Archive pour avril, 2016

La thérapie corporelle thaïe

 

 

 

Le Nuad Boran est une pratique traditionnelle reconnue par le Comité d’évaluation des médecines traditionnelles et alternatives de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Nuad signifie pression, Boran signifie ancien. Le Nuad Boran est un ancien art thérapeutique thaï qui consiste en des traitements effectués par un praticien au moyen de pressions rythmées et d’intensité adaptée, sur la musculature d’un patient.

Le praticien peut utiliser ses paumes, pouces, coudes, genoux ou pieds. Il peut aussi opérer des étirements et des mobilisations à caractère ostéopathique. À partir d’une conception particulière de la santé, la gestuelle du Nuad Boran est organisée selon des protocoles de soins qui intègrent la prise en compte des symptômes douloureux dans la dimension globale de la personne.

Le Nuad Boran a pour vocation première de prendre en charge les douleurs liées aux tensions musculaires chroniques et à les réduire.

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Les origines

De par ses origines antérieures à la constitution des États thaïs, le Nuad Boran hérite d’une composante animiste. Les Moe Mueang  (médecins traditionnels des campagnes) pratiquaient, et pratiquent toujours, différentes approches de soin dont le Nuad Boran. Cet héritage influence le Nuad Boran en termes de respect de la nature, d’intuition empathique, pour le diagnostic et en terme d’ingéniosité  pratique pour la mise en œuvre des traitements.

De par ses origines géographiques chinoises, dans le bassin du Yang Tsé Yang et ultérieurement le Yunnan, le peuple thaï a été et reste marqué par les modes chinois de représentation de la santé.

De par son adhésion au Bouddhisme Theravada survenue au XIIIe et XIVe siècle, le monde Thaï joui d’une influence de l’Inde, en matière de références médicales écrites (Ayurved), d’éthique (Dharma), d’attitudes (Mita, la gentillesse compassionnée), de comportements thérapeutiques (rythmes issus des temples, fondés sur le rythme cardiaque).

Les savoirs et savoirs faire médicaux traditionnels des Thaïs sont issus d’une interaction entre ces différents héritages qui, intimement mêlés et « digérés » au long de siècles, donnent au style de travail corporel thaï ses caractéristiques propre: travail concret, rythmé, systématique. Le praticien cherche l’efficacité et le moindre effort en utilisant au mieux la force de gravité terrestre.

Rôle des pouvoirs publics thaïs

L’âge d’or des médecines traditionnelles et du Nua Borane thaïs se situe à l’époque du royaume d’Ayutthaya (XIVe XVIIIe). Une version du Nua Borane est codifiée pour la cour royale et devient un standard pour l’aristocratie. Les praticiens ont rang d’officier de l’armée royale, des traités de médecine sont rédigés. Lors de la première ambassade de France au Siam d’Ayutthaya, en 1687, sous Louis XIV, le chroniqueur royal Simon de la Louerez écrit :

«  Quand une personne est malade au Siam,  elle commence par se préparer à offrir son corps en entier pour recevoir ensuite une personne qualifie qui monte sur la personne malade et qui la foule des pieds. »

Après la destruction d’Ayutthaya par les Birmans en 1763, la préoccupation des pouvoirs publics sera de reconstituer le réservoir des compétences médicales anciennes. D’où les gravures sur marbre dans la pagode royale de Watt Po, des méridiens thaïs effectuées pendant le règne de Rama III (1825-1851) et la rédaction de traités médicaux royaux jusqu’au règne de Rama V (1870-1910).

De 1935 à 1944 toutes les pratiques médicales traditionnelles sont interdites par la dictature militaire et les contrevenants sont poursuivis.

En 1977, lors de la conférence d’Alma Alta, l’Organisation mondiale de la santé demande aux gouvernements de protéger et d’utiliser les savoirs médicaux traditionnels pour le bénéfice de leur population. Un travail de collecte et de conservation commence alors dans les instances gouvernementales et les associations comme celle de Watt Po. En plus du recours aux textes restants, on fait appel aux praticiens des campagnes qui survivaient jusque-là cachés, pour qu’ils apportent leur contribution au mouvement de renouveau des médecines traditionnelles.

En 2002 le gouvernement thaï fonde le Département des médecines traditionnelles et alternatives dans le cadre du Ministère de la santé. Il multiplie les recherches cliniques concernant les effets des pratiques médicales traditionnelles, dispense des formations et fixe les critères de qualification à présent en cours.

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Nuad Boran dans la philosophie traditionnelle thaïe de la santé

Deux principes traditionnels sont ici à mettre en évidence :
Le Tard : Le corps humain est composé de 4 éléments Terre,  Eau,   Feu et Vent. Il y a santé quand les 4 éléments sont en harmonie, maladie ou risque de maladie quand les 4 éléments sont en déséquilibre.

Le Lhompran : le « Vent de vie. » Mot formé par la syllabe thaïe Lhom, « vent »  et la syllabe Pran  issue du sanscrit prâna, force vitale. Concept à rapprocher du pneuma des Grecs et surtout du Qi des chinois. C’est le Lhompran qui régularise le Tard. Le Nuad Boran en payant une action directe sur le flux du Lhompran favorise l’auto guérison.

Comment le Nuad Boran agit-il sur la circulation du Lhompran ? Une réponse nous est donnée par la conception que les Thaïs ont du travail sur les lignes, les sensip.

Les méridiens thaïs: Sensip

Les sensip sont des lignes tendino-musculaires, chacune associée à une ligne énergétique.

Une équivalence dans la médecine chinoise nous permet de comprendre les sensip :Les lignes Jing et Luo sont elles aussi des lignes myo-fasciales, de parcours très similaire aux sensip, à la fois distinctes et reliées aux méridiens d’acuponcture.

Le travail des sensip consiste essentiellement à dissoudre les points de tension logés sur les lignes tendino-musculaires.

Le Nuad Boran agissant directement par pression le long des sensip, provoque un surcroît de circulation sanguine qui irrigue en oxygène les fibres musculaires. Le surplus toxique de liquide acide logé dans les attachements tendineux est entraîné par une sorte de succession de douches sanguines. L’enveloppe des muscles (fascia) est manipulée de sorte qu’elle retrouve une mobilité, d’où un gain de souplesse à la fois des muscles, des os et des organes. Les pressions sur les points de tension localisés sur ces parcours ont aussi un effet réflexe par les lignes énergétiques auxquels ils sont associés.

Critères de qualité des soins

Les critères de qualité, communs aux anciennes méthodes du Nuad Boran impliquent:
– Traitements différenciés selon les symptômes et organisés en protocoles.
– Précision des localisations des lignes myo-fasciales et des points thérapeutiques
– Progressivité des pressions de manière à susciter un effet à la fois puissant et confortable, nak noom, en langue thaïe.
– Bon usage du corps du praticien pour donner les pressions selon les axes de la gravité terrestre. – Application rythmique des pressions créant un effet sophrologique
– Intégration des aspects locaux et globaux des traitements.
– La prise en compte, plus ou moins marquée selon les écoles, du confort du praticien.

Avertissement

Le Nuad Boran est un travail corporel du domaine de la santé préventive et du mieux-être. Dans les pratiques du Nuad Boran, on apporte des soins qui concernent surtout les tensions chroniques qui ne sont pas considérées médicalement comme des maladies. En cas de maladie, un médecin doit être consulté. Seul un praticien ayant reçu une formation de plusieurs années conforme aux exigences du Ministère de la santé de Thaïlande peut  véritablement s’intituler praticien de Nuad Boran thaï.

Bénéfices suivant les différents traitements 

- Aide à l’acquisition et au maintien des postures de méditation et des asanas de yoga.
– Stimule la circulation sanguine.
– Stimule le système musculaire et en améliorent l’élasticité et la force.
– Stimule les fonctions émonctorielles et participe à l’élimination des toxines.
– Stimule le système nerveux en augmentant les capacités de perception de la peau. Dans certains cas, il          favorise le sommeil.
– Stimule la fonction respiratoire en permettant le dégagement de la respiration profonde.
– Stimule la digestion en favorisant l’élasticité du transit intestinal, par la réduction des empêchements au mouvement des organes et par leur irrigation sanguine.
– Le Nuad Boran est indiqué pour la réduction des tensions chroniques et des affections communes sans gravité comme le torticolis ou le lumbago.
– Le Nuad Boran suscite le ralentissement de l’agitation mentale.
Le Nuad Boran favorise un état général de détente physique et de bien être.

Contre-indications et limites

- Ostéoporose et autres maladies dégénératives graves du tissu osseux.
– Maladies cardio-vasculaires graves.
– Diabète.
– Sclérose en plaque.
– État d’ébriété et drogues.
– Maladies hautement.
– Muscles enflammés : Traitement possible en dehors de la zone concernée.
– Fracture. Possible en dehors de la zone concernée ; avec l’accord du médecin.
– État fiévreux.
– Varices, veines gonflées: Traitement possible en dehors de la  zone d’interdiction élargie.
– Cancer : Le risque d’activer la prolifération de cellules cancéreuse n’est pas pris.
– Santé fragile, fragilité cardiaque: Une version douce de l’application du Nuad Boran est possible, en particulier avec les personnes âgées.
– Femmes enceintes : uniquement avec travail spécialisé. Nombreuses zones d’interdictions.

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Charles Breger est diplômé du Département des médecines traditionnelles & alternatives du Ministère de la santé publique de Thaïlande.

Ancien chargé du cours Culture du Nuad Boran à l’Université Silapakorn de Bangkok.

Expérience clinique à la maison de retraite de Chiang Mai, et à l’Hôpital de la marine royale de Bangkok.

Formations complémentaires: Watt Po, massage médical avancé, Fondation pour le développement des médecines traditionnelles de Nonthaburi, formation de maître praticien avec Ajarn Apichait, formateur officiel des praticiens en Nuad Boran à la cour royale de Thaïlande.   

A travaillé avec Pichert Boonthame et les maîtres aveugles Ajarn Sinchai Sukpasert et Ajarn Supatra, ainsi qu’avec de nombreux praticiens thaïs dont il a modélisé les compétences.

Charles Breger a commencé sa recherche sur le travail corporel et la thérapie des fascias en 1979 avec l’Intégration posturale, dont il a suivi la formation à San Francisco.

Auteur de “Nuad Boran”, Thérapie corporelle Thaïe, des sources à la pratique. Édition Guy Trédaniel, Charles Breger a fondé en 2008, avec Ajarn Thanapon Saebun, l’école Sensip Training à Chiang Mai où il vit depuis 12 ans. L’Ècole Sensip est située dans le temple Wat Huaykhiang qui contient un dispensaire de traitement pour handicapés ainsi que d’autres unités de soin de médecine traditionnelle thaïe pour les communautés villageoises.


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De l’innocence érotique à l’Union Sacrée

 

 

Si nous nous trouvions dans une Tribu au fin fond de l’Amazonie, tout proche de la Nature, j’aimerais organiser pour toi une célébration de ton passage de l’enfance à l’adolescence, pour honorer l’éveil de ta sexualité.

Je trouverais un lieu très beau, accueillant, doux, au bord d’une cascade, pour cette première rencontre particulière entre une fille et un garçon, puis je m’effacerais sur la pointe des pieds, avec beaucoup de respect, vous laissant vivre la magie du moment présent.

Vous auriez l’espace pour vous découvrir, toi et celui ou celle qui vivrait cette célébration en ta compagnie, pour jouer à vous respirer, vous toucher, rire, vous parler, rouler dans la mousse humide et tiède, échanger de la tendresse, sentir le plaisir monter… et renouveler ces rencontres encore et encore, encore et encore… J’appelle cela l’innocence érotique ; elle est faite de jeux, de joie naturelle, d’amour, de sensualité et d’humour. Et puis un jour, une nuit, tu serais mûr-e, prêt-e à savourer et être dégusté-e entièrement.

Nous sommes en Europe, bien loin de l’Amazonie, dans ce monde où l’information circule si vite qu’il est difficile de s’arrêter pour sentir l’effet qu’elle produit lorsqu’elle atteint un de nos sens et pénètre en notre sein. Place au concret, à la performance, à la consommation et à l’autosuffisance !

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Voici l’histoire, presque banale, d’un petit d’homme qui évolue dans sa vie.

Je regarde les nuages passer et je rêve que je suis sur l’un d’eux, respire une fleur, m’émerveille devant sa couleur en rentrant de l’école, souris… C’est bon de sentir le vent sur mon visage…
– « Ce n’est pas comme cela que tu vas gagner ta vie, Jérôme ! Ça ne sert à rien, tout ça ! Aller ! Arrête de rêvasser ! Vas faire tes devoirs ».

Ces mots me font mal. J’étais ouvert et vulnérable, léger et joyeux, à découvrir le plaisir de ressentir, de toucher, d’explorer. Là je me sens triste. J’ai envie d’un câlin, d’être touché, rassuré… Mais papa travaille et maman n’a pas le temps…Je suis seul dans ma chambre. Je me ferme, m’anesthésie. Ca fait de moins en moins mal. Je sens de moins en moins. Je comprends vite que mon carnet de notes intéresse bien plus mes parents que la joie de vivre que je perds à petit feu. Ceux qui se sont unis pour me concevoir dans une sexualité aimante semblent avoir oublié l’importance de l’éveil de mes sens, portes de perception et lien entre mon monde intérieur et celui qui m’entoure.

Je les aime fort et je suis triste. Il me manque quelque chose d’essentiel. Je ne sais pas quoi. Je n’ai pas les mots pour l’identifier. Je n’ai pas appris. Je sens juste que ça serre là, dans mon cœur, dans la gorge. D’ailleurs je me demande si je les aime vraiment. J’ai envie de tendre les bras mais ils restent de plus en plus droits, figés. Comme ma tête qui regarde loin maintenant, si loin que je ne vois plus ceux qui sont tout près.On dirait, lorsqu’ils s’approchent, qu’ils veulent obtenir quelque chose de moi, encore !Et moi, qu’est-ce que je veux ? Je veux la paix. Je rêve d’être détendu, d’aimer et d’être aimé, de caresses et de plaisirs infinis.

