Catherine Preljocaj et le TAO

Catherine Preljocaj / Militante de l’espoir

Catherine Preljocaj et le TAO dans RESSOURCES et Savoirs en TAO th-3Elle est l’un des quarante « héros ordinaires » témoignant dans la campagne de l’Institut national du cancer. Guérie depuis 17 ans, elle consacre son énergie à aider les malades.
Sur les affiches, il nous manquait sa voix. Une voix grave, intimidante, qui semble faire peser plus encore les mots qu’elle choisit avec soin. Une voix qui raconte pourquoi elle, Catherine Preljocaj, a voulu faire partie de la campagne des « deux millions de héros ordinaires » lancée en janvier. « Quand j’ai eu le cancer, je me suis sentie seule, j’ai cru que j’allais mourir. Le cancer, c’est honteux, presque tabou. À l’époque, j’aurais voulu rencontrer quelqu’un qui me dise ça, qu’on pouvait guérir. » Alors, quand les organisateurs de la campagne de l’Institut national du cancer l’ont contactée, elle a dit oui. Avec trente-neuf autres anciens malades, elle est allée poser et raconter face à une caméra ses neuf mois de maladie, en 1990.
Se donner en exemple. « Pas pour la frime », dit-elle. Pour offrir à ceux qui en ont besoin une référence positive. Parce qu’aujourd’hui encore, au mot « cancer »« le sang se glace », dit-elle. « La première chose que l’on se dit, c’est « je vais mourir ». » 
Sa vie, depuis 17 ans, consiste à convaincre les gens du contraire. En 2001, elle publie un livre (1). Un récit à vif de la maladie et de sa jeunesse, tiraillée entre origines albanaises et quotidien français. Car chez Catherine Preljocaj, il n’est pas question d’isoler le cancer de la vie. « Je suis persuadée que le vécu émotionnel de la personne influence ses réactions physiques. Ce sont toutes ces émotions cadenassées qui m’ont rendue malade. »
Le livre ne suffisait pas. Elle monte une association, part voir des chamanes au Pérou, découvre le reki, une méthode énergétique, écrit un deuxième livre (2) et entame une psychanalyse. Aujourd’hui, elle est consultante en développement personnel. Dans son cabinet parisien, elle écoute les malades, leur parle, les touche.
Lorsqu’elle évoque les critiques émises par le chroniqueur David Abiker (Libération du 15 janvier 2007), ses mots cassants viennent s’écraser contre les murs orangés de son bureau, transpercer l’air duveteux des effluves d’encens. Il parle d’« overdose », écrit qu’il n’y a « rien de moins héroïque qu’un cancéreux ». Assise dans son fauteuil, elle décroise ses longues jambes et se penche en avant. La voix se fait glaciale. « Nous sommes des héros parce que nous avons mené campagne, rétorque-t-elle. Le fait de survivre au cancer semble encore extraordinaire pour l’opinion et le but de cette campagne, c’était de rendre cette idée ordinaire. »
Ce que d’autres s’empressent d’oublier, elle en a fait sa réflexion quotidienne. « Il y a toute une dialectique à changer par rapport au cancer. Pourquoi dit-on « tumeur » littéralement « tu meurs ». Pourquoi dit-on « rémission »et pas « guérison » ? » Elle en veut aux médecins qui lui ont prédit la mort, par précaution. Alors elle s’escrime à prédire l’espoir à ses clients. « Une partie de vous est malade, leur dit-elle, mais il y a les forces vives. La chimio va faire son travail, et nous allons faire le reste. »
Sa présence est impérieuse lorsqu’elle entre dans une pièce, pantalon en cuir noir, cheveux courts blond clair. Elle plaisante, sourit, s’emporte parfois. Pas de doute, cette femme-là est bien vivante. 
(1) Le Bonheur pour une orange… n’est pas d’être un abricot, Jouvence, 2007 (réédition). 355 p., 9,90 €.
(2) La Mort de Calimero et la naissance de l’aigle, Presses de la Renaissance, 2004. 294 p., 18 €.

PARCOURS
1959 Naissance en France.
1990-1991 Cancer de l’estomac.
1992 Monte une association d’aide aux malades.
2001 Publie son premier livre.
2003 Devient consultante en développement personnel.
2006 Participe à la campagne des « héros ordinaires ».

La Mort de Calimero et La Naissance de l’aigle

Catherine Preljocaj

Presses de la Renaissance (extrait)

th-4 dans RESSOURCES et Savoirs en TAO« Avant, j’étais une victime en puissance qui disait, comme le poussin Calimero : Le monde est profondément injuste ! », confie Catherine Preljocaj. 
Cheveux blonds platine coupés court et regard déterminé, cette femme de 44 ans avait raconté sa victoire contre la maladie dans « Le bonheur pour une orange n’est pas d’être un abricot » (Favre, 2001). Depuis, elle a tout expérimenté : psychogénéalogie, analyse, visualisation positive, chamanisme, reiki. 
Son dernier livre, « La Mort de Calimero et La Naissance de l’aigle », montre avec force qu’après avoir guéri du cancer le chemin n’est pas terminé. « Le plus dur reste à faire, dit-elle : transformer sa vie. » 

Son récit est la preuve vivante de l’émergence d’un nouveau besoin, au-delà de la médecine classique, en matière de thérapies. Pour elle, la cause de son cancer était sa « non-capacité d’aimer » : « J’étais, affirme-t-elle, prête à en mourir. » Née en France de parents albanais dont elle a rejeté la tradition, l’orgueil et la froideur, la sœur du célèbre chorégraphe Angelin Preljocaj est aujourd’hui consultante en développement personnel. 
(Valérie Colin-Simard) Prix 18,00 €

 


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