LA PLEINE CONSCIENCE, VOIE DE LA LIBÉRATION

 

pleine-conscienceLa méditation s’est imposée comme la nouvelle respiration des sociétés essoufflées. Un phénomène planétaire : en 2009, vingt millions de pratiquants aux Etats-Unis selon le quotidien américain « USA Today ». Deux fois plus que dix ans auparavant. 20 à 30 % d’adeptes en plus chaque année en France depuis dix ans, dont 60 % de femmes. Avec, en tête, le tsunami de la « pleine conscience » (Mindfulness), une méditation laïque, mariage des neurosciences et du bouddhisme qui, épurée de ses attributs religieux, ne cesse de faire des émules chez les scientifiques et les médecins. Un outil de plus dans la trousse à pharmacie. Concrètement, comment agit-elle ? Selon le docteur Frédéric Rosenfeld, « méditer mobilise le système autonome parasympathique, source du calme, à l’opposé du système sympathique, qui est responsable du stress. Le cœur ralentit, la tension artérielle baisse, la transpiration diminue, la salivation augmente, la digestion s’opère. Les effets de cette activation parasympathique sont considérables, notamment sur le système immunitaire. »
 

La solution se trouvait sous nos yeux, depuis 2 600 ans. Chez les moines bouddhistes, cette notion de pleine conscience désigne l’attention que l’on accorde à ses pensées au moment présent, elle est une voie directe vers la libération. Docteur en biologie moléculaire, diplômé du prestigieux MIT et fondateur de la Clinique de réduction du stress du centre médical de l’université du Massachusetts, Jon Kabat-Zinn va l’exporter sur le terrain des thérapies cognitives. Etudiant le zen auprès d’un maître coréen, Seung Sahn, l’inventeur de la Mindfulness s’intéresse dès le début des années 1970 aux interactions du corps et de l’esprit. Son idée ? « Intégrer la méditation dans la pratique clinique », une méthode s’inspirant à la fois du zen, du yoga et du vipassana, consistant avant tout à développer une attention, instant après instant, dans le présent. En bref, une pratique méditative « allégée », baptisée MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), « réduction du stress basée sur la pleine conscience ». 
 

Les résultats se révèlent spectaculaires : en ciblant le stress, cette nouvelle pratique permet de lutter contre les états anxieux, les douleurs chroniques, les séquelles psychologiques et les effets secondaires du traitement des maladies cardio-vasculaires, du sida et du cancer. Elle s’étend également au traitement des chocs postopératoires, au syndrome post-traumatique et à l’hyperactivité des enfants. Depuis trente ans, près de 20 000 Américains en ont bénéficié pour accompagner des traitements de troubles aussi divers que des problèmes cardiaques, des douleurs chroniques, des dysfonctionnements gastro-intestinaux, des migraines, de l’hypertension artérielle, des troubles du sommeil, de l’anxiété ou de la panique. « Nos recherches ont montré que huit semaines de méditation de pleine conscience, à raison de trente minutes par jour, suffisent pour que le cerveau mette en place des mécanismes réparateurs et préventifs qui font baisser la tension artérielle et chuter le stress. Mais pas seulement. Une étude montre qu’elle renforce l’action de la lampe à ultraviolets sur le psoriasis : ceux qui méditent pendant les séances guérissent quatre fois plus vite que les autres. Une autre étude a été menée chez des patients qui risquent des attaques cérébrales parce que leurs artères sont remplies d’athéromes. Les plaques de cholestérol ont commencé à fondre après six mois de méditation ! Comment ? La méditation réduit la sécrétion de cortisol et d’adrénaline (responsables de l’accumulation d’athéromes). Une autre étude montre que les femmes qui méditent ont des niveaux plus élevés de cellules immunitaires contre les tumeurs du sein », s’enthousiasme Jon Kabat-Zinn face aux promesses thérapeutiques de la méditation.
 

Forte de ses succès, la MBSR est aujourd’hui enseignée aux étudiants dans 29 facultés de médecine à travers les Etats-Unis. « Par son action sur le stress, la méditation pourrait jouer un rôle essentiel dans la prévention et la guérison de nombreuses pathologies », concluait le biologiste lors d’un colloque consacré au concept révolutionnaire de « plasticité du cerveau », réunissant plusieurs scientifiques de renommée internationale autour du dalaï-lama, en 2005 à Washington.
 

Pour percer le secret de la Mindfulness, Richard Davidson, professeur de psychologie et de psychiatrie à l’université du Wisconsin, a enregistré l’activité du cerveau en temps réel. Il a observé que le fait de méditer régulièrement augmentait l’activité de la partie antérieure du cerveau (le cortex préfrontal), surtout à gauche, où elle est associée à la gestion des émotions positives, renforçant par ricochet les défenses immunitaires. Après deux mois, un test de vaccination révélait une production d’anticorps bien supérieure chez les sujets ayant pratiqué la méditation de manière régulière que chez les autres. Dans une autre étude, publiée en novembre 2012, l’hôpital général du Massachusetts a montré que la matière grise de 20 personnes méditant quarante minutes par jour était plus épaisse de 5 % que celle de novices. En résumé, méditer « muscle » le cerveau gauche, qui a tendance à voir la vie en rose.

 Pour rejoindre LA VIE DEVANT SOI :  http://devantsoi.forumgratuit.org/

par Philippe Jost , Benoît Merlin – sur magazine Clé

 


Autres articles

Répondre

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes