Renaître dans l’eau

 

Quelle est la démarche des êtres que j’accompagne?
Se réconcilier avec le monde de l’eau dans la sécurité et le plaisir, affrontant les peurs d’y plonger malgré de profondes motivations. Ils vont réaliser d’une façon qu’ils n’imaginaient pas ce que veut dire être au bord de l’eau, dans l’eau, sur l’eau, sous l’eau et enveloppé par l’eau, mais aussi la joie de barboter ou la fluidité de nager et pour certain développer l’aquacité.

Mon accompagnement se fait dans un bassin de balnéothérapie à 35°, d’un mètre vingt de profondeur. Cette température de 35° et le peu de profondeur permettent de travailler en douceur et sécurité la détente sur tous les plans, physique, émotionnel et mental. Cette détente permet l’émergence spontanée des mémoires (vie intra-utérine, émotion refoulée, mémoires en relation à l’eau). Dans cette détente, l’être s’ouvre et s’offre. L’accompagnant se doit d’être centré. C’est souvent le défi inconscient pour les groupes de détente dans l’eau.

Je commence mes séances en demandant à la personne quelle est son intention, ce qui lui permet de se choisir dans son processus d’accompagnement à elle-même.

renaitre dans l'eau

Prenons l’exemple de Jeannette :
C’est une femme enracinée dans sa vie et sa relation aux autres qui a déjà beaucoup guéri son histoire personnelle. Elle vient avec l’intention d’arriver à se relaxer dans l’eau allongée sur le dos. Elle veut arriver à faire la planche. Je lui explique et je la rassure qu’à aucun moment elle n’aura le visage dans l’eau. Je l’assure que je la tiendrai toujours par au moins une main et qu’elle m’entendra, bien que ses oreilles soient dans l’eau. Je l’invite à fermer les yeux afin de tourner son regard vers l’intérieur et à respirer naturellement par la bouche. Je lui explique que cette respiration par la bouche lui permet de ne pas être happée par la panique ou l’appréhension. Elle se mobilise ainsi dans la présence à elle-même et évite ainsi de se retirer de l’émotion et même pour certaines personnes de se retirer du corps.

J’explique à Jeannette qu’elle va rentrer dans l’eau et faire le tour du bassin afin de définir son territoire de sécurité. Je lui donne des pistes qu’elle pourra adapter quelque soit le lieu (piscine, mer, rivière, lac ) : la profondeur du lieu, sa dimension, la barre de sécurité ou la taille des rebords de la piscine, la température de l’eau, la zone de baignade surveillée…

Jeannette peut ainsi commencer à construire les bases de sa sécurité en prenant en charge son territoire d’exploration et de détente. Seulement alors je l’allonge sur le dos, une main sous la nuque et une main sous les reins. Dès que j’allonge Jeannette, elle s’agrippe à moi et à la barre du rebord de toutes ses forces. Elle a les yeux grand ouverts et m’implore de ne pas la lâcher. Son corps est raide comme un bout de bois.

Je lui dis et lui fais sentir qu’elle est totalement soutenue. Je ne bouge plus jusqu’à qu’elle s’assure de ses prises et de ses repères dont le bord du bassin, ses appuis sur moi, notre contact visuel, mon soutien concret, sa tête hors de l’eau.
J’approfondis alors mon état intérieur d’enracinement et de présence. Jeannette ferme finalement les yeux. Je l’invite à sentir où sont les tensions et comment est sa respiration.

Je l’invite à dire ses peurs et ses émotions. En fait je l’invite à prendre conscience d’elle-même et de ce qui s’exprime en elle. Elle me partage que de s’allonger dans l’eau la panique car elle se sent tomber, basculer au plus profond et perdre tous ses repères Elle est alors totalement déracinée. Elle pose ainsi sa conscience sur cette panique qui l’envahit telle une déferlante et l’oblige à se cramponner à moi et à la barre. Je sais qu’elle ne pourra lâcher la panique que si elle en prend conscience sans s’y identifier. Le territoire de sécurité installé précédemment devient sa ressource.

Jeannette m’amène à un point important de mon accompagnement.
Dans l’eau, sous l’eau tout au fond de l’eau, il y a toujours la Terre. Au fond de la piscine, au fond du lac, au milieu de l’océan en son point le plus bas, la Terre est là. Nous sommes sur la Terre. C’est un moment clef pour l’être que je peux approfondir si nécessaire par la conscience que les oiseaux sont eux aussi enracinés, comme les dauphins d’ailleurs.

