Archive pour 19 janvier, 2014

Observer notre fonctionnement, comprendre notre forme : conseil Tao

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Il est nécessaire, dès le départ, de toujours tout ramener à l’alternance du yin et du yang, puisque l’univers se construit de cette manière-là, aussi est-il conforme d’envisager un Soi passif, et un Soi actif aujourd’hui que des vibrations nouvelles facilitent le passage divin et permettent de rester relié à la Terre tout en étant bénéficiaire du silence mental. Ce qui est gagné à l’intérieur peut s’exprimer, et les actions justes, les disciplines, les actes purs améliorent la perception de soi-même. Nous savons également que le yin et le yang, l’affirmation et la négation s’épaulent et se succèdent dans tous les domaines. Les avancées rapides sont également suivies de réactions en sens inverse, et une belle méditation sur le ressac des vagues de n’importe quelle plage, donne une idée précise du fonctionnement (tao) de la Manifestation. Les meilleurs physiciens, depuis quelques années, ont renoncé à la simplification de la théorie du big-bang (ou origine initiale) et commencent à rechercher des paramètres qui auraient eux-mêmes « préparé » le big-bang. Cette optique aurait été déplacée une trentaine d’années en arrière, quand le problème semblait définitivement résolu, et qu’on se gargarisait de l’idée de pouvoir créer l’espace à partir d’un point situé nulle part et d’une explosion. Nous avons toujours à l’idée, en tant qu’évoluteurs, que tout se renverse à un moment donné. L’assimilation donne sur trois résultats possibles, la satiété naturelle, mais aussi sur l’indigestion par excès, ou la frustration par déficience. Sur le plan physique, ces trois options peuvent être ressenties sans équivoque, alors que sur les plans subtils la question est beaucoup plus grave. Oui, nous devons assimiler les objets de nos perceptions et faire face à nos besoins, mais comme par hasard le mental vient surenchérir les dispositions naturelles de notre organisme, et il est difficile de doser correctement nos nourritures émotionnelles, affectives, et même spirituelles. Oui, nous nous nourrissons de beaucoup de choses, d’impressions, de sensations et d’idées, d’émotions — et même d’attentes ! Et puis nous serons amenés à trier, pour laisser de la place et aspirer au Divin. Cela n’empêche pas d’apprécier l’exercice de l’intelligence qui mène au discernement, et l’exercice du corps qui mène à l’intégrité

La perception pure, c’est extrêmement pratiqué par les taoïstes. Qui voit ? Qui suis-je ? Peu importe. Je m’en moque totalement, je suis ce que je sens dans une harmonie parfaite et je n’ai pas besoin du moindre retour sur moi-même… Là, il n’y a rien à dire, l’ouverture absolue, le non agir intégral fonctionnent. Mais cela ne peut pas être tout le temps ainsi. Nous sommes confrontés selon des cycles ou des séquences aléatoires, à nos limites qui posent la question de nos capacités, de notre tolérance aux faits hétérogènes pour notre structure mentale. Ce n’est pas suffisant d’être sans cesse dans une identification, même indistincte, à ce que nous percevons. Le fait d’avancer sur la Voie fait surgir des adversaires automatiquement, et nous devons alors identifier les obstacles à l’intérieur de nous, et les ennemis à l’extérieur pour s’en protéger. La grâce ne va pas dissoudre les obstacles si vous n’avez pas le courage de les affronter. Il est nécessaire alors de descendre dans le moi, de se retrancher dans une identité profonde, celle qui accepte l’adversité et reste néanmoins tournée vers le Divin, en se détachant suffisamment des circonstances pour ne pas être ensevelie sous les attaques. Je me suis rendu compte récemment qu’il était impossible de tenir un discours qui ne donne pas lieu à toutes sortes d’interprétations subjectives — dérivées, c’est-à-dire qui perdent en cours de route l’intention de l’orateur. C’est un des casse-tête que rencontrent les maîtres spirituels qui jouent à faire varier l’ordre des précepts de leur doctrine, qui forme un puzzle avec différents contours possibles. Ils posent des présupposés, et après, chacun des disciples en fait son miel et n’importe quoi. Finalement, l’essentiel de la doctrine se perd dans les règles alors qu’elles ne servent que de points de repère, et n’ont donc aucune utilité en dehors de la pratique. Si l’on ne comprend pas l’origine des « prescriptions », elles s’appliquent sans porter leurs fruits. En ce qui me concerne, je reprends le socle hindouiste et bouddhiste, c’est l’ignorance notre nature et la source de tous les maux. Mais pour moi, il ne s’agit pas d’une ignorance ontologique, cette fameuse ignorance provient simplement du couplage de la pensée et du corps, et elle implique un troisième terme pour être dépassée. 

Le témoin, le purusha doit être capable d’observer le corps et ses désirs et ses peurs autant que la pensée elle-même. Vient alors la possibilité de coïncider avec le Tao: être yin avec lui quand la passivité et le repos l’emportent, être yang avec lui, quand le mouvement et la production l’emportent. Je vais donc éviter toute doctrine pour vous fournir le modèle de notre fonctionnement, qui vous permettra alors de vous emboîter dans la volonté de l’univers en devenant vous-mêmes conforme à votre morphologie, cette étoile à cinq branches — attendez encore un peu — à laquelle vous appartenez, sans le savoir… Le courage est nécessaire pour découvrir, accepter et transformer notre constitution puisque chaque branche de l’étoile possède sa propre force centrifuge qui se lance en avant avec une autonomie susceptible de créer un dysfonctionnement de l’ensemble.

Si vous êtes à l’écoute, vous disposerez d’un miroir abstrait mais un miroir dynamique quand même: « c’est comme cela que je fonctionne », et vous n’aurez à vous référer qu’à cinq éléments, organes, ou fonctions. Ce seront donc les mêmes cinq, appelés éléments si l’on s’attache à la constitution de l’ensemble qui forme un tout. Nous les nommerons plutôt organes pour les saisir dans leur activité contingente, alors que le terme de fonctions les campe dans une économie générale, une finalité qui leur attribue à chacune une puissance particulière. Le modèle que je vais vous donner s’accorde avec tous les types d’incarnation. Si vous êtes un ange, une âme d’extraterrestre, un humain, une émanation de la source, peu importe, de toute façon vous n’échappez pas au modèle que je vais vous soumettre, et je tiens à vous le fournir parce que beaucoup parmi vous possèdent de belles aspirations qu’ils ne savent pas connecter à leur être contingent, l’incarnation terrestre étant quelque chose de particulier qui n’a peut-être pas été définitivement compris par vos âmes. Je n’ai pas d‘a priori sur l’entité que vous êtes. Vous pouvez avoir n’importe quel type de karma ou l’avoir dissous, vous n’échappez pas non plus à ce fonctionnement, qui est voulu par la montée ascendante de la matière vers l’Esprit. Je vais donc jusqu’à la fin défendre la thèse selon laquelle notre apparence matérielle, notre corps physique, possède la forme idéale pour nous permettre une évolution infinie vers le Divin. Les formes sont parfaitement adaptées aux principes dans la Manifestation biologique, et la position verticale de l’espèce constitue un seuil primordial, un saut extraordinaire. 

La conscience supramentale m’a montré la finalité de la physionomie humaine, il y a plus de vingt ans, et je suis resté deux ou trois heures absorbé dans un film qui m’a subjugué, dans un état de conscience indescriptible, une pure vision sans mots. C’est seulement maintenant que je l’utilise car j’ai beaucoup appris depuis, et je peux enfin mettre en forme cette révélation. La station debout est quelque chose de neuf — une forme qui commence à se libérer de la nature rampante, naturellement, mais le plus invraisemblable, c’est que l’équilibre vertical est maintenu avec trois fois rien, la plante des pieds, d’une largeur ridicule et d’une longueur très faible par rapport à la taille. Je regrette qu’intellectuellement vous ne puissiez pas voir la même chose, et je suis loin de restituer l’expérience sublime en la décrivant, sinon vous ne douteriez plus une seconde que votre mission est de devenir conscient, d’accomplir le potentiel de la verticalité, et de supporter le défi que l’univers se pose à lui-même dans votre propre personne. 

