Archive pour 28 juin, 2014

les fleurs aux racines de la beauté

 

images (3)Les fleurs sont depuis toujours un soin d’excellence. La recherche cosmétique l’a bien compris et nous compose les bouquets les plus efficaces, dans le respect de la nature.

Les fleurs, nous le savons depuis des siècles, sont une inépuisable source de beauté. En décoctions, infusions ou teintures mères (obtenues par macération de la plante dans de l’alcool), elles hydratent, nourrissent, apaisent, régénèrent la peau. Elles sont aussi les premiers ingrédients de la parfumerie. 
 

Aujourd’hui encore, l’eau florale est le produit phare des soins obtenus avec des fleurs (Eau Florale bio de Sanoflore, Pluie de Fleurs de Cinq Mondes). Résultat d’un processus de distillation, elle est moins anodine qu’elle en a l’air : de récentes études menées en laboratoire par Melvita ont montré que l’eau de rose en particulier entraîne une prolifération des cellules du derme et de l’épiderme, rajeunissant la peau. En 2012, on l’utilise avant l’application d’un soin pour « ouvrir » la peau et faciliter le passage des actifs. Mais il y a aussi des sérums, des crèmes, des masques aux formules élaborées contenant des huiles, des huiles essentielles, des enfleurages, des « thés » de fleurs. En effet, les soins modernes n’ont pas rompu avec la tradition de la beauté par les fleurs, et mettent à profit des recherches scientifiques pointues. 
 

Il faut dire que le monde végétal offre une complexité moléculaire unique, qui en fait une source infinie d’ingrédients cosmétiques. Des pétales, on extrait des substances antioxydantes ; du pollen et du nectar prélevé sur le pistil, on compose des éléments nutritifs ; des graines, on fait des acides gras ; des bourgeons, des phytohormones et phytostimulines aux propriétés dynamisantes. Et l’on joue la synergie : « Selon la partie du végétal et le mode d’extraction utilisés, les molécules sont différentes. On peut les associer entre elles ou les mêler à des extraits d’autres plantes », explique-t-on dans les laboratoires (bio) de Melvita. 
 

Les cosmétologues s’intéressent aussi aux substances « secondaires » que la plante sécrète pour résister au froid, à la pluie, aux UV. « C’est ainsi que, fascinés par l’endurance de la rose Satine qui pousse sur la falaise de Granville, nous nous sommes associés à un rosiériste pour recueillir, après un processus de sélection et d’hybridation, le meilleur du potentiel de la fleur et concevoir notre gamme Prestige », rapporte Edouard Mauvais-Jarvis, directeur de la communication scientifique chez Dior. 
 

Les cosmétologues s’associent à des ethnobotanistes qui parcourent le monde pour dénicher l’ingrédient rare : le jitsen d’Ouzbékistan, le longoza de Madagascar ou encore le kniphofia d’Afrique du Sud… Mais pas question de piller la planète. Guerlain cultive ses orchidées en Chine, dans le cadre d’un programme de reforestation. Dior a noué des partenariats de type « commerce équitable » avec des producteurs locaux de différents pays. Et des cahiers des charges très exigeants garantissent la traçabilité et la qualité des végétaux sélectionnés. 
 

Toutefois, la biotechnologie permettra aussi bientôt, à partir de cellules fraîches prélevées sur les plantes, de les répliquer à l’infini. Même plus besoin de cueillir la fleur ! Certaines formules contiennent déjà ces précieuses cellules souches : Prodigy Powercell Night Shot d’Helena Rubinstein, ligne Lift-Fermeté à la rose de By Terry… 
 

images (4)Certaines fleurs, symboles de féminité et de pureté, ont même été choisies comme égéries par les marques : l’orchidée de la ligne Orchidée Impériale de Guerlain, l’immortelle chez L’Occitane, et la rose, emblème de Lancôme depuis les années 1960…

 

A lire : « Les Vrais Pouvoirs des fleurs de Bach », de Flavia Mazelin Salvi, Presses du Châtelet, 2012, 240 p., 18,50 p. Pour établir son programme de soins personnalisés selon la médecine florale du Dr Bach.!

Sommeil, une perte de temps

 

 

Mais que se passe-t-il pour que nous ne dormions plus qu’à moitié ?

 

images (2)L’époque n’aime pas le repos. Dans un monde où l’on travaille de plus en plus souvent en horaires décalés, la nuit est une perte de temps. Et dormir est devenu contre-productif. « Il est même admis que l’on peut impunément empiéter sur son temps de sommeil, puisque celui-ci est contraignant », déplore Joëlle Adrien, neurobiologiste, directrice de recherche à l’Inserm et coauteure des « Mécanismes du sommeil » (Le Pommier, 2013). Notre « hyperéveil », voilà donc un des nouveaux éléments perturbateurs de notre bon repos. Toujours sur le pont, sur le qui-vive, nous ne décrochons plus. Ou mal : 42 % des Français gardent leur portable allumé sur leur table de chevet et 64 % sont régulièrement réveillés par des messages… qu’ils lisent dans deux tiers des cas. « Peu à peu, notre sommeil ressemble à celui, haché et perturbé, des one call, comme on désigne, outre-Atlantique, les travailleurs susceptibles d’être appelés à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, poursuit la spécialiste. En alerte permanente, soumis à de fréquentes montées d’hormones de stress, nous avons du mal à accéder à un repos bénéfique, même si nous dormons, en moyenne, sept heures par nuit. » 

Chez les psychanalystes, même constat : l’extrême vigilance qui nous caractérise depuis peu, voilà ce qui nous mine, aussi. Sournoisement. « Aujourd’hui, sans que cela soit explicitement formulé, tout le monde est soumis au même régime : priés d’être efficaces, rapides, réactifs, multitâches, nous vivons, sans même en avoir conscience, sous une pression constante qui nous lamine. Et chacun avance comme il peut… Dire que l’on est épuisé est devenu si banal que plus personne n’y prend garde » explique la psychanalyste et philosophe Anne Dufourmantelle, coauteure de « Se trouver. Dialogue sur les nouvelles souffrances contemporaines » (Lattès,2014). 

Un autonettoyage du cerveau

En abîmant notre sommeil au nom de la performance et de la rentabilité, nos modes de vie ont fini par nous faire oublier l’essentiel : dormir est un besoin vital. 

Dormir ne servirait pas seulement à recharger le corps et l’esprit comme on le dit souvent, mais permettrait surtout de « nettoyer » le cerveau. 

Une étude menée fin 2013 par les universitaires de Rochester, dans l’Etat de New York, a en effet mis en évidence l’existence d’un réseau de canalisations cérébrales où circulerait un liquide servant à collecter les protéines toxiques accumulées durant la phase d’éveil. En augmentant son volume de plus de 50 % durant les phases d’endormissement, ce flux constituerait un système d’autonettoyage indispensable à la survie de l’organe. D’où leur conclusion : c’est la nécessité de cette « vidange » qui provoquerait le besoin de dormir et toute défaillance dans cette belle machinerie jouerait un rôle majeur dans de nombreusesmaladies neurodégénératives (Alzheimer, Pick, Parkinson…).

Limiter son temps d’exposition aux écrans informatiques le soir, tout en s’exposant à la lumière naturelle pendant la journée, reste un bon moyen de ménager son sommeil. 

Autres facteurs contemporains délétères pour notre qualité de sommeil : la sédentarité et l’enfermement. Véhiculé, assisté, l’humain moderne entretient même ses contacts via son ordinateur. Une économie d’énergie qui l’épuise ? Logique : moins on stimule l’éveil pendant la journée, moins on a l’habitude d’en faire et plus on compromet la qualité du sommeil la nuit. 

À chacun sa nuit idéale

Le monde n’étant pas près de se calmer, sortir de cette spirale infernale de la fatigue est-il possible ? La création de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), en 2000, le laisse penser. En France, comme dans tous les pays européens, cette problématique contemporaine est devenue une question de santé publique. Et l’éclosion, sur tout le territoire, d’une cinquantaine de « centres du sommeil » agréés le confirme : il faut informer et éduquer sur ce facteur essentiel de la santé. Mais toutes leurs recommandations permettent-elles d’inverser la tendance ? « Ce travail de sensibilisation n’est pas inutile, constate Joëlle Adrien. Mais il est certain que crier au danger n’est d’aucune efficacité si les gens n’ont pas envie de changer. » Pour renouer avec les nuits calmes, nulle autre solution, donc, que la prise de conscience. Il faut certes procéder à des aménagements pratiques (pas trop de chauffage, de lumière, de bruit…), mais surtout prendre conscience de ce que l’on fait pendant la journée et tenter de mieux comprendre son propre chronotype. « Notre besoin de sommeil dépend de notre génétique. Gros ou petit dormeur ? Lève-tard ou couche-tôt ? A chacun de déterminer la durée de repos qui lui est nécessaire, à partir d’une seule règle : la nuit idéale est celle qui permet de se sentir reposé et d’avoir un bon fonctionnement dans la journée », poursuit la directrice de recherche. Apprendre à se connaître pour composer avec qui l’on est, c’est aussi ce que suggère Anne Dufourmantelle. « Je ne crois pas aux auto-­injonctions du type “Il faut que je dorme !” qui ajoutent du stress au stress, conclut la psychanalyste. La réconciliation avec le repos doit passer par un autre chemin. Celui d’une consolidation progressive de son espace intérieur… » 

Enquête à retrouver en intégralité dans le numéro Février-Mars de CLES 

Les technologies ne modifieront pas l’espèce humaine

 

par Henri Atlan- Extrait du livre « HUMAIN » de Roger Pol-Droit et Monique Atlan

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Chercheur en biologie et philosophe d’envergure, Henri Atlan voit en l’homme un assemblage de molécules doué de questionnement moral. Il est catégorique : les biotechnologies auront une influence mineure sur notre espèce. Il n’y a pas de néohumains en vue.

Henri Atlan est d’abord un grand chercheur dans le domaine de la biologie médicale, où il a contribué en particulier à renouveler profondément l’approche des mécanismes du vivant par sa théorie de l’« auto-organisation ». Professeur à l’Hôtel-Dieu et directeur d’un centre de recherche au Hadassah Medical Center de Jérusalem, il a également été directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Mais cet homme de laboratoire, inventeur de modèles mathématiques pour la recherche en biologie, est également un philosophe d’envergure, lecteur assidu et intense de Spinoza, mais aussi de Wittgenstein, de Russell ou de Quine.

L’homme est aussi passionnant et aussi paradoxal que les thèses qu’il défend. A la fois rêveur et dialecticien, raisonnable et provocant, il porte sur les questions scientifiques et éthiques de notre époque un regard tour à tour – ou tout ensemble – ironique, lucide, rieur et aigu. Ce- lui qu’on retrouve dans une bonne quinzaine de livres où se conjuguent travaux de biologie et analyses philosophiques. Car Henri Atlan ne cesse de tisser toutes ces données.

Le lieu où il nous reçoit symbolise cette interdisciplinarité. Nous sommes non loin de Jérusalem, au Hadassah Medical Center, le plus important hôpital d’Israël. [...] Quand on lui demande, tout de go, si les biotechnologies peuvent changer l’humain, il commence par proposer de changer de terrain de réflexion : « J’ai envie de vous répondre par une autre question :

L’invention de la roue, de l’agriculture, de l’élevage a-t-elle modifié l’homme ?” Evidemment oui, mais seulement du point de vue des relations de l’homme avec son environnement. Les biotechnologies, à mon avis, vont probablement avoir des conséquences similaires, mais pas plus. Bien sûr, je n’ignore pas que ces inventions techniques anciennes portaient sur l’environnement, et pas sur la nature biologique de l’homme. Cette fois, il s’agirait d’intervenir directement sur le vivant, de modifier l’homme dans sa nature biologique, de le faire passer à une autre espèce, plus développée ou moins développée, plus évoluée ou moins évoluée, etc. Je suis très sceptique envers ces possibilités. Depuis deux siècles, la nature biologique de l’homme a effectivement évolué, grâce simplement à l’hygiène et à la médecine, le résultat en est un allongement considérable de la durée de vie, aussi bien que l’apparition de nouvelles maladies…

En fait, toutes les innovations technologiques – y compris les lunettes ou l’imprimerie – entraînent des bouleversements profonds dans les conditions de vie. Faudrait-il cette fois y ajouter une modification de l’espèce humaine proprement dite ? Je n’y crois vraiment pas. A mes yeux, ceux qui annoncent ces changements radicaux sont encore sous l’influence du “tout-génétique” qui a dominé pendant les trente ou quarante dernières années. » [...]

Il faudrait donc se dire que la brave vieille humanité ne risque pas de laisser place de sitôt à ces cohortes de néohumains qu’annonce une futurologie fantastique. Pourrait-on alors en conclure qu’il existe une nature immuable de l’homme, une essence, et que toutes les techniques du monde ne sauraient l’altérer ? [...] N’existe-t-il pas des traits spécifiques de l’espèce humaine ? [...] La réponse d’Henri Atlan méritela plus grande attention, car elle évite de tomber dans des malentendus fréquents, qui consistent à penser que si l’homme est une partie de la nature, alors rien ne l’en distingue : «J e soutiens pour ma part qu’il n’y a pas d’essence de l’homme, mais bien une place particulière de l’homme, de la même façon d’ailleurs que n’im porte quelle espèce a sa place particulière. » [...]

 

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Notre interlocuteur est un biologiste mondialement connu, il a souvent écrit et affirmé que la différence entre l’inerte et le vivant est sans pertinence. Il a maintes fois souligné que toute la biologie

moderne est résolument mécaniste, au sens où les « lois de la vie » sont rigoureusement les mêmes que celles de la physique et de la chimie. Du coup, il paraît difficile de comprendre comment les humains peuvent revendiquer la moindre spécificité, alors qu’ils ne sont, comme tout le reste, que des amas de molécules..«Je ne dis pas que nous ne sommes que des molécules ! Je dis que nous sommes bien des assemblages de molécules, mais avec plusieurs niveaux d’organisation. Et ces niveaux d’organisation créent des propriétés irréductibles à celles des constituants. La propriété d’une cellule, qui est un assemblage de molécules, c’est d’avoir quantité de capacités que justement n’a pas chacune des molécules. Il y a plus dans l’assemblage que dans les parties ! » [...]

Il serait donc possible de soutenir qu’il n’y a dans le monde, dans nos corps et dans nos cerveaux, que des atomes et du vide, comme le disaient Epicure ou Lucrèce, et en même temps de se soucier d’éthique, de valeurs morales, de règles politiques. N’être fait que de molécules ne supprime en rien la question de la responsabilité [...] : « Une des propriétés de l’espèce humaine, dont on voit mal comment on pourrait penser qu’elle ne lui est pas spécifique, c’est ce que nous faisons en ce moment : se poser des questions sur ce qu’il faut faire et ne pas faire, envisager le problème moral. Le fait de se poser des problèmes moraux, de chercher comment organiser la société de la meilleure façon possible en fonction de nos critères, c’est quand même spécifique de l’espèce humaine, ne trouvez-vous pas ? »

 

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