Historique et origine du Yi Jing

 

 

images (2)Le Yi Jing, également orthographié Yi King ou Yi-King est un livre chinois très particulier dont le titre est couramment traduit par  » Livre des mutations  » ou  » Classique des changements « . Son élaboration date du début du premier millénaire avant l’ère chrétienne (époque des Zhou occidentaux). Il occupe une place fondamentale dans l’histoire de la pensée chinoise et peut être considéré comme un traité unique en son genre dont la finalité est de décrire les états du monde et leurs évolutions par une série de 64 figures numériques appelées hexagrammes, chacun symbolisant un état et ses transitions possibles. Les hexagrammes sont des figures basées sur la combinaison de six traits dont chacun peut prendre l’une de ces deux formes : le trait plein (Yang) et le trait redoublé (Yin). Ces deux formes elles-mêmes se subdivisent en deux catégories : trait naissant et trait mutant. À chaque hexagramme a été ajouté ultérieurement un commentaire comportant des indications sur la qualité de l’état concerné. La tradition chinoise fait remonter le Livre des mutations à l’invention des trigrammes par Fuxi, considéré comme le saint dont parle une phrase du commentaire Shiyi:  » Du Fleuve [jaune] est sortie une image et de la [rivière] Luo un livre, un saint les a imités.  » Yu le Grand, fondateur de la dynastie Xia, est parfois aussi identifié au saint ; c’est à son époque que les 64 hexagrammes au grand complet sont rassemblés dans le Lian Shan (succession de montagnes). Il s’agit du premier des trois livres des mutations mentionnés par le Zhouli. Il commençait par l’hexagramme montagne (? gèn), qui représenterait deux montagnes superposées, d’où son nom. Fuxi et Yu sont censés avoir reçu leur inspiration d’hexagrammes dessinés sur une tortue ou un cheval (Fuxi, image du Fleuve jaune) et d’un livre porté par une tortue (Yu, livre de la Luo). L’avènement de la dynastie Shang fut l’occasion d’une nouvelle lecture des hexagrammes concrétisée dans le deuxième livre des mutations, le Gui Cang (retour et engrangement) débutant par l’hexagramme terre (kun), que le nom du livre évoque. Lors du règne du dernier des Shang, le roi Wen de Zhou tira les hexagrammes et aboutit à un classement qui mettait l’hexagramme ciel (qián) en tête : c’était l’annonce d’un changement dynastique. Il rédigea une explication pour chaque hexagramme, les guaci. Zhou Gong, frère du roi Wu, acheva l’ouvrage en rédigeant les yaoci, explications ligne par ligne des différents hexagrammes. Le Yi Jing est le troisième et le seul restant des livres des mutations cités par le Zhouli, les deux premiers avaient déjà disparu sous les Han. On attribue à Confucius de la période des Printemps et des Automnes le commentaire Shiyi (dix ailes), aussi appelé Yizhuan (commentaire du Yijing) à partir de Han Wudi. Le Yi Jing et le Shiyi, inséparables en Chine, forment le Zhou Yi . Il a fait l’objet de nombreux commentaires secondaires, que l’on peut ranger en deux grandes catégories : philosophiques (ex: Wang Bi, Cheng Yi 1033-1107) et pratiques (ex :Jing Fang des Han occidentaux, Shao Yong 1011-1077). Le Zhou Yi aurait échappé à l’autodafé ordonné par Qin Shihuang grâce à Li Si qui l’aurait classé par ruse dans les livres de médecine et de divination. Cette explication, qui cherche à atténuer son aspect utilitaire, représente l’opinion des lettrés voulant avant tout y voir un ouvrage philosophique et confucéen. Le Yijing a d’ailleurs été inclus dans les cinq classiques constituant la base de l’éducation des lettrés.

 

 

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