Archive pour 27 janvier, 2014

LA DÉESSE CHANG’E

 

 

Chang'e_flies_to_the_moon_-_Project_Gutenberg_eText_15250Sur la demande de l’Empereur Céleste, Yi abattit les neuf soleils, châtia le démon des eaux Hebo et tua nombre de monstres et d’animaux féroces. Le peuple l’aimait et le vénérait. Yi voyageait beaucoup, se liait d’amitié avec la population et menait une vie paisible. 
Un jour, alors qu’il chassait dans les bois, Yi traversa un ruisseau et aperçut sur l’autre rive une jeune fille puiser de l’eau avec un tube de bambou. 
Un jour, alors qu’il chassait dans les bois, Yi traversa un ruisseau et aperçut sur l’autre rive une jeune fille puiser de l’eau avec un tube de bambou. Sa longue course l’avait assoiffé. Il s’approcha de la jeune fille et lui demanda à boire. Devinant qu’il était le héros Yi, elle l’accueillit aimablement, lui offrit à boire et lui cueillit une belle fleur en témoignage de son respect. Yi choisit alors dans ses trophées une magnifique peau de renard et lui en fit cadeau. 
En bavardant avec elle, il apprit qu’elle s’appelait Chang E. Ses parents avaient été tués par des animaux sauvages. Depuis, elle vivait seule. 
Yi se prit de pitié pour elle et Chang E le respectait beaucoup. les deux jeunes gens tombèrent amoureux l’un de l’autre. Peu de temps après, Yi et Chang E se marièrent et devinrent inséparables. 
Très attachés l’un à l’autre, ils menaient une vie heureuse, et Yi oublia complètement de retourner au ciel. 
Trois années plus tard, l’Empereur Céleste ordonna à Yi de retourner au ciel. 
Lorsque l’Empereur Céleste apprit que Yi s’était marié sur Terre et ne voulait pas revenir au ciel, il se mit dans une grande colère. Dès lors, il fut interdit à Yi de remonter au ciel, mais il se consola en trouvant qu’il était plus heureux sur terre. Ainsi continua-t-il à vivre sur la Terre. 
Mais Yi savait que la vie des êtres humains a ses limites. Un jour, il dit à sa femme : 
– Quand j’étais au ciel, j’ai entendu dire que dans les monts Kunlun, à l’Ouest, habite la Reine-mère d’Occident. Elle possède une pilule d’immortalité. Je vais aller la chercher. 
Ils étaient très tristes de cette première séparation mais, pour vivre éternellement tous les deux, ils étaient prêts à affronter le danger et la mort. Yi prit son arc et ses flèches, enfourcha un bon cheval et se dirigea vers l’Ouest. Après avoir surmonté d’innombrables difficultés, Yi arriva enfin au pied des monts Kunlun. Yi arriva enfin au pied des monts Kunlun. 
La Reine savait que Yi était un héros céleste qui avait délivré le peuple de nombreux fléaux. Aussi l’accueillit-elle avec beaucoup de respect. Ayant appris le but de sa visite, la Reine ordonna à l’Oiseau à trois pattes, gardien des pêches d’immortalité, d’apporter une calebasse contenant une pilule d’immortalité fabriquée à partir d’un des fruits de l’arbre d’immortalité. Cet arbre ne donnait des fruits qu’une fois tous les trois mille ans ; c’est pourquoi ces pilules étaient très rares et extrêmement précieuses. 
– Emporte cette pilule, dit la Reine, c’est la seule qui me reste. Néanmoins, c’est largement suffisant pour ton épouse et toi : Prenez-en chacun la moitié, et vous deviendrez immortels. Mais attention, si l’un de vous deux l’avale entière, il s’envolera au ciel et ne pourra jamais plus redescendre sur Terre. 
