Archive pour 8 janvier, 2014

Bouddha, mon psy positif

 

images (13)La psychologie bouddhiste est une invitation à révéler le meilleur de nous-mêmes : la sagesse de notre cœur. Elle a inspiré Thierry Janssen, médecin et psychothérapeute qui signe la préface du livre de Jack Kornfield.

  En Occident, la psychologie a été marquée par trois grands courants apparus au XXeme siècle : la psychanalyse, le comportementalisme (ou béhaviorisme) et la psychologie humaniste. La psychanalyse décrit l’individu comme le résultat d’instincts sexuels et agressifs refoulés, difficilement accessibles à la conscience et agissant en dehors du contrôle de la volonté. Les théories comportementalistes le présentent comme un être flexible, malléable, en proie aux influences de son environnement, soumis aux lois de l’apprentissage et du conditionne- ment. La psychologie humaniste le considère comme responsable et libre de réaliser ses potentialités à travers un processus que le psychologue américain Abraham Maslow a qualifié d’« actualisation de soi ». Il est intéressant de constater que chacune des trois approches se conjugue à un temps différent.
 

  La psychanalyse s’intéresse essentiellement au passé des individus pour le faire resurgir dans le présent. Les thérapies cognitivo- comportementales explorent sur- tout le présent des patients afin de les aider à échapper aux conditionnements du passé. Enfin, la psychologie humaniste encourage les êtres humains à mettre leur volonté au service de leur liberté pour exprimer le meilleur d’eux-mêmes dans le futur. (…) Les psychanalystes, les thérapeutes cognitivo-comportemenalistes et les psychothérapeutes humanistes gagneraient sans doute beaucoup à lire l’ouvrage de Jack Kornfield. Ils y découvriraient que, bien avant l’apparition de leurs querelles d’écoles, la psychologie bouddhiste a réussi à conjuguer les temps passé, pré- sent et futur selon une logique extrêmement dynamique. En effet, à l’instar de la psychanalyse, la psychologie bouddhiste reconnaît l’influence du passé inconscient sur nos comportements, en vertu d’une logique définie par le karma individuel et universel, les sankharas et la conscience réceptacle. A la façon des approches cognitivo-comportementales, elle nous aide à démasquer, à chaque instant du présent, la partialité de nos pensées afin de pouvoir échapper à leur emprise et re- trouver la liberté de choisir nos actions. Et, de la même manière que la psychologie humaniste, elle nous encourage à exprimer la noblesse et la bonté qui sont en nous afin de pouvoir vivre le futur heureux et en bonne santé.
 

  Ainsi, la psychologie bouddhiste apparaît comme une psychologie intégrative qui englobe différents temps et différentes dimensions de l’expérience humaine dans une optique résolument optimiste. En ce sens, elle est proche de ce que l’on appelle la « psychologie positive » : (…) elle encourage la transformation des individus en espérant que celle-ci participera à l’évolution de la collectivité ; elle refuse de ne s’intéresser qu’aux aspects négatifs de l’expérience humaine, elle croit à la possibilité d’en valoriser les aspects positifs ; elle veut quitter le domaine du pathologique pour promouvoir celui du bonheur et de la bonne santé ; et elle est convaincue que l’être humain a en lui les ressources pour y parvenir. (…)

Ce qui fait la particularité de la psychologie bouddhiste, c’est son absence de résignation face à la souffrance. Le message que Jack Kornfield transmet à travers ce livre est clair: il s’agit d’assumer notre responsabilité face à l’existence car nous sommes habilités à répondre aux événements de notre vie. (…)

Contrairement à la psychologie

clinique de l’Occident qui assimile les patients à des êtres passifs, victimes de forces biologiques et intrapsychiques que seule une expertise extérieure peut identifier et contrôler, la psychologie bouddhiste considère que chacun de nous est l’expert de sa propre vie. Personne d’autre que nous-mêmes ne sait mieux ce qu’il conviendrait de transformer dans notre personnalité pour nous dé- faire des racines de la souffrance. « C’est le travail de toute une vie », nous dit Jack. Le rôle du psychologue bouddhiste est d’offrir des outils pour effectuer ce travail.
 

  La lecture de ce livre a achevé de m’en convaincre : la psychologie bouddhiste est une véritable philosophie de vie (…) Elle est, je pense, l’expression la plus aboutie du concept de « santé mentale optimale ».

Sagesses de  par Thierry Jansen

conseils pour se mettre à méditer

 

marc_0Qu’est-ce que la méditation ?

La méditation consiste d’abord à se poser un instant en silence, attentif à sa respiration, pour laisser le jeu fou qui nous habite se calmer un peu. Les Orientaux parlent d’une montagne environnée de nuages (nos préoccupations) qui peuvent être dispersés par le vent (notre respiration), ouvrant sur le ciel bleu (notre conscience claire).
Quelle posture adopter ?

La posture la plus connue est celle du zazen japonais. Dos et nuque droits, colonne vertébrale déployée, reins cambrés, épaules détendues, jambes si possible croisées en demi-lotus (un pied sur la cuisse opposée, l’autre en dessous), la main gauche dans la main droite, les pouces se touchant, horizontaux. On est assis sur un coussin (le zafu). Mais on peut aussi méditer sur une chaise, à condition de ne pas s’appuyer sur le dossier pour avoir le dos droit, et de mettre ses pieds bien à plat et parallèles. Cela dit, on peut méditer en toutes circonstances. En marchant dans la nature, par exemple. Il y a d’ailleurs dans le zen une marche méditative, rythmée par la respiration consciente : lente, on fait un pas à la fin du plus long expir possible ; rapide, on est simplement attentif au va-et-vient de son inspiration et de son expiration.
Yeux ouverts ou fermés ?

On a tendance à méditer les yeux fermés, on se retrouve ainsi mieux en soi-même. Mais la sarabande des images mentales se projette alors davantage sur notre écran intérieur. C’est pourquoi la posture idéale est celle des yeux mi-clos : le regard se diffuse à la fois au-dehors et au-dedans. De ce double rapport émerge une quiétude particulière.
Comment respirer ?

Le vrai maître de la méditation, c’est la respiration. Dès qu’on part dans ses pensées, on perd la conscience de sa respiration. D’où l’importance de l’attention portée à l’expiration profonde, inhabituelle dans nos cultures occidentales, qui doit rentrer dans l’abdomen jusqu’à cette zone considérée comme le centre énergétique de l’être, appelée « hara » au Japon. Ensuite, l’inspiration vient d’elle-même. Dès que vous reprenez conscience de votre respiration, vous revenez à la conscience tout court et cela apaise votre mental.
Combien de temps faut-il y consacrer ?

Cela peut aller de cinq minutes à une demi-heure. Certains instructeurs préconisent de minuter précisément son temps de méditation à l’aide d’un réveil ou d’un bâton d’encens, et de s’y tenir.
Le matin ou le soir ?

C’est quand on veut. Personnellement, j’aime m’asseoir le matin, même brièvement. Cela m’évite de me lancer de façon précipitée dans mes activités. Par contre, la régularité est souhaitée : un peu tous les jours vaut mieux que beaucoup de temps en temps.
Comment discipliner son mental ?

Curieusement, pour discipliner notre mental, il faut le laisser faire… tout en l’observant. On devient ainsi non plus acteur, mais spectateur de son univers mental. Tout se joue là. Cette mise à distance nous fait lâcher nos conditionnements. Pour les esprits trop agités, certains instructeurs préconisent des visualisations (le visage d’un sage, la pleine lune se reflétant dans l’eau, un paysage) ou bien la contemplation de la flamme d’une bougie ou d’une roue symbolique (un mandala). 
Faut-il pratiquer seul ou en groupe ?

Les deux. On dit que la méditation est à la fois solitaire et solidaire. On est relié à soi, mais aussi au tout. On ne médite pas pour nombriliser, mais pour s’ouvrir au monde. Il est donc bon de pratiquer de temps à autre avec des amis, en suivant les conseils de quelqu’un d’avisé qui ne se prend pas pour un messie.
Faut-il méditer en silence ?

Le silence est si rare qu’il ne faut pas en avoir peur, mais l’apprivoiser. Découvrir la présence puis l’immensité de notre silence intérieur est une expérience très ressourçante. Certains instructeurs distillent et commentent des maximes de sagesse durant les méditations de groupe qu’ils dirigent pour conforter le recueillement. Et la grande mode aujourd’hui consiste à se faire aider chez soi par des CD de méditation. Pourquoi pas ? Tout est bon pour avancer sur la voie de l’éveil.

Sagesses de  Marc de Smedt

nettoyer notre psyché – propos tao

 

images (12)Certes, nous n’avons jamais autant ressenti la fragilité de la terre qui nous porte et celle de ses habitants. Mais en décembre 2012, quels que soient les événements qui se seront déroulés depuis le début de l’année, on s’apercevra que la fin du monde n’a finalement pas eu lieu et que le buzz autour du fameux « calendrier long » maya qui s’arrête à cette date était un délire inutile de plus sur le Web.

En revanche, que nous vivions la fin d’un monde est évident : avec le réchauffement planétaire, la fonte des glaces accélérée au-delà de toutes prévisions et les perturbations climatiques qui en découlent, nous assistons en direct à la vaste mutation écologique que nous redoutions. Comme l’a dit Hubert Reeves, ce pourrait être une expérience passionnante si nous n’étions pas dans l’éprouvette ! Ce clivage historique vient renforcer l’impression de chaos en se croisant avec la montée des fanatismes, terrorismes et autres instincts barbares de groupuscules qui continuent à menacer l’idée même de civilisation. 

Je lis, dans la remarquable biographie illustrée que Claire Dunne vient de consacrer à Carl Gustav Jung (éd. Dervy), qu’à la fin de sa vie, alors que la Chine envahissait le Tibet et que le pouvoir soviétique lançait ses chars sur la Hongrie, ce géant de la psychologie avait dit à un visiteur : « Aujourd’hui, le monde tient par un fil, et ce fil est la psyché de l’homme. » Il observait que les gens vivent uniquement dans une ou deux « chambres » de la vaste maison que forme leur esprit et laissent le reste à la poussière. Pour se mettre en contact avec ce reste, il défendait ce qu’il appelait le « processus d’individuation »  afin d’élargir notre expérience de nous-mêmes et de la vie. A cette époque, il écrivait : « L’humanité et l’avenir du monde sont la somme colossale des sources cachées et individuelles… Nous sommes, dans ce que notre vie a de plus privé et de plus subjectif, non seulement les victimes, mais les artisans de notre temps. Notre temps, c’est nous. » 

 

Ces phrases m’interpellent, comme des exhortations à nettoyer jour après jour notre psyché polluée, pour œuvrer à mieux aimer cette vie qui nous est donnée ; pour retrouver l’audace de créer et d’agir ; pour métamorphoser le pire en meilleur pour tous. Les événements, quels qu’ils soient, ne seraient alors plus uniquement subis mais métamorphosés dans le cadre d’un renouveau salutaire. 

 « L’Homme à la découverte de son âme », Albin Michel, 1987.

Sagesses de  Marc de Smedt

 

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