Archive pour 8 juin, 2014

Le voyage au Népal

 

images (16)Il est facile à ce voyageur de rester anonyme, mais il a bien fallu qu’il existe pour que la Légende renaisse et que l’histoire soit racontée. Hasard ? Circonstances ? Destin ? Qui sait ! La vie est un grand jeu.

À l’époque, il ne pensait pas ainsi et, à vrai dire, ne s’intéressait pas aux choses de l’esprit. Vagabond seulement assoiffé de rencontres et de nouveauté, il parcourait le monde pour le photographier. Un ami lui proposait d’illustrer un livre sur le Népal ? Pour le Népal, il s’embarquait.

Très vite, pourtant, ce voyage-là fut spécial. Après l’escale d’Athènes, un réacteur prit feu. Ils s’en sortirent sans dommage et ce qui le troubla le plus ne fut pas l’incident, mais l’impression étrange qu’il avait ressentie un peu auparavant. Regardant l’aile par le hublot, il avait pressenti qu’ils allaient avoir un problème avec ce réacteur, alors que rien n’était visible. Un bref état d’hyper-éveil, comme en connaissent les aventuriers, avait donné à sa conscience une acuité qui lui permettait de savoir également qu’ils allaient en réchapper.

Peut-être le choc sensoriel que l’on éprouve en découvrant le Népal a-t-il joué aussi ?

Mais c’est à Pokara que tout a commencé.

Il s’y retrouvait seul, coincé par la mousson, sans même ses affaires déjà parties avec l’avion qu’il avait raté. Il ne lui restait rien : les vêtements qu’il portait sur le dos, un paquet de cigarettes, son briquet et pas un sou en poche. S’aventurant en ville, il rencontra tout d’abord un petit garçon. Surprise : ce fut l’enfant qui, de lui-même, proposa de lui acheter son briquet. Puis tout ce qu’il possédait : cigarettes, chapeau, blouson… Il faisait si chaud, pourquoi ne pas acheter un costume indien plus léger et vendre aussi chemise et pantalon ?

Il croyait ne plus rien avoir et il se retrouvait riche ! Dans ce trou perdu du monde pauvre, il avait largement de quoi passer les trois jours avant le prochain avion. Il décida même de s’offrir une excursion. Il rencontra un guide, un réfugié tibétain parlant anglais, et ils s’entendirent sur un prix pour une visite des environs.
Ils mangèrent d’abord dans une petite gargotte, puis son guide le fit monter, monter, monter… Il était hors de souffle quand la pluie se mit à tomber. Il se voyait déjà coincé et se demanda quelle idée l’avait pris de s’aventurer ainsi au milieu de nulle part.

“ Mais qu’est-ce que tu cherches ? ” s’enquit une voix en lui-même. “ Et de quoi as-tu peur ? ” semblait ajouter le guide, silencieux et calme.

Ils redescendirent jusqu’à une cahute faisant office d’auberge. Le guide n’avait rien demandé, sinon quelques roupies. Il émanait de lui une force étonnamment calme. Dans son anglais simple, il raconta l’invasion chinoise, la fuite du Tibet, l’arrivée au Népal, les problèmes que les Tibétains, plus riches que les Népalais, y rencontraient. Tout lui semblait naturel et sans importance. Puis il fit visiter au voyageur un camp de refugiés tibétains. Ensuite, ils visitèrent les temples de la ville. Leur syncrétisme était frappant : bouddhisme et hindouisme semblaient y cohabiter sans problème. Non-croyant, le voyageur trouvait ce mélange drôle, presque cocasse. Aussi cocasse que son propre sort : échapper de justesse à la mort, se voir pauvre et se retrouver riche, vivre trois jours hors du temps, et maintenant, tous ces symboles. Dans un temple, il trouva même les deux triangles croisés de l’étoile de David, dont il apprit qu’aux yeux des hindouistes ils représentent l’alliance entre le feu et l’eau.

