Archive pour 29 août, 2015

Energétique chinoise : Shao-Yīn et Jue-Yīn

 

 

De manière générale, on peut attribuer la sexualité au foyer inférieur ainsi que nous l’avons expliqué précédemment. Dans la théorie des Cinq Eléments, on aurait par conséquent tendance à dire qu’elle appartient exclusivement à l’élément Eau car les Reins et la vessie sont les organes principaux du foyer inférieur. 

De plus, Mìng Mén, « porte de la destinée » ou « porte de la vie », demeure de Yuán Qì, située au niveau des Reins. Il est étrange de constater comme parfois certaines légendes urbaines vont dans le sens de la médecine chinoise. C’est le cas de l’idée selon laquelle « l’onanisme rend sourd », une menace proférée sans réelle vérité biologique, qui pourtant en aurait une énergétique. 

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En effet, « l’énergie des reins peut être épuisée par les abus sexuels » comme le dit le Sù wèn, cette déperdition d’énergie est d’autant plus grande dans l’onanisme, car étant une pratique solitaire, elle entraîne une perte de semence non compensée par l’absorption de l’énergie du partenaire. Or on sait que l’oreille est l’orifice correspondant aux Reins (sa forme suffit à nous en convaincre). Donc si les Reins s’affaiblissent, il est normal de supposer qu’en conséquence l’audition diminuera. Bien que la conception selon laquelle la sexualité dépend de l’Eau soit la plus évidente, elle relève en réalité d’une multitude de phénomènes et d’organes différents. Il faut tout d’abord que l’énergie des Reins parvienne au Cœur pour que naisse le désir, qui n’est autre qu’un mélange de la volonté des Reins et de la joie du Cœur. Cela illustre bien la notion psychanalytique de « pulsion » comme tension vers un « objet d’amour ». 

On retrouve ici l’axe Chao-Yīn qui renvoie à la notion de « barrière », ce qui est très significatif lorsqu’on parle de sexualité puisqu’elle assure chez l’homme la charnière entre les gonades internes et l’émission de la semence à l’externe, et chez la femme, le recueil à l’interne de ce qui vient de l’externe. Puis, au niveau physique, les organes génitaux sont liés au Bois, et en particulier au Foie, appelé « Maître des organes génitaux » et dont le Jing-jin y aboutit (par le 1F) ainsi que la voie luo (par le 5F). 

On notera par exemple l’action du Foie dans la fonction érectile, par l’intermédiaire du sang. Le Bois est aussi l’émergence du Yáng, il correspond à l’action de « se tordre et se redresser » et au lever du jour, ce qui pourrait expliquer les érections matinales. Le roman de mœurs du XVIe siècle Jīn Píng Méi décrit « L’humeur printanière excite la passion de celui qui regarde », on voit encore une fois, à travers le printemps et le sens de la vue que la sexualité s’appuie sur le Bois. 

De plus, certains textes à propos de la castration révèlent parfaitement ce lien : dans la Chine ancienne, « les eunuques subissaient une opération des plus brutales, puisqu’on leur tranchait, du seul et même coup d’un couteau bien affilé, le pénis et le scrotum à la fois. Il y avait une mortalité relativement faible (3 à 6%), en revanche, nombre de ces eunuques souffraient d’une incontinence chronique de la vésicule biliaire et d’autres maladies. » 

A ces troubles chroniques s’ajoutait le sentiment d’une infériorité physique. Dans la littérature, ils sont décrits comme « arrogants, méfiants à l’extrême, prompts à se froisser et très sujets aux sautes d’humeur. Ils étaient pour la plupart grands amateurs de friandises, souvent bâfreurs notoires, encore qu’ils ne paraissent pas avoir été grands buveurs ». On retrouve la mention de la Vésicule Biliaire, ainsi que des indices montrant des problèmes énergétiques dus Foie, d’une part le sentiment de colère à travers l’expression « prompts à se froisser » et la mauvaise gestion de l’alcool, et d’autre part un contrôle défaillant de la Terre qui s’exprime à travers l’appétit et l’attrait pour les « friandises » (goût sucré). 