– Je ne suis venu chercher la pilule d’immortalité que pour vivre éternellement avec Chang E, répondit l’Archer céleste. Puis il prit la calebasse, remercia la Reine et partit. 
Lorsque Yi retrouva Chang E, il lui raconta tout ce qui s’était passé et lui confia la pilule d’immortalité. 
Je suis passé par mille épreuves pour aller la chercher. Si nous la partageons, nous deviendrons immortels tous les deux. Mais si l’un de nous l’avale entière, il ira au ciel sans espoir de retour. Garde-la précieusement, nous la partagerons un jour faste prochain et nous vivrons ensemble éternellement heureux. 
Chang E mit la calebasse dans sa poche avec précaution 
Yi habitait sur la Terre depuis longtemps déjà et un grand nombre de jeunes gens venaient le voir pour apprendre le tir à l’arc. Yi leur enseignait consciencieusement son art. Lorsque le maître est compétent, ses disciples sont brillants, dit le proverbe. De fait, la plupart de ses élèves devinrent de célèbres archers. 
L’un d’entre eux s’appelait Feng Meng. C’était un bon archer, mais un homme ambitieux et jaloux. Il caressait l’espoir que son maître mourût avant lui, afin de devenir le meilleur archer du monde. 
Un jour que Yi était allé chasser, Feng Meng en profita pour pénétrer chez lui et menaça Chang E de son arc. 
– Donne-moi vite la pilule d’immortalité, lui ordonna-t-il, sinon je te tuerai. 
Surprise, Chang E lui demanda : 
– Feng Meng, tu es le disciple de Yi ; pourquoi… ? 
Je ne considère plus Yi comme mon maître. Devrais-je toujours rester un archer de second ordre toute ma vie ? Non, car il mourra avant moi ! rétorqua Feng Meng en riant sarcastiquement. 
Chang E était rouge d’émotion et de colère. 
– Allons, dépêche-toi de me donner cette pilule ! Cria Feng Meng en brandissant son arc d’un air menaçant. 
Chang E pensa à toutes les épreuves que son mari avait dû traverser pour aller chercher la pilule d’immortalité. Elle ne devait pas laisser Feng Meng s’en emparer. Alors Chang E sortit de sa poche la pilule et, au moment où Feng Meng tendait la main, la porta rapidement à la bouche. Elle l’avala et s’élança vers la porte. 
Chang E avait déjà franchi le seuil lorsqu’elle se sentit toute légère et s’envola vers le ciel. En pensant à son mari resté sur terre, elle décida de se réfugier sur l’astre le plus proche, la Lune. Dès lors, le Palais lunaire, dans lequel vivait désormais Chang E, brilla d’un éclat nouveau. 
Lorsqu’à son retour de la chasse, Yi apprit ce qui s’était passé, une immense tristesse l’envahit. Il regarda la Lune et pensa à sa femme Chang E ; des larmes inondaient ses joues. 
Devant l’ingratitude que Feng Meng lui avait témoigné, Yi fut rempli de colère. Il prit son arc et ses flèches et sortit à la recherche de son disciple. 
LA DÉESSE CHANG'E dans Retiens la Légende 220px-MoongoddessFeng Meng s’était caché dans un bois derrière la maison de Yi. Lorsque celui-ci passa à la hâte devant lui sans le voir, il lui assena un violent coup de bâton sur la tête. Yi s’affaissa, mortellement blessé. 
Lorsque les disciples de Yi découvrirent le crime de Feng Meng, ils arrêtèrent ce dernier immédiatement, l’attachèrent à un grand arbre et le transpercèrent chacun d’une flèche. Son ambition démesurée l’avait mené à sa perte. 