Donc, être debout, c’est un exploit totalement neuf: l’homme. Grande taille, petit empattement, et ça ne tombe pas. C’est miraculeux. Ensuite, nouveau miracle, il y a de la « marge » dans le corps. L’extravagante symétrie du corps est touchante, ainsi beaucoup d’outils sont en double, on entend bien avec deux oreilles, on voit bien avec deux yeux, mais si l’un des deux flanche, on s’en tire quand même. Aujourd’hui, certaines personnes vivent avec un seul rein. De la marge il y en a partout, si l’on s’engraisse, un jeûne peut venir à bout de ce qu’il y a de trop. Les heures de sommeil sont variables, et l’on peut rattraper du retard avec une grasse matinée. Le cœur ralentit ou accélère. L’organisation est stupéfiante, et nous voyons collaborer les contraires. L’écart n’est pas incompatible avec le fixe. C’est-à-dire qu’il y a des variations, de l’élasticité, et que cela revient à la norme grâce au principe de l’homéostasie, un pouvoir holistique qui maintient l’ensemble cohérent à travers de petites variations, comme la température par exemple.

Extrait vu sur le site : www.supramental.fr – Le site de Natarajan

Sortir de l’identification

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Pascale Ash

Etre dans sa force et mieux appréhender la réalité

Pour prendre sa vie en mains et avancer vers ses buts, il est nécessaire d’être dans sa force et de sortir de l’illusion. Prendre conscience et se libérer du processus dit de l’identification est d’une importance capitale dans cette optique : l’identification, à la fois nous affaiblit et nous maintient dans une vision tout à fait illusoire et fragmentaire de notre réalité. Voyons de quoi il s’agit.

Prisonnier d’un fragment de soi

L’état habituel de l’être humain est l’identification à tout ce qui se passe en lui et autour de lui : il est ce qu’il fait, ce qu’il voit, ce qu’il dit, ce qu’il pense ou ressent, c’est-à-dire qu’il n’est jamais lui-même ! Une pensée nous vient et nous partons avec elle, une émotion monte et nous nous prenons pour elle – nous nous mettons en colère par exemple et nous ne sommes plus que cette colère, nous ne sommes plus nous-mêmes, nous sommes hors de nous, nous nous sommes perdus nous-mêmes –, nous nous levons de mauvaise humeur et nous sommes cette humeur. En devenant entièrement (en nous identifiant à) la pensée, l’émotion, la sensation qui nous habite, nous n’existons, pendant ce laps de temps, plus que par elle. Une toute petite partie de nous a pris toute la place et est devenue toute notre identité.

S’identifier signifie bien être “prisonnier” de ce à quoi l’on s’identifie : nous sommes l’esclave de ce qui s’empare de nous : une rage de dents se déclare et nous sommes “pris” par cette douleur ; un livre ou un film nous “captive”, nous sommes captifs, tout notre être est pris. Etre continuellement pris ainsi, par des humeurs, des pensées, des émotions, des sensations, c’est n’avoir aucune liberté, c’est être enfermé dans une infime partie de soi, c’est perdre son centre et son axe, c’est réagir et non plus agir.

Les deux courants de la vie

L’identification est en fait un processus de réaction au monde extérieur. Nous réagissons, ou plus précisément une toute petite partie de nous réagit, aux événements qui nous arrivent. Il importe de comprendre que la vie d’un être humain est faite de deux courants : les situations dans lesquelles il se trouve et ses états d’être face à ces situations, le courant du monde extérieur et le courant de son monde intérieur.

Si quelqu’un nous interroge sur notre biographie, nous pouvons lui parler des événements marquants qui ont jalonné notre existence et nous pouvons aussi lui expliquer comment nous avons vécu ces événements. Nous réaliserons vite que notre façon personnelle de vivre les événements a finalement assez peu à voir avec l’événement lui-même : tout d’abord un autre, frère ou sœur par exemple, aura vécu le même événement très différemment ; mais aussi nous-mêmes, à différentes époques de notre vie, ou dans des états intérieurs différents, ne vivrons pas les choses de la même façon.

La suite dans la revue N°37 – Décidez de votre vie

LA RECONCILIATION DU CORPS ET DE L’ESPRIT

 

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LE RÔLE DES OPPOSÉS DANS NOTRE PERCEPTION
Parce qu’il est possible d’être en quelque sorte « anéanti » quand on ne vit plus que pour la Conscience, et que tout le reste en nous se rebelle, je vous livre une nouvelle approche de notre fonctionnement pour vous aider à découvrir les causes de vos difficultés. Une partie de notre évolution se fait dans le gratifiant et dans la gratitude, et c’est vrai que nous évoluons quand nous sommes heureux, bien dans notre peau, et que les choses se font toutes seules; mais il est rare de pouvoir faire durer ces périodes indéfiniment puisque le seul fait de progresser amène à la surface des matériaux à transformer. La montée de « l’ombre » accompagne nécessairement ce que Sri Aurobindo appelle la sâdhana, soit l’ascèse dévolue au déconditionnement dans l’ouverture au plan divin. Un chercheur qui n’éprouverait pas de difficultés serait un tricheur qui resterait dans le mental pour éviter de se confronter aux processus archaïques — parfois très puissants — qui font parfois irruption dans le moi quand on appelle le Divin, ou que la concentration sur l’idéal de Vérité provoque des états sublimes qui soulèvent peu après des configurations obscures (karmiques, héréditaires, ou psychologiques) à la surface du moment.

Dans le paradigme de la stratégie de l’évolution supramentale, l’épreuve est aussi nécessaire que la prise de conscience. Vous le voyez, les deux forment déjà un couple yin/yang — confrontation à l’obscur et réception de la clarté, et s’appellent l’un l’autre. Ni les épreuves drastiques ni les illuminations ne durent. Notre constitution matérielle a tendance à revenir à la norme et nous devons donc nous attendre à ne pas pouvoir conserver les grands moments extatiques, ce qui est compensé par l’inverse, une renaissance toujours possible au terme d’une crise. Si nous sommes vigilants, l’adversité ne peut pas s’éterniser, d’une part parce que la vie se renouvelle, d’autre part parce que l’ego ne la récupère pas pour se plaindre. Je me garderai bien de définir l’ego, chacun de vous connaît intimement une partie de lui-même qui renâcle à avancer, et je vous déconseille d’attribuer un caractère « ontologique » à l’ego. Ce n’est pas un être, pas même un double, mais un ensemble de cristallisations diverses, d’habitudes incoercibles, ou de résistances rigides à certains types de réalité. Ne couronnez pas votre ego en le prenant trop au sérieux, il est celui, dans son sens positif, qui nous montre nos limites. Nous avançons par le gratifiant quand tout se déroule sans effort, que tout va bien, que le pas, sans être pressé, est rapide et léger, et que l’on sent une assimilation en quelque sorte sacrée des événements qui se déroulent. Dans ces moments-là, le corps physique est content et la respiration se fait toute seule, ce qui veut dire que le corps et l’esprit fonctionnent de concert. Quand on est vraiment en phase avec les champs de la Connaissance, on parvient assez facilement à diminuer l’appétit, à espacer les rencontres sexuelles, et beaucoup de prises de conscience se manifestent quand la satisfaction vient naturellement d’en haut. Une vision qui porte plus loin que « notre » histoire engage des perspectives nobles, et des états d’esprits confiants et positifs. Ces périodes doivent exister pour nourrir notre réceptivité cosmique, mais l’erreur est de vouloir les posséder, c’est-à-dire de les faire perdurer outre mesure. Personne n’est jamais établi longtemps dans une phase naturelle d’assimilation positive. Ces périodes arrivent toujours à leur terme, d’une façon ou d’une autre, pour nous permettre une décantation, puis une nouvelle orientation après avoir pris conscience de certaines limites.

 

Dans le yoga supramental, qui est très physique, très matériel, n’importe quelle phase d’ascension finit par faire surgir des obscurités intérieures et personnelles, ou héréditaires et transgénérationnelles, ou encore génériques. L’évolution continue alors en se heurtant à des oppositions ou résistances assez solides, voire des adversaires humains ou occultes. Rien n’est séparé dans l’univers, concentrer la conscience et l’augmenter provoque des réactions de tout ce qui ne veut pas évoluer pour conserver un pouvoir.

Le clin d’oeil du Tao:

Collaborer pour l’Un c’est combattre la division.

Les phases d’expansion naturelle nous soutiennent, et ensuite il est bien évident que pour devenir responsable de notre évolution, nous sommes en quelque sorte testés par l’univers-Un qui vérifie ce que l’on fait des choses qu’il nous a données — cela mérite d’être développé car c’est la clé de la complémentarité du yin et du yang. Les épreuves arrivent pour nous tester. Autrement dit, si l’univers envoie des seuils à franchir à tout le monde, il n’y a que ceux qui relèvent le défi de les traverser qui évoluent, les autres se mettent dans la posture de la victime. Alors, pour affronter correctement les adversaires intérieurs, ne vous mettez jamais dans la position de la victime, parce qu’ils auront déjà gagné. Nous allons faire de la stratégie, c’est-à-dire poser l’intention de vaincre sur le champ de bataille. 

« Tiens pour égaux plaisir et peine, gain et perte, victoire et défaite, 
et entre dans la bataille; ainsi tu éviteras le péché ». 
Bhagavad Gîtâ

Ce verset est magnifique parce qu’il souligne l’équivalence des contraires, aucun n’est meilleur que l’autre. S’attacher à l’un ou à l’autre, c’est manquer la capacité d’embrasser le réel qui nous soumet sans cesse à une alternance rapide de tous les algorithmes du yin et du yang, actif passif, positif négatif, élan repli, désir peur, identification désidentification, implication lâcher prise. Nous souhaitons faire progresser la connaissance, et cet exposé traite de l’art de repérer les changements de phase opportuns à une ascension spirituelle. Nous nous consacrons à vaincre le mensonge pour être inspirés par la Vérité. Le fonctionnement qui est le nôtre obéit à certaines lois que nous allons évoquer et qui rendent compte des difficultés de notre avancée hors des sentiers battus. Les adversaires intérieurs naissent de notre simple constitution projetée dans le temps, avec une double dualité, yin/yang, et pensée/organisme. La durée meut l’ensemble de notre moi, toujours pris entre deux feux, ce que je suis et ce qui m’arrive. Voilà la question la plus épineuse: saurons-nous pardonner à Dieu de nous avoir fait tels que nous sommes, chargés de l’obscurité matérielle, qui nourrit un conflit depuis l’Inconscient avec le Divin ? Peu d’êtres humains acceptent que le Divin soit aussi peu prévoyant par rapport aux attentes de ses créatures, qui rêvent d’un bonheur sur mesure et accessible sans effort. Le mental se projette dans l’avenir et son rôle est de souhaiter le meilleur, mais il ne parvient à l’atteindre qu’à la condition d’observer minutieusement le fonctionnement du moi pour le libérer de l’ignorance. Son caractère essentiel provient de la main-mise de la nature et de la mémoire évolutive sur notre espèce. Nous pouvons profiter de cette bataille entre le meilleur et le pire, l’épreuve et l’éclaircissement, pour décider de parvenir à l’unité: elle ne se fera jamais toute seule — et pourtant l’effort n’est pas supérieur à la grâce. 

