Archive pour 26 mars, 2016

Qui veut réellement se transformer

 

Il est assez communément établi que l’Orient est simplement inondé de spiritualité authentique et transformatrice alors que l’Occident, de par le passé et aujourd’hui avec le « New Age », n’est doté que de diverses formes de spiritualités horizontales, translatives, purement légitimes et donc forcément tièdes. Bien qu’il y ait une certaine vérité dans ces dires, la situation réelle est encore plus sombre et cela tout autant en Orient qu’en Occident.

Tout d’abord, alors qu’il est vrai que l’Orient à produit un plus grand nombre de maîtres authentiques, il n’en est pas moins vrai que le pourcentage de la population orientale qui est engagé dans une spiritualité authentiquement transformatrice demeure misérablement infime. J’ai posé la question à Katigiri Roshi, maître auprès de qui j’ai vécu ma première révélation (et non régression, espérons-le) : « Combien y a t il eu d’authentiques grands maîtres Ch’an ou Zen depuis le début des temps ? » Sans hésiter, il me répondit : « Peut-être un millier tout au plus. » J’ai demandé à un autre maître Zen combien de maîtres Zen Japonais éveillés – profondément éveillés – vivaient aujourd’hui, et il me répondit : « A peine une douzaine. »

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Prenons comme hypothèse que ces réponses reflètent approximativement la vérité. Regardons les chiffres. Même si nous disons qu’il y a eu, au cours de son histoire en Chine, un milliard d’individus (une estimation très faible), cela voudrait dire que seules mille personnes sur un milliard sont passées maîtres dans une spiritualité de transformation authentique. Pour ceux d’entre vous qui n’avez pas à disposition une calculatrice, cela représente : 0, 000 000 1 pour cent de la population totale. Et même si l’on porte le chiffre à, disons, un million plutôt qu’un millier, cela ne représente que 0,001% de la population, autant dire une goutte d’eau dans l’océan.

En conséquence, on peut affirmer sans risque de se tromper que le reste de la population était, et est toujours, engagé au mieux dans diverses formes de religion horizontale, translative, purement légitimiste. Ils se livrent à des pratiques magiques, des croyances mythiques, des prières de supplication égotiques, des rituels magiques, etc. – autrement dit, des méthodes translatives pour donner un sens au moi séparé, fonction translative qui était, comme nous le disions, le ciment social le plus important jusqu’à ce jour de la culture chinoise (comme de toutes les autres cultures).

Ainsi, sans en aucun cas dénigrer les contributions réellement époustouflantes des superbes traditions orientales, on ne peut que constater que la spiritualité transformatrice radicale est extrêmement rare, n’importe où sur la planète et dans l’Histoire. (Les chiffres pour l’Occident sont encore plus déprimants. Je n’insiste pas.)

Donc, bien qu’il soit peut être juste de se lamenter sur le très petit nombre d’individus qui aujourd’hui sont engagés dans une réalisation spirituelle authentique en Occident, ne nous leurrons pas en déclarant que les choses étaient radicalement différentes en des temps plus anciens ou dans des cultures différentes. La situation a été à l’occasion un peu meilleure que celle que nous vivons aujourd’hui en Occident, mais la vérité n’en demeure pas moins que la spiritualité authentique est un oiseau incroyablement rare, en tout temps et en tout lieu. Partons alors de ce constat indéniable que la spiritualité verticale, transformatrice et authentique est un des joyaux les plus précieux de toutes les traditions humaines et cela précisément parce que comme tout joyau, elle est extrêmement rare.

En second lieu, bien que nous soyons tous deux profondément persuadés que le rôle le plus important que nous puissions remplir est d’offrir au monde une authentique spiritualité transformatrice, en réalité, ce que nous devons faire, principalement, pour apporter dans ce monde une spiritualité décente, est de proposer des modes de translation plus bienfaisants, plus salutaires. En d’autres termes, si nous-mêmes pratiquons, ou offrons, une spiritualité transformatrice authentique, ce que nous devons faire néanmoins pour une large part dans un premier temps, c’est mettre à la disposition des autres une méthode plus adéquate de translation de leur condition. Nous devons commencer par des translations salutaires avant de pouvoir offrir de façon efficace des transformations authentiques.

La raison en est que si vous retirez de façon trop abrupte, rapide ou inepte la translation à un individu ou une culture, il en résultera, je le répète, une régression et non une révélation, une dépression plutôt qu’un soulagement.

Deux exemples : En débarquant aux Etats-Unis, Chögyam Trungma Rimpoche, grand (bien que controversé) maître tibétain, est devenu célèbre parce qu’il répondait toujours à la question : quel est le sens du Vajrayana ? par ces mots : « Tout est Ati. » En d’autres termes, il n’y a qu’esprit éveillé partout où vous posez les yeux. L’ego, le Samsara, le Maya et l’illusion – rien n’a besoin de disparaître car rien de tout cela n’existe en réalité. Il n’y a que l’Ati, il n’y a qu’Esprit, il n’y a que Dieu, il n’y a partout que Conscience non divisée.

Absolument personne n’a compris. Personne n’était prêt à entendre cette réalisation radicale et authentique d’une vérité qui existe déjà et toujours. Alors Trungpa a fini par introduire toute une série de pratiques « mineures » aboutissant à cette ultime et radicale « non-pratique ». Il a introduit les Neuf Yanas comme fondement de la pratique – autrement dit, il a proposé neuf étapes, ou niveaux de pratique, qui mènent à l’ultime « non-pratique » du déjà et toujours Ati.

Beaucoup de ces pratiques étaient de simples translations, d’autres étaient ce que l’on pourrait appeler des pratiques de « transformation mineure » : mini-transformations par lesquelles le corps/esprit devenait plus ouvert à l’éveil radical déjà-accompli. Ces pratiques – de translations mineures – étaient nées de la « pratique parfaite », de la non-pratique, c’est-à-dire de la prise de conscience radicale, instantanée et authentique que, depuis le commencement, il n’y a que l’Ati. Ainsi, bien que le but préalable et le fondement permanent étaient l’ultime transformation, Trungpa a éprouvé le besoin de proposer des pratiques de translation et de transformation mineures afin de préparer ses élèves à l’évidence de ce qui est.

Il s’est passé exactement la même chose pour Adi Da, autre maître influent (et tout aussi controversé). Il s’agit cette fois-ci d’un américain. A l’origine il enseignait uniquement le « chemin de la compréhension » : non pas un chemin pour atteindre l’éveil, mais une investigation du pourquoi de ce désir d’éveil. Le désir d’éveil n’est en fait que la tendance avide de l’ego de tout saisir. Ainsi c’est la recherche même qui nous empêche de le vivre. La « pratique parfaite » ne consiste plus alors à chercher l’éveil mais à enquêter sur la motivation de la recherche elle-même. De toute évidence le but de cette quête est d’éviter le présent et seul le présent détient la réponse : rechercher toujours, c’est manquer la cible. Vous êtes toujours déjà esprit éveillé, et par conséquent chercher l’esprit équivaut à nier l’esprit. Vous ne pouvez pas plus réaliser l’esprit que vous ne pouvez réaliser vos pieds ou acquérir vos poumons.

Personne n’a compris. Alors Adi Da, tout comme Trungpa, a introduit une série de pratiques translatives et de pratiques de transformation mineures – sept étapes de pratiques, en fait – pour vous mener au point où vous pouvez vous dispenser de toute pratique et rester ouvert à la toujours/déjà vérité de votre condition éternelle et hors du temps qui était depuis le commencement absolument présente, mais ignoré de façon brutale par votre désir effréné de chercher.

Quoi que vous puissiez penser de ces deux maîtres, un fait demeure : ils sont les premiers à avoir sérieusement tenté d’introduire aux Etats-Unis la notion de « Tout est Ati » – Tout est Esprit – par conséquent toute recherche d’esprit est précisément ce qui en empêche la réalisation. Et tous deux ont découvert que même si l’on est profondément éveillé à l’Ati, éveillé à la vérité radicale et transformatrice du présent, les pratiques translatives et de transformation mineures sont néanmoins un préalable nécessaire à la transformation ultime.

Ma seconde conclusion serait donc, qu’en plus d’offrir une transformation radicale et authentique, nous devons toujours rester sensibles et attentifs aux nombreux modes de pratiques mineures et translatives qui sont eux aussi bénéfiques. Cette position plus généreuse en appelle à une « approche intégrale » de la transformation dans son ensemble, une approche qui honore et incorpore beaucoup de pratiques de transformation mineures et translatives qui recouvrent les aspects physiques, émotionnels, mentaux, culturels et communautaires de l’être humain. Cela en préparation et afin de devenir une expression de la transformation ultime vers l’état toujours/déjà présent.

Ainsi, même s’il est juste de critiquer la religion purement translative (et toutes les formes mineures de transformation), nous réalisons qu’une approche intégrale de la spiritualité est une combinaison du meilleur de l’horizontal et du vertical, de la translation et de la transformation, du légitime et de l’authentique. Concentrons alors nos efforts sur une vue d’ensemble saine et équilibrée de la situation humaine.


KENKen Wilber n’a guère besoin d’être présenté. Génie reconnu de son vivant, cet auteur prolifique est universellement loué pour sa synthèse visionnaire des philosophies orientales et occidentales. Il est salué comme l’un des esprits les plus lumineux du monde spirituel moderne. Les personnes qui adhèrent à ses idées dont l’influence est grandissante viennent d’horizons idéologiques extrêmement divers, alors que lui-même, bouddhiste pratiquant, demeure farouchement indépendant et ne s’aligne qu’à la force de sa propre recherche. Prenant sans crainte le risque de la controverse, il a été durement critiqué pour sa remise en question franche et courageuse de beaucoup des idées les plus chères et les plus fermement défendues par le statu quo culturel et spirituellement progressiste d’aujourd’hui. Pourtant, c’est cette qualité même, sa passion indéfectible pour un questionnement authentique, une qualité bien trop rare dans le monde spirituel moderne, que nous trouvons si réconfortante. Dans l’essai original qui suit, Ken Wilber lance un cri du coeur implorant chacun d’entre nous a relever le défi d’embrasser une « spiritualité qui transforme ».


Cet article est extrait de la revue «Qu’est-ce que l’Eveil ?» liée à l’enseignement d’Andrew Cohen sur le blog de Francesca http://livreblogdujeudutao.unblog.fr/

Le bonheur – c’est trouver la Sagesse

 

Tout le monde y aspire, mais tout le monde le sait fragile, à la merci d’un accident de santé, d’un aléa de l’existence, d’une déprime insidieuse. Les bonheurs « officiels », ceux des croyances traditionnelles et des grands mirages politiques (changer la vie ?), ont, pour le moins, déçu. On a enfin compris qu’il valait mieux, dans ce domaine, ne rien attendre du collectif. Mais on ne réalise pas toujours à quel point les médias, omniprésents dans nos vies, dégagent de sinistrose. Radios et télés sont devenues des robinets à malheur, martelant drames et catastrophes dans nos têtes fatiguées. Certes, l’effet de bonheur relatif peut jouer : « Encore un jour où je n’ai pas été égorgé en Algérie, où je n’ai pas perdu mon emploi. » Mais le non-malheur ne suffit pas à nous faire accéder au bien-être.

SAGESSE 1

Aussi chacun en est-il venu spontanément à modérer ses aspirations. Et si le bonheur de vivre n’était qu’une série de petits bonheurs ? L’exemple le plus actuel de cette félicité minimaliste est le succès, totalement imprévu, des livres de Philippe Delerm, depuis La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (Gallimard, coll. L’Arpenteur). Il est exceptionnel qu’un auteur voie trois de ses livres à la fois sur la liste des meilleures ventes. Aucune ambition philosophique dans ses textes, mais un message implicite : le bonheur est peut-être à la portée de ceux qui savent le voir, sous leur nez, au long des heures. Une saveur, un souffle d’air frais, un regard, une atmosphère : pouvoir les capter, et s’en réjouir, ce serait ça, le bonheur. Ce ne serait que ça ?
Autre dessin : un couple regarde son jardin, par la baie du salon. Passe un lapin. « Si c’est ça, le point fort de notre journée, il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond. » C’est vrai que boire son Lavazza en fermant les yeux, comme dans les publicités, procure une satisfaction. Mais peut-être pas assez grande pour nous prémunir contre le tragique de l’existence. Il y a pourtant là une leçon de modestie : le bonheur ne se trouve peut-être pas au ras de la moquette, mais il n’est pas davantage dans les nuées.

Et c’est ici que l’idée de sagesse tombe à point.

Pas la sainteté, ni quelque destin d’exception. Juste une aspiration, pour vous, pour moi, vers ce qui peut, au-delà de la première gorgée, transcender un peu notre vie, sans nous raconter des histoires.
Reconnaissons-le : la sagesse, ça ne swingue pas vraiment. Ça ferait même club du troisième âge. Rien à voir avec les grandes transes médiatiques, et rythmées, qui accompagnent les tournées papales. Ceux-là, au moins, habités par la foi, font l’économie des problèmes existentiels.

La sagesse, sous sa forme actuelle de « spiritualité laïque », illustrée par les livres de Jean Daniel comme Dieu est-il fanatique ? (Arléa), ainsi que La Sagesse des modernes (Robert Laffont) de Luc Ferry et André Comte-Sponville, nous renvoie à ce qui fut, il y a vingt-cinq siècles, commun aux philosophes grecs, aux premiers bouddhistes et à Confucius : pour mieux vivre, pour moins souffrir, pour accéder au bonheur, mieux vaut travailler sur soi-même plutôt que de tout miser sur une croyance extérieure ou sur un quelconque sauveur. C’est à la fois « connais-toi toi-même » et « compte d’abord sur toi ! ». Non que l’accès à la sagesse soit aisé. Qui serait assez fou pour se vanter d’être sage ? Mais elle ne fait pas de promesses vaines, elle se contente de proposer un cheminement, de décrire des attitudes et des pratiques. Elle ne nous garantit pas le bonheur, elle soutient juste que, s’il existe, c’est en nous-mêmes que, peut-être, nous le trouverons. Une proposition en harmonie avec notre époque déniaisée. La sagesse remet la question du bonheur entre les mains de chacun de nous. Et c’est en cela qu’elle est redevenue moderne, et qu’elle fait l’objet d’une grande curiosité de la part de jeunes de tous âges. Mais, concrètement, en quoi consiste-t-elle ?

Sagesse ! Spontanément, on visualise un noble vieillard à barbe blanche ou un ermite en haut d’une montagne. Bref, ce ne serait pas pour nous. Eh bien, si : elle est disponible pour tout un chacun, nous annoncent de plus en plus de personnages inspirants. La sagesse pourrait-elle devenir le bonheur à la portée de tous ?

La difficulté vient du flou de l’idée de sagesse qui, par définition, et à la différence de la philosophie, n’est pas une construction intellectuelle. Qu’elle nous fasse signe des hauts plateaux de l’Himalaya ou qu’elle s’incarne chez notre voisine de palier, la sagesse, c’est du vécu, de la pratique. Elle se constate, mais se théorise mal. On peut néanmoins dégager les attitudes communes à presque toutes les sagesses, sur tous les continents.

A lire

La sagesse des modernes (avril 1998, Robert Laffont)

Deux philosophes viennent de faire le tour des 10 interrogations de notre époque. La sagesse n’est jamais loin. Extrait de leur introduction.

« Comment vivre ? C’est la question principale, qui contient toutes les autres. Comment vivre d’une façon plus heureuse, plus sensée, plus libre ? Dans le monde tel qu’il est, puisqu’on n’a pas le choix. A l’époque qui est la nôtre, puisque tous les choix en dépendent. Le maximum de bonheur, dans le maximum de lucidité : c’est ce que les Anciens appelaient « sagesse », qui donnait sens à leur philosophie, et à leur vie. Mais leur sagesse n’est pas la nôtre. Ou la nôtre, plutôt, ne saurait reproduire, purement et simplement, la leur. Le monde n’est pas le même. La société n’est pas la même. Les sciences, la morale, la politique… ne sont pas les mêmes. Comment aurions-nous la même vie, la même façon de nous sauver ou de nous perdre ?
Si nous avons voulu renouer avec l’idéal ancien de sagesse, c’est moins par nostalgie que par impatience. La vie est trop brève, trop précieuse, trop difficile, pour qu’on se résigne à la vivre n’importe comment. Et trop intéressante pour qu’on ne prenne pas le temps d’y réfléchir, et d’en débattre.

Comment vivre ? Si la philosophie ne répond pas à cette question, à quoi bon la philosophie ? La question philosophique la plus importante, à nos yeux, c’est celle, comme disaient les Grecs, de la « vie bonne » : du bonheur, mais lucide, et de la sagesse, mais en acte. Comment la morale ou les sciences pourraient-elles y suffire ? Car ni l’une ni les autres ne nous disent si la vie mérite d’être vécue, ni ce qui lui donne son prix ou son sens. Qui se contenterait de connaître ? Qui se contenterait de faire son devoir ? Qui y verrait un bonheur suffisant ? Une sagesse suffisante ? Une spiritualité suffisante ? Cela vaut spécialement pour la morale. La morale pour nous n’est pas tout, et elle n’est pas l’essentiel. Elle ne sait que commander – et qui se contenterait d’obéir ? Elle ne sait dire ordinairement que non – et qui n’a besoin de dire oui ? Elle est faite surtout de devoirs – et qui ne préfère l’amour et la liberté ?

« Je n’ai fait que mon devoir », dit-on parfois. C’est reconnaître qu’il ne s’agit que d’un minimum obligé. La vie, aussi bien individuelle que commune, a d’autres charmes, fort heureusement, et d’autres exigences. Il nous a paru important de réfléchir à la sagesse : parce que nous en manquons, comme tout le monde, parce que nous avons besoin de la penser pour essayer, malgré tout, de nous en approcher. Quant à la modernité, nous n’avons aucune prétention à en détenir l’impossible et ridicule exclusivité. Au demeurant, nous prenons le mot en un sens large, qui n’a rien à voir avec l’actualité ou la mode. La modernité, pour nous, c’est tout ce qui relève de l’émergence du monde démocratique et de sa séparation d’avec le religieux ; c’est donc tout ce qui participe de la fin du « théologico-politique ».

Reste à la penser, à l’assumer, et à en faire surgir, peut-être, un peu plus de lumière, de bonheur, d’esprit – un peu plus de sagesse. C’est à quoi nous avons voulu, ensemble, essayer de contribuer. Notre problème ? Il tient en une question : quelle sagesse après la religion et au-delà de la morale ? Nous ne sommes sûrs ni l’un ni l’autre de nos réponses. Mais nous sommes certains, l’un et l’autre, de la pertinence de la question ».

Luc Ferry et André Comte-Sponville sur le blog de Francesca http://livreblogdujeudutao.unblog.fr/

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