PANGU le créateur du ciel et de la terre

 

 

Pangu«Depuis que Pangu a créé le ciel et la terre . . .», ainsi commencent beaucoup de légendes chinoises.

Qui était Pangu, ce souverain créateur de toutes choses ? Selon une légende de l’époque des Trois Royaumes (220-280) recueillie par Xu Zheng dans son livre Sanwu Liji, avant que le monde soit monde, Pangu était en germe dans un grand œuf où se mêlaient le ciel et la terre. Quand il se réveilla, dix-huit mille ans après, il se trouva dans une atmosphère étouffante. A tour de bras, il brisa d’un coup de hache la coque de sa prison qui éclata en deux : les éléments légers et transparents s’envolèrent et formèrent le ciel, tandis que les éléments lourds et froids se déposèrent et formèrent la terre. Debout sur la terre, Pangu soutenait le ciel qui lui pesait sur la tête.

Le ciel et la terre grandirent à raison de dix zhang (1 zhang = 3,3 m) par jour, au même rythme que Pangu. Encore dix-huit mille ans s’écoulèrent. Le ciel était déjà très haut, la terre épaisse et la taille de Pangu atteignait quelque 90 000 li (1 li = 500 m). De peur que le ciel ne tombât, il le soutenait sans broncher, debout, tel un gigantesque pilier.

A la mort du génie créateur, son souffle se transforma en nuages et en vent, sa voix en tonnerre, ses yeux en soleil et en lune, ses membres et son corps en cinq grandes montagnes, son sang en rivières, ses vaisseaux sanguins en routes, ses muscles en champs fertiles, ses cheveux et sa barbe en une multitude d’étoiles. Sa peau et ses poils devinrent les prairies et les forêts, sa moelle et son cerveau se cristallisèrent en perles et en jade, sa sueur tomba en rosée et en pluie. Selon certaines légendes, ses larmes convergèrent en rivières, ses yeux jetèrent des éclairs, et son humeur, bonne ou mauvaise, donna lieu au beau temps ou à la pluie. Maître de l’univers, Pangu régna sur tous les êtres et toutes les choses.

Selon d’autres légendes répandues chez certaines minorités nationales de la Chine du Sud, Pangu serait l’ancêtre de l’humanité. Il y avait dans la plus haute antiquité un roi du nom de Gaoxin qui régnait sur le monde. Il avait un chien multicolore, qui grandissait dans une assiette (pan) et une courge (hu, prononcé autrefois à peu près comme gu), d’où son nom de Pangu. A l’époque, un roi rival du nom de Fang cherchait par tous les moyens à nuire au roi Gaoxin. Furieux, celui-ci convoqua ses ministres et promit la main de sa fille à qui lui remettrait la tête de son adversaire.

Mais personne n’osa risquer sa vie dans cette aventure contre le roi Fang qui était défendu par une puissante armée. Entre-temps, le chien Pangu avait entendu cette promesse faite par son maître. Il quitta en tapinois le palais royal et se rendit au devant du roi Fang en frétillant joyeusement de la queue. Tout fier de lui, le roi Fang dit à l’un de ses ministres : «Les jours du roi Gaoxin sont comptés. Même son chien le quitte et vient chez moi.» Cela dit, il convia ses sujets à un festin et garda Pangu auprès de lui. La nuit, alors que le roi Fang, ivre, était plongé dans un profond sommeil, Pangu monta sur son lit et, le mordant au cou, lui arracha la tête et la ramena au palais du roi Gaoxin. A la vue de Pangu revenu avec son butin entre les dents. Gaoxin ne se sentit pas de joie. Il ordonna de régaler le chien d’un bon plat de bouillie de viande. Mais Pangu détourna dédaigneusement les yeux de la nourriture et, tout triste, s’en alla dormir dans un coin de la maison.

Il y resta trois jours sans manger. Intrigué, le roi Gaoxin lui demanda la cause de son chagrin : «Pourquoi boudes-tu tes repas? Aurais-je manqué à la promesse de te donner la princesse en mariage ? Mais comment une fille peut-elle épouser un chien ? » A sa stupéfaction, une voix humaine lui répondit «Sire, ne vous faites pas de soucis, placez-moi dans une cloche d’or pendant sept jours et sept nuits et je me métamorphoserai en homme.» Ce qui fut fait. De peur que Pangu ne mourût de faim, la princesse amoureuse vint le sixième jour entrouvrir la cloche au moment ou Pangu n’avait pas encore achevé sa mutation. Mais l’ouverture de la cloche ayant arrêté sa transformation, Pangu se montra désormais avec une tête de chien et un corps humain. Pleine de remords, la princesse consentit à se marier avec ce monstre. Ils se réfugièrent dans une montagne reculée du Sud, où ils vécurent en parfaite harmonie. De leur union naquirent trois fils et une fille, premiers habitants de la terre.

Pangu jouit encore d’un grand respect parmi les populations miao, yao, li et autres qui vivent en Chine méridionale. Des vestiges de temples dédiés au «Roi Pan» se rencontrent à Guilin, dans le Guangxi, et dans le distrtict de Nanhai, de la province du Guangdong.

 

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