Noémie, ma petite amie, n’a pas d’orgasme. Je dois pourtant la faire jouir, lui donner plus de plaisir, devenir un bon amant, être plus performant. C’est lourd cette pression. Mais comment faire autrement ?
Ça ne marche pas.
Elle ne sourit pas.
Elle ne sourit plus.
Moi qui aimais tant son sourire… où vais-je trouver les ressources nécessaires pour continuer ? … Continuer quoi ?

 

Je suis en retard. Je n’arrive plus à me lever. J’ai mal partout… Ca serre dans la poitrine, j’ai des palpitations… Le médecin trouvera-t-il le bon remède ?
Je cours au travail et je tombe nez à nez avec un gros titre de magazine : «Ce que vous cherchez, vous l’êtes fondamentalement. » Je suis un peu ahuri, et interpellé ! Je ralentis.
« Des hommes témoignent :
– J’ai eu le courage d’être imparfait !
– J’ai abandonné l’idée que je me faisais de ce que j’aurais dû être!
– Vulnérable, je me sens plus fort.
– La gratitude a changé ma vie. »

Me revient le parfum de la rose que m’avait donnée ma grand-mère en me souriant, lorsque j’avais 5 ans. Elle était immense, cette rose, rouge avec un cœur de pistils jaunes, toute ouverte. Mon visage entier plongeait en elle. Chacun de ses pétales me caressait. Seul comptait ce parfum à la fois doux et acidulé, et le plaisir que cela me procurait.

Plongé dans ce souvenir, du rose sur mes joues, j’arrive au travail. Betty, ma collègue, me sourit. Elle savait que ce moment arriverait. Avant que la Fleur de mon cœur ne se referme, elle me parle de tantra, de sexualité sacrée, d’ambiance chaleureuse et aimante, de gratitude pour ce que la vie lui donne.

Mes yeux s’ouvrent grand. La curiosité m’éveille. Cette situation m’étonne et me semble si naturelle à la fois. Tout au fond de moi je sens qu’elle me parle de ce que je cherche, de qui je suis vraiment. J’ai envie de rire, d’hurler, de sauter en l’air, de faire le fou comme un gamin. Mon sexe bouge et se gonfle. Oui, je la sens la gratitude. Elle me permet de regarder autour de moi autrement. Je sens que je fais partie du Tout. J’ai envie de prendre soin de ce qui est là, d’en être le gardien, d’être avec cela sans en tirer le moindre profit. Juste de savourer l’instant présent ! D’ailleurs, elle sent bon, Betty. Mmmmh si bon. Elle me rappelle la rose de mes 5 ans. J’ai envie de m’approcher d’elle, de la respirer. Vais-je oser ? J’ai peur qu’elle me rejette. Elle me sourit, ferme les yeux. Les ouvre à nouveau et respire profondément. Elle pétille. Que m’arrive-t-il ? Je vibre. J’ai envie de la prendre fougueusement dans mes bras, de partager ce plaisir avec elle. Vivant ! Je me sens tellement vivant ! C’est chaud et bon dedans. Je ris. Comme ça, pour rien. Je ris comme un bébé qui gazouille.
– « Tu veux savoir mon secret ?
– Chaque jour je cultive ma capacité à m’émerveiller. Et je rends grâce de ce qu’il m’est donné de vivre, de ce que j’apprends, quelle que soit la situation. » me dit Betty. « C’est la meilleure des crèmes de beauté ! ». Elle sourit. Oui, ça semble bien fonctionner.
Je m’approche et lui tends les bras.
– « Viens ! ». C’est irrésistible. A quoi devrais-je résister, d’ailleurs? Elle s’avance vers moi. Elle est venue si près que ses courbes épousent mon corps. Et ça aussi c’est bon ! Comment se fait-il que ce soit si agréable, que je n’aie pas envie de fuir ? Je ne comprends rien ! Nos cœurs battent fort.
– « Merci ! Merci pour qui tu es, Betty. Ce que tu émanes semble être un baume pour mon cœur, un hymne à la Vie. »
– « Je te désire, Jérôme. J’ai envie de faire l’amour avec toi, très lentement, envie de m’unir à toi comme une vague se fond dans l’océan. »

Quelque chose m’échappe et m’attire, essentiel. C’est le mystère qui l’habite et m’enveloppe.

Vais-je m’y perdre ? Jusqu’où puis-je lui faire confiance ? Je sens mon armure se reconstruire. Oh ! Je suis las de combattre !

J’ai le goût de l’aventure, et déjà le goût d’Elle dans la bouche. J’ai envie de me laisser guider par mon sexe. Aimanté, il veut se brancher et contacter son col. Tiens ! Qu’est-ce que cette idée ? Je ne sais pas. C’est !

C’est le choix de m’éloigner de mes peurs… de goûter au Mystère.

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Karine Nivon* et Alain Art te souhaitent le-la bienvenue dans les stages de tantra qu’ils animent. Cliquez ici >

*thérapeute psycho-corporel, elle est aussi rédactrice en chef de la revue Rêve de Femmes.

Acupuncture et soins énergétiques

 

 

Rencontre avec Orlane Dupont, praticienne en acupuncture installée à Paris.

Orlane Dupont est praticienne en acupuncture, une discipline qu’elle a étudiée pendant cinq ans au sein du CEDAT (centre de recherches et d’enseignement de l’acupuncture traditionnelle). Curieuse et toujours à la recherche de nourritures spirituelles, elle a élargi au fil des années son domaine d’activité à travers notamment la méditation. Orlane intervient de manière individuelle auprès du grand public (en cabinet, à domicile et même parfois à distance), mais elle anime aussi des ateliers et stages de groupe.

Quelle est votre approche de l’acupuncture ?

Quand on dit acupuncture, on pense tout de suite à l’arrêt du tabac. Mais en réalité, c’est une discipline très efficace pour un très grand nombre de maux : les douleurs de dos, de ventre ou articulaires, le stress et même les problèmes de fertilité. De même si les aiguilles sont les outils les plus fréquemment utilisés, l’acupuncture ne se limite pas à cela. Il y a le moxa, un bâton d’armoise qui sert à chauffer les points d’acupuncture. Et pour traiter certains patients je fais de la digitopuncture, notamment pour les enfants. Avec ces différents éléments, je travaille sur les méridiens, ces canaux invisibles à l’oeil nu dans lesquels circule l’énergie.

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Comment vous-êtes vous intéressée à l’acupuncture et la médecine chinoise en général ?

