De l’innocence érotique à l’Union Sacrée

 

 

Si nous nous trouvions dans une Tribu au fin fond de l’Amazonie, tout proche de la Nature, j’aimerais organiser pour toi une célébration de ton passage de l’enfance à l’adolescence, pour honorer l’éveil de ta sexualité.

Je trouverais un lieu très beau, accueillant, doux, au bord d’une cascade, pour cette première rencontre particulière entre une fille et un garçon, puis je m’effacerais sur la pointe des pieds, avec beaucoup de respect, vous laissant vivre la magie du moment présent.

Vous auriez l’espace pour vous découvrir, toi et celui ou celle qui vivrait cette célébration en ta compagnie, pour jouer à vous respirer, vous toucher, rire, vous parler, rouler dans la mousse humide et tiède, échanger de la tendresse, sentir le plaisir monter… et renouveler ces rencontres encore et encore, encore et encore… J’appelle cela l’innocence érotique ; elle est faite de jeux, de joie naturelle, d’amour, de sensualité et d’humour. Et puis un jour, une nuit, tu serais mûr-e, prêt-e à savourer et être dégusté-e entièrement.

Nous sommes en Europe, bien loin de l’Amazonie, dans ce monde où l’information circule si vite qu’il est difficile de s’arrêter pour sentir l’effet qu’elle produit lorsqu’elle atteint un de nos sens et pénètre en notre sein. Place au concret, à la performance, à la consommation et à l’autosuffisance !

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Voici l’histoire, presque banale, d’un petit d’homme qui évolue dans sa vie.

Je regarde les nuages passer et je rêve que je suis sur l’un d’eux, respire une fleur, m’émerveille devant sa couleur en rentrant de l’école, souris… C’est bon de sentir le vent sur mon visage…
– « Ce n’est pas comme cela que tu vas gagner ta vie, Jérôme ! Ça ne sert à rien, tout ça ! Aller ! Arrête de rêvasser ! Vas faire tes devoirs ».

Ces mots me font mal. J’étais ouvert et vulnérable, léger et joyeux, à découvrir le plaisir de ressentir, de toucher, d’explorer. Là je me sens triste. J’ai envie d’un câlin, d’être touché, rassuré… Mais papa travaille et maman n’a pas le temps…Je suis seul dans ma chambre. Je me ferme, m’anesthésie. Ca fait de moins en moins mal. Je sens de moins en moins. Je comprends vite que mon carnet de notes intéresse bien plus mes parents que la joie de vivre que je perds à petit feu. Ceux qui se sont unis pour me concevoir dans une sexualité aimante semblent avoir oublié l’importance de l’éveil de mes sens, portes de perception et lien entre mon monde intérieur et celui qui m’entoure.

Je les aime fort et je suis triste. Il me manque quelque chose d’essentiel. Je ne sais pas quoi. Je n’ai pas les mots pour l’identifier. Je n’ai pas appris. Je sens juste que ça serre là, dans mon cœur, dans la gorge. D’ailleurs je me demande si je les aime vraiment. J’ai envie de tendre les bras mais ils restent de plus en plus droits, figés. Comme ma tête qui regarde loin maintenant, si loin que je ne vois plus ceux qui sont tout près.On dirait, lorsqu’ils s’approchent, qu’ils veulent obtenir quelque chose de moi, encore !Et moi, qu’est-ce que je veux ? Je veux la paix. Je rêve d’être détendu, d’aimer et d’être aimé, de caresses et de plaisirs infinis.

Noémie, ma petite amie, n’a pas d’orgasme. Je dois pourtant la faire jouir, lui donner plus de plaisir, devenir un bon amant, être plus performant. C’est lourd cette pression. Mais comment faire autrement ?
Ça ne marche pas.
Elle ne sourit pas.
Elle ne sourit plus.
Moi qui aimais tant son sourire… où vais-je trouver les ressources nécessaires pour continuer ? … Continuer quoi ?

