Le tao, une philosophie antistress

 

Renforcer ses points forts pour améliorer ses compétences

La citation taoïste : « La performance est dans l’archer, non dans la flèche »

Laurent Chateau : « Encore une fois, dans une perspective taoïste, plus on fait ce pour quoi l’on est fait, plus on est performant. Cela passe par bien connaître ses points forts pour en faire des points d’excellence, plutôt que de chercher à transformer ses points de faiblesse en points “moyens”, ce qui prend du temps et consomme beaucoup d’énergie pour peu de bénéfices. À l’inverse, transformer nos points forts en points d’excellence nous est plus facile, nous procure de la joie, nous place au cœur de notre mandat céleste et nous fait exister au regard des autres. »

Éric Albert : « Améliorer ses compétences exige en effet de développer ses points forts, cela agit sur la motivation et les performances. Mais ce qui nous rend très compétent, c’est aussi de posséder un large registre de capacités comportementales. Or, si nous n’exploitons que le filon de nos points forts, nous nous limitons forcément. En revanche, quand nous nous aventurons hors de notre zone de confort, en prenant des risques, nous gagnons en connaissance de soi, nous pouvons acquérir de nouveaux outils et, peut-être aussi, réveiller de nouvelles sources de motivation, voire, pour certains, une vocation. » 

tao zen

Cultiver le calme intérieur et la simplicité pour pacifier les relations

La citation taoïste : « L’écorce est née au centre »

Laurent Chateau : « Pour pacifier sa relation à l’autre, mieux vaut commencer par se pacifier soi-même, en apprenant à ralentir et à se calmer. C’est ainsi que l’on va pouvoir placer ses relations sous le signe de la simplicité et de l’authenticité. Cette posture (incarnée et non “mentalisée”) permet d’établir une relation enthousiaste et sincère avec les autres, qui, ressentant le calme, se trouvent moins enclins à être agressifs. Le calme intérieur, installé par le travail de l’énergie, permet de ne pas surenchérir en cas de crise et d’envisager des solutions impossibles à concevoir lorsque l’on est émotionnellement perturbé : rire, reformuler en insistant sur les points d’accord, proposer des alternatives ou suspendre l’échange pour le reprendre ultérieurement… »

Éric Albert : « Il est très difficile d’atteindre le calme intérieur et la simplicité car nous sommes des êtres d’ambivalence, habités par des conflits intérieurs, souvent inconscients. Cette complexité peut être source de richesse : nos ambivalences et nos conflits nous donnent aussi de l’énergie pour nous dépasser et réaliser des choses. J’ajouterai que la finalité dans le monde du travail n’est pas la recherche du bonheur ni de la sagesse, mais celle de l’efficacité. Peu importe si ma relation avec mes collègues n’est ni sincère ni enthousiaste, l’essentiel est qu’elle soit respectueuse et efficace. Quand les émotions prennent le dessus, on a vite fait de tomber dans l’agressivité ou bien dans la passivité, c’est pourquoi je conseille la pratique de l’assertivité : dire clairement mais sans agressivité ce que l’on a à dire. » 

Trouver l’opportunité dans la crise pour gérer un conflit

La citation taoïste : « Le plus beau combat est celui qu’on n’a pas eu à engager »

Laurent Chateau : « Les conflits sont comme l’orage et les tempêtes, ils font partie de la vie, qui se place sous le signe du changement. Si l’on ne peut pas toujours les éviter, on peut apprendre d’eux. Un conflit peut être lu comme “une vérité en colère” : quelles sont les vérités brutes qui s’expriment et qui peuvent me questionner et me faire avancer ? Toute crise est bénéfique car elle nous rappelle l’impermanence et l’interdépendance des choses. Elle nous informe que l’harmonie est troublée et nous invite à trouver un nouvel équilibre, à identifier et saisir les opportunités qui sont plus proches de sa mission de vie. »

Éric Albert : « Pour être féconde, une crise doit être accompagnée d’une prise de recul, c’est ainsi qu’elle permet de pratiquer un retour d’expérience pour mieux comprendre son interaction avec son environnement. Elle constitue également un bon terrain d’apprentissage sur soi, qui interroge nos réactions ainsi que la gestion de nos émotions. Elle pose la question, centrale, de l’empathie : qu’a-t-on compris de l’autre ? Que peut-on faire pour mieux le comprendre ? Est-on sûr de délivrer soi-même des messages clairs ? Il faut aussi garder à l’esprit qu’une sortie de crise ne s’opère pas seulement grâce à un questionnement solitaire. Le regard d’un tiers, son expérience, ses conseils peuvent aider à prendre de la distance et à envisager des solutions inédites. »

Apprivoiser le changement pour mieux rebondir

La citation taoïste : « Quand souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins »

Laurent Chateau : « Les taoïstes assimilent la souplesse à la vie, et la rigidité à la mort. Le changement, qui est du côté de la vie, advient pour nous aider à découvrir de nouvelles opportunités et gagner en connaissance de soi, des autres et du monde. Il est une force sur laquelle on peut s’appuyer pour rebondir, se révéler, innover, exprimer son mandat céleste et ses potentialités. Autre point important : bien vivre le changement suppose de créer de l’unité avec soi-même (en suivant sa voie personnelle), avec les autres (en entretenant une relation bienveillante) et avec son environnement (en en prenant soin, en cultivant le beau). Le changement ne fait jamais de nous des perdants : soit on remporte une victoire (on parle alors de grand yin), soit on ne remporte pas de succès visible, mais on gagne en connaissance (petit yin). »

Éric Albert : « Je ne peux qu’être d’accord avec cette façon de penser le changement comme une opportunité et non comme une agression, même s’il peut se présenter de prime abord comme tel. Rien n’est pire que l’immobilisme : les habitudes et les certitudes sont les éteignoirs de la motivation et de la créativité. C’est pourquoi il est essentiel de cultiver au quotidien sa souplesse psychique, comme on travaillerait sa souplesse physique. Se poser des questions, se remettre en question, casser ses réflexes pour casser sa routine d’agir et de penser, acquérir de nouveaux outils, s’inspirer des autres et d’ailleurs… Cet entraînement ouvre l’esprit, améliore la performance et la confiance en soi, mais il a également le pouvoir de nous préparer aux changements les plus brutaux en nous familiarisant avec la nouveauté et l’inconfort, mais aussi avec le plaisir de l’innovation et de la découverte de nouvelles capacités. »

>>> A lire aussi sur Psychologies.com : Les leçons de vie du tao 

 

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