’est la période maximale d’activité à l’extérieur. On se lève bien avant l’aube et on se couche tard après le crépuscule.
– En automne, le sol est encore empli de l’énergie céleste yang accumulée alors que celle au ciel faiblit. Les jours raccourcissent notablement et l’on se lève plus tard. L’automne est la période de l’engrangement et des récompenses et l’on se couche aussi encore tard.
– En hiver, le yang est faible au ciel et au sol, on attend la lumière du jour pour sortir et l’on rentre à la nuit. On se lève donc tard et l’on se couche tôt.

 Dans tous les cas, une personne en bonne santé devrait se lever avant l’aube en toute saison, puis sortir ou commencer à s’activer avec le jour. Rester trop longtemps coucher blesse le yang de l’énergie vitale. S’activer trop longtemps épuise le yin. Si le yang est paisible, concentré et que le yin domine, s’endormir est facile. Si le yin a remplit sa mission et que le yang est à l’heure, on se réveille l’esprit clair et on se lève sans trop tarder.

 Est-il nécessaire de commenter les rapports que le rythme de vie occidental moderne entretient avec le cycle d’activité et de sommeil présenté ci-dessus ? Nous proposons simplement au lecteur ces observations sur les rythmes modernes :
– La durée du travail quotidien, la dépense physique, sont égales tout au long de l’année dans presque tous les corps de métier. A part peut-être chez les agriculteurs et les éleveurs (ceux où les robots ne traient pas encore les vaches), on ne s’accorde plus aux énergies externes et on force ainsi ses propres énergies.
– Les périodes de congés les plus longues sont prises l’été. Bien sûr, il est possible de se reposer d’un dur labeur pendant l’été, mais cela ne peut être comparé au rassemblement et au raffermissement interne que permet le calme de l’hiver. Et surtout, cela empêche de s’activer au moment où l’énergie extérieure soutient le plus le mouvement du corps.
– La période de l’année où l’on doit fournir le plus grand effort est l’automne, particulièrement pour les enfants et les étudiants (les « rentrées »). A l’extérieur, l’énergie yang commence à faiblir, et à l’intérieur elle se referme, se rassemblant au centre. Ce n’est donc pas vraiment le moment de forcer sur l’engagement physique, de déployer son énergie pour un nouveau défi, de nouvelles perspectives ou de nouveaux territoires à conquérir ! 
– Beaucoup de gens travaillent selon des horaires tournants (trois huit, équipe du matin ou du soir, etc.), en dehors de toute régulation par la lumière du jour.
– De grandes fêtes religieuses et sociales (le nouvel an du calendrier grégorien, qui ne correspond d’ailleurs à rien selon les cycles et repères astronomiques occidentaux, le solstice d’hiver étant le 21 décembre), en fait les plus importantes de l’année, ont lieu en hiver. Comme c’est l’hiver que l’énergie est au plus bas, ces fêtes provoquent souvent beaucoup de stress pour ceux qui les préparent et beaucoup de fatigue pour ceux qui s’y adonnent sans mesure. Excès de table et de vie nocturne ne s’accordent pas à l’énergie en place l’hiver dans l’organisme, et si celui-ci est blessé, il se vengera au printemps.

A lire ici http://taoman.chez-alice.fr/french/somm.htm

Tao méditation

Tao méditation dans MEDITATIONS du JEU du TAO medit

Le taoisme fonde d’ordinaire ses pratiques reconstituantes sur la maitrise de soi. Les annales du Nid des Nuées, texte taoîste dans lequel dit-on seraient recueillis les aphorisme de l’immortel Liu Tong Ping contiennent un passage qui traite de cette pratique. 

L’exercice consistant à accorder l’esprit au souffle apparaît dans nombre de manuels taoïstes comme une pratique élémentaire destinée à éclairer l’esprit ; dans le bouddhisme aussi bien, il est traditionnellement prescrit comme un antidote à l’éparpillement et à la distraction du mental. Les Annales du nid des nuées poursuivent ainsi :

Cette pratique du souffle-esprit est abordée de façon un peu plus détaillée dans l’Alchimie à l’usage des femmes, manuel du à une célèbre adepte de la fin du XIXe siècle ; elle est évoquée en relation avec « l’affinement du moi », terme taoïste renvoyant à la pratique élémentaire qui consiste à vaincre le moi : impulsif en vue, dit-on, de devenir « vide » – et d’oublier précisément le moi.

