FEU SACRE


FEU SACRE dans Le Monde des Eléments images-8-300x139Cet élément qui semble habité d’une vie autonome, réchauffe et éclaire, mais il peut aussi dévorer dans l’incen­die et tout brûler sur son passage, ce qui le lie étroitement à la souffrance et à la mort. Il possède donc une double signi­fication, d’où découle l’ ambivalence dont il a toujours été marqué dans l’ imagina­tion humaine. 
Du côté positif, il est avant tout le symbole sacré du foyer domes­tique (ainsi, dans la Rome antique, le culte du feu était-il entretenu par de jeunes vierges, les vestales et la Déesse du Foyer était Vesta, sa correspondante en mythologie grecque étant Hestia ), celui de l’inspiration et l’ Esprit-Saint qui s’est manifesté aux apôtres à la première fête de la Pentecôte sous la forme de langues de feu ; de même, dans le Mexique ancien, allumer le nouveau feu, au début de la nouvelle année, était un acte sacré. 
Du côté négatif, le feu est associé aux images des flammes de l’ enfer, de l’incendie ravageur, des destructions entraînées par le « feu du ciel » , c’est-à-dire par l’éclair, et par le feu du volcan issu de l’intérieur de la terre. Donc nous voyons bien l’ arrivée, ou même l’ invasion du feu destructif , soit d’ en haut c.a.d. du ciel des Dieux, soit d’ en bas c.a.d. des Ténèbres de la Terre.
Donc, déja sans heurter contre l’ eau qui est l’ élément  neutralisant, voire destructeur du feu, le feu peut etre désormais contradictoire c.a.d. utile ou au contraire nuisible.
Le feu est de façon générale un élément masculin (par opposition à l’eau qui est féminine), associé à l’énergie vitale, au coeur, à la procréation, à l’illumination spi­rituelle et au soleil (voir Phénix) : ainsi étant positif il peut nous illuminer spirituellement.
Alors que négativement parlant dans les villes antiques, dès que quelqu’un prononçait le mot ignis (feu), on versait de l’eau pour conjurer la menace de façon à la fois magique et symbolique.

Qui peut nier l’ effet a la rigueur positif du feu destructeur et mener ainsi les gens a essayer de reconstruire  ce qui a été détruit ? 

Il est important de noter à ce propos que c’est la domestication du feu aux origines de l’ histoire de l’humanité, il y a des millions d’années, qui a marqué le début de la civilisation, et que contrairement à ce qu’ affirment certaines doctrines peu scientifiques, il n’existe aucune tribu primitive qui ne connaisse pas le feu.

 Dans Les Structures anthropologiques de l ‘imaginaire, Gilbert Durand a distingué les techniques de pro­duction humaine du feu:

soit il naît de la percussion de deux pierres (mouvement vertical), auquel cas il renvoie à la notion d’illumination ;

soit il jaillit du frottement de morceaux de bois (et souvent, par enfoncement circulaire de l’ un dans l’autre), affirmant alors sa nature sexuelle et fécondatrice (le feu était supposé pouvoir fertiliser filles, d’où sa fonction de phallus)

En générale, la relation sexuelle causera la fécondation de la femme qui aboutira a la formation du foetus ; ces deux modes peuvent d’ailleurs se rejoindre et même fusionner dans les techniques sexuelles comme celles du tantrisme de la main gauche ou de l’alchimie taoïste qui mènent à la libération suprême par la voie de l’énergie que l’extase sexuelle rend à son essence.

La psychologie symbolique souligne la relation étroite qui existe entre le feu et le fourneau (le centre de la maison et de la famille), la préparation des repas et la fonte des métaux; le feu apparaît également dans l’image poétique de « la flamme de l’amour ». « Lorsqu’un individu s’ap­proche en rêve d’un grand feu, regarde une flamme s’ élever vers le ciel, il se trouve à proximité des forces divines » ; cependant, « on peut aussi se bruler en jouant avec le feu de la passion et celui de l’amour des idées » (Aeppli).

Et ceci n’ est – il pas une autre façon de se renouveler pour l’ âme de l’ être humain par le feu de la passion ?

Le feu est le seul élément que l’homme puisse « produire », et c’est pour­quoi, il est pour lui la marque de sa res­semblance avec la divinité. Divers mythes de la Grèce antique racontent que le feu était àl’origine, la pro­priété des dieux, que l’homme est venu leur dérober.

Le feu peut aussi avoir une action purificatrice en détruisant le mal, en faisant disparaître le corps des sor­cières et autres étres démoniaques, et en effaçant la trace des péchés dans le purgatoire des chrétiens. Cette flamme purificatrice est sacrée en particulier dans la religion parsie (doctrine religieuse de Zoroastre) et la croyance dans l’ac­tion du feu pour détruire les mauvais sorts est ici particulièrement nette. La coutume que l’ on retrouve sur plusieurs continents et qui consiste à marcher pieds nus, sans se blesser, sur des char­bons ardents , était sans doute à l’origine un rituel de purifi­cation à l’aube de la nouvelle année, et il était accompli encore récemment au Tibet (le quinzième jour du premier mois). Ainsi les Tibétains n’ essayent-ils pas de se purifier et de se renouveler par le feu ?