Si nous voulons faire feu de tout bois pour évoluer, la portée universelle du yin et du yang doit être intégrée dans notre fonctionnement, et nous devons les respecter autant l’un que l’autre. Chacun des deux essaie de voler la place de l’autre, si nous leur attribuons une personnalité. Autrement dit, nous sommes souvent dans le yang alors qu’il vaudrait mieux être dans le yin, et réciproquement. Ce qui nous fait tromper de polarité a été traité dans des millions de pages par les fabricants de doctrines spirituelles et les philosophes. Une puissance d’illusion, le samsâra, trompe l’esprit à partir de la puissante gouverne de la nature, qui nous pousse outre mesure vers le désir et la peur selon Bouddha, vers l’appropriation subjective de la durée pour d’autres, vers la confusion entre ce que l’on sent et ce que l’on est, pour les philosophes, qui ont toujours remarqué les conflits inhérents à notre double nature, organique et immatérielle — par la pensée. Il y a des moments où il est strictement nécessaire de ne rien faire pour être disponible aux influx subtils. Je préconise cela parce que les êtres humains qui en ce moment s’ouvrent à la conscience, se mettent martel en tête, et veulent tout contrôler de leur évolution, comme si le yang pouvait à lui tout seul résoudre tous les problèmes, sous prétexte qu’il s’oriente enfin vers l’essentiel. Chaque individu progresse aujourd’hui plus facilement qu’autrefois, parce qu’il y a un plan divin sur la terre actionné depuis 1956, et qui s’actualise très lentement. Toute une gamme de chercheurs spirituels conservent la mentalité de leur culture occidentale et veulent contrôler leur mouvement, tandis que quelques personnes qui font des expériences remarquables tiennent un discours contraire et affirment qu’il suffit de s’ouvrir: Si vous êtes sincère, vous vous ouvrez et « ça va le faire », l’ego lâcherait tout seul… C’est vrai en partie, mais le yin n’est pas tout non plus. S’il s’empare de tout, le chercheur a autant de chances de se noyer que de finir dans la totalité. Il est faux que tout puisse être absorbé, sous prétexte que même la volonté personnelle fait partie de l’ego. L’aspiration au Divin et la convoitise personnelle d’un état spirituel supérieur ne constituent pas deux réalités identiques, mais elles peuvent être confondues tant que l’essence du yang — extérioriser, et l’essence du yin — intérioriser, n’ont pas été profondément différenciées et intégrées. Cette question est une torture pour beaucoup: mon désir de Dieu est-il convoitise, vanité, narcissisme, ou bien est-ce le Divin qui remonte du fond de moi et commence à réclamer son dû ? Certains éveillés ne veulent pas entendre parler de la poussée de l’âme et soupçonnent que le désir divin est un obstacle. Il serait émotionnel ou narcissique, ou encore l’expression d’un manque de l’image père ou de l’image mère, quand on ne le soupçonne pas d’être le fruit de frustrations sexuelles. 

Même votre désir d’éveil est à jeter à la poubelle qu’ils prétendent, souvent en se réclamant de la non-dualité, mais de l’autre côté, quand les chercheurs tombent sur Sri Aurobindo, Natarajan, Mère, Amma, Ma Ananda Moyi, Sri Tathâta, Mère Meera, Ramakrishna ou Vivekananda par exemple, c’est la reconnaissance du Divin qui prime sur l’abandon à l’éveil — mais en fait ces deux prises de conscience radicales ne sont pas incompatibles. Avec les éléments que je vais vous fournir, vous pourrez mener de front et simultanément la recherche d’autonomie, qui mène au Soi, et l’abandon au Divin qui conduit au Supramental. Mon témoignage consiste à affirmer que se tourner vers la non-dualité par le travail sur soi et vers le Divin par l’aspiration constitue la voie la plus profonde, qui peut être unique si les principes sont compris. C’est vrai que l’ouverture — le grand yin — suffit… jusqu’aux épreuves. Mais si le moi se rend plus loin que le silence mental, des expériences incongrues se produisent, qui ne trouvent pas leur place dans les références. Après des moments extatiques extrêmes, parfois avec la sensation de l’énergie (shakti) dans le corps, autour de la tête, ou à la surface de la peau, un abîme peut s’ouvrir soudain sans qu’on sache comment le chasser, et l’on se trouve alors « anéanti », continuer entièrement démuni pour … La participation active, la volonté, l’endurance entretenue doivent se développer et permettre d’encaisser des chocs d’une extrême violence, coups qui succèdent presque naturellement à ce que l’on pourrait appeler des envolées — des moments d’union vécus avec un appauvrissement du discours de la pensée, tandis que la conscience n’aura jamais été aussi claire. Dans la vie divine, une vision de l’homme très séduisante se dessine, comme si ce dernier était destiné à être absorbé dans le Divin parce qu’il est déjà le Divin, et c’est sans doute l’ouvrage le plus profond qui ait jamais été écrit, et qui ouvre la voie à l’homme véritable. Mais dans la pratique, des difficultés se présentent à l’évoluteur, que nous pouvons ramener à trois causes,

persévérer dans une posture yang devenue obsolète, 

persévérer dans une posture yin périmée, 

ne pas pouvoir choisir de nouveau départ, alors qu’on se sent « au bout du rouleau ». 