Au fil des heures, le voyageur éprouvait une sympathie grandissante pour son guide. Cet homme avait été gentil, courageux et plein d’idées. Le dernier jour, le voyageur lui donna tout l’argent qui lui restait. Ce fut pour retrouver le guide peu après, au bord d’une rivière où des enfants pêchaient : il était en train de rejeter à l’eau tous leurs poissons, qui jubilaient de s’enfuir, autant que les enfants d’être payés sans avoir eu à marchander. Les coups de queue des uns cliquetaient dans le soleil au rythme exact des éclats de rire des autres. Au voyageur surpris, le guide expliqua comment, enfant, il avait été très malade et comment, pour prix de sa guérison, son père avait promis de racheter tous les animaux condamnés qu’il pourrait, qu’ils soient destinés au sacrifice ou à la nourriture. Lui-même, devenu adulte, perpétuait ce serment.

Puis le jeune homme, soudain grave, déclara au voyageur (dont il semblait percevoir les pensées) : “ Renonce à l’illusion de ce que tu crois être le sens des choses. Je ne paye pas pour régler une dette, mais pour abandonner quelque chose de moi, afin d’aller plus loin. On ignore l’invisible pour affirmer : “Ceci est moi”. Il faut savoir se détacher de l’emprise de ce moi. Alors, parfois, l’invisible vous lance un clin d’œil. ”

Le voyageur fut troublé par ce discours, cette finesse, cette maîtrise. Qui était donc cet homme ? “ C’est bizarre, lui avoua-t-il, depuis que j’ai quitté Paris, j’ai l’impression d’être entré dans un jeu, un jeu de piste ou je ne sais quoi, comprends-tu ?

- Ta vie, répondit le guide, est telle que tu la vois.

- Mais comment distinguer ce que je vois de ce que je crois voir ? Il y a quelques semaines, dans un avion qui menaçait de s’enflammer, j’ai eu l’impression de “voir l’invisible” – et je n’ai pas eu peur. Comme si l’univers acceptait que je devienne un peu plus un “acteur” de ma vie… Mais comment faire pour que nos actes deviennent vraiment nos actes et non des actes ?

- Il faut faire le vide pour trouver le plein (le guide eut un petit rire). La prière, la méditation, la marche, toutes les occasions de faire silence et d’écouter ce silence te donneront une plus grande conscience de l’invisible. Et plus tu en sauras sur tes ténèbres, plus tu seras éclairé dans ta vie.

- Prier, méditer, marcher ?

- Aligner son souffle sur celui de la nature. Tu sais, toutes les dualités ont une même origine : le souffle.

- Et les religions ? Servent-elles à approcher l’invisible parce que nous n’avons pas d’accès direct au divin ?

- C’est de toute façon une spirale divine : l’esprit vient dans un corps pour évoluer et rejoindre l’esprit. Vide, plein, dualité, c’est ainsi que tout fonctionne. ”
Le voyageur eut un instant de perplexité – ce guide prenait décidément de sacrés raccourcis. Il s’essaya lui-même à une ellipse :

“ Voyons, si je me place en position de joueur, en me distanciant de moi-même, j’appréhenderai les événements à la fois plus facilement (il n’y aura pas de danger) et plus profondément (avec le sérieux d’un enfant qui joue), non ?

- Très juste ! approuva le Tibétain, l’enfant joue, l’adulte crée. Dans le vrai jeu seulement (je ne parle pas du poker, ni du casino), peut s’épanouir la vraie joie, qui est sans raison, sans mobile, désintéressée. Du coup, tu cesses d’être un petit moi tout plein de soi-même et de sa relation au monde, tu deviens “celui qui va vers lui-même”, dans un monde où tu peux interpréter ce qui t’arrive autant de signes faisant partie d’un jeu ? Un jeu dont la grande règle est l’alternance des contraires…

- Tu sais quoi ? l’interrompit le voyageur, on devrait vraiment inventer un jeu pour intégrer tout ça, un jeu qui permettrait de s’éveiller en s’amusant ! ”

Il était tout content de sa découverte. Jamais il n’avait eu une conversation aussi intéressante, et c’était avec un homme qu’il aurait quasiment pris, quelques jours plus tôt, pour un demi-ignorant ! Ce dernier poursuivit : “ Il n’y a qu’une seule différence entre l’homme qui vit sans connaître la règle et le joueur : le second sait qu’il joue.

- Tu veux dire qu’il existe une règle ?

- Il en existe une multitude.

- Mais penses-tu qu’un jeu, un vrai jeu, pourrait les résumer toutes ?

- Chez nous, une légende parle d’un jeu très ancien, qui servait à aider les sages. Je pense qu’il y en a d’autres, ailleurs. C’est peut-être là ta quête, ami étranger qui a accès à tous les livres.