 

Je suis en retard. Je n’arrive plus à me lever. J’ai mal partout… Ca serre dans la poitrine, j’ai des palpitations… Le médecin trouvera-t-il le bon remède ?
Je cours au travail et je tombe nez à nez avec un gros titre de magazine : «Ce que vous cherchez, vous l’êtes fondamentalement. » Je suis un peu ahuri, et interpellé ! Je ralentis.
« Des hommes témoignent :
– J’ai eu le courage d’être imparfait !
– J’ai abandonné l’idée que je me faisais de ce que j’aurais dû être!
– Vulnérable, je me sens plus fort.
– La gratitude a changé ma vie. »

Me revient le parfum de la rose que m’avait donnée ma grand-mère en me souriant, lorsque j’avais 5 ans. Elle était immense, cette rose, rouge avec un cœur de pistils jaunes, toute ouverte. Mon visage entier plongeait en elle. Chacun de ses pétales me caressait. Seul comptait ce parfum à la fois doux et acidulé, et le plaisir que cela me procurait.

Plongé dans ce souvenir, du rose sur mes joues, j’arrive au travail. Betty, ma collègue, me sourit. Elle savait que ce moment arriverait. Avant que la Fleur de mon cœur ne se referme, elle me parle de tantra, de sexualité sacrée, d’ambiance chaleureuse et aimante, de gratitude pour ce que la vie lui donne.

Mes yeux s’ouvrent grand. La curiosité m’éveille. Cette situation m’étonne et me semble si naturelle à la fois. Tout au fond de moi je sens qu’elle me parle de ce que je cherche, de qui je suis vraiment. J’ai envie de rire, d’hurler, de sauter en l’air, de faire le fou comme un gamin. Mon sexe bouge et se gonfle. Oui, je la sens la gratitude. Elle me permet de regarder autour de moi autrement. Je sens que je fais partie du Tout. J’ai envie de prendre soin de ce qui est là, d’en être le gardien, d’être avec cela sans en tirer le moindre profit. Juste de savourer l’instant présent ! D’ailleurs, elle sent bon, Betty. Mmmmh si bon. Elle me rappelle la rose de mes 5 ans. J’ai envie de m’approcher d’elle, de la respirer. Vais-je oser ? J’ai peur qu’elle me rejette. Elle me sourit, ferme les yeux. Les ouvre à nouveau et respire profondément. Elle pétille. Que m’arrive-t-il ? Je vibre. J’ai envie de la prendre fougueusement dans mes bras, de partager ce plaisir avec elle. Vivant ! Je me sens tellement vivant ! C’est chaud et bon dedans. Je ris. Comme ça, pour rien. Je ris comme un bébé qui gazouille.
– « Tu veux savoir mon secret ?
– Chaque jour je cultive ma capacité à m’émerveiller. Et je rends grâce de ce qu’il m’est donné de vivre, de ce que j’apprends, quelle que soit la situation. » me dit Betty. « C’est la meilleure des crèmes de beauté ! ». Elle sourit. Oui, ça semble bien fonctionner.
Je m’approche et lui tends les bras.
– « Viens ! ». C’est irrésistible. A quoi devrais-je résister, d’ailleurs? Elle s’avance vers moi. Elle est venue si près que ses courbes épousent mon corps. Et ça aussi c’est bon ! Comment se fait-il que ce soit si agréable, que je n’aie pas envie de fuir ? Je ne comprends rien ! Nos cœurs battent fort.
– « Merci ! Merci pour qui tu es, Betty. Ce que tu émanes semble être un baume pour mon cœur, un hymne à la Vie. »
– « Je te désire, Jérôme. J’ai envie de faire l’amour avec toi, très lentement, envie de m’unir à toi comme une vague se fond dans l’océan. »

Quelque chose m’échappe et m’attire, essentiel. C’est le mystère qui l’habite et m’enveloppe.

Vais-je m’y perdre ? Jusqu’où puis-je lui faire confiance ? Je sens mon armure se reconstruire. Oh ! Je suis las de combattre !

J’ai le goût de l’aventure, et déjà le goût d’Elle dans la bouche. J’ai envie de me laisser guider par mon sexe. Aimanté, il veut se brancher et contacter son col. Tiens ! Qu’est-ce que cette idée ? Je ne sais pas. C’est !

C’est le choix de m’éloigner de mes peurs… de goûter au Mystère.

 1

Karine Nivon* et Alain Art te souhaitent le-la bienvenue dans les stages de tantra qu’ils animent. Cliquez ici >

*thérapeute psycho-corporel, elle est aussi rédactrice en chef de la revue Rêve de Femmes.

 


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