LES JAMBES OU LA NATURE : conseil Tao

 
Les jambes nous font avancer et reculer, ce qui est le mouvement même de la vie.

téléchargementLe membre inférieur droit, c’est l’élan vers le gratifiant, ce que Bouddha appelait le désir… et sa déclinaison magique, la convoitise yang et la frustration yin. Nous ne sommes plus dans l’ordre de la pensée, nous entrons dans celui de l’organisme. Manipulé par le désir, l’organisme vit pour survivre. La nature est bien organisée, et se moque du mental qui prétend s’étendre en avant et en arrière de l’immédiateté, avec la mémoire et le projet. Cela explique que beaucoup de philosophes et de théologiens ont relevé une opposition fondamentale entre le corps et l’esprit — dans de nombreuses cultures fort éloignées les unes des autres. L’esprit serait idéaliste, mais toujours empêché de suivre son idéal jusqu’au bout, à cause des passions, des besoins physiques, de la « struggle for life », ou encore à cause des « survivances dynamiques » selon notre terminologie, ces processus codés dans les cerveaux limbique et reptilien, qui appartiennent non au mental (cortex) mais à la mémoire de l’évolution. Dans la jambe droite, nous logeons les pulsions, les impulsions, l’appétit, l’élan vers, le mouvement dont on attend des satisfactions, l’expansion gratifiante, ce genre de choses qui nous relie à la vie avec une connotation de plaisir, de jouissance et de développement, comme l’animal qui veut jouir de la vie, sans que le specimen n’ait à se mêler d’encourager cet élan. (D’ailleurs, il est remarquable d’observer que ce processus se prolonge chez l’homme à l’identique. Si les individus peuvent se targuer chacun d’une philosophie différente et de valeurs opposées pour se tuer au nom des Idées, ils sont tous égaux devant le désir sexuel. Nul n’y échappe et le fait de choisir son genre n’abolit pas le processus d’attirance sexuelle). C’est puissant l’animalité. La jambe droite représente donc ce qui nous permet d’aller de l’avant, puisque le vital a envie d’aller de l’avant, de s’enivrer de sensations étant donné que — contrairement au mental, il ne connaît que l’immédiateté — la seule chose dont il peut profiter. Il aime se donner à des actions et recherche des performances. La stratégie consistera donc à conserver la force du vital mais pour atteindre des objets supérieurs au plaisir sensuel et à la satisfaction egotique de la réussite. Autrement dit, « le désir » peut se mettre au service de l’Idéal. Des satisfactions nouvelles apparaissent dans des activités non sensuelles, non pragmatiques, qui n’enrichissent que l’intérieur. Ces nouvelles implications tracent la voie de la connaissance, permettent la sublimation, s’ouvrent à des expansions indéterminées dans des champs de compétence toujours plus subtils. 

Le stratège entreprend donc de relier les jambes aux bras et au chef.

La jambe gauche, c’est ce qui nous permet d’aller vers l’arrière, c’est-à-dire qu’elle gouverne tous les phénomènes de peur, de rejet, de menaces, de repli, et en dérivant elle gère la honte, sentiment passif par excellence, qu’il est très difficile d’extérioriser, comme le montre l’exemple des femmes violées qui taisent le préjudice subi. La jambe gauche de l’étoile pointe la sensation de danger, et recule pour provoquer la fermeture, dans le but d’une protection. Les deux mouvements, aller en arrière, battre en retraite, rejeter — ou s’élancer et se projeter, entreprendre, embrasser ou même attaquer, se produisent dans le monde naturel par simple réaction, et alternent avec une homogénéité déconcertante, comme le jour et la nuit, en passant par des phases intermédiaires qui correspondent à l’aube et au crépuscule. Et c’est justement parce qu’il n’y a pas de hachures entre les deux, qu’un esprit ordinaire ne se rend pas compte qu’il oscille entre une dynamique de la pensée vers l’objet — un processus dirigé, et une jachère dans laquelle les pensées se font toutes seules sans qu’elles soient orientées. Cet automatisme mécanique est si ancré que l’existence se fait ainsi au petit bonheur la chance, les pensées amenant toutes sortes d’impressions à la perception dans laquelle tout et n’importe quoi peut jaillir, jusqu’à ce que le moi perde les pédales devant un obstacle conséquent. Beaucoup d’hommes trouvent légitime de donner libre cours à leur impatience et toute leur vie ils s’identifieront à leur colère à la moindre résistance, elle fait partie d’eux, comme il y a beaucoup de femmes sentimentales susceptibles de pleurer plusieurs fois par semaine à la moindre contrariété. Le singe debout ne touche pas au système depuis des millénaires: les jérémiades et les colères ponctuent un quotidien inamovible, les punitions et les récompenses balisent les territoires de l’autorité. La confiance permet à des unités semblables, des cercles, des clans, de coopérer, la méfiance établit le seuil de l’altérité hétérogène, l’étranger ou le membre d’une classe inférieure ou supérieure. 

Une telle habitude a été prise par l’humanité de laisser le mental faire la loi de la perception en s’appuyant sur le vital, qu’il est nécessaire d’avoir un besoin de vérité brûlant pour s’attaquer à ce fonctionnement immémorial. Car la nature maintient l’homéostasie du moi en provoquant des émotions violentes quand il outrepasse ses capacités d’assimilation, et après la fièvre en quelque sorte, la norme se rétablit. Les dégâts provoqués par la perte de l’homéostasie psychologique peuvent être catastrophiques, voire mortels, alors que le moi a déjà récupéré son assiette perceptive, ce qui l’emporte sur les méfaits, les nuisances qu’il aura commis. La violence, de ce point de vue, est un phénomène absolument naturel, d’où la difficulté de la dissoudre. Elle revient dans des cas, même pas extrêmes, de conflit, de déception, ou de perte de contrôle, comme étant la solution la plus appropriée pour gérer l’hétérogène. Elle peut être considérée comme un « réflexe », quelque chose de si ancré que pour s’en libérer, il est nécessaire de transformer la totalité de ses valeurs, afin qu’elle ne possède plus aucune légitimité. Régulièrement, des êtres profonds tentent d’établir une méthode pour s’en libérer, Jésus, et dernièrement Krishnamurti, mais il devient assez logique de considérer que seul le supramental, en s’attaquant de près à la mémoire évolutive, parviendra à des résultats conséquents si une certaine « contagion » du mental holistique remplace l’ego générique.

Le système entier des relations vitales et de son noyau de réflexes fonctionne dans l’énergie de ce que Sri Aurobindo appelle la prakriti, toute cette énergie naturelle qui forme la nature, auquel le mental s’agrège dans notre espèce, et qui est bien différente de la shakti, le pouvoir énergétique immatériel qui n’est pas encore tombé dans une forme quelconque, dans un agrégat biologique, et que nous pouvons aujourd’hui percevoir. 

imagesMais pour l’évoluteur, qui se distingue du primate pensant, n’importe quelle interrogation de fond peut surgir à la suite d’une déception, d’un échec, d’un acte manqué, dont le rôle sera de nous rappeler à l’ordre, nous mettre face à l’écart entre ce que nous croyons être et ce que nous sommes capables de faire. En revanche, si l’interrogation ne se produit pas, l’émotion fera l’affaire. Le problème sera enterré, ressurgira et sera à nouveau traité de la même manière, par le yang dans la colère et l’intimidation, par le yin dans le chagrin, la peur, la soumission ou la manipulation (accent yang à l’intérieur du yin). Les larmes contre les coups, et ça recommence, voilà bien le samsâra, dont des générations entières d’êtres déçus par la vie, ont voulu s’extraire une bonne fois pour toutes, en priant pour cesser de revenir dans la roue des existences. Le sentiment d’impuissance fondamental face à la nature est dissimulé par l’émotion négative qui donne le change dans l’immédiat, elle explose, puis à nouveau est refoulée l’incompétence naturelle. « Quand je ne fais pas le poids, il me suffit de me mettre en colère et le tour est joué, ou bien il me suffit de me plaindre, de pleurer, et d’attendre que ça passe ». Voilà les réflexes de l’humanité générique. 

Le clin d’oeil du Tao:

Les fausses réponses des émotions négatives bloquent le passage évolutif, j’apprends à
ne plus en avoir besoin, mais sans les refouler, et leur pouvoir diminuera à chaque
expression, car je pourrai moins m’identifier à leur drame.

Extrait vu sur le site : www.supramental.fr – Le site de Natarajan

 


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