- Quoi donc ? De retrouver cette Légende ou de faire renaître ce jeu ?

- Les deux ! (il rit de nouveau d’une voix pointue).

- Oh, mais tu me donnes des idées. J’ai bien envie de suivre ton conseil. Je donnerai à ce jeu un nom tibétain, en souvenir de toi.

- Suis plutôt la loi des contraires, puisque c’est un jeu. Donne-lui donc un nom chinois !

Ce sera en souvenir de moi, mais comme un cadeau à ceux qui se disent mes ennemis. ”

S’ouvrit alors au voyageur une quête pour laquelle, ignorant et néophyte, il n’était certes pas le mieux armé. Mais qu’importe ! Loin de perdre son enthousiasme, il trouva grand enseignement à repenser à tout ce qu’il avait vécu, senti, pensé et ressenti pendant cette aventure. À peine rentré en Europe, il se lança dans les études les plus diverses. De l’universalité de certains symboles à l’histoire des civilisations, très vite, il découvrit des points communs.

images (17)La dualité, par exemple. Est-il possible de penser autrement qu’en binaire ? Planètes, peuples, êtres humains, atomes, tout est soumis à des forces qui à la fois attirent et repoussent. Il lui semblait que cette dynamique des contraires devrait être modélisée dans ce jeu mystérieux qu’il se sentait à présent en devoir de retrouver. Il faudrait aussi que ce jeu intègre les découvertes modernes des sciences de l’homme. Et qu’il sache relier des pensées disparates, tout en reposant – forcément – sur des éléments universels. Certains récits qu’il avait rapportés de ses voyages antérieurs venaient à présent étonnamment confirmer cette intuition.

Bref, la quête du Jeu invisible devint la grande affaire de sa vie. Il entreprit des recherches systématiques dans toutes les grandes traditions. Recherches marginales, difficiles, dérangeantes, qui ne pouvaient, ici ou là, que soulever le voile, mais toujours enrichissantes pour la Légende – et la révélant aux esprits curieux… Tout convergeait vers le jeu. Bientôt, son déroulement s’agença de lui-même : ses principes se mettaient spontanément en ordre et, quand le voyageur eut le sentiment que pour aller plus loin il aurait besoin des autres, ses rencontres lui confirmèrent que, déjà, il avait beaucoup à donner. Autour de lui, dans toutes les professions et dans tous les milieux, ils étaient des milliers, comme lui, à chercher.

 

Issu La Légende du Jeu du Tao Par Patrice van Eersel

Comme des enfants

Ne vous fiez pas aux apparences, ces dessins sont ceux d’une artiste québécoise de 29 ans. Si cette illustratrice « adore d’amour » la création enfantine, c’est pour la fantaisie qu’elle applique au réel. En s’en réappropriant les codes, elle joue habilement entre l’enfant spontanée et l’artiste éclairée qui cohabitent en elle.

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un espace de liberté

 Quand on lui demande pourquoi elle travaille à la façon d’un enfant, Jacinthe Chevalier répond d’emblée : « Parce que c’est la liberté. » En effet, l’enfant crée « un monde où tout est possible, comme avoir trois pattes et un nez triangulaire ». L’artiste envie ce regard sur les choses. Tout son travail est de laisser, elle aussi, libre cours aux fantaisies qui l’habitent. Ci-contre : « Visage bleu et cheveux orange » (2010).

 Un terrain de jeu 

Le dessin d’enfant est un champ d’expérimentation pour l’illustratrice : « Comme la peinture abstraite, il offre un jeu sur les formes, les textures, la composition. Pour cette “Dame aux oreilles rouges” (2012), la représentation d’oreille est très enfantine. A lui seul, ce thème est un boulevard à explorer. Reprendre les codes des petits est peut-être une façon d’aller contre les règles. Les gens, leurs choix, leur petite boîte carrée, me dépriment parfois. » 

La quête de spontanéité 

Comment retrouver la spontanéité d’un enfant devant sa feuille blanche ? « J’essaie d’oublier ce que je sais, tout ce que j’ai appris. Mais je n’en sors pas tout à fait, une part de ma spontanéité est perdue à jamais. » Jacinthe Chevalier n’aime pas s’appesantir sur un dessin : « Tout va vite, sans croquis, sans idée préconçue. Par exemple, cette dame n’a pas de bouche, je l’ai oubliée. Tant mieux ! » « La Dame mauve aux joues bleues » (2012).

 

L’art du minimum 

Dessiné par un enfant, le visage est représenté a minima : un cercle, des lignes pour les cheveux, deux points pour les yeux… « L’enfant ne sait pas faire autrement. Moi, j’ai fait ce choix de la simplicité, raconte l’artiste. Ce qui me plaît, c’est d’utiliser le minimum pour raconter quelque chose que je ne saurais pas rendre fidèlement de toute façon. Je ne sais pas “bien dessiner”, ça ne m’intéresse pas. » « Visage rond et cheveux jaunes » (2010).

 L’enfant, un véritable artiste 

« Qu’est-ce que l’art, au fond ? Malgré toute mon expérience, mes années d’études, je ne le sais toujours pas », confie Jacinthe Chevalier. Les dessins d’enfant sont, pour elle, des œuvres au même titre que celles de « vrais artistes ». Parmi les noms qui figurent à son Panthéon, on retrouve sans grand étonnement Miro et Picasso, « parce qu’ils ont réussi à représenter les choses différemment ». « Tête aux sourcils turquoise » (2010).

 

La voie du Tao

images (15)Comment choisir sa voie ? Comment trouver l’équilibre entre corps et esprit ? Dans le processus d’apprentissage, dans la voie taoïste et dans toute pratique personnelle, nous sommes confrontés au paradoxe du pratiquant. Pourquoi certains ont-ils l’impression de ne pas évoluer dans leurs pratiques, ou se sentent-ils coincés dans leur évolution ? L’intention joue un rôle important dans la démarche qui mène à une pratique quotidienne. Sans désir, volonté ou fantasme, il est difficile d’aller vers une voie de pratique. 

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise raison, mais une raison consciente est un plus dans le commencement de sa voie. Le paradoxe est que ce qui fut utile pour choisir sa voie pose souvent un problème dans son évolution : le mental compulsif, ou l’ego. Alors comment dépasser l’imagination perturbatrice, l’attente, et l’attachement ? Comment s’engager efficacement sur une voie ? 

Comprendre que le corps est la racine de l’esprit. Dans le taoïsme et dans la médecine traditionnelle chinoise, on sait que le yang à besoin du yin pour s’enraciner. La nature du yang étant évanescente et montante, ce qui est yang demande une contrepartie yin pour s’incarner. Le yang est l’esprit et le yin est la matière. La stabilité de l’esprit prend donc sa racine dans le corps et la souplesse du corps dépend de son côté de l’esprit : les deux aspects yin et yang de notre être sont intimement liés, ils sont indissociables. Il est utile de comprendre l’interactivité de l’un sur l’autre car par une bonne connaissance du fonctionnement global corps/esprit, nous pouvons évoluer facilement sur notre voie… ou bien rester coincé des années durant sur des problèmes que nous avons nous-même mis en place. Dans la pratique, nous devons œuvrer sur trois grandes choses : détendre le corps pour lui apporter un fonctionnement optimum ; travailler la présence à l’énergie pour développer un échange global ; apaiser l’esprit pour établir un silence qui permette de toucher à la vraie perception.

Comment mettre cela en pratique au quotidien ? La solution passe par la mise en place de trois méthodes : des exercices qui visent à détendre le corps, en liaison avec l’esprit ; des exercices d’échanges énergétiques qui sont le lien entre le corps et l’esprit ; et des exercices de méditation qui apaisent l’esprit du corps préalablement détendu. Comment développer une perception plus juste de notre être ? Pourquoi les exercices énergétiques n’ont-ils aucune valeur sans le travail préalable du corps ? Peut-on sentir l’énergie ? Comment apaiser le mental ? Méditer oui, mais comment ?

Plongée au cœur d’un enseignement millénaire : Serge Augier pratique depuis son plus jeune âge. Avec les années, l’entraînement s’est transformé en une vraie discipline de vie, puis est devenu, à l’âge adulte, le cœur de l’existence de Serge. Un enseignement mêlant la médecine taoïste et traditionnelle chinoise, le Yi Jing, l’astrologie ou Science de la Destinée, le feng shui, les arts de combat, et la méditation, dont il est devenu aujourd’hui l’héritier et qu’il a à cœur de partager.

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