Archive pour octobre, 2016

Le culte préhistorique du serpent

 

Briser les coquilles d’œufs

 

 

En 1931, l’archéologue et le spécialiste de l’histoire des religions Salomon Reinach se demande pourquoi, depuis l’antiquité, c’est une règle de civilité de briser les coquilles d’œufs après les avoir sucés

Pline l’Ancien (Ier siècle ap. J.-C.), qui énonce déjà l’interdiction de les laisser intactes, fait vaguement allusion aux malédictions terribles qui résulteraient d’une conduite différente.

coquilles

 

On a proposé de voir là un cas particulier de la défense de laisser des restes de repas exposés à l’air, dont la magie nocive pourrait tirer parti pour causer du mal au mangeur négligent ; mais cette explication ne tient pas, parce qu’un fragment même de coquille brisée pourrait être employé à la même fin.

Reinach a donc recours au fait que les anciens, dès les temps les plus reculés, ont entretenu dans leurs demeures des serpents familiers, considérés comme protecteurs des maisons et personnifications de l’esprit des ancêtres ; ces animaux tutélaires, apprivoisés mais non domestiqués, participaient aux repas de leurs patrons.

Or, le serpent, outre le miel et le lait, se nourrit volontiers d’œufs et de mollusques. Un serpent, trompé par l’apparence d’un œuf vide, aurait éprouvé de l’irritation contre ceux qui l’avaient déçu.

L’explication de la défense rapportée par Pline, qui s’est conservée à l’état de règle d’étiquette, doit donc peut-être se chercher dans le culte préhistorique du serpent, élevé dans la maison, gardien du foyer et du tombeau.

 

(D’après « Comptes-rendus des séances
de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres », paru en 1931)

Nos trolls…. Un trésor dans la Maison

 

 

Jusqu’à une époque encore peu éloignée de nous, il n’y avait pas de château, pas de maison importante qui n’eût son goublin ou démon familier. Révélateurs de la proximité d’un trésor, les goublins — désignés encore goubelins ou gobelins —, pas plus que les fées ne rentrent dans le système chrétien. La religion n’assigne aucune place à ces êtres, et il y a dans ces croyances un reste des anciennes religions qui a persisté à travers la nouvelle.

Le goublin se retrouve partout en Europe, domovoï en Russie, troll en Allemagne et en Norvège, poulpiquet en Bretagne ; il porte deux noms au nord du département de la Manche. Près de la pointe de la Hague, à Auderville, il s’appelle drôle, nom qui n’est autre que troll prononcé à la française, et, dans le reste de la province, goublin, mot identique à l’anglais gobelin. Dans l’Europe méridionale, le goublin est un lutin.

trolls

Le goublin n’est pas méchant, il est espiègle. Le jour, il prend toutes sortes de formes. C’est un gros chien qui vient se chauffer au coin du feu, c’est un lièvre ferré qui se promène sur un pont, c’est un cheval blanc qui apparaît dans le pré, c’est un gros matou noir qui ronronne près du feu et se laisse parfois caresser.

Le goublin du Val-Ferrand, à Gréville, apparaissait ordinairement sous la forme d’un lièvre familier. Il venait se chauffer au feu pendant qu’on cuisait le soir la chaudronnée de pommes de terre. Il assistait à la fabrication du pain, et, à chaque cuisson, on lui faisait une galette que l’on mettait en dehors de la fenêtre. Si on l’oubliait, on en avait pour quinze jours de tapage dans la maison. Ceci se passait au début du XIXe siècle.

Le lutin du fort d’Omonville-la-Rogue était encore plus familier, mais il était aussi plus espiègle. C’était parfois un mouton blanc ; d’autres fois un petit chien qui se couchait sur la jupe de la jeune fille de la maison et se faisait traîner. La nuit, on l’entendait tourner le rouet, laver la vaisselle. Dans la cour, c’était souvent un veau que l’on voyait apparaître à l’improviste. D’autres fois, c’était un lièvre qui s’amusait tout à coup à partir au galop avec du feu sous le ventre. Parfois c’était un gros chien noir, qui faisait sa ronde le soir en grondant.

