QUELQUES ECHOS DE LA LUMIERE SPIRITUELLE DANS LES TRADITIONS

 

BougieLes allusions à la lumière spirituelle sont nombreuses dans les sagesses orientales et extrême-orientales. Les textes classiques contiennent fréquemment des expressions telles que « lumière divine » ou « lumière spirituelle ».

La Bhagavad Gîta, ou « Chant du Seigneur » contient de nombreuses allusions à la lumière spirituelle .

Nous lisons au verset 17 du Onzième dialogue : « Je TE vois partout, rayonnant de lumière.. étincelant comme le feu, éblouissant comme le Soleil incommensurable, dans toutes les régions du ciel », et verset 17 du treizième dialogue : « CELA, lumière des lumières est au delà des Ténèbres. C’est la Sagesse et l’objet de la Sagesse que peut connaître la Sagesse qui réside dans le cœur de chacun ». Les célèbres « Oupanishads » évoquent avec plus de fréquence encore l’importance de la Lumière spirituelle.

La Mundakopanishad y fait allusion : Verset 1, Deuxième partie : « Lumineux par soi-même, secrètement actif, foyer puissant, CELA, connais le, adorable comme être et non-être ». Verset 2 : « Ce qui est empli de Lumière.. c’est en CELA que Brahman ne connaît pas de changement. C’est la Vie ». Verset 9 : « Dans le radieux vêtement supérieur de l’homme est Brahman, sans tache, indivis. CELA est la pure clarté de toutes les lumières que connaissent ceux qui se connaissent eux-mêmes ». Verset 10: « Le Soleil et la lune ni les étoiles ni les éclairs ne brillent. Lorsqu’IL (Brahman) brille, toutes choses brillent après LUI : c’est de l’éclat de Brahman que brillent toutes choses ici bas ».

L’ésotérisme Soufi et Islamique enseigne que la Lumière spirituelle En-Nûr et l’Esprit Er-Rûh sont une seule et même réalité. Pour les Bouddhistes chinois, le caractère Ming symbolise l’Illumination au cours de laquelle les « dix mille choses » se révèlent sous l’aspect d’une essence commune de pure lumière. L’évocation de la lumière spirituelle constitue une part importante des enseignements du Bouddhisme tibétain dans la Doctrine de la Claire Lumière.

Celle-ci a été traduite par le Lama Kasi Dawa Samdup et commentée dans le « Yoga Tibétain » par le Professeur Evans-Wentz de l’Université d’Oxford . Le verset 161 expose que : « L’Etat Réel de l’esprit, l’identité véritable de toutes choses, inséparable du Vide, au delà des phénomènes, pendant que l’on expérimente le « Grand Bonheur » qui va au delà de la pensée, est la Claire Lumière Fondamentale ».

L’ouvrage auquel nous nous référons est intéressant par les conseils pratiques qu’il expose et confirme ce que d’autres de nos instructeurs nous ont enseigné, notamment Sam Tchen Khâm Pâ, le Lama Yongden et Alexandra David Neel. Il met en évidence l’importance du silence mental et plus spécialement l’attention au « Vide interstitiel » existant entre les pensées. Ceci correspond d’ailleurs à « l’état d’intervalle » auquel Krishnamurti fait allusion.

Le paragraphe 9 expose  : « La réalisation de la Claire Lumière doit prendre place dans l’intervalle existant entre la cessation d’une pensée et la naissance de la pensée suivante ».

Le paragraphe 10 rappelle les six règles de Tilopa : « Ne médite pas, ne réfléchis pas, n’analyse pas ». « N’imagine pas, ne pense pas, demeure dans l’Etat Naturel ». Paragraphe 11 : Méditant sur ce qui apparaît comme Vide, c’est la « descendance de la Claire Lumière ». Nous avons commenté et développé l’importance des moments de silence mental permettant la prise de conscience des états d’intervalle entre les pensées .

Ceux-ci ont deux conséquences hautement libératrices. Premièrement, ils produisent une rupture dans l’apparente continuité de la conscience de l’égo. Or, cette continuité est précisément, comme le suggère Krishnamurti, une prison responsable de notre exil, notre véritable « patrie » étant la Claire lumière primordiale. Deuxièmement, l’état d’intervalle est l’opportunité que saisit la Lumière primordiale pour dissiper l’ombre de la « caverne » psychologique dans laquelle l’égo se trouve englouti. Dans le silence mental une « porte » s’ouvre et nous livre accès à d’autres dimensions essentielles, tel est le sens profond de la « grande opportunité ».

Le Yoga tibétain expose l’opportunité de l’attention non-mentale exercée lors du glissement dans le sommeil. Il déclare notamment au verset 17  : La reconnaissance de la Claire Lumière a lieu dans l’intervalle qui se trouve entre la cessation des expériences de l’état de veille et le commencement des expériences de l’état de sommeil. Les expériences de l’état de veille évoquées ici concernent évidemment l’identification aux mémoires, l’attachement au passé et à l’image de soi ainsi que toute fixation mentale. Nous retrouvons la même exigence formulée dans le « no abiding mind » du Maître Hui-Haï dans le Ch’an. Il est important de souligner que dans l’optique des Maîtres Tibétains, aussi bien que dans celle de l’Advaïta Védanta, du Ch’an, de Krishnamurti et des « Voies Abruptes » l’Etat d’Eveil dans la Claire lumière primordiale est le seul « Etat Naturel ».

Il est permanent, dans son renouvellement quelles que soient les circonstances et n’est pas influencé par les alternatives périodiques de sommeil ou d’activité. Ainsi qu’il est enseigné dans le verset 178 . « Si la méditation est pratiqué avec succès, le yoguin réalise une clarté de perception extatique appelée Lumière. Elle ne luit que lorsque le yoguin a réussi à maintenir la continuité de conscience au travers des états de veille, de sommeil et de l’état intermé- diaire qui existe entre les deux ».

Une rectification de ce texte s’impose nous semble-t-il. A notre avis et selon Krishnamurti, « nous » n’avons pas à réussir à maintenir l’état d’Eveil intégral. La priorité du champ de conscience cosmique, ou, en d’autres termes l’intensité d’énergie de la Claire lumière primordiale (correspondant vraisemblablement à ce que Krishnamurti désigne en anglais par le terme « Otherness ») s’impose d’Elle-même sans aucun acte de volonté de notre part. Ceci est d’autant plus évident que dans l’Etat d’Eveil intégral il n’y a plus d’égo.

Il n’est pas inutile de souligner que du point de vue expérimental, le silence mental parfait s’accompagne instantanément d’un transfert du centre de la conscience dans le plexus solaire et dans le « Hara ». Ces centres sont psychiques et non physiques.

 

1REGARD INT2RIEUR

 

ALLUSION A L’EXPÉRIENCE DE LA LUMIERE SPIRITUELLE DANS L’OEUVRE DE KRISHNAMURTI

Krishnamurti évoque de temps à autre l’existence d’une Lumière spirituelle mais il se garde d’y accorder l’importance que nous serions tentés de lui donner. Lorsque nous lui en parlons il attire notre attention sur le danger que constitue pour nous la construction d’une image mentale de la lumière qui s’interposerait entre elle et nous. Les allusions les plus directes à la lumière spirituelle se trouvent dans le « Krishnamurti’s Notebook ». Il en évoque la puissance et la beauté. L’ouvrage, publié en 1976 n’étant pas encore traduit en 1987, nous donnons une traduction littérale . « Ce matin.. au-delà de toute méditation, pensée et des illusions que la sensibilité crée, il y avait une lumière intense, brillante (perçue) au centre du cerveau et au-delà du cerveau au centre profond de la conscience. C’était une lumière qui n’avait pas d’ombre et qui n’était située dans aucune dimension. Elle était là, sans mouvement. Avec cette lumière il y avait la présence d’une force incalculable et la beauté au-delà de la pensée et du sentiment ».

A la page 40  : « C’était une vision qui était au-delà des rivières, des montagnes, du passé de la Terre et de l’horizon et des peuples. Dans cette vision il y avait une lumière pénétrante et une incroyable rapidité. Le cerveau ne pouvait pas la suivre et la pensée ne pouvait pas la contenir. C’était une pure lumière.

Et p. 175. « Il y avait la lumière, non celle du soleil couchant ni une lumière artificielle; celles-ci font des ombres mais il y avait la lumière sans ombre.

 


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