Ce texte insiste également sur un autre point : l’état de prétendu « vide » auquel cet exercice peut conduire n’est pas une fin mais un moyen ; raffinement du moi est censé atteindre un point culminant, suivi par un éveil des potentialités qu’entravait auparavant la condition du moi.

L’expression « connais le blanc, garde le noir », issue du Tao tô king, est souvent utilisée dans les textes du taoïsme de la Complète Réalité pour désigner le processus de la méditation. Ici, le « blanc » représente le monde quotidien et la faculté rationnelle, alors que le « noir » renvoie à l’abstraction sans forme, à la « face cachée » non discursive de l’esprit. La rationalité, bien qu’elle puisse opérer avec justesse et utilité dans sa propre sphère et selon ses propres termes, ne constitue qu’une partie de la totalité de l’être humain. Non qu’elle soit rejetée – « connais le blanc » -, mais on lui interdit d’occuper entièrement l’attention – « garde le noir ». L’apogée consistant à « garder le noir » – soit la séparation d’avec le contenu des pensées quotidiennes – est l’ouverture de la conscience qui permet à l’« illumination de l’esprit » de venir « d’elle-même ».

L’expression « d’elle-même » apparaît riche de sens – à savoir que l« illumination de l’esprit » ne saurait être le fruit d’un projet. D’une manière générale, la pratique taoïste atteint la spontanéité sans effort par les moyens de l’effort ; pourtant, même l’immobilité, recommandée en tant que pratique, est considérée comme artificielle aussi longtemps qu’elle implique un effort. Dans la mesure où elle implique un effort – ce qui signifie qu’il y a division au sein de l’esprit -, elle aussi est perçue comme un obstacle à la réalisation. Dans un autre recueil de paroles, Voies de la grâce, Liu Tong-pin met en garde contre ce genre de fixation simpliste :

Certains taoïstes vont jusqu’à penser que les états d’agitation ordinaires conviennent mieux à la pratique de la tranquillité intérieure que des situations de calme extérieur. Dans ses Annales de la chambre de l’accomplissement de la béatitude, l’adepte Houang Yuan-ts’i, de la dynastie des Yuan, déclare :

Certains maîtres éminents du bouddhisme Tch’an (Zen), avec lequel le taoïsme de la Complète Réalité présente bien des points communs, ont eux aussi souligné l’importance de la pratique, tant au sein de l’activité qu’au sein du silence. Selon d’autres maîtres taoïstes, la paix et l’ouverture réelles -conçues comme une méthode visant à s’affranchir des limites de la subjectivité conditionnée et à déployer la conscience objective – ne doivent pas nécessairement être atteintes par le simple arrêt ou l’inhibition du mouvement de l’esprit, qui pourrait laisser intact le désordre propre aux habitudes invétérées ; celles-ci, en effet, s’imposeraient à nouveau en cas de stimulation du mental. Évoquant la nécessité de la pénétration tout autant que celle du calme, Pai-tchang, maître classique du Tch’an, dit : « Ce qui est retenu par le pouvoir de la concentration s’échappe à l’improviste pour surgir dans un autre contexte. » Un autre écrit taoïste, le Recueil de la religion de pure illumination, met en évidence la dimension active de la pratique auto-éclairante :

En outre, les taoïstes soutiennent que la pratique de l’immobilité elle-même peut susciter dans l’esprit certaines réactions subliminales incontrôlées à même d’égarer le pratiquant si des mesures appropriées ne sont pas prises pour les corriger. Selon les Annales de la montagne escarpée,

Dans les Annales du nid des nuées, Liu Tong-pin décrit aussi les différentes étapes propres à l’exercice de la quiétude :

Thomas Cleary
extrait de son introduction à Lieou Yi-Ming

Les étapes de la nutrition

 

 Les recommandations et indications alimentaires que vous trouverez à cette page suivent « une voie moyenne » de la diètétique taoïste, convenant au plus grand nombre. Il n’est pas ici question des régimes particuliers que peuvent suivrent certains étudiants des diverses pratiques taoïstes, contemplations ou qi gong, mais simplement des principes essentiels, communs à tous les hommes, d’une bonne alimentation.