J’ai eu une autre vie professionnelle avant cela. Je travaillais dans la presse écrite mais je manquais de nourriture intellectuelle. La médecine chinoise a une approche de la personne dans sa globalité, c’est ce qui m’a particulièrement attirée. Tout est lié, le corps nous parle et réagit aussi par rapport aux saisons, aux cycles. L’acupuncture prend en compte le fait que le corps nous raconte une histoire, et parfois il n’a pas d’autre manière de s’exprimer que via la douleur. Il faut donc prendre en compte la dimension émotionnelle de chaque personne, identifier les blocages, travailler dessus. Par exemple j’ai eu une patiente avec une cystite chronique. Je me suis aperçue qu’elle en déclenchait une à chaque fois qu’elle éprouvait un stress profond. Quelqu’un d’autre développera peut-être une bronchite dans les mêmes circonstances.

Puisqu’il faut prendre en compte tout un environnement, l’acupuncture suffit-elle à guérir les maux ?

Personnellement j’essaie d’abord de renforcer le corps avant de m’attaquer à la pathologie elle-même. Et puis je donne aussi à mes patients d’autres outils comme la méditation, la visualisation. Je leur enseigne des exercices de respiration ou des positions de Qi Gong afin qu’ils continuent de travailler après les séances. Le but est que le patient ait les outils pour réussir à s’auto-gérer, qu’il soit à l’écoute de son corps. La médecine chinoise n’est pas exclusive et ne remplace pas la médecine classique, mais une grande partie de nos douleurs quotidiennes relèvent en fait du stress, en tout cas de problèmes plus psychiques que mécaniques.

Comment pratiquez-vous la méditation ? Est-ce accessible à tous ?

Oui pour moi la méditation est simplement une hygiène de vie, c’est un temps pour soi. Personnellement je n’ai pas de maître en tant que tel, je m’appuie sur l’ensemble de mes expériences antérieures. Je fais très régulièrement des stages variés, des retraites en silence par exemple et des formations. Les maîtres nous proposent des outils, à chacun de se les approprier. Pour moi, méditer consiste à rentrer dans son « soi » profond, on pénètre dans une dimension spirituelle et quelque part on s’adresse aussi à plus grand que soi. La méditation ressemble énormément à une prière, comme pouvait en faire les moines du Moyen-Age, sauf que les mots ne sont pas les mêmes et que c’est adapté au siècle d’aujourd’hui. Pour ceux qui n’osent pas s’y mettre, je propose des ateliers de méditation guidée*.

Vous proposez également des ateliers spécialement destinés aux femmes ?

J’ai constaté que nous, trentenaires ou quadras, nous ne savons parfois plus très bien comment nous sommes faites. Dans notre culture occidentale, nous n’avons plus de « moments entre femmes », pour aborder des vrais problématiques féminines au lieu de parler shopping. Il n’y a plus de transmission, comme cela existait chez nos grands-mères qui se retrouvaient au lavoir. J’ai fréquenté plusieurs « cercles de femmes » et j’ai retrouvé tout cela.

J’anime donc des ateliers d’énergétique féminine*. Je propose d’abord une petite révision de l’anatomie et puis nous travaillons sur les différentes étapes de la vie de femme en relation avec les éléments et la lune. J’apprends également aux participantes à réaliser des « mouvements dansés ». Je suis une grande fan de danse et j’ai constaté que cette discipline permet d’exprimer beaucoup de choses. J’évoque lors de ces ateliers le « féminin sacré », la partie la plus intime de notre être. A ce sujet j’ai suivi la formation de Miranda Gray et je suis devenue « moon mother », c’est-à-dire que je peux procéder à la « bénédiction de l’utérus » (« womb blessing »). Tout cela vise à restimuler des parties de notre corps trop souvent endormies. En médecine chinoise, l’énergie sexuelle est une source importante de vitalité. Lui redonner sa place nous aide lorsque nous retrouvons notre rôle quotidien de femme, d’épouse ou de mère.

J’anime également un stage dans le même esprit, « Abondanse », en septembre* sur l’île d’Oléron. Nous allons explorer notre féminité durant trois jours.

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Quels autres types de formation avez-vous élaborés à partir de votre expérience ?

J’anime un stage de relaxation corporelle par la médecine traditionnelle chinoise. J’y enseigne vraiment les bases, notamment une partie théorique sur les méridiens. Et puis j’apprends aux participants à sentir les points pour travailler sur l’auto-massage.
Enfin, j’ai mis au point un autre stage sur « l’ouverture du c?ur au couple intérieur ». Il s’agit d’abord de travailler son ancrage et son enracinement. La médecine traditionnelle chinoise considère qu’il faut être aligné entre le ciel et la terre, le haut et le bas. Je propose une exploration du pôle masculin et du pôle féminin de chaque individu pour apprendre à mieux se connaître et à développer nos parties méconnues. Les séances sont très pratiques, je propose beaucoup d’exercices pour « ouvrir son coeur » et un travail sur la respiration afin d’ouvrir sa cage thoracique. Le but de tout cela est d’avoir accès à sa propre authenticité, d’être en harmonie avec soi-même et ce qui nous entoure.

Propos recueillis par Marie Persidat.

*Toutes les infos sur www.acupuncture-paris15.fr

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Orlane Dupont

SATSONG* Yoga de la voix

 

* de Sat, la Vérité en sanscrit et Song, le chant en anglais

Postures et impostures

Pour une majorité de personnes, qu’elles le pratiquent ou non, le «Yoga» est généralement perçu comme une méthode de relaxation du corps, une gymnastique orientale (chacun fait comme il veut) ; celui-ci fera sans doute bientôt partie des Jeux Olympiques, en regard des nombreux championnats de postures qui voient le jour ici-bas.

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Mais nous-mêmes, quel idée nous faisons-nous du Yoga ? Quel intérêt cela suscite t-il en nous et pourquoi le pratiquons nous ?
Dans son sens initial, Yoga signifie Unité, c’est-à-dire union de toutes les valeurs séparées de nous-mêmes, et de notre environnement avec notre essentiel, le Soi, non manifesté et béatifique. Selon les textes de référence (hors religieux) ayant trait à la spiritualité vivante, tels que la Bhagavad Gita, le but ultime des pratiques du Yoga va beaucoup plus loin que la simple relaxation, il consiste à développer un état plus élevé de conscience, jusqu’à atteindre notre plein développement, à déchirer le voile de nos limites, de nos croyances en le « fini », y compris aux concepts spirituels, à sonner le glas de nos hautes considérations et certitudes envers ou contre l’Absolu et à s’éveiller à la Cause du rêve phénoménal que nous vivons. L’expérience directe de la Conscience transcendantale où le mental agité n’interfère plus et où l’on peut gouter la paix tout en étant dans le monde, amène cette révélation.

À partir de là, les maitres authentiques affirment que le véritable travail commence, que l’aventure de la Conscience continue ainsi que son ascension vers des degrés de réalisations supérieures. C’est pourquoi il est recommandé à ce stade d’avoir un guide averti, ou d’avoir une connaissance solide pour ne pas se perdre, se fourvoyer dans des pièges et se croire au dessus de la mêlée. A ce degré de l’éveil, même s’il est stabilisé, les vasanas encore présents (les tendances inscrites dans le vital) agissent toujours avec force et peuvent nuire au comportement de la Conscience et de la compréhension du subtil. L’égo peut encore s’avérer féroce, et les dérives que nous pouvons constater autour de nous parmi les néo-gurus sont innombrables.
Nous devons plus que jamais user de discernement, qui est un des outils principaux recommandé par le Vedanta pour faire la part des choses sur le marché spirituel, et distinguer la corde du serpent. Nous devons choisir entre la posture et l’imposture. Les textes du Yoga nous apprennent qu’il n’y a que la Vérité, pas la mienne, ni la tienne, seulement la Vérité.