La jeune fille s’était prise d’amitié pour lui ; il s’amusait à lui jouer toutes sortes de tours plaisants. Elle voyait à terre un peloton de fil, par exemple, elle le ramassait en se reprochant sa négligence ; tout à coup le peloton de fil éclatait de rire dans ses mains et sautait à terre. C’était le goublin qui s’ébattait. Chez les Fleury de Jobourg, le goublin prenait ordinairement la forme d’un lièvre familier qui se laissait caresser comme un chat.

La présence d’un goublin indique généralement le voisinage d’un trésor. Tout trésor oublié depuis cent ans est placé sous la surveillance d’un goublin. Mais le trésor peut être révélé aussi par d’autres indices. Dans un herbage voisin du hameau Fleury, à Gréville, près d’une de ces colonnes de pierre que l’on place au milieu des champs pour que les bestiaux viennent s’y frotter quand ils sont démangés, on voyait souvent une belle cruche de cuivre luisante, qui disparaissait quand on venait à s’en approcher. Dans un carrefour voisin, on voyait une femme établie à filer. Quand on allait auprès, le rouet devenait de feu, puis disparaissait et la femme aussi.

Dans une maison de Gréville, une femme qui était couchée dans son lit voyait tout à coup une demoiselle apparaître à une de ses fenêtres, traverser la chambre et sortir par la fenêtre opposée sans bruit et sans rien casser. D’autres fois, cette même femme, en se réveillant dans la nuit, voyait un petit homme installé à filer au milieu de la chambre ; si elle se dressait sur son lit et lui adressait la parole, fileur et rouet disparaissaient. Tout cela indiquait qu’un trésor était caché dans la maison. On le chercha longtemps, mais on ne parvint pas à le découvrir.

Dans certaines maisons goublinées, on est réveillé au milieu de la nuit par un tapage épouvantable ; les portes s’ouvrent et se ferment avec violence, on entend des corps lourds dégringoler par les montées. Les chaudrons, les poêles, les cruches de cuivre se choquent violemment. Dans la cuisine, on entend des bruits d’assiettes et de verres cassés. Le lendemain matin, on va voir : tout est en place, rien n’a bougé.

SOURCE : D’après « Littérature orale de la Basse-Normandie », paru en 1883 

 

trolls0Généralement les goublins sont silencieux ; mais il y en a qui parlent. Il y en avait un au hameau Fleury, à Gréville, qui avait le don de la parole. On l’avait nommé Gabriet et il connaissait très bien son nom. Il prenait diverses formes ; c’était tour à tour un chien, un chat, un veau. On n’en avait pas peur. On lui parlait ; il comprenait, il répondait même quelquefois ; mais il ne causait jamais familièrement.

Une nuit, il réveille la maîtresse de la maison. Il avait levé la pierre du foyer : « Voilà de l’argent, disait-il, viens le prendre. » Elle aurait bien voulu aller voir, mais la peur l’emporta ; elle resta dans son lit. Bien lui en prit. Gabriet lui dit plus tard : « Tu as bien fait de ne pas venir. J’allais te mettre sous la pierre. »

Il ne trompait pas toujours. Un des fils de la maison s’appelait Desmonts (Fleury-Desmonts, car alors on donnait des noms de seigneurie aux aînés de la famille, le plus jeune gardait seul le nom héréditaire). Une nuit, Desmonts s’entend appeler : « Desmonts, Desmonts, ton cidre jette ». Desmonts reconnut la voix de Gabriet ; il craignit un piège et ne bougea pas ; il s’en repentit : le lendemain, quand il entra au cellier, il trouva un de ses tonneaux presque vide, parce que la chantepleure avait été mal fermée.

Quand les goublins ne s’en tiennent plus aux simples espiègleries, c’est qu’ils s’ennuient de garder le trésor qu’on leur a confié, qu’ils désirent qu’on le découvre et qu’on les délivre, mais ils n’ont pas le droit d’enseigner le lieu précis où il se trouve. C’est ce qui explique comment les recherches sont souvent infructueuses. Le trésor gardé par Gabriet fut longtemps cherché inutilement parce qu’il n’était pas dans la maison, mais dans une de ses dépendances, dans une grange dont on ne se servait pas. Cette grange, les Fleury la louèrent aux Polidor, Ceux-ci trouvèrent le trésor dans un mur, mais ils ne s’en vantèrent pas. Le trésor « levé », Gabriet disparut.

Le trésor une fois découvert, il reste encore certaines conditions à accomplir pour pouvoir s’en emparer sans danger. Il faut d’abord l’entourer d’une tranchée pour que le goublin ne soit pas tenté de l’emporter ailleurs ; il faut ensuite enlever soigneusement la terre qui l’entoure, et enfin il faut trouver quelqu’un qui « lève le trésor ». Celui-là est condamné à mourir dans l’année. On prend ordinairement à cet effet un vieux cheval hors de service, dont on fait le sacrifice volontiers.

Une dame Henry, de Gréville, qui avait découvert dans un trou de son escalier un vieux pot de terre contenant une somme de quinze cents francs et l’avait tiré elle-même de là, mourut dans l’année. C’était en 1770. On n’a plus entendu parler depuis de trésors découverts.

Les monuments mégalithiques, dolmens, menhirs, galeries couvertes, passent pour renfermer des trésors. On raconte à Beaumont que des Cherbourgeois qui étaient venus dans la lande à la recherche d’un prétendu trésor, travaillèrent longtemps et ne trouvèrent rien. Comme ils revenaient, ils aperçurent dans un arbre un homme, « pas plus gros qu’un rat », qui se moquait d’eux et leur criait : « Fouah ! Fouah ! »

Les druides hostiles à la représentation des dieux

 druides

 

Le druidisme fut hostile à l’anthropomorphisme, ce qui explique pourquoi les premières statues de dieux ne paraissent en Gaule qu’à l’époque de la domination romaine (après 51 av. J.-C.)

En 1931, Salomon Reinach, archéologue et spécialiste de l’histoire des religions, rapporte qu’après l’efflorescence de l’art en Gaule, à l’époque du renne, nous trouvons une longue période, depuis l’ère des monuments mégalithiques jusqu’à la conquête romaine, où les sculptures font entièrement défaut.

Les passages de César et de Lucain qu’on a allégués pour prouver que les Gaulois représentaient leurs dieux en pierre et en bois doivent être interprétés autrement : il s’agit, pour le premier, de piliers de pierre, et, dans le second, de troncs d’arbres plus ou moins équarris.

Comme l’industrie gauloise était fort avancée, on est obligé d’attribuer l’absence de statues en Gaule à une interdiction religieuse. Cette prohibition, que l’on retrouve chez les Romains, les Germains et les Perses, ne peut guère avoir été mise en vigueur que par une aristocratie religieuse.

En Gaule, cette aristocratie est le collège des druides, à l’influence desquels on attribue les monuments mégalithiques (dolmens, menhirs, etc.). Ces derniers ne sont pourtant pas celtiques : c’est que le druidisme, dans l’Europe occidentale, est antérieur aux Celtes, qui ont accepté en partie la religion druidique, comme les Grecs ont adopté les vieux cultes des Pélasges.

L’aversion du druidisme pour les représentations des dieux n’est attestée par aucun texte formel ; mais Plutarque dit que Numa, élève de Pythagore, défendit aux Romains d’élever des statues, et d’autres écrivains font de Pythagore l’élève des druides. Ce sont là des légendes qui, bien que sans autorité en elles-mêmes, attestent nettement l’affinité des doctrines.

 

(D’après « Comptes-rendus des séances de l’Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres », paru en1892)

UN ARBRE AU CŒUR DES CROYANCES

 

Grandement apprécié jadis en Alsace pour ses vertus, l’érable occupe une place particulière dans un conte au sein duquel on retrouve nombre de récits et figures mythiques, cet arbre y jouant un rôle à la fois funéraire et générateur attribué, entre autres, au cornouiller, au cèdre, au cyprès

Autrefois, en Alsace, on attribuait à la chauve-souris la propriété de faire avorter les œufs de cigogne ; dès qu’elle les avait touchés, ils étaient frappés de stérilité. Pour s’en préserver, la cigogne plaçait dans son nid quelques rameaux d’érable, et la seule puissance de cet arbre redouté en interdisait l’entrée au vespertilio. On plaçait aussi des branches d’érable au-dessus de l’entrée des maisons que l’on voulait soustraire aux visites de la chauve-souris (Gérard, Les Mammifères de l’Alsace, cité par Rolland, Faune populaire de la France).

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Il existe, au sujet de l’érable, un conte hongrois d’un intérêt saisissant, et qui a donné lieu à un joli poème de l’écrivain Michel Tompa (1817-1868). Quoique incomplet, ce conte contient une série de détails curieux, grâce auxquels il nous est permis d’établir un rapport plus évident, non pas seulement analogique, mais généalogique, entre les contes et mythes suivants : légende du roi Lear, conte de la Belle et la Bête ; contes bibliques de Caïn et Abel, et de Joseph vendu par ses frères ; légende de Romulus et Rémus ; conte du roseau et de la colombe ; légende indienne de Çakuntala ; conte de Polydore changé en cornouiller ; des deux frères se querellant pour une plume de paon ; mythe d’Orphée ; conte de la flûte magique ; conte estonien des fraises ; conte piémontais des bottines rouges.

Ces différents détails qui s’entrelacent s’expliquent par leur origine mythique commune. Voici donc le conte hongrois de l’Érable :

Un roi avait trois filles. La plus jeune des trois était blonde, d’une beauté et d’une bonté incomparables (Cordélia). Un jeune pâtre qui paissait son troupeau sur la prairie du château jouait tous les soirs de la flûte (Orphée), et la jeune princesse l’écoutait (Eurydice). Une nuit, le roi, la princesse et le pâtre eurent un mauvais songe : le roi vit en songe que sa couronne avait perdu ses diamants ; la jeune princesse qu’elle avait visité le tombeau de sa mère et qu’elle n’en était point revenue ; le pâtre que deux bêtes fauves avaient dévoré le plus bel agneau de son troupeau (histoire de Joseph).

Après ce songe, le roi appela ses trois filles et leur annonça que la première des trois qui reviendrait à lui avec un panier de fraises (conte estonien des fraises) serait sa fille bien-aimée qui hériterait de lui sa couronne et ses sept royaumes (Roi Lear). Les trois filles s’en allèrent de suite à la recherche des fraises, et se rendirent à une colline verdoyante. L’aînée des trois filles jeta ce cri : « Panier, remplis-toi, pour que je puisse recevoir la couronne de mon père. » Le panier resta vide. La seconde fille, à son tour, reprit : « Panier, remplis-toi pour que je puisse recevoir les sept royaumes de mon père. » Le panier resta vide.

Après que les deux sœurs aux cheveux noirs (les deux moitiés de la nuit) eurent ainsi parlé, la cadette aux cheveux blonds (l’aurore, appelée dans le Rigvedala la fille du ciel) dit avec tendresse : « Panier, remplis-toi, pour que je puisse devenir la fille bien-aimée de mon père. » A l’instant même, son panier se remplit de fraises. A cette vue, les deux sœurs envieuses, craignant de perdre la couronne royale et l’héritage paternel (Caïn), ôtèrent la vie à leur sœur cadette, et, l’ayant ensevelie sous un vieil érable, brisèrent le panier en se partageant entre  elles les fraises.

Revenues chez leur père, elles lui annoncèrent que leur sœur, s’étant trop avancée dans la forêt, avait été dévorée par une bête fauve (Joseph). Le père, à cette nouvelle, se couvrit la tête de cendres (Jacob) et cria : « Malheur ! J’ai perdu le diamant le plus précieux de ma couronne. » Le pâtre, à l’approche de la nouvelle lune, essaya de mettre la flûte à sa bouche pour en tirer des sons ; mais la flûte devint muette. En effet, pourquoi la flûte jouerait-elle encore, puisque la jeune princesse n’est plus là pour l’écouter ? puisque la bête fauve a dévoré le plus bel agneau de son troupeau ?

Sur la pente de la colline verdoyante, du tronc du vieil érable, à l’arrivée de la troisième nuit, on vit sortir une nouvelle pousse, à l’endroit même où la jeune princesse avait été ensevelie. En passant par là, le pâtre vit la nouvelle pousse de l’érable et eut grande envie de s’en faire une nouvelle flûte. Dès qu’il eut approché cette flûte de ses lèvres (conte de Çakuntala, conte de Polydore, conte toscan du faux cornouiller, la flûte magique), la flûte enchantée chanta ainsi : « Joue, joue, mon cher ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable ; une flûte faite avec une pousse d’érable. »

Le pâtre apporta alors sa flûte au roi. Le roi, à son tour, l’approcha de ses lèvres, et la flûte reprit : « Joue, joue, mon père ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable, une flûte faite avec une pousse d’érable. » Les deux sœurs méchantes approchèrent, elles aussi, de leurs lèvres, la flûte magique, et l’instrument chanta ainsi : « Joue, joue, mon meurtrier ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable, une flûte faite avec une pousse d’érable. » Alors le roi, ayant maudit les deux filles, elles furent chassées très loin du château.

On devine ici que le conte est inachevé. Les détails analogues que nous connaissons par d’autres contes ajoutent la résurrection du jeune homme ou de la jeune fille que le frère ou la sœur avait tué par envie.

Source : D’après « La mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal », paru en 1882)

Un fascinant voyage dans l’intimité du monde végétal

 

Ce qui n’a pas de nom n’existe pas », disait Boileau. Bienvenue dans le réel, répond Maurice Reille avec son tout nouveau Dictionnaire visuel de botanique (Ulmer, 303 p. 29,90 €.), outil impressionnant qui permet de décrire, pour les identifier, les plantes que l’on croise, sur les chemins ou sous son râteau.

livreQuestion agriculture générale, on y apprend des choses incroyables : que la tomate est une baie (fruit charnu dont les graines sont des pépins) comme l’avocat, la citrouille ou la datte ; que les petits cercles ronds tendus , genre de papier de soie, produits par la monnaie-du-pape (Lunaria annua) s’appellent des silicules ; qu’en raison de leurs « noyaux », on peut traiter de drupes les fraises, les mûres, les prunes et même les ananas ; que la noisette est un akène (fruit qui ne s’ouvre pas à maturité et qui contient une graine) et même une nucule, tant sa coque est dure ; ou que, chez les érables, larguer les samares ne veut pas dire partir à l’aventure, mais disperser au vent ses graines ailées.

C’est la force des dictionnaires que de vous balader d’un bout à l’autre de leurs pages, une idée en amenant une autre. Ici, le principe fonctionne à merveille. En 428 entrées qui sont autant de ports, Reille visite 867 espèces végétales et fait faire à son lecteur un périple irrésistible. Le voyage est d’autant plus tentant qu’il fournit au voyageur les bases d’un langage qui lui permettra de voir son jardin d’un autre œil et de discuter à binettes égales (ou presque…) avec son pépiniériste favori.

Plante « vernale »
Savoir que le très bel eucalyptus de votre tante Francine a des feuilles « perfoliée s » (c’est-à-dire que la tige semble les traverser en leur centre) lorsqu’on a oublié qu’il répondait au doux nom de Baby blue peut faire gagner du temps. Ne pas ignorer, non plus, qu’une plante « vernale » fleurit au printemps…

Mais les richesses de vocabulaire ne sont pas les seuls attraits de ce livre qui est également, grâce aux nombreux clichés de l’auteur (plus de 2200), un voyage intime au cœur des organismes végétaux. Grâce à la photo macro, Reille met en vedette les mécanismes vitaux de végétaux rares ou extrêmement communs révélant, sous son objectif, un monde incroyable.

Monstre rigolard
Le sourire rose et vert de son gynostème (la partie reproductrice de son anatomie) transforme l’orchis géant en un monstre rigolard et l’ovaire d’une simple violette semble pavé de grains de caviar… Même curiosité pour les feuilles dont les limbes, à l’échelle d’un œil de fourmi, se font tantôt broderies, tantôt feutre, tantôt labyrinthes. Plus impressionnantes encore sont les graines. On observe leur ordonnancement, simple ou compliqué, mais aussi l’ingéniosité avec laquelle cet embryon en sommeil voyage vers sa future vie.

Saule Marsault
Fourrées comme celles du saule Marsault, ailées comme celles de la gentiane jaune, sculptées chez les pieds-d’alouette ou les jusquiames, elles sont, chez les épilobes, si poilues que l’on dirait les mouches que les pêcheurs confectionnent pour taquiner la truite.

Ce foisonnement fait passer le côté impénétrable de certaines définitions que l’on croit, en début de lecture surtout, réservées aux seuls botanistes chevronnés. Mais la timidité intellectuelle ne dure pas : on s’habitue. Et puis, savoir que « dans la grande famille des Astéracées, l’ovaire infère est toujours uniovulé et le fruit monosperme vous pose un jardinier, non ?

Valérie Lejeune
Le Figaro

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Histoire d’une relation vitale

 

 

​Choisir et planter un arbre n’est jamais anodin. Cela peut être l’occasion de marquer un événement important de notre vie de famille, mariage, naissance, anniversaire, crémaillère…

 

 La symbolique de l’arbre

Derrière l’arbre se cache une forêt de symboles. On les retrouve dans l’histoire de toutes les religions et dans les traditions populaires du monde entier. L’arbre du fruit défendu, l’arbre de la connaissance, l’arbre sacré, l’arbre à palabres… et bientôt l’arbre de votre jardin secret ! Inconsciemment vous serez influencé par cette puissance symbolique avant de faire votre choix. 

Celle-ci est parfois encore très présente dans nos esprits : force et solidité pour le chêne, paix et fécondité pour l’olivier ; gloire et immortalité pour le palmier, douceur et délicatesse pour le bouleau ; indépendance et liberté pour l’érable…

 

Personnellement, en l’an 2000, j’ai planté mon propre chêne, le voici aujourd’hui, il a désormais 16 ans :

 

Chêne dans mon jardin

 

 

Planter un arbre un geste pour l’environnement

À travers leurs métamorphoses successives, ils nous font vivre en direct le rythme des saisons. Les plus expressifs dans ce domaine sont les espèces à feuillage caduc et à floraison printanière. Nous avons besoin des arbres dans notre environnement le plus proche, d’autant plus dans les jardins urbains où planter un arbre devient un geste “écologiquement correct”. 

Très vite, vous en ressentirez les bienfaits. Grâce à la photosynthèse, leur large parure de feuillage absorbe le dioxyde de carbone et rejette de l’oxygène. Elle diffuse aussi une certaine fraîcheur en humidifiant l’air ambiant : effet climatiseur garanti ! Par son métabolisme, l’arbre purifie l’atmosphère en réduisant la quantité de gaz polluants et en absorbant une partie des particules fines. 

Porteur d’espoir, marqueur du temps qui passe, vecteur de biodiversité, l’arbre, quelle que soit sa taille, dépasse toutes nos espérances.

Respect !

 

 

 

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