Archive pour 1 août, 2015

Les composantes de la sexualité TAOISTE

 

Tao1-131c8La composante physique

Par essence, la femme est de nature YIN. Les mots qui pourraient la caractériser seraient : douceur, lenteur, passivité, inertie, réceptivité, introversion, mentale… Elle aime les détours et les préliminaires et déplore souvent le coté un peu « primaire » de l’homme…

 Pour l’homme, de nature YANG, les mots qui le caractérisent seraient : force, rapidité, action, impulsivité, extraversion. Il aime aller droit au but et déplore souvent le manque de motivation et d’initiative de la femme…

Sans prendre ces caricatures au premier degré, reconnaissons tout de même qu’elles reflètent assez bien une partie de la réalité. Par conséquent, pour véritablement parler de relation amoureuse, il convient à la femme d’oser exprimer son Yang en étant plus entreprenante et moins passive. L’homme, de son coté, se doit de manifester son YIN en étant plus doux, plus raffiné et moins impulsif…

La composante émotionnelle

Dans la relation amoureuse, logiquement, l’émotion que suscite le partenaire est à l’origine du désir qui va mobiliser l’énergie sexuelle. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante. Parfois, il arrive que cette alchimie ne fonctionne pas. Quelles peuvent en être les raisons ? 

La Médecine Chinoise montre que le désir est associé à la sphère « Foie ». Quand le stress ou les contrariétés sont présentes, l’énergie de la sphère « Foie » a tendance à se bloquer. Ceci entraîne une baisse de désir ou un manque de motivation que la personne elle-même ne peut s’expliquer, malgré tout l’amour qu’elle peut porter à son(sa) partenaire. Sur le long terme, le désir peut devenir complètement absent au point même d’en oublier l’existence. Outre le problème que cela pose dans la vie de couple, cette situation peut s’avérer extrêmement toxique suite au blocage d’énergie, source possible de maladies parfois graves comme le cancer du sein chez la femme ou de la prostate chez l’homme.

A l’inverse, pratiquer des activités qui permettent d’abaisser son seuil de stress comme le Qi Gong, le Tai Ji Quan, le yoga, les différentes formes de relaxation ou le massage, seront propices à favoriser la libre expression du désir et la disponibilité des corps…

La composante énergétique

Comme nous l’avons vu précédemment, le désir est étroitement lié à notre niveau de vitalité, ou exprimé de façon inverse, à notre niveau de fatigue. Une bonne hygiène de vie complétée par des plantes ou de l’acupuncture peut vous aider recouvrer une vie de couple harmonieuse assez facilement. Dans ce cas et pour les hommes, il est vivement conseillé d’éviter d’éjaculer systématiquement car cela représente une énorme perte d’énergie, en plus des inconvénients qui seront évoqués dans les lignes qui suivent.

Néanmoins, l’énergie, au sens sexuel du terme, s’exprime bien au-delà de la force ou de la puissance. A travers leur parfaite connaissance des circuits d’énergies (méridiens), les chinois nous enseignent que l’acte sexuel est beaucoup plus qu’un simple prétexte au plaisir. Dans ce cas, cela devient un art, tout comme on parle d’arts martiaux.

Dans ce cas, pour parler de « l’art de l’amour » et donc pour  véritablement commencer à jouer avec les énergies, il est indispensable de faire durer l’acte suffisamment longtemps. D’où la nécessité pour l’homme de savoir se maîtriser et de ne pas vouloir accéder à l’orgasme (tel qu’il le connaît) à tout prix. Sa partenaire lui en sera reconnaissante (car rappelons que sa nature YIN fait qu’elle a besoin de plus de temps que lui) et le plaisir des deux sera supérieur. C’est à cette condition seulement que la combinaison des énergies des deux partenaires peut véritablement se faire. L’osmose opère et les êtres s’unissent, mais sur un autre plan.

En n’éjaculant pas systématiquement (l’idéal est 1 fois sur 9), l’homme peut ainsi rester dans un état vibratoire qui lui permet d’accéder à une autre forme de plaisir, plus subtil, plus profond et plus durable. Au début, un entraînement (seul et à deux) est parfois nécessaire pour ce véritable travail de funambule. Si l’excitation est insuffisante, l’érection est absente et si le désir est trop important, l’éjaculation est précipitée… Chacun des partenaires doit donc œuvrer en fonction de lui-même et de l’autre pour parvenir à réussir ce challenge… Avec le temps, les choses sont plus faciles, jusqu’à devenir une évidence.

Pour l’homme, c’est un autre monde à explorer, et à partager avec sa partenaire. L’un et l’autre doivent apprendre à dissocier plaisir et éjaculation. Bien entendu, la fréquence des rapports sexuels doit être suffisante pour que l’alchimie fonctionne… La encore, c’est une expérience à vivre à deux où chacun doit revoir ses croyances sur la sexualité.

