nettoyer notre psyché – propos tao

 

images (12)Certes, nous n’avons jamais autant ressenti la fragilité de la terre qui nous porte et celle de ses habitants. Mais en décembre 2012, quels que soient les événements qui se seront déroulés depuis le début de l’année, on s’apercevra que la fin du monde n’a finalement pas eu lieu et que le buzz autour du fameux « calendrier long » maya qui s’arrête à cette date était un délire inutile de plus sur le Web.

En revanche, que nous vivions la fin d’un monde est évident : avec le réchauffement planétaire, la fonte des glaces accélérée au-delà de toutes prévisions et les perturbations climatiques qui en découlent, nous assistons en direct à la vaste mutation écologique que nous redoutions. Comme l’a dit Hubert Reeves, ce pourrait être une expérience passionnante si nous n’étions pas dans l’éprouvette ! Ce clivage historique vient renforcer l’impression de chaos en se croisant avec la montée des fanatismes, terrorismes et autres instincts barbares de groupuscules qui continuent à menacer l’idée même de civilisation. 

Je lis, dans la remarquable biographie illustrée que Claire Dunne vient de consacrer à Carl Gustav Jung (éd. Dervy), qu’à la fin de sa vie, alors que la Chine envahissait le Tibet et que le pouvoir soviétique lançait ses chars sur la Hongrie, ce géant de la psychologie avait dit à un visiteur : « Aujourd’hui, le monde tient par un fil, et ce fil est la psyché de l’homme. » Il observait que les gens vivent uniquement dans une ou deux « chambres » de la vaste maison que forme leur esprit et laissent le reste à la poussière. Pour se mettre en contact avec ce reste, il défendait ce qu’il appelait le « processus d’individuation »  afin d’élargir notre expérience de nous-mêmes et de la vie. A cette époque, il écrivait : « L’humanité et l’avenir du monde sont la somme colossale des sources cachées et individuelles… Nous sommes, dans ce que notre vie a de plus privé et de plus subjectif, non seulement les victimes, mais les artisans de notre temps. Notre temps, c’est nous. » 

 

Ces phrases m’interpellent, comme des exhortations à nettoyer jour après jour notre psyché polluée, pour œuvrer à mieux aimer cette vie qui nous est donnée ; pour retrouver l’audace de créer et d’agir ; pour métamorphoser le pire en meilleur pour tous. Les événements, quels qu’ils soient, ne seraient alors plus uniquement subis mais métamorphosés dans le cadre d’un renouveau salutaire. 

 « L’Homme à la découverte de son âme », Albin Michel, 1987.

Sagesses de  Marc de Smedt

 

 


Répondre

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes