Gérard Poussin, maîtrise et Tao


Gérald Poussin est né en 1946 à Carouge (Genève).

 

Gérard Poussin, maîtrise et Tao dans RESSOURCES et Savoirs en TAO g_poussin-227x300Artiste autodidacte, il s’illustre tout d’abord dans le film d’animation (Trou attention, 1970 - Colonel Zabu, 1970 Alphon au pays des merveilles, 1972 - La Nuit des Ploucs, 1977 - Téo Véra change de monde, 1979. Deux de ses films ont été présents à Cannes festival de court-métrage 1971), et dans le dessin humoristique en s’installant à Paris où il collabore à de nombreux journaux (Hara-Kiri, Zinc, Charlie Mensuel, L’Écho des savanes, Le Nouvel Observateur, Libération).

Parallèlement à la publication d’albums de bandes dessinées (Tendance débile, 1979 - Papiers Gras, 1981 - Les aventures de Buddy et Flappo, 1983 - Le clan cervelas, 1986), il multiplie ses activités: peintre, sculpteur, illustrateur (les Fables de La Fontaine, 1996), affichiste, créateur de mobilier, tapis, bijoux, montres (pour Swatch, notamment).

Il est aussi auteur, créateur de décors, de costumes et interprète d’une pièce de théâtre (Buddy et Flappo brûlent les planches, 1983), de 17 sketches filmés pour la Télévision suisse romande(Robert le Coléoptère, 1994) et concepteur de décors et costumes pour le théâtre Am Stram Gram (Cacophonie, de Philippe Cohen, 1990), pour le Grand Théâtre de Genève (ballet La Bayadère, 1999) et pour le Théâtre de Carouge (Les Qui Pro Quo, de Rodolphe Töpffer, 2004). Ses peintures de jardins d’épices du Kerala sont projetées en 2007 lors de l’opéra Alceste de Haendel.

Depuis 1970, il expose dans des galeries de Genève, Bâle, Zurich, Paris, Milan, Berlin, Tōkyō, et dès 1985 des expositions rétrospectives lui sont consacrées (Gewerbemuseum à Bâle, 1985 – Musée des Beaux-Arts à Rouen, 1986 - Centre culturel suisse à Paris, 1986 Musée du manoir à Martigny, 1986 – MJC de Saint-Gervais à Genève, 1986 - Musée des Arts Décoratifs à Lausanne, 1988 - Swiss institute à New York, 1991 - Musée de Carouge, 1992).

En 1986, il s’associe à Geneviève Cuénoud, architecte, afin de réaliser les mandats de décoration qui lui sont confiés (notamment : Bar du Nord à Carouge, 1987 – façade Voyez chez les voisins à Genève, 1987 – place publique à Vernier, 1988 – aire de jeux à Carouge, 1990 – Gare du Flon à Lausanne,1991 – façades du Palais de Beaulieu à Lausanne pour Habitat et Jardin, 1991 – BD’91 pour le 700ème anniversaire de la confédération à Sierre, 1991 – usine Valtronic à la Vallée de Joux, 1992 – Festival international des jardins à Chaumont-sur-Loire, 1993 – façade de la Télévision suisse romande à Genève pour le 40ème anniversaire, homologuée au Guinness Book des Records comme étant la plus grande toile du monde, 1’635.0O m2, 1994 – Hôpital de pédiatrie à Genève, 1995 – Centre hospitalier EPSE à Genève, 1995 – Institution PRO à Genève 1996 – Hôpital de réadaptation à Sion, 1998 – Aéroport international de Genève, où il réalise le plus grand mobile du monde composé de 500 hirondelle, 2001 – Centre de formation du Comité international de la Croix-Rouge à Versoix, 2002 – façade du collège de Versoix, Depuis 1999, en dehors des grands projets de décoration, Gérald Poussin consacre l’essentiel de son temps à la peinture.