Certaines formules incan­tatoires anciennes s’ adressaient au feu comme à un ètre surnaturel. On accomplissait autre­fois des rondes de flambeaux autour des malades mentaux et des pêcheurs. D’après la mythologie grecque, la déesse Déméter aurait placé le héros Démophon dans les flammes d’un four pour le laver des impuretés terrestres et le rendre immortel.

De façon générale, les dieux du feu ou les êtres surnaturels associés à cet élément sont, en raison de la nature ambiguë de la flamme, des figures « fourbes » aux­quelles l’ homme ne peut jamais vraiment faire confiance.

L’ alchimie correspondait a la transformation du plomb qui est un élément facile a obtenir de la nature, en or qui est un élément emblème de la richesse de l’ Antiquité, même de nos jours. Les alchimistes utilisait les feux ardents pour essayer donc de transformer le plomb en or…

İci rappelons-nous brièvement la fameuse grotte de Platon :

İmaginez une grotte a l’ intérieur de laquelle se trouvent des esclaves enchaînés qui ne peuvent voir que les ombres formées par la lumiere pénétrant par une seule issue derrière eux : ces gens ne connaissent que les flammes ou ombres fourbes formés par le plus grand feu de leur univers : le soleil. Ces esclaves pensent obligatoirement que ces ombres dansants sont le monde, la vie, la vérité…

Et imaginez qu’ un jour un de ces esclaves casse ses chaînes, se libère et sorte de cette caverne : qu’est-ce qu’ il va voir ?

le soleil aveuglant ses yeux par ses vrais rayons flamboyants et il se rendra compte que les ombres qu’ ils s’ apercevaient a l’ intérieur de la grotte n’ étaient que des reflets de la Vérité c.a.d. la simple réalité et que nous tous, en tant que maçons, nous essayons d’ atteindre tant bien que mal.   

Pendant sa conférence du 13 mai 2001 notre cher frère Bernard Moreau avait dit :

« Peut-être y-a-t-il plusieurs vérités, ces vérités sont peut-être interactives, hiérarchisées comme l’ est Univers. »

et lors d’ une de mes conférences quelqu’ un  m’ avait demandé :

« S’ il existait un miroir dans la grotte et que les esclaves voyait les reflets des flammes reflechies par ce miroir, qu’ est-ce qu’ on pouvait en conclure pour les relations réalités / vérité ?

Si voulez bien gardons le mot Vérité ( Hakikat ) pour la Vérité immuable que nous ne pouvons pas atteindre et la ou les réalités (Gerçek(ler)) celles que nous pouvons atteindre au fur et a mesure de nos connaissances :

Les reflets sur les murs pouvaient être appelés : Réalité no : 1

Les reflets du miroir : Réalité no : 2

et s’ il existait d’ autres miroirs , leurs reflets s’ appéleraient Réalités no :2,3,..etc..

La « flamme vivante» est cependant le plus souvent perçue de façon positive, sur­tout après que les conquêtes de la civilisation aient permis de la maîtriser quel­que peu, comme en témoignent les coutumes antiques des marches aux flambeaux; on peut citer aussi l’ usage qui persiste encore de nos jours de disposer sur la table des bougies en guise de décoration. Les bou­gies de l’ autel, celles du baptême, des communions, etc., jouent également un grand rôle symbolique au sein de l’Eglise comme porteuses de la lumière divine.

Au milieu de nos loges, nous voyons bien les mêmes bougies dont les flammes répandent de la lumière fraternelle et spirituelle aux quatre coins de la Terre….

En Extrême-Orient, mais plus encore dans l’ Inde védique, le feu était considéré comme un symbole central : il renvoyait aussi bien à Agni, le dieu du Feu lui-même, qu’ à lndra, dieu de la Foudre (vajra) et des Éclairs, et à Surya, le Soleil. Il est le grand élément purificateur et c’est sur lui que s’appuient les rituels de sacri­fices. Assimilé à la force de l’esprit et à la lumière, il en devient tout naturelle­ment le signifiant majeur de l’illumina­tion que cherche le mystique ou l’adepte du yoga. Dans ce dernier, d’ailleurs, le serpent de la Kundalini est assimilé au feu intérieur qui monte à travers le corps, notion que l’on retrouve à l’identique dans le tantrisme tibétain et, d’une façon générale, dans le bouddhisme qui insiste particulièrement sur cette action spiri­tuelle du feu.

 


Répondre

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes