L’ARBRE DE VIE COSMIQUE ET SES FLEURS

 

L’individualité véritable au-delà de l’égo

La nature exacte des rapports existant entre la conscience égoïste et le champ de conscience cosmique évoqués dans les sagesses antiques ou la nouvelle physique est très ambiguë. La plupart des sages et mystiques enseignent le caractère illusoire de l’égo. Krishnamurti déclare qu’il n’y a pas d’entité permanente telle que nous nous éprouvons la plupart. « Il n’y pas de « penseur », répète-t-il souvent (Conférence d’Ojai, 1944).

Seule existe une succession de pensées sur laquelle nous superposons arbitrairement la notion d’un égo permanent. Ce qui vient d’être énoncé constitue l’une des bases essentielles du Bouddhisme que nous avons commenté ailleurs ».

Krishnamurti définit l’art de vivre comme un processus de libération des limites fictives et des conditionnements de l’égo. Cette mutation spirituelle aboutit-elle à une intégration totale et définitive dans l’immensité de la conscience universelle comme la goutte qui se perd dans l’océan ?

S’agit-il d’une extinction complète ?

Reste-t-il quelque chose et dans ce cas quelle pourrait être la nature de ce « quelque chose » ?

Quel serait son rôle ?

Tao de francesca

 Krishnamurti a déclaré que « mourir à soi-même est un ravissement ». Nous sommes en droit de nous poser la question : ravissement de « qui » ? Y a-t-il un « qui » ? La nature des relations réciproques entre le Tout et les parties a fait l’objet de nombreux commentaires contradictoires. L’étude de ce problème risque d’égarer le chercheur dans des spéculations intellectuelles ou métaphysiques inutiles.

Nous tenterons de ne pas tomber dans ce piège. Krishnamurti nous demanderait de découvrir la motivation première d’une telle question. Ne serait-elle pas l’expression d’une peur de l’égo pressentant la nécessité de mourir à lui-même tout en ayant l’assurance de ce qui subsisterait de lui après cette mutation ? Toujours est-il que nous sommes la plupart engloutis dans le réseau complexe des mémoires formant le contenu de notre conscience personnelle. Les sagesses antiques évoquent le rôle prioritaire d’une essence universelle unique et les sciences nouvelles en confirment le bien-fondé.

Toutes deux enseignent la nécessité d’un démantèlement de l’égo afin de résoudre de façon définitive les problèmes résultant des crises tant individuelles que collectives. II est normal de se poser la question de savoir quelles sont les relations naturelles existant entre l’individuel et l’universel, entre l’individu humain et la totalité multidimensionnelle de l’univers. Quels sont les comportements concrets et l’attitude mentale adéquate dans l’approche de ce problème ? La réussite ou l’échec de notre vie en dépendent. Pour répondre à cette question, il est préalablement nécessaire de dissiper une équivoque fréquente concernant le sens que nous donnons à des mots tels que « égoïsme », « égo », « individualité ».

Krishnamurti insiste souvent sur le fait que nous ne sommes pas réellement des individus. L’étymologie du mot individu suggère une réalité ou un état d’être exempts de toute division, de toute fragmentation. Or, nous sommes psychologiquement fragmentés en une multitude de tendances contradictoires entre lesquelles existent des tensions conflictuelles constantes. Nous sommes divisés. Nous savons intellectuellement ou intuitivement que nous devrions agir dans une certaine direction mais dans la matérialité des faits, nous agissons dans un sens contraire.

Ainsi que le déclare Krishnamurti (« Eveil de l’intelligence », pp. 468-469) : « Je suis moi-même fragmenté. En moi-même, je suis conditionné. Et cette fragmentation peut cesser si je vois clairement que toute ma conscience est elle-même constituée par cette fragmentation. C’est ma conscience qui est la fragmentation ».

Cette fragmentation s’effectue à deux niveaux. Elle est double psychologiquement. D’une part, nous sommes divisés en nous-mêmes. D’autre part, nous nous sommes séparés de façon arbitraire et excessive de la Totalité-Une de l’Univers dont nous sommes une émanation. Nous en sommes inséparables et solidaires à tous les niveaux : physiques, biologiques, psychologiques et spirituels.

En chaque être humain s’affrontent les aspects et les interférences de deux situations apparemment inconciliables et contradictoires. D’une part, nous formons des entités biologiques dotées d’un corps isolé par la peau. Il possède une certaine autonomie, plus apparente que réelle. Ce corps revêt une forme particulière. Il est porteur de potentialités uniques et possède un cerveau, à la fois récepteur et émetteur d’un réseau considérable de pensées, de mémoires construisant une image de nous-mêmes. Celle-ci possède une singularité spécifique.

Notre isolement et notre séparation ne concernent toutefois que le niveau « surfaciel » de notre constitution globale. Dans la mesure où nous allons en profondeur, un spectacle non seulement différent mais opposé s’offre à nos yeux. Une première étape de notre exploration s’arrête provisoirement au niveau de nos constituants sub-atomiques, bien au-delà de nos cellules, des molécules géantes qui les constituent, bien au-delà des constituants sub-neutroniques et sub-protoniques au cœur du noyau. A ce niveau profond, se révèlent des processus incroyables dans leurs extensions universelles et leur intensité. Il est indispensable d’en citer sommairement les plus essentiels. Ils viennent d’être révélés par la nouvelle physique quantique.

 Celle-ci nous enseigne « qu’une particule existe (un électron ou un « quark » par exemple) parce que toutes les autres particules de l’Univers entier existent à la fois » . Pour être clair, disons que quelque chose d’une particule se trouve dans toutes les particules de l’Univers jusqu’aux lointaines galaxies situées à des millions d’années-lumière, et, réciproquement, quelque chose de ces innombrables particules se trouve dans la particule en question. Aux niveaux sub-atomiques, la matière de l’Univers est formée par une sorte de trame de milliards d’ondes et de champs qui se superposent, s’entremêlent dans une interfusion constante. Cette « interfusion » universelle était enseignée dans l’Inde antique et symbolisée dans la célèbre parabole du collier d’Indra, citée dans l’Avatamsaka Sûtra.

Le « collier d’Indra » est formé de milliards de perles. Chaque perle contient le reflet de toutes les autres et réciproquement, toutes les autres perles contiennent le reflet de la première. Au terme d’une seconde étape, nous aboutirons au seuil de l’unité absolue du champ de conscience cosmique au sujet duquel rien ne peut être dit dans le langage ordinaire ni imaginé par quelle que représentation que ce soit. La priorité absolue de cette réalité unitaire conduit David Bohm à dire que « le particulier » est une abstraction.

SOURCE : http://www.revue3emillenaire.com/

 


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