Professeur de psychologie clinique à l’université Pierre Mendès-France de Grenoble

L’avis de Gérard Poussin sur la résidence alternée

interview par Mathieu Mabille

Comment un bébé peut-il vivre avec ses parents, à tour de rôle, sans  oublier le parent absent ? se demande Gérard Poussin. Alors que « de nombreux experts s’interrogent sur les effets de la résidence alternée avec un bébé », le psychologue pose le débat dans les termes suivants :  » le rythme du bébé en alternance, un vrai casse-tête.  » 

gardealt dans RESSOURCES et Savoirs en TAOUn sujet complexe, la résidence alternée des tout-petits
Dans le cadre des derniers développements de la théorie de l’attachement, les chercheurs s’accordent pour conclure que le bébé peut développer plusieurs figures d’attachement principales : son père et sa mère. La primauté donnée à la mère est plus souvent dictée par l’habitude sociale que par une absolue nécessité psychique, tout dépend de la façon dont la relation s’est construite entre l’enfant et ses parents.

Cependant, pour construire la relation d’attachement, encore faut-il que le bébé puisse bénéficier d’un temps suffisant. Car  » l’attachement nécessite une certaine régularité des contacts. C’est ce qui rassure l’enfant ; il a besoin de cette continuité pour se construire.  » La rupture trop fréquente de la continuité serait susceptible de perturber le processus d’attachement.  » C’est la répétition dans la rupture des rythmes et l’addition des séparations qui questionne les experts « , explique Gérard Poussin. 

Ainsi, «  le bébé en résidence alternée devra faire preuve de grande souplesse : selon qu’il vit chez son père ou chez sa mère, il lui faudra transférer sur l’un ou l’autre ses repères habituels. Un changement perpétuel bien compliqué, pour un tout-petit dont la continuité dans les repères, les émotions, les habitudes, etc., est pourtant essentielle à sa construction. Pour qu’une relation d’attachement non pathologique s’installe, ce serait donc moins l’identité du parent qui joue, mais bien le temps d’échange dont disposent parents et enfant pour établir leurs rapports.

Dès lors, les interrogations affluent : Quel impact aura l’addition de ces microtraumatismes (les séparations à répétition) sur son développement psychique ? Comment le tout-petit arrive-t-il à récupérer un sentiment de continuité dans la relation et se remet-il de ces pertes d’attachement ?

Tout en se faisant l’écho de ces débats, Gérard Poussin estime qu’ il est encore trop tôt pour avoir des avis tranchés sur la question. Seules des études réalisées sur un grand nombre d’enfants pourraient nous éclairer.

Mais d’un point de vue thérapeutique, il se range toutefois à l’avis de nombreux pédopsychiatres qui, comme il l’affirme, préfèrent faire jouer le principe de précaution et protéger les bébés d’allers-retours néfastes pour leur développement.
Il prévient qu’ avec un tout-petit en résidence alternée, il n’est pas raisonnable d’envisager une résidence paritaire. Les parents doivent préférer un système où le bébé vit plutôt chez l’un des parents, avec des séparations plutôt courtes.  » Et de conclure que «  pour les tout-petits, il semble réaliste de ne pas envisager d’emblée une résidence alternée paritaire. Mieux vaut laisser le bébé vivre dans un seul et même lieu, et introduire l’alternance à petites doses.  » Même si la mise en ?uvre d’une résidence alternée évolutive et progressive est souvent plus facile à dire qu’à faire, les parents qui l’adoptent s’octroient une garantie supplémentaire de succès.  » C’est avec ces précautions que l’enfant peut se construire, sans se soumettre à des adaptations nombreuses et épuisantes. Et sans être tiraillé entre ses deux parents « , explique Gérard Poussin.

Quant à savoir avec quel parent établir la relation d’attachement la plus stable, c’est là aussi une question de dosage, de compromis, en fonction des histoires singulières de chaque famille. Le Dr. Poussin présente les enjeux du débat entre les experts.  » D’un côté, ils reconnaissent qu’en cas de séparation intervenue très vite après la naissance, mieux vaut ne pas attendre des années avant de tricoter la relation père-enfant.  » Toutefois une contrepartie existe :  » en même temps, favoriser la relation précoce entre le père et l’enfant revient à retirer le bébé à la mère (et inversement), ce qui n’est pas sans conséquence.  » Ainsi,  » le bienfait que l’enfant tire de la proximité avec son père compensera-t-il les effets néfastes de ces multiples séparations ? « 

Les avantages de la résidence alternée
L’enfant a besoin de ses deux parents pour s’épanouir et pour construire son identité sexuée. «  La double lignée est une nécessité, explique Gérard Poussin, préserver des liens avec les deux branches de l’arbre généalogique de l’enfant est essentiel à sa construction. Or avec la résidence alternée, il n’y a pas un parent principal et un autre secondaire.

Les deux parents ne sont pas interchangeables, pour l’enfant : il a besoin de deux parents impliqués mais différenciés l’un de l’autre pour progresser. Mais pour autant l’alternance rappelle que l’enfant qu’on fabrique à deux doit aussi être élevé à deux.  » Choisir la résidence alternée revient à prôner la coéducation. «  

L’alternance permet aux adultes de réinvestir plus rapidement leur vie personnelle.  » Grâce à l’alternance, on est parent à temps partiel, mais adulte à temps plein.  » Elle  » redonne à sa vie d’adulte la place qu’elle mérite  » et permet ainsi d’ éviter de faire penser à l’enfant qu’il est l’unique raison de vivre du parent resté seul. « Comme chacun retrouve du temps pour soi et du temps à partager,  » on tient à distance les risques de fusion parent-enfant, une des conséquences fâcheuses de l’après-divorce. « 

La résidence alternée ne s’improvise pas. Les choses à prévoir
 » La résidence alternée entraîne souvent une relative transparence dans sa vie amoureuse ou celle de son ex-conjoint. Il faut y être prêt « , explique Gérard Poussin

Pour le bien-être de l’enfant, il faut «  maintenir le couple parental, même si le couple conjugal n’existe plus  ». Ce qui oblige à conserver un niveau minimum de communication entre parents. Gérard Poussin avance qu’  » on peut se contenter d’un degré d’entente minimum pour discuter de l’éducation de l’enfant. « 

De même, la préservation de l’intérêt de l’enfant passe-t-elle par certains compromis que les parents doivent être capables de tenir au cours long cours. 
Ainsi de la  » proximité géographique  » entre les habitations de l’un et de l’autre.  » Habiter dans la même rue ? Peut-être pas. Mais c’est quand même pratique si les parents résident dans deux quartiers limitrophes. Les plus petits et les adolescents conservent leurs repères, et les adultes ne perdent pas de temps en transport. «    
Ou de la  » relative disponibilité professionnelle  » qu’implique la succession du rythme de la résidence.  » C’est le moment de repenser son organisation professionnelle et d’instaurer des semaines minces et des semaines plus joufflues. «  
Quant au  » maintien de l’enfant dans son cadre habituel, c’est souvent une condition sine qua non pour que les adolescents adhèrent au système. « 

 » Avant de se lancer, il faut analyser ses motivations profondes : la résidence alternée est-elle un projet commun ? Une solution pour revoir souvent son ex-époux ? Une volonté de contrarier l’autre ? La seule issue possible dans un contexte de crise ? «   A travers cette série d’interrogations, Gérard Poussin tente de percer à jour les conflits complexes qui peuvent parfois naître entre l’intérêt de l’enfant  » dont il est partout question dans les textes  » et les  » fausses bonnes raisons  » que peuvent parfois avoir les parents pour demander la résidence alternée. Car il peut exister  » d’autres motivations, d’autres arguments, moins avouables.  » Le mode de garde peut ainsi faire l’objet d’une instrumentalisation par l’un des deux parents.  » L’alternance, c’est une façon de conserver une relation forte avec l’autre parent, qu’on déteste aujourd’hui aussi fort qu’on l’aimait hier.  » Et  » d’autre part, au moment d’une séparation, le parent délaissé a parfois du mal à faire le deuil du couple.

 


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