Les exemples les plus courants de ces dysfonctionnements sont connus. Primo, s’accrocher à tout prix à des situations et identifications absolument révolues qu’on tente contre toute logique de faire perdurer — impossibilité de lâcher prise, deuxio cultiver le sentiment d’être victime ou esclave d’une situation, se complaire dans la défaite ou l’échec au lieu de respirer et d’envisager de se prendre en mains, — déni du souverain présent, tertio hésiter perpétuellement entre les décisions fondatrices et les attentes miraculeuses d’une amélioration provenant du dehors — remettre au lendemain à chaque fois (la nécessité d’) une rupture, un déménagement, un voyage, une retraite, un changement important.

Pour vous permettre d’avoir confiance, j’aimerais vous épargner quelques questions techniques autour desquelles se battent depuis toujours les soi-disant maîtres de la conscience. Lorsqu’on s’ouvre, il n’y a pas d’efforts à faire, une observation supérieure se met en place. Mais c’est très important aussi de comprendre cela: au cœur de la pratique évolutive, on se trouve quelquefois dans des moments où l’on ne sait même plus qui observe et on est satisfait quand même, en-dehors de la question du qui suis-je ? Il y a eu des joutes pendant des siècles. Certains prétendent qu’il faut perdre le sentiment du moi dans le nirvana, et que c’est là le sommet, d’autres disent, non pas du tout, le sentiment fusionnel absolu n’est pas forcement passif, un Moi peut en jouir sans se perdre. Et les uns et les autres, ces petits singes supérieurs, se traitent mutuellement de ne pas être à la hauteur, dans la plus sublime vérité qui ­— comme d’habitude — serait de leur propre côté. Il suffit de comprendre que ce n’est pas incompatible, et que certains moments nous rappellent forcément à l’identité profonde (sans l’identification événementielle) dans la mesure où des décisions s’imposent au fond d’une crise incontournable. Et décider, ce n’est pas rien: c’est utiliser la matière du temps pour se donner à quelque chose de particulier, avec le clivage yin/yang: commencer autre chose ou continuer la même chose. Quand le connu devient-il sclérose, quand le nouveau mérite-t-il d’être appelé ?

Je tiens à vous recommander Nagarjuna, qui en avait assez des thuriféraires du Soi comme s’il était autre que la vie, alors que c’est seulement un autre regard sur la vie:

Je ne suis pas au-delà de la maladie, de la vieillesse, de la mort
De la séparation d’avec l’agréable et pas davantage
Du résultat des actes accomplis.
L’antidote constitué par la répétition de cette évidence
Mettra fin à la vanité.

Il entend par là, la vanité d’être parvenu jusque dans le Soi, étape qui fait parfois oublier la dimension matérielle et chronologique de l’existence. Même si la durée n’est plus ressentie comme telle à partir de l’éveil, elle continue de s’écouler dans la réalité objective. La preuve en est que les maîtres, — possesseurs du Soi impersonnel, continuent de vieillir et de tomber malades. Sans s’attacher au résultat, l’évoluteur qui s’accomplit laisse entendre qu’une satisfaction noble est possible, celle d’agir librement dans le monde. Ce moine bouddhiste recommande dans le même traité de se conduire pour le bien de tous. Aujourd’hui, la question est réglée, puisque le Supramental rend plus facile le contact avec l’être psychique, avec l’âme. L’Union suprême ne sera donc plus perte de l’identité dans l’Absolu, mais jouissance individuelle de l’Un, grâce à l’interface que le supramental possède avec la matière. Un corps humain « travaillé » par le supramental se sentira collaborer à la totalité, et à la rédemption de la matière et de la vie.
Extrait vu sur le site : www.supramental.fr – Le site de Natarajan

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