Les étapes de la nutrition dans MEDITATIONS du JEU du TAO nutrition

Principes élémentaires :
 L’alimentation est yin (matérielle) par rapport à la respiration, yang. Elle est constituée de solides et de liquides, eux-mêmes plus ou moins yin ou yang. Ces produits étant des créations du yin yang général, ils en contiennent l’essence et la transmettent quand ils sont absorbés et assimilés. C’est pourquoi il est important de se nourrir d’aliments apportant les essences yin et yang les plus pures, mais aussi les mieux adaptées, au contexte particulier du yin yang de l’organisme humain.
Ce qui forme les aliments n’est pas autre chose que ce qui forme toute chose : un mouvement de création et de destruction permanent. De croissance et de dépérissement surtout, dans le cas des aliments, et c’est bien pourquoi leur fraîcheur biologique est importante. Mais il y a une autre fraîcheur :

- Le yin pur et le yang purs engendrent le Cosmos, le Ciel et le Sol. Le Sol et le Ciel engendrent, par ordre de complexité (car la création va du simple au complexe, du un au multiple), les gaz, les liquides (surtout ce que l’homme appelle l’eau), les minéraux, les végétaux, les animaux, les humains, etc. Se nourrir d’air et d’eau est donc se nourrir de ce qui est le plus proche des énergies pures.

– Les végétaux naissent directement de l’action du ciel sur le sol, leur énergie est presque pure. Les animaux se nourrissent de végétaux ou d’autres animaux, eux-mêmes végétariens ou carnivores, et leur énergie propre est donc moins pure que celle des végétaux.  Les humains peuvent se nourrir des animaux comme des végétaux, mais il est certain que ce qu’ils obtiennent en substance et en énergie des premiers est bien moins pur que des seconds. Si ils consomment des animaux carnivores, ils absorbent les résidus d’essences vitales très dégradées. Transformées une première fois par des végétaux, puis une deuxième par l’animal les ayant mangés, puis une troisième fois par l’animal qui a mangé l’animal aimant l’herbe, les énergies ainsi absorbées sont très dégradées, souvent même plus polluantes que nourricières.

La fraîcheur des aliments signifie donc aussi la fraîcheur des transformations dont ils sont issus.

 Il convient maintenant de préciser que des notions telles que le végétarisme ou le végétalisme n’ont pas grand sens pour qui ne crée pas de catégorie artificielle entre le vivant et l’inanimé, entre les différents aspects de la création et du vivant. Toute chose est créée à partir d’autre chose, tout est nourriture et tout est « mangé’ un jour. Seuls le yin et le yang purs ont le non-être pour origine, et toutes les choses dans l’univers ne sont que des transformations de leurs états premiers, engendrées grâce à la nature de ces deux énergies. Le vivant advient par une multitude de transformations, et un de ses sous-ensemble, la forme humaine, après de plus nombreuses encore. Réduire cela à une question de sensibilité d’une espèce envers certaines autres témoigne d’une attitude dirigée par des concepts moraux, sociaux ou culturels, et non par la conscience de l’unité profonde liant les transformations, les formes et les états. Dans tous les cas, il convient d’être aussi respectueux que conscient de la nature des substances, formes ou êtres dont l’on se nourrit, et de ne pas les percevoir seulement à travers leurs caractères anthropomorphiques ou leurs capacités à émouvoir l’homme.
Non séparé de son environnement, du Ciel et de la Terre, voici quels sont les aliments convenants à la santé de l’homme, selon leur ordre de pureté dans le cycle des transformations :
- Pour les liquides : L’eau de pluie, des sources de montagnes, des puits, des rivières, des lacs. Puis les liquides obtenus par pression, décoction, infusion, macération de végétaux, enfin les liquides animaux et humains (le lait a une place à part).
- Pour les solides : L’idéal serait de se nourrir de ce que la nature produit sans que cela ne modifie de manière sensible son propre processus générateur. Ce qui signifie ne lui prendre que des fruits murs, prêts à tomber, les graines, noix et baies sauvages qu’elle produit en surnombre, et ne rien couper ou arracher. Si la nécessité le demande (ce qui bien sur est le cas depuis longtemps pour l’homme), on prend alors pousses, feuilles, fruits, racines et bulbes là où la nature en produit facilement. Si cela ne suffit plus, il faut planter et cultiver en s’accordant aux lois du sol et du ciel pour s’allier au terrain, et ne pas le vicier ou l’épuiser. Si, enfin, cela ne suffit toujours pas, et que la faim menace, on peut temporairement se nourrir d’animaux, végétariens et sauvages. Tout autre manière de s’alimenter engendre plus ou moins une perte, un déficit dans les apports nourriciers, des déséquilibres internes. 

La nourriture doit autant que possible être préparée juste avant d’être consommée, en transformant le moins possible la saveur des aliments par des procédés compliqués de cuisine, et si possible par les convives eux-mêmes.