Aux âmes citoyens !

C’est cette Vérité, qui ne s’oppose à rien, que nous cherchons à découvrir dans le Yoga de la Voix, avec une joie et un goût de l’effort certain. Personne ne fera le travail à notre place, nous devons avancer à notre mesure, et rendre ainsi le miracle possible. Dans cette approche de la musique sacrée, le Guru n’est autre que celui qui pratique. Nous nous confrontons donc avec notre propre Ministère de l’Intérieur pour cheminer dans la voie où les expériences participent à l’évolution, où l’auto-référence est un gage de la transformation.

On n’a pas tous les jours 20 ans (Apologue de la sagesse indienne) *

Un jour, le bien-aimé souverain Triguna qui aimait parcourir seul son royaume pour chasser l’ennui, fut attaqué en chemin par des brigands. Lançant son cheval au galop dans la forêt, le roi, intrépide cavalier, sema ses assaillants mais perdit sa route dans la cavalcade. Essayant de retrouver une piste, il aperçut au loin une lueur, et comme la nuit s’annonçait, il se dirigea tout heureux vers la lumière. À sa grande surprise, Triguna s’engagea dans une petite clairière, où une assemblée d’hommes et de femmes, assis autour d’un grand feu, écoutait religieusement les paroles d’un vieil homme. Celui ci alimentait de temps à autre le brasier, jetant une buchette dans les flammes sans rompre son discours. Ce que disait cet homme,Turyatita, résonna si fort dans le cœur et dans la tête du roi, que ce dernier fut pris de vertige. Turyatita, cet illustre inconnu disait la Vérité, la Vérité toute nue, et le Maharaja eut la certitude que c’était la Vérité elle-même qui lui parlait par la bouche du sage. C’était prodigieux ! Turyatita reconnut très vite son souverain et lui proposa généreusement de partager son maigre repas et sa cabane pour dormir. Triguna accepta avec joie, mais une fois affalé sur sa couche de paille, il ne trouva pas le sommeil. Le lendemain il passa toute la journée dans la clairière avec le groupe d’hommes et de femmes à écouter les questions des uns et des autres et les réponses inspirées du sage. Il fut à nouveau bouleversé, et il lui fut encore impossible de fermer l’oeil cette nuit-là.

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Le temps passa et la barbe du roi s’allongea. Triguna après maintes hésitations, se décida un soir à oser parler à son hôte. Dès qu’ils furent entrés dans la cabane, n’y tenant plus, le roi demanda au sage de lui révéler les secrets de cette Vérité énoncée sans répit tout au long des jours. Comment atteindre cette absolue perfection de l’être dont il spéculait avec tant d’aisance et d’amour ? Le maitre, après un large sourire, lui apprit tout d’abord qu’il n’y avait rien à atteindre et lui enseigna le Yoga de la Vérité, celui qui perce le grand mystère, le mystère du centre qui est à la fois partout et à tous les instants. Au matin, Triguna, remercia le vénérable Turyatita et suivant son injonction, s’en alla au plus profond de la forêt, sans se retourner. Il trouva vite une grotte à sa convenance près d’une source joyeuse et s’y installa.

Le roi pratiqua chaque jour le yoga de la Vérité, avec intensité, avec foi, sans questions ni doutes, tant et si bien qu’après seulement 20 ans, au fil des hivers rudes et des printemps légers, la Grâce lui rendit visite et il reconnut la Vérité en lui et en tout. Dans l’ivresse délicieuse qui ne le quittait plus, le yogi décida alors de reprendre sa route, de revenir s’occuper de son royaume pour en prendre le plus grand soin. Traversant à nouveau la forêt, se faufilant d’un bon pas entre les arbres et les taillis, Triguna, par le jeu de la volonté divine, déboucha sans y avoir songé dans la clairière de son maitre. Là, il aperçut Turyatita qui oeuvrait, majestueux tel un soleil. C’était extraordinaire ! Le vieux sage répétait mot pour mot les paroles que lui, Triguna, avait entendues en ce lieu, il y tant d’années, ce jour béni où il s’était perdu dans la jungle. Il reconnut aussi le même groupe d’hommes et de femmes autour du feu qui écoutait religieusement les réponses du vieux sage à leurs questions. Les mêmes questions que celles qu’ils avaient déjà posées au maitre 20 ans auparavant…
* adaptation Adam, pour le Yoga de la Voix.

Il était une fois…

Le Yoga de la Voix n’est pas exclusivement une pratique de chant, c’est un Yoga intégral composé de Hatha-yoga, de Karma-yoga, de Bhakti-yoga, et du Jnana-yoga. L’élément moteur principal étant la musique Hindustanie, appelée Ghandarva Gita à l’époque lointaine des Vedas. Les Gandharvas, dans la mythologie indienne, sont des musiciens célestes apparentés aux anges des diverses religions. Ils jouent leur musique magique dans un monde situé dans l’atmosphère.

 

Il est important de comprendre que la musique classique indienne aussi belle et raffinée soit-elle, découle avant tout d’une science véritable, la science des vibrations. Pourquoi est-il dit que la Ghandarva Gita est la musique éternelle de la nature manifestée ? Tout simplement parce qu’elle reflète les variations de celle-ci.
Nous savons que l’univers vibre en permanence, mais nous n’entendons rien de cette symphonie. Les Rishis, les voyants de l’Inde antique, qui eurent accès aux rythmes et fréquences des différents niveaux de la création, transmirent cette musique pour favoriser l’ordre et la paix au monde ainsi que la santé parfaite pour tous les hommes. Cette musique a traversé les âges et demeure toujours, par nature, inaltérable. Personne ne peut croire inventer quoi que ce soit concernant le pouvoir de la musique et s’approprier les effets qu’elle procure. Nous ne pouvons que découvrir ses lois, expérimenter et recueillir les bienfaits.

Cette science du son contient et révèle des secrets à qui veut les découvrir. Ses harmonies subtiles sont une force en mouvement, une énergie créatrice et transformatrice qui agit dans tous les degrés de l’être et de son environnement jusqu’à l’infini. Elle agit de façon holistique, le travail énergétique se fait où il doit se faire dans les centres subtils, tout naturellement. Le système nerveux est régénéré, libéré des stress, pacifié.
L’état de méditation survient de façon quasi automatique après une séance de chant et cela prouve bien que cette condition de tranquillité consciente imprégnée de silence pétillant, (révélée par le Yoga), est un état naturel de l’être. Cela peut sembler énigmatique à quiconque ne s’intéresse pas de près à la chose, le mystère pourtant dévoile sa réalité concrète à tous ceux qui pratiquent ce Yoga de l’harmonie universelle. Une influence nourrissante commence à remplir l’atmosphère avant d’harmoniser le petit singe mental, et plus si infinité.

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L’UN connu

On retrouve le concept des vibrations de la Création dans d’autres cultures philosophiques. La musique des sphères, d’après la théorie héritée de Pythagore, serait produite par la perfection de l’univers. Elle serait l’ensemble des vibrations qui émanent des astres et des rapports qu’ils entretiennent entre eux, et deviendrait le modèle que l’homme veut atteindre. Malgré l’origine païenne d’une telle conception, les théoriciens médiévaux ont perpétué l’idée que les distances entre les planètes représentaient des intervalles et des modulations musicales et que, finalement, à chaque planète correspondait une note de la gamme de sorte que « aux huit tons terrestres répondent les huit tons célestes ». Ceci implique, dans ce point de vue, que l’émission d’une note peut mettre en relation l’émetteur et la planète visée et que cette musique confère à chaque son une spécificité et un pouvoir particuliers susceptibles de se manifester dans la vie quotidienne des humains. (D. Gregorio « La musique dans l’astromagie alphonsine »).
Pour Saint Augustin, (Livre VI, ch. XIV) la science musicale, qui permet à l’âme de goûter à l’harmonie, à la cadence et à l’ordre présents dans le monde physique, est davantage un moyen de s’élever vers Dieu et de comprendre sa perfection que d’obtenir une quelconque reconnaissance culturelle ou sociale.

Vous avez dit modal ?

La musique modale est avant tout monodique (chant à une voix), accompagnée rythmiquement ou non, et soutenue par un bourdon (note fixe tenue). Le raffinement peut être tout aussi riche qu’en musique tonale, nuances subtiles et variations savantes, improvisations époustouflantes, séquences rythmiques complexes. En musique tonale (moderne) ce sont l’enchaînement des accords créant l’harmonie, et les superpositions mélodiques (contrepoints), qui la différencient principalement de sa soeur modale.

Eléments pratiques

La musique que nous pratiquons n’est pas un objet, elle est partie intégrante du sujet, elle résonne dans l’intimité du temple intérieur et révèle le silence qui y siège depuis toujours. Le Silence d’or. Dans cette pratique le sujet n’est pas passif, mais actif. Comme dans tout Yoga, la concentration douce est à l’honneur. Nous partons d’un centre et revenons nous poser sur le fil du Soi, tel un oiseau insouciant sur une branche de l’arbre de l’éternel printemps. Qui a dit qu’il ne fallait rien faire ? (ce qui est autant un concept que vouloir faire), que nous dit notre petit doigt spirituel, à ce propos ?
Ne rien faire, cela est possible dans l’état de sommeil profond. Or nous ne passons pas toute notre vie à dormir. Ce monde est un monde d’action, et le corps qui nous sert de véhicule est conçu pour cela. Comment agir au mieux selon les préceptes du Yoga ?

Dans la Bhagavad Gita, Lord Krishna nous dit que l’état d’âme sous-jacent à l’action est ce qui importe, et non l’action elle-même. La seule chose nécessaire est que l’esprit soit fermement ancré dans un état d’équanimité (égalité d’âme), sans désirs.
Avec un peu de lucidité, on s’aperçoit que notre vie est une répétition des mêmes choses, et que nous nous projetons sans cesse dans les objets. Nous prenons même nos semblables pour des objets. Celui qui s’est suffisamment tourné vers les objets et qui en a fait le tour, se tournera naturellement vers le sujet, vers le Divin en lui, et il évoluera au fil de son existence dans ce sens. La vie continuera et sera appréciée à l’aune du calme intérieur généré par les pratiques, au gré de la quiétude qui s’intégrera de plus en plus, jusqu’à l’avènement du coup de Grâce. Alors le monde changera enfin, délivré des trépidations incessantes du petit singe mental. L’état de Conscience transcendantale est un premier pas vers la réalisation de l’être, vers le but de toute existence, se connaitre fondamentalement, et rayonner l’Unité dans la diversité.

 

Happy end

Dans nos séances de chant, nous utilisons, entre autres, le mantra « NARAYANA» qui est un terme générique pour désigner l’Absolu. Voici une des significations de ce mot sanscrit. : Nara veut dire homme, en tant qu’âme incarnée et Ayana, le chemin. Narayana c’est donc le but de l’évolution dans la vie, la destination ultime de l’âme. C’est un mantra universel que vous pouvez psalmodier sans risque, au réveil dans votre lit, quelques minutes, et même chose au coucher. Concentrez-vous sur le souffle, dans la formulation qui suit :
Om Namo Narayénaya (dernier a+long) et inspirez par le nez. Mélodie simple, soit : sol solsol solsol la fa sol ou Sa sa sa sa sa re ni. sa

Pour conclure, nous avons la joie de vous annoncer, pour la rentrée 2016, la naissance de la transFORMATION YOGA DE LA VOIX. Cette Formation certifiante ouvre sur un certificat d’animateur (2 ans) ou de professeur de Yoga de la Voix (4 ans) . Voir détails plus bas.

Toutes les Informations concernant nos programmes sont sur le site www.yogadelavoix.com

Gratitude à l’Inde, et aux maitres authentiques. Om Shanti.
Adam S. Callejon et Nathalie Nichanian

Programme des stages printemps-été 2016 en Yoga de la Voix :

• 25 au 28 mars 2016, ERDEVEN (Morbihan) – résidentiel Pâques
• 16 et 17 avril 2016,  ST DENIS D’OLÉRON  – (résidentiel possible)
• 13 au 16 mai 2016, ERDEVEN (Morbihan) – résidentiel Pentecôte • 17 au 23 juillet 2016, St USUGE (Bourgogne) stage d’été en pleine campagne (éco-lieu)
• 6 au 12 aout 2016, ERDEVEN (Morbihan) stage d’été au bord de la mer
• 14 au 20 aout 2016,  ERDEVEN (Morbihan) stage d’été au bord de la mer
Infos sur le site : www.yogadelavoix.com

Octobre 2016 : début de la Formation certifiante en Yoga de la Voix :
Centre d’Etude et de Formation en Yoga Traditionnel CEFYT Bretagne
ॐ TransFORMATION YOGA de la VOIX ॐ
Approcher le Silence par la Musique et le Chant

La TransFormation Yoga de la Voix se développe selon deux axes principaux et complémentaires, qui définissent ses objectifs essentiels :
- Gita Marg Sadhana, la Voie Intérieure de la Musique et du Chant : une pratique, un cheminement intérieur ;
- Conduite de groupes de chant méditatif, enseignement : une voie de partage et de communion.
La TransFormation Yoga de la Voix propose une démarche de transformation personnelle et d’évolution, à l’aide de la musique sacrée de l’Inde et du chant méditatif en sanscrit. Il s’agit d’abord d’accompagner les participants pour installer le chant, la vibration, au coeur de leur vie quotidienne, et suivre ce fil jusqu’à la Pleine Présence, la Paix du coeur, le Silence, l’Unité. Ceci est un préalable pour envisager de partager/transmettre ces pratiques de chant.
La TransFormation Yoga de la Voix poursuit le but du Yoga (la connaissance, ou l’éveil à notre véritable nature), en s’appuyant sur les enseignements traditionnels de l’Inde, ainsi que sur les connaissances contemporaines.
Elle ouvre sur un certificat d’animateur (2 ans) ou de professeur de Yoga de la Voix (4 ans).
Infos sur le site : www.yogadelavoix.com/formation/

Le point zéro

 

 

Tout le malheur vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre.
citation Blaise Pascal

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La méditation peut-elle changer le monde ? Certes, mais dans un premier temps, il s’agit de savoir pourquoi l’on médite. Méditer signifie s’exercer. Mais qui s’exerce et s’exerce à quoi ? Savoir qui est en jeu et ce qui est en jeu. Il s’agit d’un retour à soi.