Pour moi cette compréhension intime a été une sorte de révélation. J’ai pu réunir en moi l’eau et la terre.

Je fusionnais avec l’eau et je refusais la Terre et les humains. Je me voyais un peu un dauphin perdu parmi les humains. Dans cette intégration de l’eau sur la Terre, je me reconnais dauphin parmi les miens humains.

Je fais ressentir et visualiser à Jeannette ses racines ancrées dans la Terre et Jeannette ne se sent plus flotter ou perdue au milieu d’un vaste espace inquiétant, mais dans un contact intime avec la Terre-Mêre. Cet enracinement est une clef essentielle pour ceux qui ont peur de ne plus avoir pied, peur du noir dessous… Jeannette se détend et plonge dans une relaxation profonde. Je l’invite à percevoir si son corps flotte, ou si c’est plutôt l’eau qui la porte… C’est une sensation très sécurisante de ressentir que l’eau nous porte. Monte alors le défi habituel de ce moment où la personne est portée sans aucune sollicitation extérieure : être simplement présent à soi-même. Jeannette elle, rentre dans un état profond de bien-être, jusqu’à s’approcher de quelque chose comme le « Je Suis » car elle a l’habitude des états méditatifs. Pour terminer avec Jeannette, sa plus belle expérience a été, à notre troisième séance, de découvrir d’autres repères spatio-temporels et de laisser exploser sa joie dans une roulade avant et une roulade arrière.

Me revient aussi Colette. Une fois qu’elle a traversé l’inquiétude d’être dans les bras d’un homme jeune à qui faire confiance, je l’ai invitée à accueillir ses émotions. Cette quinquagénaire m’a confié alors que jamais sa mère ou quiconque ne l’avait tenue dans les bras avec autant de douceur et de justesse. Elle s’engageait en rentrant de prendre son grand fils dans les bras.

Il m’est important d’aborder aussi le passage au-dessus de l’eau / au-dessous de l’eau que j’appelle dessus/dessous.
J’accompagne régulièrement des personnes à réconcilier toute la sphère ORL dans le passage dessus/dessous. C’est un processus par étape, face à face, où nous nous tenons les mains et palier par palier, la personne va mettre sa tête sous l’eau en travaillant sur l’inspir/l’expir. Une séance d’une heure suffit souvent pour traverser cette appréhension de mettre la tête sous l’eau…

Pour ceux-là, j’enchaîne par la suite logique pour moi de la phase dessus/dessous :
s’allonger sous l’eau.

Prenons Claire. Je vérifie que Claire n’a pas de mémoire ou de traumatisme d’avoir était amenée ou poussée de force sous l’eau.

Je lui demande de souffler pour pouvoir descendre. Traversés les appréhensions et les doutes, Claire n’en revient pas de réussir à s’allonger sous l’eau. Je l’invite à aller plus loin en lâchant de l’air une fois au fond afin de se stabiliser. Claire me partage sa stupéfaction de la grande détente qu’elle ressent. Plus Claire se détend, plus elle reste au fond et plus elle y a de plaisir. Claire exulte de raconter ce qui est un exploit pour elle à son mari et à ses enfants. Sa séance se termine comme une renaissance à l’eau où elle se sent pour la première fois accueillie sur la Terre dans son entièreté. Il me revient Mathieu, moniteur de plongée, étonné de se rendre compte qu’il n’arrivait pas à s’allonger sous l’eau. Il accepte de suivre mes étapes. Il finit par s’allonger et peut s’y détendre profondément. Il remonte alors les yeux remplis de lumière, émerveillé et stupéfait du temps resté au fond et d’un bonheur nouveau qu’il a trouvé d’être sous l’eau, avec l’eau. Tout simplement, calme, allongé, sans bouger, sans effort, juste présent à lui, il a pris conscience de cette matrice aquatique finie et infinie. Mathieu a eu l’humilité de lâcher sa connaissance du milieu marin pour expérimenter cette expérience intime de l’eau.

Ceci est ma plus belle des récompenses et le dauphin en moi se réjouit de partager l’intimité avec l’eau.

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Patrick Ferrer
Moniteur de plongée. Connecté énergétiquement aux dauphins et aux cétacés.
Anime des stages de développement personnel et un groupe d’hommes.

Patrick Ferrer – 33, rue des Lilas 75019 Paris
Courriel : dbellego.pferrer@wanado.fr
Rubrique Patrick Ferrer dans le site : www.tantradianebellego.com

 


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