 Se nourrir selon l’âge : l’alimentation, qui apporte énergie et substance, n’est pas la même pour un enfant, un adulte ou un vieillard.

Se nourrir selon le sexe : A certaines périodes de la vie, l’alimentation doit s’adapter aux besoins spécifiques selon le sexe, comme par exemple dans le cas d’une femme enceinte ou qui allaite.

Se nourrir selon la saison et l’environnement : On se nourrit de ce qui est produit à chaque saison dans la région où l’on réside. Là où c’est nécessaire, on fait des réserves pour la saison froide ou les mauvaises années. Se nourrir souvent de produits importés est se nourrir d’aliments inadaptés à certains besoins énergétiques, spécifiques aux relations qu’entretient le corps avec le milieu et la saison. C’est fragiliser son énergie vitale en ne développant pas les ouvertures et les fermetures énergétiques aux bons moments. Ainsi, manger beaucoup de fruits rafraîchit le corps et s’accorde aux régions chaudes, mais consommer beaucoup de laitages et de graisses animales permet de résister au froid dans les régions proches des pôles. L’alimentation s’accorde donc à l’environnement, ce qui maintient les équilibres vitaux tout en assurant un développement normal.

nutriment dans TAO et le Maître

L’enfant.
 Les nourrissons doivent être nourris les premiers mois avec du lait maternel et non du lait de vache (sauf bien sûr s’il n’y a pas d’autre moyen). Le régime lacté ne doit pas dépasser une période normale de production de lait par la mère, comme pour tous les mammifères. Nourrir les bébés au lait de vache consiste à leur donner le nécessaire pour croître, mais aussi à les obliger à digérer et à assimiler certains composants qui ne conviennent pas à leur organisme. De plus, le lait de vache produit actuellement dans beaucoup de pays contient des hormones, des engrais et autres défoliants et substances chimiques. Conséquemment, de plus en plus d’enfants en bas-âge manifestent des problèmes digestifs : vomissements, constipations ou diarrhées, développant très tôt des allergies.
Une vie humaine est aussi un cycle du yin yang, donc des cinq éléments et des six énergies. En ce sens, naître signifie émerger de l’Eau dans le Bois. De l’interne à l’externe, du yin dans le yang. Le lait contient les éléments essentiels de l’énergie du Sol et du Ciel, de l’Eau et du Feu, des Reins et du Coeur en tant qu’agents du yin yang. Il est d’ailleurs produit par des glandes placées prés du Dan Tian moyen. Blanc et doux, il développe les fonctions de la Rate et des Poumons. Il permet le passage de l’alimentation interne à l’externe, de la nutrition par le cordon ombilical et le liquide amniotique à celles par la bouche, le nez et la peau (solides, liquides et gaz). Il permet au nourrisson de s’adapter au monde extérieur sans être trop brutalement coupé de son milieu antérieur, l’élément Eau. Le Bois yang prend cependant vite le dessus et les besoins en énergie et en substance augmentent vite.
– Les aliments en rapports avec le Bois : les racines, les pousses, les végétaux jeunes et frais, favorisent la croissance, apportant les fibres nécessaires et l’énergie yang céleste.
– Les graines et les fruits en rapport avec le doux et la Terre apportent la substance yin et favorisent l’épanouïssement.
 Il convient que les enfants et adolescents consomment peu de plats trop longtemps cuits, de grillades et de fritures, afin de ne pas affaiblir le jeune yang en eux, ou au contraire, de le surexciter.

L’adulte.
 Les adultes ont surtout besoin d’une nourriture adaptée à leurs activités, mais il est cependant toujours bon de suivre des horaires de repas aussi réguliers que possible.
 Comme dans bien des domaines humains, le régulateur externe d’une bonne alimentation est dans le rapport qu’à celle-ci avec les cycles des cinq éléments et des six énergies, et le régulateur interne dans l’actualisation du vide principiel du Tao. Dans le cas de l’alimentation, ce dernier prend la forme d’un espace vide consciemment entretenu dans les organes digestifs.
- La régularisation externe signifie qu’autant que possible, l’on doit se nourrir d’aliments transmettant de manière équilibrée les énergies spécifiques des cinq éléments et des six énergies, du yin et du yang. Pour cela on associe dans les repas des ingrédients liés aux cinq goûts et aux six énergies, soit pour les cinq éléments : l’acide (aigre), l’amer (comme le brûlé), le doux, le piquant et le salé; et pour les six énergies : le Vent, la Chaleur, le Feu, l’Humidité, la Sécheresse, l’Eau.