Il nous faut interrompre momentanément toutes nos activités, tant extérieures qu’intérieures, et enfin nous poser la question : « Qui suis-je ? »

Il est bien évident que lorsque la compréhension apparaît, le changement est immédiat et radical et par répercussion peut modifier tout ce qui nous entoure, tant les êtres que nous côtoyons que les évènements qui surviennent. C’est en ce sens que la méditation peut influer sur tout ce qui semble extérieur à nous-mêmes.

Il nous faut prendre connaissance de ce point de départ… ce point zéro… ce point du non-être. Tant que cela n’est pas perçu, aucun changement extérieur ne pourra s’opérer. D’où cette transmission depuis la nuit des temps de maître à disciple. Chacun apportant sa pierre à l’édifice de cette manifestation. Mais point initial difficile à percevoir…

Sans ce noyau central rien ne peut être modifié, certes les choses peuvent bouger mais elles demeu-rent dans le changement. Sans la compréhension du non changement le changement est perpétuel et nous tire dans tous les sens.

La véritable méditation est un retour à ce centre de soi-même et non pas dans quelques délires mys-tiques ou transcendantaux. Il est question ici d’un moi immanent… d’un je me sais… d’un je me sens… d’un moi-même en expression… De cette chose qui fut en moi de tout temps avant même que je ne sois, et qui s’exprime à travers moi comme attribut de son expression. Tel est le véritable sens de la méditation.

Il s’agit d’être un homme de connaissance et non pas un sage. Car ce « moi » au plus profond de moi-même n’a que faire des bonnes ou des moins bonnes choses. Il est sans jugement. Il est au-delà du Bien et du Mal. Lorsque cela est compris, le monde entier devient un Jardin d’Eden.

Voir tel est le maître-mot et l’action par excellence. Notre vision, qui jusqu’à présent était obscurcie, se transforme progressivement en une vision claire qui nous montre les choses telles qu’elles sont. Cette vision peut tout changer et peut modifier totalement notre appréhension du monde.

Cet intime de moi-même par l’idée de moi-même, par le verbe et par la pensée, va se créer et se manifester en expression. Nous devenons ce que nous croyons. Nous sommes le résultat de ce que nous croyons.

La méditation est une sorte de rappel à soi-même. Un retour à notre véritable « moi ». Mais bien entendu cette sorte de méditation n’a nul besoin d’un lieu de prédilection, elle est permanente, elle est donc partout où je me déplace. Elle ne peut être séparée de moi-même. Aussi se joue-t-elle dans ce grand théâtre de la vie où tout n’est que Lïla (le grand jeu de la Vie, la danse de Shiva) et dont l’une des manifestations les plus terrifiantes est la souffrance.

Tant que cette vision ne s’est pas faite jour, la souffrance ne peut que s’intensifier. Lorsque celle-ci s’éclaircit, toute souffrance psychologique disparaît. Après tout, les rayons du soleil ne font-ils pas partie du soleil lui-même… Cette compréhension peut changer notre vision du monde. Le « monde » ou le « démon » ne sont que les deux faces d’une même pièce.

Seul l’Amour peut changer le monde. Mais cet amour n’a rien à voir avec les bons sentiments dont est pavé notre enfer. Le Maître zen ne disait-il pas : « Dès que j’entends le mot amour, je prends mon bâton, et je frappe. »

Nous vivons dans un monde que nous avons créé nous-mêmes pour telle ou telle raison et qui nous renvoie notre propre image : l’image d’un Narcisse qui va lui-même s’autodétruire. Si la méditation peut nous apporter quelque bienfait, c’est par la compréhension de cette situation. Si nous ne nous accordons pas à ce changement radical de nous-mêmes, aucun changement ne pourra émerger en ce monde.

 

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Charles Antoni

Charles Antoni est l’auteur de nombreux livres sur la spiritualité et le Yoga. Avant de devenir le personnage emblématique des Editions L’Originel, il débute comme acteur, par sa rencontre avec Ariane Mnouchkine qui lui offre pendant 4 ans les premiers rôles dans sa compagnie au Théâtre du Soleil. Vient ensuite l’appel de l’Inde, un besoin irrésistible d’ailleurs, qui le pousse à partir, à tout quitter en 1969.
C’est un voyage révélateur, la découverte du « chemin qui mène à l’éveil du monde intérieur ». Il y retournera 7 fois. Rencontres avec de grands sages tels que la « mère » de Sri Aurobindo, Swami Poonja, Chandra Swami, et celui qui le marquera le plus profondément : Nisargadatta.

Visitez le site charlesantoni.com
Visitez le site de la maison d’édition : http://www.loriginel.com

L’arrêt, le calme, le repos et la guérison

 

« La méditation bouddhiste comporte deux aspects – shamatha et vipashyana. Nous avons tendance à souligner l’importance de vipashyana – le « regard profond » qui nous apporte la vision profonde et nous libère de la souffrance et des afflictions. Mais la pratique de shamatha (« l’arrêt ») est fondamentale. Si l’on ne s’arrête pas, la vision profonde ne sera pas possible.

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Vous connaissez peut-être cette histoire zen que l’on raconte au sujet d’un homme et d’un cheval. Le cheval galope à toute allure et, de toute évidence, l’homme à cheval semble se rendre à un endroit important. Un autre homme se tenant au bord de la route lui crie : « Où vas-tu ? et le premier homme lui répond : « Je ne sais pas. Demandez au cheval. » C’est aussi notre histoire. Nous ne sommes pas différents de cet homme à cheval : nous ne savons pas où nous allons et nous ne pouvons pas arrêter le cheval. Ce cheval est notre énergie d’habitude qui nous pousse en avant, malgré nous. Nous passons notre temps à courir et c’est devenu une habitude. Nous luttons tout le temps, même en dormant. Nous sommes en guerre contre nous-mêmes et prêts à déclarer la guerre aux autres.