Ceci corrobore les observations en médecine chinoise qui attribuent bon nombre des pathologies sexuelles au Bois . On ne peut pas non plus passer outre le MC dont le nom complet est « Maître du Cœur et de la Sexualité ». Il nous permet de mettre encore une fois en exergue, le lien indéfectible entre la sexualité et les fonctions régies par le Feu que sont l’émotionnel, la relation aux autres et la pensée voire l’« inspiration spirituelle » que l’on retrouvera dans les pratiques tantriques. Le Feu est aussi responsable du rouge aux joues et du cri qui apparaissent au point culminant du Yáng, lors de l’orgasme, suivis du sentiment de satisfaction et de quiétude. 

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Ce rapport à l’axe Tsue-Yīn  s’illustre étonnamment bien à travers les dessins animés de Tex Avery. Les concepteurs voulaient trouver un moyen d’exprimer le désir sans choquer leur jeune publique, en passant donc par le symbole. C’est ainsi que dans Red Hot Riding Hood, un cartoon de 1943, on voit le loup avoir une véritable « érection oculaire » tout en déroulant sa langue sur la table, lorsqu’il aperçoit le Petit Chaperon rouge transformée en pin-up de cabaret. Or les organes sensoriels échauffés ici par le désir, les yeux et la langue, appartiennent respectivement au Foie et au Cœur ! 

Il faut ensuite mentionner le rôle de la Rate à travers le baiser qui fait se toucher les lèvres entre elles, et procède à l’échange de salive. La salive est la demeure des cinq Shén, ainsi les « esprits » des Cinq Organes se mélangent lorsque les amants s’embrassent. De plus, si le désir de l’homme est d’avantage régenté par le Bois, on peut dire que celui de la femme serait d’avantage lié à la Terre, puisqu’elle gère tous les liquides organiques, les humeurs, et en général l’humidité. Il est intéressant à ce propos de constater l’attitude des deux partenaires dans la phase post-coïtale. L’image courante veut qu’après l’amour, l’homme s’endorme tandis que la femme se met à penser. On dirait alors en médecine chinoise que l’homme laisse partir son Roun (entité viscérale du Foie), alors que la femme est en proie aux réflexions générées par son I, entité viscérale de la Rate). 

C’est aussi le I qui est responsable des représentations acquises par la pensée, la mémoire, l’expérience vécue. Insistons sur le caractère central des représentations dans la sexualité, comme nous le démontrerons dans l’approche psychanalytique, elles sons intimement liées à la manière dont l’individu perçoit et juges ses actes, à la manière dont il se rapporte à lui-même et à autrui. Elles construisent un cadre de référence qui entre en jeu dans l’appréhension du bien et du mal, dans les désirs, des pudeurs, des rejets… etc. Enfin, certains merveilleux vaisseaux peuvent entrer en jeu : – le Tchong Mo  confère à l’homme l’énergie pour « donner l’assaut » à la femme20 – le Jen Mo en tant que « vaisseau conception » commençant au niveau du scrotum par le 1 J M, point qui va particulièrement nous intéresser par la suite. 

Extrait de Anaïs-Languebien-Sexualité-entre-Tao-et-Chaos-Eros-et-Thanatos

 

Le LOTUS et la PIVOINE

 

 

Le printemps : la pivoine

pivoine-rose-juin-2009La pivoine (mudanhua) est aussi connue comme la « reine des fleurs », ou la fleur de l’empire et de l’aristocratie. Son surnom est « fleur de la richesse et de l’hon­neur » (fuguihia). Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un jeu de mots basé sur une homophonie de la prononciation, comme si­gnalé plus haut, mais de la manière d’écrire respectivement ces caractères : fu (riches­se) et gui (honneur). Donnant suite à l’as­sociation de « richesse et honneur », nous retrouvons souvent la fleur de pivoine dans des gravures et des représentations dont le message comprend la promotion socia­le et l’élévation de statut. On rencontre surtout la fleur de pivoine près de la val­lée du Yangzi et dans le nord de la Chine, mais moins dans le sud.