La dynamique étant dans le yang, ce sont les cinq goûts qui sont mis en avant dans les théories nutritionnelles communément issues de la diététique taoïste. Les six énergies représentent alors les réponses, les manifestations physiques résultantes de l’absorption des cinq éléments par l’alimentation : quand on consomme beaucoup d’aliments Bois, le Vent se manifeste… Cette façon de voir n’est pas incorrecte, cependant, fondamentalement, il ne faut pas négliger que les classifications des aliments ne se font pas seulement par les cinq saveurs, mais aussi par leurs formes, leurs couleurs, leurs compositions, et leurs lieux de résidence. Il y a ainsi ce qui croît ou se développe sous terre, juste au-dessus ou en hauteur, et aussi ce qui est extérieur, intermédiaire (la chair, la pulpe) ou interne.

Harmoniser les cinq éléments, c’est aussi favoriser l’élément saisonnier pendant sa période, ce n’est pas manger toute l’année des proportions équivalentes d’aliments des cinq saveurs. C’est savoir ce qui convient au physique et ce qui convient à l’énergie, toujours selon la saison. Et c’est aussi, quand l’on vit dans une région où la variété des ressources est limitée, ou encore dans des régions non tempérées, rééquilibrer les manques en favorisant certains aliments (mais aussi en adaptant les rythmes d’activité), et éviter les excès par la limitation d’autres. L’hiver, on se nourrit d’aliments qui entretiennent l’énergie, sans chercher à l’augmenter. Physique et énergie subissent alors une privation, c’est le vide saisonnier annuel.
- La régulation interne est en rapport avec le principe central de la théorie évolutionniste taoïste. Toute chose née du vide et c’est du vide qu’est issue l’énergie qui meut l’univers. Le vide avec lequel un taoïste cherche à devenir intime, à fusionner, n’est pas liée au phénoménal, il le précède et l’engendre, c’est pourquoi on l’appelle « le vide », « le non être ». Bien que sa nature n’ait donc rien à voir avec les notions d’espace, de vide ou de plein, dans le concret cependant, le vide physique concret, la vacance spatiale, lui permettent de rester au centre des événements. C’est pourquoi il est toujours recommandé, considérant ce principe, d’entretenir une part de vide dans biens des activités humaines. C’est une pratique de modération, extrêmement bénéfique, qui fait vite que l’on se retrouve toujours heureux de prendre ou d’obtenir moins qu’il n’est possible d’avoir, au mieux d’être toujours malheureux de ne pas recevoir plus ! Dans l’alimentation, cette modération par le vide prend principalement deux aspects : Ne pas manger jusqu’à éprouver la satiété et jeûner régulièrement.
 Toujours manger un peu moins que sa faim ou que son appétit, c’est garder un espace vide pour inviter le non-être à prendre place au centre du système de transformations conduisant les processus de digestion et d’assimilation. Biologiquement, cela permet aussi tout simplement aux organes digestifs de n’être pas toujours pleins, et donc de ne pas s’épuiser en s’activant sans arrêt pour assurer leurs fonctions. Car si le bol alimentaire remplit complètement l’estomac, celui-ci ne peut se vider complètement et renouveller son énergie propre avant la prochaine prise de nourriture. Ensuite, ce sont les intestins qui se retrouvent surchargés et qui n’arrivent plus à assimiler convenablement, d’une part, et à rejeter, de l’autre. 
 Ne pas manger jusqu’à plus faim est une attitude saine pour le quotidien, mais une autre pratique, toute aussi salutaire, est celle des jeunes d’intersaisons. Á la fin de chaque saison, l’énergie du mouvement lié est normalement épuisée et doit laisser la place à celle du mouvement suivant. On sait déja que l’organisme reçoit les influx extérieurs d’une part par la respiration, de l’autre par l’alimentation. Mais si les poumons se vident automatiquement à chaque respiration, il n’en est pas ainsi des organes digestifs. Comme ne pas combler l’appétit est salutaire au fonctionnement quotidien des organes, ménager une période de vacance aux fonctions digestives et assimilatrices entre deux saisons est aussi extrêmement bénéfique. Cela permet à l’énergie du mouvement de la saison finissante de se dissiper complètement, dans les tissus et les méridiens, et ainsi de créer un vide dans lequel l’énergie de la saison naissante viendra prendre place naturellement. Après un jeune, la reprise de l’alimentation, avec des produits transmettant le nouvel influx saisonnier, permet à l’organisme de s’adapter au changement en douceur.