Nous devons apprendre l’art de nous arrêter – arrêter nos pensées, nos énergies d’habitude, notre oubli et les émotions fortes qui nous gouvernent. Lorsqu’une émotion s’empare de nous, tel l’orage, nous ne sommes pas en paix. Nous allumons la télévision pour l’éteindre aussitôt après. Nous prenons un livre pour le reposer immédiatement. Comment peut-on mettre fin à cet état d’agitation ? Comment peut-on mettre fin à notre peur, notre désespoir, notre colère et notre avidité ? C’est possible en pratiquant la respiration consciente, la marche consciente, le sourire conscient et le regard profond qui permet la compréhension. Lorsqu’on est en pleine conscience, touchant profondément le moment présent, les fruits sont toujours la compréhension, l’acceptation, l’amour et le désir d’apaiser la souffrance et d’apporter de la joie.

 

Mais nos énergies d’habitude sont souvent plus fortes que notre volonté. On dit et fait alors des choses qu’on ne voudrait pas faire, pour le regretter par la suite. On cause de la souffrance, à soi-même et aux autres, et beaucoup de dégâts. Ce n’est peut-être pas notre intention, mais on ne peut pas s’en empêcher. Pourquoi ? Parce que nos énergies d’habitude (vashana) nous poussent à le faire.

Nous avons besoin de l’énergie de la pleine conscience pour reconnaître et apporter notre présence à notre énergie d’habitude afin de stopper la destruction en cours. Avec la pleine conscience, nous avons la capacité de reconnaître l’énergie d’habitude chaque fois qu’elle se manifeste. « Bonjour, mon énergie d’habitude, je sais que tu es là ! » Simplement en lui souriant, elle perdra déjà beaucoup de sa force. La pleine conscience est l’énergie qui nous permet de reconnaître notre énergie d’habitude et de l’empêcher de nous dominer.

L’oubli est l’opposé. Nous buvons une tasse de thé, mais nous ne savons pas que nous buvons une tasse de thé. Nous sommes avec la personne que nous aimons, mais nous ne savons pas qu’elle est là. Nous marchons, sans vraiment marcher. Nous sommes ailleurs, en train de penser au passé ou au futur. Le cheval de notre énergie d’habitude nous emporte au loin, et nous sommes son captif. Nous avons besoin d’arrêter notre cheval et de reconquérir notre liberté. Nous avons besoin d’éclairer de la lumière de la pleine conscience chaque chose que nous faisons, afin que l’obscurité de l’oubli puisse disparaître. La première fonction de la méditation – shamatha – est de s’arrêter.

 

La deuxième fonction de shamatha est de calmer. Quand on est sous l’emprise d’une émotion forte, on a beau savoir qu’il peut être dangereux d’agir, on n’a pas la force ou la clarté de s’abstenir. Nous devons apprendre l’art de la respiration consciente, l’art de cesser nos activités et de calmer nos émotions. Nous devons apprendre à devenir solides et stables comme un chêne, pour ne pas être emportés d’ici de là par la tempête. Le Bouddha nous a enseigné de multiples techniques pour nous aider à calmer notre corps et notre esprit et les regarder profondément. Ces techniques peuvent être résumées en cinq étapes :

- Reconnaître. Si l’on est en colère, on dit : « Je sais que la colère est en moi ».

- Accepter. Si l’on est en colère, on ne le nie pas. On accepte ce qui est présent.

- Embrasser. On prend sa colère dans ses bras comme une mère prendrait son bébé en pleurs dans ses bras. Notre pleine conscience embrasse notre émotion et cela suffit déjà à calmer notre colère et à nous calmer.

- Regarder profondément. Une fois notre calme retrouvé, nous pouvons regarder profondément ce qui a fait naître cette colère, ce qui a causé la gêne de notre bébé.

- Pratiquer la vision profonde. Le fruit du regard profond est la compréhension des nombreuses causes et conditions, principales et secondaires, qui ont fait naître notre colère, qui ont fait pleurer notre bébé. Notre bébé a peut-être faim, à moins que sa couche ne soit trop serrée. Notre colère a été déclenchée par les paroles blessantes qu’un ami vient de nous dire, et soudain on se rappelle qu’il ne va pas très bien aujourd’hui parce que son père est sur le point de mourir. Nous continuons de pratiquer le regard profond jusqu’à commencer à comprendre ce qui a pu causer notre souffrance. Avec la vision profonde, nous savons ce qu’il faut faire et ne pas faire pour changer la situation.

Après le calme, la troisième fonction de shamatha est le repos. Imaginons qu’une personne lance un caillou dans la rivière. Le caillou se laisse couler lentement et atteint le lit de la rivière sans effort. Une fois qu’il a atteint le fond, le caillou ne bouge plus et laisse couler l’eau. Quand nous pratiquons la méditation assise, nous devons reposer comme ce caillou. Nous pouvons nous laisser couler naturellement dans la position assise – à demeurer sans effort. Nous devons apprendre l’art de nous reposer, de laisser notre corps et notre esprit se reposer. Si nous avons des blessures dans notre corps ou dans notre esprit, nous devons nous reposer de façon à ce qu’elles puissent guérir d’elles-mêmes.

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Le calme nous aide à nous reposer, le repos étant une condition indispensable à la guérison. Quand des animaux de la forêt sont blessés, ils cherchent un endroit pour s’allonger sans rien faire d’autre que se reposer pendant plusieurs jours. Ils ne pensent pas à manger ni à quoi que ce soit d’autre. Ils se reposent tout simplement, et c’est ainsi qu’ils guérissent. Mais lorsque nous autres humains tombons malades, nous angoissons ! Nous recherchons des médecins et des remèdes, sans nous arrêter pour autant. Même quand nous passons des vacances à la mer ou à la montagne, nous ne savons pas nous arrêter et nous rentrons encore plus fatigués qu’avant. Nous devons apprendre l’art de nous reposer. La position allongée n’est pas la seule position pour se reposer. On peut très bien se reposer en pratiquant la méditation assise ou la marche méditative. La méditation ne doit pas être laborieuse. Laissez simplement votre corps et votre esprit se reposer comme un animal dans la forêt. Ne luttez pas. Il n’y a rien à atteindre. J’écris un livre, mais je ne lutte pas. Je me repose aussi. Je vous en prie, lisez d’une manière joyeuse et reposée. Le Bouddha a dit : « Mon Dharma est la pratique de la non-pratique. (1) » Pratiquez de telle sorte que cela ne vous fatigue pas, et donnez à votre corps, à vos émotions et à votre conscience la possibilité de se reposer. Notre corps et notre esprit ont une capacité d’auto-guérison si on les laisse se reposer.

L’arrêt, le calme et le repos sont les conditions nécessaires pour que la guérison puisse avoir lieu. Si l’on ne s’arrête pas, la destruction en cours ne fera que continuer. Le monde a besoin de guérison. Les individus, les communautés et les nations ont besoin de guérison. »

(1) Dvachadvarimshat Khanda Sutra (Soutra aux quarante-deux paragraphes), Taisho 789.

 

Extrait de THICH NHAT HANH. – Le Coeur des enseignements du Bouddha : Les quatre nobles vérités, le noble sentier des huits pratiques justes et autres enseignements fondamentaux du bouddhisme. – Paris, Editions de La Table Ronde, 2000. – Chp 6. L’arrêt, le calme, le repos et la guérison. P.32-42. – 2-7103-0987-4
Source : Blog « Les chemins de la sagesse

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