Nous vivons trop vite !

 

Le cadeau qui fait généralement plaisir à un enfant est une montre ! Il est vrai que, parfois, bien avant l’âge de l’école maternelle, il lui est demandé de se presser, c’est-à-dire d’accélérer son rythme. Pris, à son psychisme et à son corps défendant, dans le tourbillon d’une société qui va de plus en plus vite, l’obligation d’être rapide tous azimuts l’accompagnera désormais toute son existence…

vivre trop vite

 

Le physicien Albert Einstein a démontré la relativité du temps. D’ailleurs, il est curieux de constater que, pour un même individu, passer une semaine dans une clinique ou sept jours dans un club de vacances modifie l’impression de durée. Une hospitalisation convertit les minutes en heures. Un séjour détente transforme les heures en minutes ! Ceci étant, il n’est pas nécessaire de s’aventurer dans des considérations scientifiques pour réaliser que depuis le début du 20ème siècle, l’être humain subit vitesse et précipitation, parvenant de moins en moins à gérer son quotidien de façon équilibrée.

Un monde de performances inhumaines


Le progrès incessant lié à la haute technologie nous gouverne. En véritable dictateur, il a formaté peu à peu les esprits qui en arrivent à ne plus savoir respirer. C’est ce qu’assure Marie, professeur de yoga :  » Je suis toujours étonnée qu’à notre époque beaucoup trop de personnes oublient de respirer par le nez, le faisant par la bouche. Ce qui entraîne entre autres inconvénients une aggravation du mauvais stress. Elles sont dans un processus instinctif qui leur fait nier l’intérêt majeur d’une respiration consciente « …

De son côté, le spécialiste des troubles anxieux Vito Mariano Cancelliere, auteur de  » La méditation antifatigue  » paru chez Jouvence Éditions, précise que  » méditer permet de se défendre face aux sources de stress, d’anxiété, de fatigue physique, mentale et émotionnelle. Une manière de supprimer les irritants psychiques dont nous sommes victimes « , ajoute-t-il. Cependant, là aussi, encore faut-il avoir non seulement conscience de l’importance primordiale de la centration mais, essentiellement, un planning et un environnement qui le permettent. En outre, le numérique a accéléré l’inventivité. Suivre ce phénomène épuisant est l’injonction récurrente des dirigeants, quel que soit le milieu social dans lequel ils œuvrent. À ne pas adhérer à leurs diktats, la menace de licenciement pèse sur les salariés.

Toutefois, les patrons se prennent eux-mêmes les pieds dans leur spirale infernale, comme le confirme Hugues, 45 ans, qui dirigeait une entreprise de menuiserie :  » J’avais ouvert ma boîte en 2002. La qualité proposée aux clients a déclenché un bouche à oreille incroyable. J’ai changé de local et opté pour un lieu plus grand. J’ai eu jusqu’à 11 salariés. Je guettais les innovations pour acheter des machines ultraperformantes. Les demandes de devis affluaient de toutes parts. Je courais du matin au soir. Je travaillais en moyenne 16 heures par jour. J’ai commencé à être agressif, ce qui n’est pas dans mon tempérament. Puis j’ai développé une sorte de je-m’en-foutisme. J’ai fini par sombrer dans un burn-out dont j’ai mis de longs mois à me remettre. Je reste fragile malgré la vente de mon commerce et j’aide maintenant mon épouse dans son pressing. Je ne suis pas vraiment heureux mais je n’ai pas d’autre choix pour l’instant.  »… L’acceptation de cette étape, qui consiste donc intégrer ses limites, est malgré tout incontournable, le changement salvateur n’étant possible qu’à cette condition.

La nécessité absolue de la plénitude


Mails, SMS, téléphone, ordinateur, télévision, aux usages non limités, s’infiltrent pernicieusement jusque dans la vie privée. Chaque membre de la famille, dès l’adolescence, vit avec ce type de tentations. Le docteur Laurence Pescay explique leur impact négatif :  » Deux aspects sont à considérer : la sphère psychique qui est malmenée dans la mesure où elle se trouve sollicitée et mobilisée en permanence, et le soma qui devient – par voie de conséquence – le témoin objectif des dégâts d’un épuisement psychologique. « …


. Manuella, 49 ans, mariée à un architecte, femme au foyer, mère de deux ados, justifie son recours pathologique aux outils numériques pluriels en raison de son ennui :  » Coupée du monde, je me suis enfermée progressivement dans ce système facile qui me donnait l’illusion d’avoir un tas d’amis. Le grand piège a été Internet et le Tchat. Je dormais insuffisamment et j’ai développé une dépression. « … La psychothérapeute Dominique Roby interprète cette situation aberrante en rappelant que même en restant chez elle à longueur de journées, Manuella démultipliait son activité cérébrale :  » Si vous ajoutez aux obligations inhérentes à l’organisation d’une maison, les communications numériques quasi ininterrompues, vous aboutissez à décupler les actions mentales, même de votre fauteuil ! « … Comment dès lors mettre un stop ferme et définitif à ces dérives dangereuses ?

mental agité


Tout un chacun n’étant pas enclin à pratiquer des exercices de zen, faire la paix avec soi repose sur l’impératif indispensable de doser son engouement pour le ‘multi média’, ce qui génèrera d’emblée un processus physiologique de ralentissement.

Ainsi, en réintégrant son domicile, convient-il d’appliquer et de respecter des pratiques préventives de sagesse :


1) – Laisser activé son enregistreur téléphonique pour ne répondre qu’aux urgences éventuelles.
2) – Enfiler une tenue confortable.
3) – Se préparer une infusion apaisante à base de plantes.
4) – S’allonger sur son canapé ou dans sa chambre en fermant les yeux.
5) – Autoriser les pensées négatives à aller et venir sans s’y accrocher.
6) – S’interdire sur l’instant de chercher une solution pour résoudre un problème.
7) – Accueillir les pensées positives sans les retenir.

 


Cette demi-heure rien que pour soi est un moyen efficace de combattre les invitations parasites extérieures… Elle présente également l’énorme avantage de pouvoir se frustrer de conversations non indispensables, y compris celles par voie d’écran, l’inconscient ayant reçu une forme de plénitude par autosatisfaction interposée. Devant le désarroi d’une amie, maman de jumelles de 4 ans, croulant sous un souci de perfection dans tous les domaines qu’elle avait en charge, j’avais trouvé bon de lui énumérer les 7 astuces précédentes pour éviter sa décentration probable. Elle s’est rapidement insurgée en prétextant qu’avec ses enfants, mes suggestions étaient irréalisables. Ce qui m’a fait lui souligner une évidence : agir de la sorte vis-à-vis d’elle-même revenait à se protéger et à protéger l’avenir de ses filles de courses contre la montre parfaitement inutiles et infructueuses dans la mesure où le surmoi finit toujours par nous faire entendre raison. Effectivement, ce juge interne a l’art précieux de nous assagir en faisant intervenir et réagir douloureusement l’organisme quand nous le poussons à bout.

C’est du reste à ce moment hyper délicat qu’il peut convenir de se rappeler l’affirmation  » garde-fou  » de Sigmund Freud, le maître de la psychanalyse :  » La liberté individuelle n’est nullement un produit culturel « …

 

Adèle Ponty

 


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