Périodes des jeûnes d’intersaisons : Les 18 derniers jours de chaque saison ou de la 3ème, 6ème, 9ème et 12ème lunes du calendrier lunaire.
Durées les plus couramment pratiquées : 1, 2, 3, 5 ou 10 jours.
Quitter le jeune avec une soupe harmonisant la Rate (maïs, soja, crème de céréale, potiron, patate douce, etc.) à l’heure Si (entre 7 et 9 h du matin), un jour Bois au printemps, un jour Feu en été, un jour Métal en automne, un jour Eau en hiver. Ne faire un repas complet que le soir. 
  Il y a deux méthodes de définition des périodes de jeune. Certains choisissent les 18 derniers jours de chaque saison, d’autres considèrent les 18 derniers jours du troisième, sixième, neuvième et douzième mois lunaires, car ce sont des mois ou l’énergie de la Terre, Taï yin, est au centre de l’activité. Les troisièmes mois de chaque saison « lunaire » sont le mois lunaire du Dragon pour le printemps, de la Chèvre pour l’été, du Chien pour l’automne et du Buffle pour l’hiver.

 Selon les circonstances et les possibilités que l’on se donne, on jeune plus ou moins longtemps. Que le jeune soit court ou long, il convient de le passer dans un endroit calme et propre et dans un environnement aussi simple et naturel que possible. Il est conseillé de réduire l’activité physique au strict nécessaire. On veille aussi à ce que l’attention et l’intéret ne se portent pas trop à l’introspection, mais plutôt à la perception d’une certaine vacuité interne, d’un vide pas seulement organique, lié à la perception que l’on a de soi. Le corps comme le mental peuvent être en cette occasion néttoyés de toutes sortes d’impuretés. L’écoute est surtout à l’extérieur et on perçoit les changements dans la nature.
Un jour permet parfois d’éviter un désordre soudain. Deux jours sont un minimum pour l’énergie, valant un yin et un yang. Trois jours valent pour la triade Ciel-Homme-Terre, et sera plus efficace. Cinq jours sont en rapport avec la Terre et offrent une vraie vacance à l’organisme, permettant à l’énergie de Taï yin de se régénérer et à celles de tout l’organisme de se revivifier. Dix jours sont un cycle des cinq éléments des jours (cinq fois deux jours de chaque élément) et permettent un repos et un renouvellement profond du yin yang de l’homme, au physique et à l’énergie.
Pendant le jeune, boire normalement de l’eau dont on est sûr de la pureté, et jamais glacée ou très chaude. Boire un peu d’eau bouillie et attiédie plusieurs fois par jour peu aider à l’élimination des impuretés et au relâchement des viscères.
Enfin, pour ceux qu’un jeune complet effraie mais qui aimerait pratiquer une certaine diète, il est possible de consommer une ou deux fois par jour un bol de crème d’un riz complet préalablement lègèrement grillé au feu, et de boire des infusions de thym (attention pour ceux qui souffrent de tension cardiaque).
Dans tous les cas, que le jeune soit long ou court, on se réalimente avec mesure, d’abord en petite quantité et avec des produits liés à l’énergie de la Terre, comme le maïs, le soja ou la patate douce, puis en favorisant les nouveaux aliments de la saison qui commence, à mesure de leurs disponibilités.

 Les enfants mangent plus souvent que les adultes, mais la régularité des horaires des repas principaux est aussi importante pour les premiers que pour les seconds. Une fois parvenu à l’âge adulte, cette régularité est essentielle à la santé des organes digestifs comme aux processus d’assimilation et de transformations en matière et en énergie. La chronobiologie humaine fait que les organes assurant des taches de séparation, d’assimilation, de stockage et de transport des matières et des énergies résultantes fonctionnent très bien à certains heures, et beaucoup moins bien à d’autres. Cela est bien sûr lié à la circulation de l’énergie essentielle dans les organes, entrailles et douze méridiens principaux, comme on l’apprend dans les écoles de médecine chinoise, mais ce n’est pas seulement cela qui est en cause. Le système complet, physique et énergétique, des processus que recouvre le terme générique de « digestion » est plus complexe, associant plusieurs facteurs contextuels.
L’énergie de l’alimentation (Gu Qi), une fois associée à celle de la respiration (Ta Qi), engendre deux types d’énergies :
– L’énergie dynamique (yang), dite nourricière (yong qi) qui circule dans les douze Hsing, participe à l’élaboration du sang, et est commandée par la respiration, laquelle lui transmet ainsi un cycle yang externe quotidien des cinq éléments. L’énergie externe se transmet ainsi pratiquement immédiatement de l’extérieur à l’intérieur, soutenant l’énergie essentielle. C’est ce que l’on appelle les « six énergies » liées aux heures en médecine chinoise. La priorité de ces énergies n’est pas cependant de soutenir les fonctions digestives, mais bien d’insuffler et de rythmer l’activité physique quotidienne.
– L’énergie matérielle, le sang (yin), qui circule dans les artères et les veines, et est commandée par l’alimentation et les processus digestifs, lesquels transmettent ainsi par les saveurs un cycle yang annuel des cinq éléments, externe, à l’organisme. Cette énergie ne se transmet pas directement au corps en tant que sang. C’est la transformation des aliments par les organes digestifs qui produit le sang, cela demande du temps. Pour qu’un repas complet soit digéré et suffisamment transformé, en sang et en énergie, il faut plusieurs heures.
Le mouvement et la qualité des énergies produites par l’alimentation sont liés à leur synchronicité avec les cycles quotidiens et saisonniers. Sur la question des horaires des repas, c’est particulièrement le cycle journalier qui est à considérer. Si l’on ne prend pas ses repas aux bonnes heures, d’un coté les organes digestifs ne sont pas en phase avec l’énergie extérieure, de l’autre les énergies qu’ils produisent sont disponibles pour certaines activités alors qu’à l’extérieur, l’énergie est orientée différemment. Dans les deux cas, il y a désaccord entre l’intérieur et l’extérieur et donc des répercussions sur le physique et l’énergie du corps.
Aussi liée à la question des horaires est celle de la quantité d’aliments à absorber à chaque repas. En effet, bien que cela puisse varier selon les types d’activités humaines, il n’est généralement pas nécessaire de faire des repas complets plusieurs fois par jour. Il y a cependant une multitude d’habitudes alimentaires, selon les pays et les cultures. En France, pays de campagne et de paysannerie, il a longtemps été considéré qu’il était bon de faire un gros repas à la mi-journée et de dîner légèrement, de prendre simplement le soir ce que l’on appelait alors un souper. L’époque était autrefois à la modération, volontaire ou forcée, et les maladies dues à l’obésité ou à la surconsommation de produits plus ou moins sains étaient rares. Mais maintenant, on dispose dans les pays développés de pratiquement tous les genres d’aliments possibles, cela toute l’année et en quantités importantes. Peu de gens dans ces pays ont conséquemment su conserver un équilibre qualitatif et quantitatif entre les différents repas de la journée. Il n’y est pas rare d’y faire trois repas complets par jour, en toute saison, même si pour certains occidentaux, trois œufs aux plats, deux tranches de lard, quatre pancakes au beurre de cacahuète et un demi-litre de lait au petit-déjeuner, cela ne peut en aucun cas être considéré comme constituant un vrai repas ! 
– Il est simple de mesurer si l’on mange trop, cela est générallement le cas si on éprouve le besoin de déféquer plusieurs fois par jour. Quand la quantité quotidienne d’aliments absorbés est convenable, l’élimination ne se produit normalement qu’une fois par jour, le matin, peu de temps après le réveil ou le petit-déjeuner.
– Il est simple de juger de la qualité de ses habitudes alimentaires et de connaître l’état de ses fonctions digestives, la défécation doit se faire sans efforts, les selles n’être ni trop sèches (trop de yang dans le yin) ni trop liquides (trop de yin dans le yin), et surtout ne jamais sentir mauvais, ou pire empester, comme on dit chez nous pour rester poli !