 Un motif animal qui apparaît souvent avec la fleur de pivoine est le coq, de pré­férence une paire de coqs chantants. Le message ou l’intention est de souhaiter « un succès littéraire et un honneur » (gongmingfugui). Le coq (gongji) appelle l’as­sociation avec le mérite, aussi prononcé gong, le chant du coq (ming) signifie ti­tre académique et renommée (ming) ; en­semble, ils signifient « succès littéraire », tandis que la pivoine se rapporte à « richesse et honneur » (fugui). Etant donné que la pivoine symbolise le luxe et la distinction, elle est aussi le si­gne du bonheur. Des peintures représen­tant des pivoines sont pendues dans les maisons, pour qu’on ait de la chance, et dans le bureau, pour qu’on fasse de bonnes affaires.

 Un des principes de base dans la cul­ture chinoise est le caractère complémen­taire des contraires, ou la polarité yin-yang. La pivoine est un élément yang  et, pour cela, elle est toujours représentée avec un élément yin, par exemple un phénix. Le phénix (huangfeng) symbolise le bonheur et la paix (feng), de même que la féminité (huang). Un autre nom pour le phénix est danfeng, ou l’oiseau de la grotte de cina­bre (dan), qui est considérée comme le lieu de naissance du phénix qui regarde vers le soleil, symbole de la chaleur et de la lumière. Le message de la représenta­tion « Le phénix adore le soleil » est un présage de bonheur et de prospérité.

Eté : le lotus

Le lotus revêt une place très particu­lière parmi les fleurs chinoises, bien que cette fleur ne soit pas une fleur du pays, mais fut introduite à partir de l’In­de. La fleur de lotus (lianhua, hehua) em­prunte sa symbolique de pureté et de per­fection au Bouddhisme et au Taoïsme. Dans le Bouddhisme, le lotus renvoie aux trois stades de l’existence : le passé, le pré­sent, et l’avenir. Cette connotation a rap­port avec le fait que, simultanément, la pe­tite graine est éjectée de son enveloppe et la fleur s’ouvre et bourgeonne. Dans le Taoïsme, le lotus est un attribut de He Xiangu, un des Huit Immortels, qui est aus­si représenté sous une forme féminine.images 

« De la sombre profondeur du fond de l’étang, le lotus apporte beauté et lumiè­re ». Cette phrase est une description récurrente du lo­tus dans les poèmes. En partant de cela, le lotus est associé à une personne ver­tueuse qui montre toujours son meilleur côté, quels que soient les problèmes et les difficultés sur le chemin. Dans la vie fa­miliale le lotus représente la constance et la prospérité. Il est très aisé de plier une branche de lotus, mais très difficile de la casser à cause des nombreuses fibres solides dans la branche. Les nombreuses pe­tites fibres maintiennent l’ensemble de la branche. Il en va de même dans les rela­tions de deux bien-aimés ou dans les liens familiaux qui unissent les membres d’une famille, nonobstant l’éloignement des en­droits où ils peuvent habiter. Il n’est donc pas surprenant que le nom de helian donné au lotus se prête à nombre de jeux de mots qui associent le lotus à la paix (heping) – par exemple, le lotus (he) dans un vase (ping) – et à la continuité (lianlian) – par exemple, le compliment de nouvel an (lian nian you yu) : « Puisses-tu an­née après année, lian nian (rime de lian avec nian = année) , vivre dans l’abondan­ce (yu), avec la touchante représentation d’un enfant avec une carpe et un lotus, où le lotus souligne la continuité (lian).

 Comment pouvons-nous reconnaître un lotus dans l’art chinois? Le modèle ré­current de la graine de lotus, du bouton et de la fleur dans la représentation est re­marquable. Tout comme la pivoine est re­présentée en composition avec une paire de coqs criant, les fleurs de lotus se ren­contrent souvent en combinaison avec des canards mandarins. Ceux-ci sont le sym­bole du bonheur conjugal, parce que ces animaux vivent en couple et restent l’un près de l’autre comme des partenaires. Une représentation de deux canards man­darins, l’un tenant une fleur de lotus dans le bec, l’autre un fruit de lotus, contient un souhait accessoire, à savoir : que le ma­riage puisse donner beaucoup de fils. 

de  : An Heylen – Extrait des  Voies de l’ Orient 

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