C’est aussi à partir de cette étape que nous pouvons considérer l’acte sexuel comme un Qi Gong (travail énergétique à vocation thérapeutique) qui peut servir, en plus d’exacerber le plaisir, à reconstituer les réserves énergétiques des deux acteurs. 

isis-and-osiris_1981La composante spirituelle

Cheminer dans cette forme différente de sexualité implique de cultiver une bonne connaissance de soi, de l’autre et de la relation. C’est un vaste programme qui demande du temps, de la complicité et surtout, de l’amour. Vue sous cet angle, la sexualité ne représente plus cette quête effrénée du plaisir (sans pour autant qu’il soit négligé, bien au contraire), mais devient le point de départ de la formidable aventure de la vie à deux. L’autre n’est plus appréhendé uniquement comme un objet de plaisir mais il est aussi choisi pour nous aider à aller encore plus loin dans l’art du perfectionnement de soi. Si l’ouverture du cœur, la patience et l’humilité sont présents, le lien est vécu sous les auspices de la coopération, où l’enthousiasme et le renouveau nourrissent la relation au quotidien. A ce niveau, nous rejoignons la voie du Tantra…

 

Entretien avec Mantak Chia – ses livres ici : http://bibliothequecder.unblog.fr/search/Mantak%20Chia

Initiation à l’abandon

 

photo_kenettImpossible de parler de sexualité sans évoquer l’orgasme. Perçu comme le paroxysme du plaisir, ses effets peuvent s’avérer surprenants.

L’orgasme, explosion intense de plaisir dans le corps, fruit de l’amplification du désir et de l’excitation, est généralement considéré comme étant l’objectif à atteindre dans la sexualité. Il en serait le « clou du spectacle », le bouquet final. Alors, cette jouissance hante nos psychés, nos corps, tout autant que nos clips publicitaires. Nous le voulons. Toutefois, l’orgasme tel qu’habituellement médiatisé ressemble parfois à une sorte d’arnaque du monde moderne. Derrière cette jouissance présentée comme un big bang bling-bling, se cache un phénomène notable et que nul ne sait réellement définir.

La médecine, par exemple, décrit ses manifestations les plus communes : contractions musculaires du périnée et des organes sexuels, modification de charges électriques dans la zone génitale, décharge de fluides chez la femme et éjaculation chez l’homme – bien que facultatifs. Le tout serait épicé d’une production hormonale qui favoriserait la sensation de plaisir et, bien sûr, de certains facteurs psychologiques. Cependant, la revue scientifique Clinical Psychology Review liste 26 descriptions de cette apogée sexuel sans qu’aucun consensus ne soit trouvé. « Pour l’instant, il n’y a pas de définition cohérente de l’orgasme », confirme le sexologue Jean-Claude Piquard, auteur de Les Deux Extases sexuelles« Finalement j’ai eu un orgasme. Mais mon docteur m’a dit que ce n’était pas le bon », plaisante Woody Allen. L’orgasme ne serait-il pas alors avant tout une expérience de lâcher-prise que chacun expérimente à sa manière ?
C’est ce que pense Wilhelm Reich, médecin psychanalyste, auteur de La Fonction de l’orgasme et précurseur des recherches sur ce phénomène mystérieux. Pour lui, l’orgasme se produit lorsque la montée en puissance de l’énergie sexuelle dans le corps lâche d’un coup. Cette « petite mort » marquerait le passage d’une tension quasi insoutenable à une relaxation soudaine. Au-delà de ces symptômes variables, l’orgasme serait avant tout un abandon de soi. Une expérience divinement jouissive. « Reich a défini la courbe de l’orgasme en montrant comment au moment de l’acmé, le corps perd tout contrôle et décharge l’énergie accumulée, provoquant tout un tas de réactions », détaille le Dr Michel Heller, psychologue et auteur de Psychothérapies corporelles, Fondements et méthodes.

Revitalisés des pieds à la tête

Reich note aussi au passage que l’énergie libérée cherche à irriguer notre organisme. Allant bien au-delà des parties génitales, ce grand lâcher-prise pourrait potentiellement nous permettre d’être revitalisés de la tête aux pieds par un flux puissant d’énergie vitale. Ceci aurait de multiples effets bénéfiques sur notre santé. Cependant, le psychanalyste fait le constat de « cuirasses » qui agissent comme des barrages à cette circulation. Construites par tout un chacun pour se protéger des difficultés de la vie, elles se trouveraient au niveau physiologique (cuirasse musculaire) et psychologique (cuirasse caractérielle).

Le psychanalyste insiste alors sur la nécessité de les nettoyer en soulignant que l’orgasme en serait à la fois un moyen et un résultat. Plus nous sommes libérés de nos tensions, plus l’orgasme peut prendre de l’ampleur. Plus il prend de l’ampleur, plus l’énergie qu’il génère nettoie les barrages qu’elle rencontre. « Reich considérait l’orgasme comme une sorte de mécanisme de nettoyage de nos cuirasses. Il le voyait un peu comme un phénomène de réinitialisation de nos paramètres », résume le Dr Gérard Guasch, médecin psychanalyste et auteur de Wilhelm Reich : Biographie d’une passion.

Ouverture spirituelle

Que se passe-t-il alors lorsque nous acceptons de vivre pleinement cette initiation au lâcher-prise ? Abandon à plus grand que soi dans un plaisir intense. Entrée dans des espaces-temps où les possibles sont surprenants. « Je crois que l’orgasme ouvre à la spiritualité car il nous décharge, ne serait-ce qu’un petit moment, des repères habituels auxquels nous sommes identifiés. Là, nous accédons à d’autres sources, dans lesquelles il semble indéniable qu’il y ait une dimension spirituelle. Nous pouvons alors avoir une sensation de béatitude qui nous fait nous sentir appartenir au cosmos », énonce Gérard Guasch, par ailleurs maitre du tao de la tradition Longmen. De nombreuses traditions spirituelles ont ainsi développé des pratiques permettant de faire de la sexualité un marche-pied vers un élargissement de la conscience.

SOURCE : magazine Inexploré n°  27 de juin 2015

 

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