– Il est simple de garder à l’esprit le principe conducteur des rythmes et des quantités, c’est celui de l’accord du mouvement énergétique interne avec le cycle du yin yang quotidien.
Cette dernière proposition signifie que le processus de l’alimentation développe et soutient le yang et l’activité le jour, et en compense et thésaurise (l’acquis) l’action, la nuit. Le jour est le moment de l’action, du mouvement extérieur, la nuit celui du rassemblement, de l’incorporation et du stockage, du mouvement intérieur. Au matin, quand à la deuxième heure, le méridien Taï yin de la main est activé et que les poumons reçoivent l’énergie extérieure, le yang interne monte ensuite à la tête et l’on se réveille. L’énergie est alors dans yang ming et le gros intestin, lequel restitue alors d’un coté l’énergie yang emmagasinée, thésaurisée dans le yin, et de l’autre se détend, permettant l’évacuation matinale des déchets. L’énergie passe ensuite au méridien de l’estomac pendant la quatrième heure (7h-9h), c’est à dire descend dans les pieds, et il est alors temps de s’activer à l’extérieur. L’énergie remonte ensuite à la poitrine, avec le méridien Taï yin du pied et la cinquième heure, avant de remonter à la tête pendant la sixième heure, alors que le yang extérieur culmine.
L’activité corporelle s’accorde au yang externe, culminant aussi au milieu du jour avant de décroître avec le soir. L’énergie issue de l’alimentation soutien l’action quotidienne en s’accordant à l’énergie extérieure, pas en la contrariant. Cette énergie n’étant pas, rapelons-le, disponible instantanément, il n’est pas possible de se nourrir afin de pouvoir soutenir aussitôt l’effort quotidien. Donc, il faut la stocker d’abord, et la restituer ensuite tout au long du jour, un peu comme le fait une batterie électrique. Cela correspond exactement à la fonction de thésaurisation du yin, transformant l’énergie yang en matière pour la restituer ensuite, le yang naissant du yin. Il convient donc que les aliments aient été consommés, digérés et stockés précédemment en quantité suffisante pour pouvoir soutenir le yang du corps et l’activité quotidienne jusqu’au soir. C’est pourquoi il est recommandé de faire des repas complets le soir, de n’absorber que de quoi réveiller le corps et l’énergie le matin, et seulement de quoi la soutenir, l’accompagner jusqu’au soir à la mi-journée.
Le matin, après avoir regarder dehors, fait quelques exercices et sa toilette, un bol d’un liquide chaud sans être brûlant détend les viscères et un peu de nourriture salée ou acide soutiennent le Bois et le mouvement naissant. L’énergie emmagasinée par la digestion nocturne est alors au maximum et peut être restituée. Ceux qui se lèvent tôt ou qui font des travaux pénibles auront intéret à prendre un repas complet, afin de soutenir le long et épuisant effort quotidien.
A la mi-journée, l’activité est au plus haut niveau et il ne convient pas de détourner l’énergie interne du soutien au mouvement extérieur. C’est pourquoi le déjeuner doit être assez bref et léger, les préparations simples et les cuissons, s’il y a lieu, courtes. On privilégie alors les fibres et les fruits, le cru et le frais. Manger beaucoup mobilise l’énergie pour la digestion, et la détourne du soutien à l’action extérieure.
Le soir, alors que l’on engrange le résultat de l’activité quotidienne, le yin emmagasiné est dissout et ne soutient plus le yang du corps. Mais à l’extérieur le yang décroît aussi et l’activité s’arrête. Le repas du soir peut alors être long et complet, rassemblant les familles ou les convives. La cuisine peut être plus sophistiquée et les cuissons plus longues, surtout pendant les saisons froides. Préserver alors soigneusement un certain vide dans l’estomac, ne pas combler totalement son appêtit, permettra une digestion facile et donnera un sommeil léger, sans rêves troublants. L’énergie interne peut alors se dévouer paisiblement aux fonctions de digestion et d’assimilation, n’étant pas sollicitée à l’extérieur. Au matin les réserves de yang sont en place et prêtes à soutenir l’activité.

Le troisième âge.
En vieillissant, on digère moins les aliments verts et crus et l’abus de fibres amène la constipation. On mange alors moins de végétaux et de légumes crus, mais plutôt sautés ou à peine revenus. L’excès de sel favorise le désséchement, les calculs et raidit artères et articulations, cependant que l’excès d’épices fatigue le cœur. Le manque d’agrumes frais fait se rétracter les gencives et se déchausser les dents. L’excès de nourriture yin (comme l’aubergine pour les légumes ou les produits de la mer) épuise le yang qui reste et provoque des écoulements. L’excès de poids fatigue le cœur et favorise les infiltrations.
Les hommes doivent préserver et soutenir l’énergie des reins, de Taï yang, du Bois et de Shao yang, les femmes aussi celle des reins, du Feu et de Shao yin. Pour les uns et les autres, la vieillesse n’amène pas de maladies, de sénilité, et d’impotence s’ils ont sû préservé l’énergie de ces organes et fonctions au cours de leur vie.

Source http://taoman.chez-alice.fr/index.htm

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