La lenteur comme remède

Lenteur attitude

 

 H.R. : L’Indien Krishnamurti disait que s’adapter à un monde malade n’est pas un signe de bonne santé mentale. Je vois l’accélération comme une maladie collective. Il nous faut créer des oasis où la liste des choses à faire d’urgence ne nous atteint plus, par exemple par la méditation, des espaces-temps où nos e-mails, SMS et autres fausses priorités disparaissent. Certains le font en partant dans les bois, en jouant de la musique ou en regardant les étoiles – c’est mon cas. Il est possible de développer toutes sortes de rituels de retour à la lenteur. Ce dont nous avons besoin, c’est de « résonance » avec le monde. Nous devons respirer avec lui. Ne sentez-vous pas cette aspiration, cette soif ? Je vois trois domaines où cela se joue avec force : l’art (les gens se pressent dans les concerts, les musées), la religion (le retour du religieux est indéniable) et la nature (pour l’entendre respirer, nous allons à la montagne ou au bord de l’océan). En Allemagne, de plus en plus de jeunes se rebiffent contre le système. Ils ne veulent pas pédaler dans cette roue pour hamster, rejoindre l’élite, devenir PDG ou milliardaires. Ils veulent changer la vie.

 

 JLSS : Au-delà d’une certaine mode du « slow », ce mouvement me semble porteur de grands espoirs. Je ne vois pas de raisons de désespérer de l’humain. Nous avons traversé tant de millénaires d’épreuves, de catastrophes et de massacres, mais avons si bien su améliorer le monde ! Aujourd’hui, emportés par notre élan, l’accélération devient douloureuse. Des solutions vont donc survenir, même si on ne distingue pas encore lesquelles. Il est probable qu’elles ne viendront pas d’un surcroît de technologie, mais de modifications de nos comportements. Votre pays, l’Allemagne, en paraît plus conscient. 

 

 H.R. : Si vous pouviez avoir raison ! Personnellement, j’attendrais plutôt ce changement des pays latins. Ou de l’Amérique du Sud… En ce moment, les Allemands discutent beaucoup l’idée de « revenu vital minimum » que chaque citoyen recevrait automatiquement. Les opposants rétorquent que la société allemande serait du coup moins innovante. En quoi serait-ce un problème ? Nous avons atteint un niveau de développement tel que nous pourrions mettre un temps respectable à assimiler ce que nous avons déjà inventé. 

 

Propos de Jean-Louis Servan-Schreiber

 

 


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