Mon pire cauchemar et Tao

Mon pire cauchemar et Tao dans TAO en INTERVIEWS telechargement-8Par Michael O’ Callaghan

Plusieurs scénarios de désastres socio-écologiques sont possibles, mais ce que je redoute le plus est la réaction humaine que ceux-ci pourraient engendrer. Imaginez par exemple que le changement du climat, un super virus incontrôlable, un fléau OGM, ou une petite guerre nucléaire régionale mène à l’immigration soudaine de plusieurs dizaines ou centaines de millions de personnes vers des pays plus convenables, et qu’en même temps la faillite de l’agriculture déclenche un krach des bourses au niveau mondial. L’argent perd 70 % de sa valeur et les populations affrontent la police dans la rue. Dans la panique générale et la polarisation économique, politique et raciale qui suit, les gouvernements déclarent l’état de crise, les intégristes religieux crient à l’apocalypse, les lois démocratiques sont suspendues, l’extrême-droite militaire prend le contrôle de la majorité des pays, vraisemblablement pour de bon – car les conditions “normales” ne pourront de toute façon pas se rétablir avant des siècles. Ces nouveaux gouvernements, liés aux intérêts multinationaux privés, établissent rapidement une économie forteresse basée sur le plutonium, tellement vulnérable au terrorisme du désespoir qu’il nécessite la suspension permanente des droits de l’homme, et c’est le point final de l’histoire de la démocratie. Serions-nous alors la dernière génération d’Homo sapiens à chérir le rêve de la liberté, de l’égalité, d’une forme de civilisation qui pourrait être écologiquement durable, alors que celle-ci était à portée de main ? Ce serait trop triste ! Comme James Joyce l’a dit : “L’histoire, c’est le cauchemar dont j’essaye de me réveiller !”

Quelles solutions… 
Soyons réalistes ! Le chemin du développement durable est très, très différent de la voie que nous autres, civilisations urbaines, avons parcourue ces derniers deux millénaires, et sur laquelle nous roulons de plus en plus vite.

Primo, comme Gregory Bateson l’a dit : “La question de savoir comment transmettre notre raisonnement écologique à ceux que nous désirons influencer – vers ce qui nous semble, à nous, être une bonne direction écologique – est elle-même un problème écologique !” Carl Jung : “Savoir où l’autre se trompe ne sert qu’à peu de choses. Cela devient intéressant seulement quand on sait où l’on se trompe soi-même, car dans ce cas on peut en faire quelque chose.” Dans cette optique taoïste, la meilleure issue est de promouvoir le concept de civilisation durable comme objectif mondial. Comme dit un ancien proverbe chinois : “Quand le peuple partage le même objectif, sa tendance naturelle est de coopérer pour le réaliser.” Il s’agit ici d’un défi sans précédent pour l’art de la communication.

Secundo, 50 % des humains du monde ont maintenant moins de 20 ans. C’est durant leur vie que la crise mondiale éclatera, et c’est cette génération qui représente le dernier espoir de s’en sortir. La solution requiert un gigantesque programme d’apprentissage et de communication, dans les écoles, les universités, les entreprises, les gouvernements, les médias, mais surtout les écoles. L’“éducation pour un avenir viable” devrait faire partie de l’instruction basique de chaque enfant.
L’alphabétisation environnementale devrait être obligatoire pour passer le baccalauréat ou devenir majeur, et intégrée à tous les cursus (histoire, géographie, biologie, chimie, économie, sociologie, littérature, religion, etc.) selon une approche holistique et transdisciplinaire.

La nécessité de transformer le cursus de base peut provoquer le désarroi des enseignants déjà surchargés, mais à quoi sert l’éducation si ce n’est à préparer nos enfants au monde où ils passeront le reste de leur vie ?

 

(Un bon exemple d’apprentissage à l’avenir viable est diffusé sur le site Internet de Peace Child International sur www.peacechild.org.

 

 

Tertio, investissons dans un avenir viable. N’ayons pas d’illusion à ce sujet : la guerre pour sauver la planète ne sera jamais gagnée sans les multinationales et le grand capital à nos côtés. Je ne parle pas ici de “greenwash” capitaliste, mais de l’immense investissement financier nécessaire à la mise en œuvre de solutions durables. De quelle somme avez vous besoin pour transformer Paris en ville durable ? La France ? L’Europe ? Pour calculer et réaliser le bénéfice à long terme,
il faut de toute urgence reconceptualiser le capitalisme, dans la direction bien définie par Amory et Hunter Lovins et l’économiste environnemental Paul Hawken dans leur livre Natural Capitalism : the Next Industrial Revolution (disponible en ligne sur  www.naturalcapitalism.org .

Il faut immédiatement établir des centres de recherches avancées sur l’économie environnementale dans les universités, les entreprises, les gouvernements, et l’Agenda 21 local, et développer des logiciels GIS pour la gestion écologique des villes. Dans un film que je tourne actuellement avec le Dalaï-Lama, Bernardo Bertolucci, Dr. Gro Harlem Brundtland, Gérard Depardieu et Amory Lovins, nous remarquons que l’investissement total nécessaire pour résoudre l’ensemble des problèmes qui menacent les générations du futur – amorti sur dix ans – revient à moins de 30 % des 850 milliards de dollars que l’humanité dépense actuellement chaque année pour sa défense militaire. Tout simplement prouver que ce n’est pas l’argent qui manque ! Si vos insécurités personnelles ou collectives vous empêchent de vous engager dans la mise en œuvre immédiate de ce genre de solutions, vous aurez bien “raison” et le cauchemar sera garanti. Mais si nous imaginons et agissons ensemble, nous avons encore une vraie chance de réussite. Ce qui importe est de ne pas avoir peur et de ne pas attendre. Agissons aujourd’hui, avec élan et solidarité, pour les enfants du monde et les générations à venir. À vous de jouer !

Contact :

GLOBAL VISION CORPORATION 4, 
Langton Street, Chelsea, London SW10 0JH, United Kingdom www.global-vision.org 

 


Répondre

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes