L’ARBRE AU FIL DE L’EAU

 

imagesLa plante a besoin d’eau pour vivre, et développe de multiples stratégies pour la capturer et la stocker à proximité le plus longtemps possible. Injustement suspectés de “consommer“ de l’eau, les végétaux sont garants d’une ressource en eau de qualité et participent à activer les flux et le cycle de l’eau.

Comme l’ensemble des êtres vivants, l’eau est indispensable à la vie de l’Arbre. L’arbre n’est capable d’absorber les minéraux du sol que s’ils sont solubles et donc transportés par l’eau. Ainsi les racines absorbent par le truchement de mycorhizes cette solution qui va alimenter le flux de sève brute montant jusqu’aux parties aériennes, où une partie de l’eau va s’évaporer par les stomates des feuilles. Cette transpiration génère un phénomène d’aspiration qui permet à la sève brute de “monter dans l’arbre“ et de réguler sa température. Au niveau des feuilles, la photosynthèse permet à l’arbre de fabriquer des sucres en utilisant l’eau du sol, le dioxyde de carbone (CO2) de l’air et l’énergie solaire. Ces sucres ajoutés à la sève brute vont constituer la sève élaborée qui va nourrir l’arbre. L’eau ne fait que passer et seule une partie est temporairement fixée par l’arbre. Au contraire l’arbre va synthétiser de l’hydrogène (H) et de l’oxygène (O) pour faire de l’H2O : environ 500 l pour une tonne de bois produit ! (d’après les travaux de Zimmer & Wegener – 1996). L’arbre est ainsi producteur et non pas consommateur d’eau, et en plus il la stocke.

La première action de l’arbre consiste à stocker l’eau. Son houppier capte l’eau de pluie qui ruisselle jusqu’aux racines tandis que la base de son tronc et ses branches basses forment un barrage à l’eau qui ruisselle sur le sol, l’obligeant à ralentir et à pénétrer en profondeur sous l’arbre, aidée par les drains naturels que forment les racines. Ainsi, l’arbre se garantit une réserve d’eau assimilable en cas de besoin.

> 50 mètres linéaires de haie peut intercepter 250m3 d’eau.

> La végétation capte 25% de l’eau des précipitations. Puisant également dans les réserves du sol, elle rejette 38% de l’eau des précipitations. 1% seulement de l’eau captée sert à l’élaboration de la matière végétale.

En assimilant cette eau stockée, les racines captent également une partie de l’azote ou du phosphore en surplus provenant des cultures en amont. Cette action de prélèvement et de filtre s’effectue de la surface en profondeur, bien au-delà de l’action de la strate herbeuse, sur un volume de sol conséquent prospecté par les racines et mycorhizes.

Une haie peut absorber 85% de l’azote lessivé provenant des cultures ramenant une teneur en azote de 40mg/l en amont à 6mg/l en aval de la haie

Telle une véritable pompe à eau solaire l’arbre va remonter cette eau jusqu’aux feuilles ou une grande partie va être transpirée. L’eau du sol se retrouve en quelques heures sous forme de vapeur qui vient ainsi hydrater l’atmosphère.

Un arbre évapore environ 2500 tonnes d’eau dans l’atmosphère en 100 ans. Cela en fait un recycleur d’eau et un climatiseur exceptionnel.

L’arbre protège le sol, principal réservoir d’eau potentiel : l’effet “parapluie“ limite l’impact des précipitations en dispersant les flux d’eau ; l’effet “parasol“ abrite du rayonnement et diminue la chaleur, ce qui réduit considérablement l’évaporation.

Travailler sur l’eau c’est considérer les cours d’eau bien sûr mais aussi les parties plus en amont sur lesquelles l’eau ruisselle, stagne, se disperse ou s’infiltre, en gardant à l’esprit que les actions les plus en amont auront des répercussions directes et inévitables, positives ou négatives, sur les parties en aval.

 


Répondre

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes