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Le cheminement du croyant

 

Le croyant vit dans la certitude que l’idée qu’il a de Dieu est vraie car c’est que l’on lui a dit, il croit ce qu’on lui dit au nom du fait que cela est écrit dans un livre dicté par des autorités rassurantes. C’est tout à fait le cas de l’enfant qui croit que son papa ou sa maman est la meilleure du monde par exemple. Cette perception est partielle et aveugle, car elle ferme à toutes potentialités d’évolution. Sa croyance lui apporte un certain confort intérieur lui évitant les efforts de la remise en question et donc de sa croissance. Car toutes croissances impliquent une crise, une remise en cause des certitudes acquises pour tendre vers un autre stade. Les adultes disent parfois aux enfants « tu comprendras quand tu seras plus grand. » par analogie on retrouve le même discours chez les autorités religieuses devant certaines questions par « les voies du seigneur sont impénétrables » Dans les deux cas ceci est dit pour ne pas confronté prématurément l’enfant physique ou l’enfant spirituel à une vérité qu’il n’est pas prêt à vivre.

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Mais si l’on maintient le croyant dans cette perception il développera une personnalité naïve et servile, manquant de discernement et de subtilité. Acquiescent à chaque dogme énoncé par peur de la crise que générerait une remise en question. Alors que c’est justement cette crise qui est recherchée dans les voies adultes de l’initiation afin de libérer l’esprit de l’illusion provisoire des croyances qui lui furent inculquées. Le croyant vit sans se poser vraiment de questions, mais le doute subsiste en lui et tous les jours il lui faut renforcer sa croyance par des rituels ou des prières.

Lorsqu’il rencontre un non-croyant le croyant est dérouté, car l’existence de ce non-croyant lui impose la remise en question et la peur s’élève. Cette peur le pousse à inventer des boucliers psychiques, des phrases protectrices qui disent :« cet incroyant est dans l’erreur, il sera puni pour son impiété. » Inversement quand le non-croyant rencontre un croyant il est gêné et cela le met mal à l’aise. Car d’un côté cela lui renvois à ce qu’il a rejeté et ses peurs du passé vis-à-vis de son éducation. Et de l’autre s’élève en lui l’impression de manquer de passer à côté de quelque chose et ce vide déclenche une angoisse. Cette angoisse peu lui amené aussi à créer des boucliers psychiques tels que « c’est un naïf, ce qu’il croit n’existe pas, car ce n’est pas démontrable rationnellement, etc. » Nous voyons que les deux extrêmes le croyant et le non-croyant se rapproche finalement dans leur peur de l’inconnu. Cela nous démontre qu’en eux subsiste une conscience qui souhaite tendre vers autre chose mais qui ne trouve pas de nourriture appropriée.

S’il est énoncé que la croyance est le stade de l’enfance ce n’est pas pour déprécier le vécu du croyant, bien au contraire. Mais pour lui offrir une possibilité d’évolution intérieure. Comme pour l’enfant physique, le croyant a la possibilité de grandir en conscience, il convient de lui apporter progressivement une nourriture supérieure à son stade initial. Un croyant peut se sentir menacé par l’existence de niveaux supérieurs, mais uniquement s’il reste figé dans sa croyance et se ferme à toute évolution. Un peu comme un enfant qui a peur d’apprendre autre chose que ce qu’il connaît. Pour grandir il faut aller vers l’inconnu, le nouveau et avoir bien intégré le connu pour le transcender.

Le problème est la stagnation dans un état d’être, alors que la vie implique le mouvement constant. Ce qui se fige dans la nature se meurt peu à peu, la feuille d’un arbre est souple quand elle est vivante, mais raide et cassante quand elle est séparé de sa source de vie. D’où la responsabilité des autorités religieuses à percevoir les besoins d’évolution de chacun. Mais si ces autorités religieuses elles-mêmes ne sont plus initiées, comme pouvaient l’être dans le christianisme les pères du désert et les premiers prêtres orthodoxes. Où pire encore si sachant la vérité des niveaux d’élévations elles les voilent au peuple pour les maintenir sous sa coupe, l’évangile pourtant parlait déjà des gardiens du temple en ces mots :

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. »
Matthieu : 23 – 13

Extrait de l’article de Michael Abitbol http://www.unisson06.org/dossiers/spiritualite/croire_savoir_connaitre/croire_savoir_connaitre2.htm

L’origine des traditions spirituelles

 

 
Le premier homme à se relever de cette chute est connu, dans la tradition araméenne-essénienne, sous le nom d’Énoch. En Égyptien, Énoch signifie Ankh : la vie. Ankh est le symbole égyptien de la croix de vie, la croix ansée. En hébreu, Énoch se prononce Anoki : Je Suis.

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Énoch tourna l’intégralité de son être vers la Source de la vie, reconnut son origine céleste et renoua le lien sacré avec le Père, le monde divin. Il traça sur la terre le cercle de la Lumière, l’autre choix, l’autre vision de l’existence, celle qui ouvre à tous les êtres le chemin de la vie véritable.

Ce cercle de la Lumière n’est autre que la ronde de l’année et des 4 saisons, orientée vers une évolution de la conscience et une vie belle et prospère, dans le respect des lois de la vie et de l’intelligence supérieure des mondes.

Énoch devint alors « le Béni », la main du Père qui trace sur la terre et dans le ciel le plan divin du retour de l’homme dans sa patrie originelle. Il fut le Fils de la Lumière qui rallume la flamme de la mémoire divine et fait vivre Dieu parmi les hommes. Dieu l’aima et lui montra le chemin pour se créer un corps d’immortalité et retrouver la mémoire divine par l’union avec les Anges de la Lumière. Ce chemin est celui de ‘la Ronde des Archanges’.
 
Selon la Tradition Primordiale, Énoch est donc le premier homme à avoir célébré les mystères divins sur la terre. Il représente le principe éternel de la maîtrise et a engendré une lignée d’hommes et de femmes gardiens de cette tradition. Cette lignée s’est manifestée au cours de l’histoire à travers les Rishis de l’Inde, les Pharaons d’Égypte, les mages de Perse, les prophètes d’Israël, les Manichéens, les Templiers, les Bogomiles, les Cathares…

La tradition de la Lumière est le fil d’Ariane qui, de siècle en siècle, permet à l’être humain de sortir du labyrinthe de l’existence et de se relever de la chute. Ne portant pas l’empreinte du monde des hommes mais venant des mondes supérieurs, elle est éternelle.
 
Énoch fut également le premier homme à parler des 4 Archanges, dont on retrouve la mention dans son livre sacré : « Alors Michaël et Raphaël, Gabriel et Uriel abaissèrent leurs regards depuis le sanctuaire céleste sur la terre… » (Livre d’Énoch, chapitre 9, 1)

Grâce à lui, un nouveau chemin fut ouvert pour l’évolution saine et harmonieuse des hommes, mais aussi de leurs petits frères les animaux, les végétaux et les minéraux. Pour rendre cette évolution possible, les 4 Archanges créèrent le cercle des 4 saisons, qui permet à la graine enfouie en terre (l’hiver) d’être libérée des ténèbres pour s’élever vers le ciel (le printemps), en offrant à la terre ses plus beaux fruits (l’été) ; puis, de se séparer de tout ce qui est encore imparfait (l’automne) pour s’en retourner vers le Père (la mort) et préparer son retour comme une nouvelle graine (la naissance).

Ainsi fut instaurée la loi de la réincarnation comme moyen de permettre à l’homme d’évoluer en se redressant petit à petit de sa chute, suivant un plan bien précis, jusqu’à ce qu’il trouve le chemin de la résurrection et de l’immortalité de son âme originelle.
 

Le flambeau de la Tradition

Avant qu’Énoch ne quitte la terre pour s’en retourner vers sa patrie originelle, il prit soin de transmettre le flambeau de la tradition de la Lumière à un cercle de sages afin que les hommes ne puissent s’en emparer pour leur gloire personnelle. Ainsi, depuis Énoch jusqu’à nous, jamais plus la flamme de la mémoire divine et de l’alliance de Lumière entre le ciel et la terre ne s’éteignit. Elle fut transmise de génération en génération, avec grand soin, souvent dans le plus grand secret.

Aujourd’hui, après avoir failli disparaître totalement il y a un peu plus d’un siècle, la tradition de la Lumière réapparaît au grand jour à travers l’œuvre magistrale de la Ronde des Archanges, qui forme le nouveau ciel et la nouvelle terre de la Nation Essénienne ressuscitée.
 
Héritage de la tradition millénaire des Esséniens, dans la filiation d’Énoch, le cercle de Lumière a de nouveau été tracé et activé sur la terre à l’automne de l’année 2003. En 2006, il a pris le nom officiel de ‘Ronde des Archanges’ et constitue aujourd’hui la structure parfaite – dans le sens de « complète » – permettant d’accueillir le monde divin jusque dans la réalité terrestre, jusque dans la sphère de vie des hommes.

La Ronde des Archanges n’est pas une utopie, un rêve lointain et éthéré qui voile l’état actuel du monde. Elle est plutôt un baume de guérison pour tous les êtres, le chant de l’aube qui clame qu’un nouveau jour apparaît sur la terre. Elle dit à celui qui a des oreilles pour entendre : « Réveille-toi, mon frère, ma sœur ! Un nouveau soleil se lève, car le temps de la moisson est venu. Si tu es un Enfant de la Lumière, réponds à l’appel ! Viens récolter ce que tu as semé tout au long de ton long périple dans ce monde ! Prends ta vie en mains et choisis à qui appartient ton existence, ton cœur, ton âme. »…

Chemin vers la liberté intérieure:jouer un rôle

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L’approche des mouvements sacrés de Gurdjieff
Par Amiyo Devienne

Dans la vie et surtout dans notre société moderne devenue très active, nous faisons face aux changements et au stress. La question est donc comment ne pas s’identifier et comment acquérir la liberté intérieure ? Amiyo Devienne enseigne les Mouvements sacrés de Gurdjieff comme l’une des practices les plus importantes pour entrer en contact avec l’immobilité intérieure la plus profonde. Une méditation à travers des mouvements très précis.

Quand nous voyons que notre énergie est complètement prise par les événements extérieurs, que nos humeurs et émotions en sont la proie, nous ressentons un besoin fort d’ un nouvel état intérieur, de liberté intérieure.

2Gurdjieff dit: « Vous vous divisez en 2 parties. Intérieurement, vous ne vous identifiez pas, extérieurement, vous devez jouer le rôle qui vous est donné.

Votre tâche est d’acquérir la liberté intérieure. Qu’est-ce que cela signifie, jouer un rôle?

Faites tout ce qui peut lui faire plaisir. S’il aimerait que vous soyez assis à sa droite, asseyez-vous à sa droite. Si à un autre moment, il préfère le contraire, faites-le.

Un rôle subjectif. Avec chaque personne, un rôle différent.
Vous vous habituez à remplir des obligations. Ceci est un aspect du futur de l’homme libre » Notre personnalité est faite des nombreux rôles que nous continuons à jouer. Le matin, au petit-déjeuner, nous avons un certain rôle, un certain visage; au travail, un autre rôle; le soir de retour à la maison un nouveau rôle, un nouveau visage.

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Si notre énergie est tirée vers l’extérieur, alors, nous nous perdons dans tous ces rôles constamment changeants, il n’y a pas d’observateur, mais identification.

Nous changeons de rôle continuellement. Rien de mal là-dedans!
La vie est un drame superbe – si on ne s’y trouve pas enlisé!

Pour ne pas être attaché à un rôle, pour rester intérieurement libre de tout rôle, les endosser et les quitter comme pour des vêtements et pour apprécier le jeu, nous devons nous rappeler que c’est un jeu. Dès que nous devenons sérieux sur ce point, ca n’est plus un jeu et nous sommes prisonniers d’une pseudo réalité.

Soyons un acteur qui joue au mieux de ses possibilités le rôle qui lui est donné, et soyons aussi un témoin indemne et non affecté. L’un soutient l’autre.

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Madame de Salzmann dit: « Sans être fort à l’intérieur, ca n’est pas possible d’être fort à l’extérieur. Sans être fort à l’extérieur, on ne peut être fort à l’intérieur » Alors le monde entier est une scène vide!

La pratique des Mouvements offre la possibilité de renforcer et de stabiliser l’observateur, un observateur qui regarde impartialement, sans analyser, sans juger, sans désirer que ca soit différent, sans commenter.

J’ai un corps, mais je ne suis pas ce corps. Les émotions, stimulées par la pratique ne sont pas moi non plus.

Le Moi réel ne change jamais, mais les rôles, eux, changent.
Quand nous séparons la vie intérieure de l’activité extérieure de la pratique des Mouvements, nous apprenons à vivre dans 2 mondes en même temps.

Le monde de notre vie quotidienne habituelle, dans lequel nous devons être actifs et impliqués, et aussi nous apprenons à vivre dans le monde intérieur ou nous sommes en contact avec nous-mêmes, dans une profonde tranquillité.

Amiyo Devienne et Chetan Greenberg proposent des Stages de mouvements sacrés de Gurdjieff en France et dans de nombreux pays.

Ils proposent une synthèse unique entre les visions occidentale et orientale de la danse. Depuis trente ans, ils parcourent le monde, partageant leurs expériences sur le mouvement en tant que science, art et outil de développement intérieur.

Objectif : Développer par la danse et le mouvement un état de conscience plus raffiné, à la fois détendu et alerte qui nous libère de nos actes, schémas de pensée et réactions émotionnelles automatiques.
Echanges dans une atmosphère chaleureuse et respectueuse.

Voir les détails ici : www.meditationfrance.com 

La thérapie corporelle thaïe

 

 

 

Le Nuad Boran est une pratique traditionnelle reconnue par le Comité d’évaluation des médecines traditionnelles et alternatives de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Nuad signifie pression, Boran signifie ancien. Le Nuad Boran est un ancien art thérapeutique thaï qui consiste en des traitements effectués par un praticien au moyen de pressions rythmées et d’intensité adaptée, sur la musculature d’un patient.

Le praticien peut utiliser ses paumes, pouces, coudes, genoux ou pieds. Il peut aussi opérer des étirements et des mobilisations à caractère ostéopathique. À partir d’une conception particulière de la santé, la gestuelle du Nuad Boran est organisée selon des protocoles de soins qui intègrent la prise en compte des symptômes douloureux dans la dimension globale de la personne.

Le Nuad Boran a pour vocation première de prendre en charge les douleurs liées aux tensions musculaires chroniques et à les réduire.

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Les origines

De par ses origines antérieures à la constitution des États thaïs, le Nuad Boran hérite d’une composante animiste. Les Moe Mueang  (médecins traditionnels des campagnes) pratiquaient, et pratiquent toujours, différentes approches de soin dont le Nuad Boran. Cet héritage influence le Nuad Boran en termes de respect de la nature, d’intuition empathique, pour le diagnostic et en terme d’ingéniosité  pratique pour la mise en œuvre des traitements.

De par ses origines géographiques chinoises, dans le bassin du Yang Tsé Yang et ultérieurement le Yunnan, le peuple thaï a été et reste marqué par les modes chinois de représentation de la santé.

De par son adhésion au Bouddhisme Theravada survenue au XIIIe et XIVe siècle, le monde Thaï joui d’une influence de l’Inde, en matière de références médicales écrites (Ayurved), d’éthique (Dharma), d’attitudes (Mita, la gentillesse compassionnée), de comportements thérapeutiques (rythmes issus des temples, fondés sur le rythme cardiaque).

Les savoirs et savoirs faire médicaux traditionnels des Thaïs sont issus d’une interaction entre ces différents héritages qui, intimement mêlés et « digérés » au long de siècles, donnent au style de travail corporel thaï ses caractéristiques propre: travail concret, rythmé, systématique. Le praticien cherche l’efficacité et le moindre effort en utilisant au mieux la force de gravité terrestre.

Rôle des pouvoirs publics thaïs

L’âge d’or des médecines traditionnelles et du Nua Borane thaïs se situe à l’époque du royaume d’Ayutthaya (XIVe XVIIIe). Une version du Nua Borane est codifiée pour la cour royale et devient un standard pour l’aristocratie. Les praticiens ont rang d’officier de l’armée royale, des traités de médecine sont rédigés. Lors de la première ambassade de France au Siam d’Ayutthaya, en 1687, sous Louis XIV, le chroniqueur royal Simon de la Louerez écrit :

«  Quand une personne est malade au Siam,  elle commence par se préparer à offrir son corps en entier pour recevoir ensuite une personne qualifie qui monte sur la personne malade et qui la foule des pieds. »

Après la destruction d’Ayutthaya par les Birmans en 1763, la préoccupation des pouvoirs publics sera de reconstituer le réservoir des compétences médicales anciennes. D’où les gravures sur marbre dans la pagode royale de Watt Po, des méridiens thaïs effectuées pendant le règne de Rama III (1825-1851) et la rédaction de traités médicaux royaux jusqu’au règne de Rama V (1870-1910).

De 1935 à 1944 toutes les pratiques médicales traditionnelles sont interdites par la dictature militaire et les contrevenants sont poursuivis.

En 1977, lors de la conférence d’Alma Alta, l’Organisation mondiale de la santé demande aux gouvernements de protéger et d’utiliser les savoirs médicaux traditionnels pour le bénéfice de leur population. Un travail de collecte et de conservation commence alors dans les instances gouvernementales et les associations comme celle de Watt Po. En plus du recours aux textes restants, on fait appel aux praticiens des campagnes qui survivaient jusque-là cachés, pour qu’ils apportent leur contribution au mouvement de renouveau des médecines traditionnelles.

En 2002 le gouvernement thaï fonde le Département des médecines traditionnelles et alternatives dans le cadre du Ministère de la santé. Il multiplie les recherches cliniques concernant les effets des pratiques médicales traditionnelles, dispense des formations et fixe les critères de qualification à présent en cours.

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Nuad Boran dans la philosophie traditionnelle thaïe de la santé

Deux principes traditionnels sont ici à mettre en évidence :
Le Tard : Le corps humain est composé de 4 éléments Terre,  Eau,   Feu et Vent. Il y a santé quand les 4 éléments sont en harmonie, maladie ou risque de maladie quand les 4 éléments sont en déséquilibre.

Le Lhompran : le « Vent de vie. » Mot formé par la syllabe thaïe Lhom, « vent »  et la syllabe Pran  issue du sanscrit prâna, force vitale. Concept à rapprocher du pneuma des Grecs et surtout du Qi des chinois. C’est le Lhompran qui régularise le Tard. Le Nuad Boran en payant une action directe sur le flux du Lhompran favorise l’auto guérison.

Comment le Nuad Boran agit-il sur la circulation du Lhompran ? Une réponse nous est donnée par la conception que les Thaïs ont du travail sur les lignes, les sensip.

Les méridiens thaïs: Sensip

Les sensip sont des lignes tendino-musculaires, chacune associée à une ligne énergétique.

Une équivalence dans la médecine chinoise nous permet de comprendre les sensip :Les lignes Jing et Luo sont elles aussi des lignes myo-fasciales, de parcours très similaire aux sensip, à la fois distinctes et reliées aux méridiens d’acuponcture.

Le travail des sensip consiste essentiellement à dissoudre les points de tension logés sur les lignes tendino-musculaires.

Le Nuad Boran agissant directement par pression le long des sensip, provoque un surcroît de circulation sanguine qui irrigue en oxygène les fibres musculaires. Le surplus toxique de liquide acide logé dans les attachements tendineux est entraîné par une sorte de succession de douches sanguines. L’enveloppe des muscles (fascia) est manipulée de sorte qu’elle retrouve une mobilité, d’où un gain de souplesse à la fois des muscles, des os et des organes. Les pressions sur les points de tension localisés sur ces parcours ont aussi un effet réflexe par les lignes énergétiques auxquels ils sont associés.

Critères de qualité des soins

Les critères de qualité, communs aux anciennes méthodes du Nuad Boran impliquent:
– Traitements différenciés selon les symptômes et organisés en protocoles.
– Précision des localisations des lignes myo-fasciales et des points thérapeutiques
– Progressivité des pressions de manière à susciter un effet à la fois puissant et confortable, nak noom, en langue thaïe.
– Bon usage du corps du praticien pour donner les pressions selon les axes de la gravité terrestre. – Application rythmique des pressions créant un effet sophrologique
– Intégration des aspects locaux et globaux des traitements.
– La prise en compte, plus ou moins marquée selon les écoles, du confort du praticien.

Avertissement

Le Nuad Boran est un travail corporel du domaine de la santé préventive et du mieux-être. Dans les pratiques du Nuad Boran, on apporte des soins qui concernent surtout les tensions chroniques qui ne sont pas considérées médicalement comme des maladies. En cas de maladie, un médecin doit être consulté. Seul un praticien ayant reçu une formation de plusieurs années conforme aux exigences du Ministère de la santé de Thaïlande peut  véritablement s’intituler praticien de Nuad Boran thaï.

Bénéfices suivant les différents traitements 

- Aide à l’acquisition et au maintien des postures de méditation et des asanas de yoga.
– Stimule la circulation sanguine.
– Stimule le système musculaire et en améliorent l’élasticité et la force.
– Stimule les fonctions émonctorielles et participe à l’élimination des toxines.
– Stimule le système nerveux en augmentant les capacités de perception de la peau. Dans certains cas, il          favorise le sommeil.
– Stimule la fonction respiratoire en permettant le dégagement de la respiration profonde.
– Stimule la digestion en favorisant l’élasticité du transit intestinal, par la réduction des empêchements au mouvement des organes et par leur irrigation sanguine.
– Le Nuad Boran est indiqué pour la réduction des tensions chroniques et des affections communes sans gravité comme le torticolis ou le lumbago.
– Le Nuad Boran suscite le ralentissement de l’agitation mentale.
Le Nuad Boran favorise un état général de détente physique et de bien être.

Contre-indications et limites

- Ostéoporose et autres maladies dégénératives graves du tissu osseux.
– Maladies cardio-vasculaires graves.
– Diabète.
– Sclérose en plaque.
– État d’ébriété et drogues.
– Maladies hautement.
– Muscles enflammés : Traitement possible en dehors de la zone concernée.
– Fracture. Possible en dehors de la zone concernée ; avec l’accord du médecin.
– État fiévreux.
– Varices, veines gonflées: Traitement possible en dehors de la  zone d’interdiction élargie.
– Cancer : Le risque d’activer la prolifération de cellules cancéreuse n’est pas pris.
– Santé fragile, fragilité cardiaque: Une version douce de l’application du Nuad Boran est possible, en particulier avec les personnes âgées.
– Femmes enceintes : uniquement avec travail spécialisé. Nombreuses zones d’interdictions.

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Charles Breger est diplômé du Département des médecines traditionnelles & alternatives du Ministère de la santé publique de Thaïlande.

Ancien chargé du cours Culture du Nuad Boran à l’Université Silapakorn de Bangkok.

Expérience clinique à la maison de retraite de Chiang Mai, et à l’Hôpital de la marine royale de Bangkok.

Formations complémentaires: Watt Po, massage médical avancé, Fondation pour le développement des médecines traditionnelles de Nonthaburi, formation de maître praticien avec Ajarn Apichait, formateur officiel des praticiens en Nuad Boran à la cour royale de Thaïlande.   

A travaillé avec Pichert Boonthame et les maîtres aveugles Ajarn Sinchai Sukpasert et Ajarn Supatra, ainsi qu’avec de nombreux praticiens thaïs dont il a modélisé les compétences.

Charles Breger a commencé sa recherche sur le travail corporel et la thérapie des fascias en 1979 avec l’Intégration posturale, dont il a suivi la formation à San Francisco.

Auteur de “Nuad Boran”, Thérapie corporelle Thaïe, des sources à la pratique. Édition Guy Trédaniel, Charles Breger a fondé en 2008, avec Ajarn Thanapon Saebun, l’école Sensip Training à Chiang Mai où il vit depuis 12 ans. L’Ècole Sensip est située dans le temple Wat Huaykhiang qui contient un dispensaire de traitement pour handicapés ainsi que d’autres unités de soin de médecine traditionnelle thaïe pour les communautés villageoises.


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SATSONG* Yoga de la voix

 

* de Sat, la Vérité en sanscrit et Song, le chant en anglais

Postures et impostures

Pour une majorité de personnes, qu’elles le pratiquent ou non, le «Yoga» est généralement perçu comme une méthode de relaxation du corps, une gymnastique orientale (chacun fait comme il veut) ; celui-ci fera sans doute bientôt partie des Jeux Olympiques, en regard des nombreux championnats de postures qui voient le jour ici-bas.

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Mais nous-mêmes, quel idée nous faisons-nous du Yoga ? Quel intérêt cela suscite t-il en nous et pourquoi le pratiquons nous ?
Dans son sens initial, Yoga signifie Unité, c’est-à-dire union de toutes les valeurs séparées de nous-mêmes, et de notre environnement avec notre essentiel, le Soi, non manifesté et béatifique. Selon les textes de référence (hors religieux) ayant trait à la spiritualité vivante, tels que la Bhagavad Gita, le but ultime des pratiques du Yoga va beaucoup plus loin que la simple relaxation, il consiste à développer un état plus élevé de conscience, jusqu’à atteindre notre plein développement, à déchirer le voile de nos limites, de nos croyances en le « fini », y compris aux concepts spirituels, à sonner le glas de nos hautes considérations et certitudes envers ou contre l’Absolu et à s’éveiller à la Cause du rêve phénoménal que nous vivons. L’expérience directe de la Conscience transcendantale où le mental agité n’interfère plus et où l’on peut gouter la paix tout en étant dans le monde, amène cette révélation.

À partir de là, les maitres authentiques affirment que le véritable travail commence, que l’aventure de la Conscience continue ainsi que son ascension vers des degrés de réalisations supérieures. C’est pourquoi il est recommandé à ce stade d’avoir un guide averti, ou d’avoir une connaissance solide pour ne pas se perdre, se fourvoyer dans des pièges et se croire au dessus de la mêlée. A ce degré de l’éveil, même s’il est stabilisé, les vasanas encore présents (les tendances inscrites dans le vital) agissent toujours avec force et peuvent nuire au comportement de la Conscience et de la compréhension du subtil. L’égo peut encore s’avérer féroce, et les dérives que nous pouvons constater autour de nous parmi les néo-gurus sont innombrables.
Nous devons plus que jamais user de discernement, qui est un des outils principaux recommandé par le Vedanta pour faire la part des choses sur le marché spirituel, et distinguer la corde du serpent. Nous devons choisir entre la posture et l’imposture. Les textes du Yoga nous apprennent qu’il n’y a que la Vérité, pas la mienne, ni la tienne, seulement la Vérité.

Aux âmes citoyens !

C’est cette Vérité, qui ne s’oppose à rien, que nous cherchons à découvrir dans le Yoga de la Voix, avec une joie et un goût de l’effort certain. Personne ne fera le travail à notre place, nous devons avancer à notre mesure, et rendre ainsi le miracle possible. Dans cette approche de la musique sacrée, le Guru n’est autre que celui qui pratique. Nous nous confrontons donc avec notre propre Ministère de l’Intérieur pour cheminer dans la voie où les expériences participent à l’évolution, où l’auto-référence est un gage de la transformation.

On n’a pas tous les jours 20 ans (Apologue de la sagesse indienne) *

Un jour, le bien-aimé souverain Triguna qui aimait parcourir seul son royaume pour chasser l’ennui, fut attaqué en chemin par des brigands. Lançant son cheval au galop dans la forêt, le roi, intrépide cavalier, sema ses assaillants mais perdit sa route dans la cavalcade. Essayant de retrouver une piste, il aperçut au loin une lueur, et comme la nuit s’annonçait, il se dirigea tout heureux vers la lumière. À sa grande surprise, Triguna s’engagea dans une petite clairière, où une assemblée d’hommes et de femmes, assis autour d’un grand feu, écoutait religieusement les paroles d’un vieil homme. Celui ci alimentait de temps à autre le brasier, jetant une buchette dans les flammes sans rompre son discours. Ce que disait cet homme,Turyatita, résonna si fort dans le cœur et dans la tête du roi, que ce dernier fut pris de vertige. Turyatita, cet illustre inconnu disait la Vérité, la Vérité toute nue, et le Maharaja eut la certitude que c’était la Vérité elle-même qui lui parlait par la bouche du sage. C’était prodigieux ! Turyatita reconnut très vite son souverain et lui proposa généreusement de partager son maigre repas et sa cabane pour dormir. Triguna accepta avec joie, mais une fois affalé sur sa couche de paille, il ne trouva pas le sommeil. Le lendemain il passa toute la journée dans la clairière avec le groupe d’hommes et de femmes à écouter les questions des uns et des autres et les réponses inspirées du sage. Il fut à nouveau bouleversé, et il lui fut encore impossible de fermer l’oeil cette nuit-là.

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Le temps passa et la barbe du roi s’allongea. Triguna après maintes hésitations, se décida un soir à oser parler à son hôte. Dès qu’ils furent entrés dans la cabane, n’y tenant plus, le roi demanda au sage de lui révéler les secrets de cette Vérité énoncée sans répit tout au long des jours. Comment atteindre cette absolue perfection de l’être dont il spéculait avec tant d’aisance et d’amour ? Le maitre, après un large sourire, lui apprit tout d’abord qu’il n’y avait rien à atteindre et lui enseigna le Yoga de la Vérité, celui qui perce le grand mystère, le mystère du centre qui est à la fois partout et à tous les instants. Au matin, Triguna, remercia le vénérable Turyatita et suivant son injonction, s’en alla au plus profond de la forêt, sans se retourner. Il trouva vite une grotte à sa convenance près d’une source joyeuse et s’y installa.

Le roi pratiqua chaque jour le yoga de la Vérité, avec intensité, avec foi, sans questions ni doutes, tant et si bien qu’après seulement 20 ans, au fil des hivers rudes et des printemps légers, la Grâce lui rendit visite et il reconnut la Vérité en lui et en tout. Dans l’ivresse délicieuse qui ne le quittait plus, le yogi décida alors de reprendre sa route, de revenir s’occuper de son royaume pour en prendre le plus grand soin. Traversant à nouveau la forêt, se faufilant d’un bon pas entre les arbres et les taillis, Triguna, par le jeu de la volonté divine, déboucha sans y avoir songé dans la clairière de son maitre. Là, il aperçut Turyatita qui oeuvrait, majestueux tel un soleil. C’était extraordinaire ! Le vieux sage répétait mot pour mot les paroles que lui, Triguna, avait entendues en ce lieu, il y tant d’années, ce jour béni où il s’était perdu dans la jungle. Il reconnut aussi le même groupe d’hommes et de femmes autour du feu qui écoutait religieusement les réponses du vieux sage à leurs questions. Les mêmes questions que celles qu’ils avaient déjà posées au maitre 20 ans auparavant…
* adaptation Adam, pour le Yoga de la Voix.

Il était une fois…

Le Yoga de la Voix n’est pas exclusivement une pratique de chant, c’est un Yoga intégral composé de Hatha-yoga, de Karma-yoga, de Bhakti-yoga, et du Jnana-yoga. L’élément moteur principal étant la musique Hindustanie, appelée Ghandarva Gita à l’époque lointaine des Vedas. Les Gandharvas, dans la mythologie indienne, sont des musiciens célestes apparentés aux anges des diverses religions. Ils jouent leur musique magique dans un monde situé dans l’atmosphère.

 

Il est important de comprendre que la musique classique indienne aussi belle et raffinée soit-elle, découle avant tout d’une science véritable, la science des vibrations. Pourquoi est-il dit que la Ghandarva Gita est la musique éternelle de la nature manifestée ? Tout simplement parce qu’elle reflète les variations de celle-ci.
Nous savons que l’univers vibre en permanence, mais nous n’entendons rien de cette symphonie. Les Rishis, les voyants de l’Inde antique, qui eurent accès aux rythmes et fréquences des différents niveaux de la création, transmirent cette musique pour favoriser l’ordre et la paix au monde ainsi que la santé parfaite pour tous les hommes. Cette musique a traversé les âges et demeure toujours, par nature, inaltérable. Personne ne peut croire inventer quoi que ce soit concernant le pouvoir de la musique et s’approprier les effets qu’elle procure. Nous ne pouvons que découvrir ses lois, expérimenter et recueillir les bienfaits.

Cette science du son contient et révèle des secrets à qui veut les découvrir. Ses harmonies subtiles sont une force en mouvement, une énergie créatrice et transformatrice qui agit dans tous les degrés de l’être et de son environnement jusqu’à l’infini. Elle agit de façon holistique, le travail énergétique se fait où il doit se faire dans les centres subtils, tout naturellement. Le système nerveux est régénéré, libéré des stress, pacifié.
L’état de méditation survient de façon quasi automatique après une séance de chant et cela prouve bien que cette condition de tranquillité consciente imprégnée de silence pétillant, (révélée par le Yoga), est un état naturel de l’être. Cela peut sembler énigmatique à quiconque ne s’intéresse pas de près à la chose, le mystère pourtant dévoile sa réalité concrète à tous ceux qui pratiquent ce Yoga de l’harmonie universelle. Une influence nourrissante commence à remplir l’atmosphère avant d’harmoniser le petit singe mental, et plus si infinité.

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L’UN connu

On retrouve le concept des vibrations de la Création dans d’autres cultures philosophiques. La musique des sphères, d’après la théorie héritée de Pythagore, serait produite par la perfection de l’univers. Elle serait l’ensemble des vibrations qui émanent des astres et des rapports qu’ils entretiennent entre eux, et deviendrait le modèle que l’homme veut atteindre. Malgré l’origine païenne d’une telle conception, les théoriciens médiévaux ont perpétué l’idée que les distances entre les planètes représentaient des intervalles et des modulations musicales et que, finalement, à chaque planète correspondait une note de la gamme de sorte que « aux huit tons terrestres répondent les huit tons célestes ». Ceci implique, dans ce point de vue, que l’émission d’une note peut mettre en relation l’émetteur et la planète visée et que cette musique confère à chaque son une spécificité et un pouvoir particuliers susceptibles de se manifester dans la vie quotidienne des humains. (D. Gregorio « La musique dans l’astromagie alphonsine »).
Pour Saint Augustin, (Livre VI, ch. XIV) la science musicale, qui permet à l’âme de goûter à l’harmonie, à la cadence et à l’ordre présents dans le monde physique, est davantage un moyen de s’élever vers Dieu et de comprendre sa perfection que d’obtenir une quelconque reconnaissance culturelle ou sociale.

Vous avez dit modal ?

La musique modale est avant tout monodique (chant à une voix), accompagnée rythmiquement ou non, et soutenue par un bourdon (note fixe tenue). Le raffinement peut être tout aussi riche qu’en musique tonale, nuances subtiles et variations savantes, improvisations époustouflantes, séquences rythmiques complexes. En musique tonale (moderne) ce sont l’enchaînement des accords créant l’harmonie, et les superpositions mélodiques (contrepoints), qui la différencient principalement de sa soeur modale.

Eléments pratiques

La musique que nous pratiquons n’est pas un objet, elle est partie intégrante du sujet, elle résonne dans l’intimité du temple intérieur et révèle le silence qui y siège depuis toujours. Le Silence d’or. Dans cette pratique le sujet n’est pas passif, mais actif. Comme dans tout Yoga, la concentration douce est à l’honneur. Nous partons d’un centre et revenons nous poser sur le fil du Soi, tel un oiseau insouciant sur une branche de l’arbre de l’éternel printemps. Qui a dit qu’il ne fallait rien faire ? (ce qui est autant un concept que vouloir faire), que nous dit notre petit doigt spirituel, à ce propos ?
Ne rien faire, cela est possible dans l’état de sommeil profond. Or nous ne passons pas toute notre vie à dormir. Ce monde est un monde d’action, et le corps qui nous sert de véhicule est conçu pour cela. Comment agir au mieux selon les préceptes du Yoga ?

Dans la Bhagavad Gita, Lord Krishna nous dit que l’état d’âme sous-jacent à l’action est ce qui importe, et non l’action elle-même. La seule chose nécessaire est que l’esprit soit fermement ancré dans un état d’équanimité (égalité d’âme), sans désirs.
Avec un peu de lucidité, on s’aperçoit que notre vie est une répétition des mêmes choses, et que nous nous projetons sans cesse dans les objets. Nous prenons même nos semblables pour des objets. Celui qui s’est suffisamment tourné vers les objets et qui en a fait le tour, se tournera naturellement vers le sujet, vers le Divin en lui, et il évoluera au fil de son existence dans ce sens. La vie continuera et sera appréciée à l’aune du calme intérieur généré par les pratiques, au gré de la quiétude qui s’intégrera de plus en plus, jusqu’à l’avènement du coup de Grâce. Alors le monde changera enfin, délivré des trépidations incessantes du petit singe mental. L’état de Conscience transcendantale est un premier pas vers la réalisation de l’être, vers le but de toute existence, se connaitre fondamentalement, et rayonner l’Unité dans la diversité.

 

Happy end

Dans nos séances de chant, nous utilisons, entre autres, le mantra « NARAYANA» qui est un terme générique pour désigner l’Absolu. Voici une des significations de ce mot sanscrit. : Nara veut dire homme, en tant qu’âme incarnée et Ayana, le chemin. Narayana c’est donc le but de l’évolution dans la vie, la destination ultime de l’âme. C’est un mantra universel que vous pouvez psalmodier sans risque, au réveil dans votre lit, quelques minutes, et même chose au coucher. Concentrez-vous sur le souffle, dans la formulation qui suit :
Om Namo Narayénaya (dernier a+long) et inspirez par le nez. Mélodie simple, soit : sol solsol solsol la fa sol ou Sa sa sa sa sa re ni. sa

Pour conclure, nous avons la joie de vous annoncer, pour la rentrée 2016, la naissance de la transFORMATION YOGA DE LA VOIX. Cette Formation certifiante ouvre sur un certificat d’animateur (2 ans) ou de professeur de Yoga de la Voix (4 ans) . Voir détails plus bas.

Toutes les Informations concernant nos programmes sont sur le site www.yogadelavoix.com

Gratitude à l’Inde, et aux maitres authentiques. Om Shanti.
Adam S. Callejon et Nathalie Nichanian

Programme des stages printemps-été 2016 en Yoga de la Voix :

• 25 au 28 mars 2016, ERDEVEN (Morbihan) – résidentiel Pâques
• 16 et 17 avril 2016,  ST DENIS D’OLÉRON  – (résidentiel possible)
• 13 au 16 mai 2016, ERDEVEN (Morbihan) – résidentiel Pentecôte • 17 au 23 juillet 2016, St USUGE (Bourgogne) stage d’été en pleine campagne (éco-lieu)
• 6 au 12 aout 2016, ERDEVEN (Morbihan) stage d’été au bord de la mer
• 14 au 20 aout 2016,  ERDEVEN (Morbihan) stage d’été au bord de la mer
Infos sur le site : www.yogadelavoix.com

Octobre 2016 : début de la Formation certifiante en Yoga de la Voix :
Centre d’Etude et de Formation en Yoga Traditionnel CEFYT Bretagne
ॐ TransFORMATION YOGA de la VOIX ॐ
Approcher le Silence par la Musique et le Chant

La TransFormation Yoga de la Voix se développe selon deux axes principaux et complémentaires, qui définissent ses objectifs essentiels :
- Gita Marg Sadhana, la Voie Intérieure de la Musique et du Chant : une pratique, un cheminement intérieur ;
- Conduite de groupes de chant méditatif, enseignement : une voie de partage et de communion.
La TransFormation Yoga de la Voix propose une démarche de transformation personnelle et d’évolution, à l’aide de la musique sacrée de l’Inde et du chant méditatif en sanscrit. Il s’agit d’abord d’accompagner les participants pour installer le chant, la vibration, au coeur de leur vie quotidienne, et suivre ce fil jusqu’à la Pleine Présence, la Paix du coeur, le Silence, l’Unité. Ceci est un préalable pour envisager de partager/transmettre ces pratiques de chant.
La TransFormation Yoga de la Voix poursuit le but du Yoga (la connaissance, ou l’éveil à notre véritable nature), en s’appuyant sur les enseignements traditionnels de l’Inde, ainsi que sur les connaissances contemporaines.
Elle ouvre sur un certificat d’animateur (2 ans) ou de professeur de Yoga de la Voix (4 ans).
Infos sur le site : www.yogadelavoix.com/formation/

L’arrêt, le calme, le repos et la guérison

 

« La méditation bouddhiste comporte deux aspects – shamatha et vipashyana. Nous avons tendance à souligner l’importance de vipashyana – le « regard profond » qui nous apporte la vision profonde et nous libère de la souffrance et des afflictions. Mais la pratique de shamatha (« l’arrêt ») est fondamentale. Si l’on ne s’arrête pas, la vision profonde ne sera pas possible.

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Vous connaissez peut-être cette histoire zen que l’on raconte au sujet d’un homme et d’un cheval. Le cheval galope à toute allure et, de toute évidence, l’homme à cheval semble se rendre à un endroit important. Un autre homme se tenant au bord de la route lui crie : « Où vas-tu ? et le premier homme lui répond : « Je ne sais pas. Demandez au cheval. » C’est aussi notre histoire. Nous ne sommes pas différents de cet homme à cheval : nous ne savons pas où nous allons et nous ne pouvons pas arrêter le cheval. Ce cheval est notre énergie d’habitude qui nous pousse en avant, malgré nous. Nous passons notre temps à courir et c’est devenu une habitude. Nous luttons tout le temps, même en dormant. Nous sommes en guerre contre nous-mêmes et prêts à déclarer la guerre aux autres.

Nous devons apprendre l’art de nous arrêter – arrêter nos pensées, nos énergies d’habitude, notre oubli et les émotions fortes qui nous gouvernent. Lorsqu’une émotion s’empare de nous, tel l’orage, nous ne sommes pas en paix. Nous allumons la télévision pour l’éteindre aussitôt après. Nous prenons un livre pour le reposer immédiatement. Comment peut-on mettre fin à cet état d’agitation ? Comment peut-on mettre fin à notre peur, notre désespoir, notre colère et notre avidité ? C’est possible en pratiquant la respiration consciente, la marche consciente, le sourire conscient et le regard profond qui permet la compréhension. Lorsqu’on est en pleine conscience, touchant profondément le moment présent, les fruits sont toujours la compréhension, l’acceptation, l’amour et le désir d’apaiser la souffrance et d’apporter de la joie.

 

Mais nos énergies d’habitude sont souvent plus fortes que notre volonté. On dit et fait alors des choses qu’on ne voudrait pas faire, pour le regretter par la suite. On cause de la souffrance, à soi-même et aux autres, et beaucoup de dégâts. Ce n’est peut-être pas notre intention, mais on ne peut pas s’en empêcher. Pourquoi ? Parce que nos énergies d’habitude (vashana) nous poussent à le faire.

Nous avons besoin de l’énergie de la pleine conscience pour reconnaître et apporter notre présence à notre énergie d’habitude afin de stopper la destruction en cours. Avec la pleine conscience, nous avons la capacité de reconnaître l’énergie d’habitude chaque fois qu’elle se manifeste. « Bonjour, mon énergie d’habitude, je sais que tu es là ! » Simplement en lui souriant, elle perdra déjà beaucoup de sa force. La pleine conscience est l’énergie qui nous permet de reconnaître notre énergie d’habitude et de l’empêcher de nous dominer.

L’oubli est l’opposé. Nous buvons une tasse de thé, mais nous ne savons pas que nous buvons une tasse de thé. Nous sommes avec la personne que nous aimons, mais nous ne savons pas qu’elle est là. Nous marchons, sans vraiment marcher. Nous sommes ailleurs, en train de penser au passé ou au futur. Le cheval de notre énergie d’habitude nous emporte au loin, et nous sommes son captif. Nous avons besoin d’arrêter notre cheval et de reconquérir notre liberté. Nous avons besoin d’éclairer de la lumière de la pleine conscience chaque chose que nous faisons, afin que l’obscurité de l’oubli puisse disparaître. La première fonction de la méditation – shamatha – est de s’arrêter.

 

La deuxième fonction de shamatha est de calmer. Quand on est sous l’emprise d’une émotion forte, on a beau savoir qu’il peut être dangereux d’agir, on n’a pas la force ou la clarté de s’abstenir. Nous devons apprendre l’art de la respiration consciente, l’art de cesser nos activités et de calmer nos émotions. Nous devons apprendre à devenir solides et stables comme un chêne, pour ne pas être emportés d’ici de là par la tempête. Le Bouddha nous a enseigné de multiples techniques pour nous aider à calmer notre corps et notre esprit et les regarder profondément. Ces techniques peuvent être résumées en cinq étapes :

- Reconnaître. Si l’on est en colère, on dit : « Je sais que la colère est en moi ».

- Accepter. Si l’on est en colère, on ne le nie pas. On accepte ce qui est présent.

- Embrasser. On prend sa colère dans ses bras comme une mère prendrait son bébé en pleurs dans ses bras. Notre pleine conscience embrasse notre émotion et cela suffit déjà à calmer notre colère et à nous calmer.

- Regarder profondément. Une fois notre calme retrouvé, nous pouvons regarder profondément ce qui a fait naître cette colère, ce qui a causé la gêne de notre bébé.

- Pratiquer la vision profonde. Le fruit du regard profond est la compréhension des nombreuses causes et conditions, principales et secondaires, qui ont fait naître notre colère, qui ont fait pleurer notre bébé. Notre bébé a peut-être faim, à moins que sa couche ne soit trop serrée. Notre colère a été déclenchée par les paroles blessantes qu’un ami vient de nous dire, et soudain on se rappelle qu’il ne va pas très bien aujourd’hui parce que son père est sur le point de mourir. Nous continuons de pratiquer le regard profond jusqu’à commencer à comprendre ce qui a pu causer notre souffrance. Avec la vision profonde, nous savons ce qu’il faut faire et ne pas faire pour changer la situation.

Après le calme, la troisième fonction de shamatha est le repos. Imaginons qu’une personne lance un caillou dans la rivière. Le caillou se laisse couler lentement et atteint le lit de la rivière sans effort. Une fois qu’il a atteint le fond, le caillou ne bouge plus et laisse couler l’eau. Quand nous pratiquons la méditation assise, nous devons reposer comme ce caillou. Nous pouvons nous laisser couler naturellement dans la position assise – à demeurer sans effort. Nous devons apprendre l’art de nous reposer, de laisser notre corps et notre esprit se reposer. Si nous avons des blessures dans notre corps ou dans notre esprit, nous devons nous reposer de façon à ce qu’elles puissent guérir d’elles-mêmes.

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Le calme nous aide à nous reposer, le repos étant une condition indispensable à la guérison. Quand des animaux de la forêt sont blessés, ils cherchent un endroit pour s’allonger sans rien faire d’autre que se reposer pendant plusieurs jours. Ils ne pensent pas à manger ni à quoi que ce soit d’autre. Ils se reposent tout simplement, et c’est ainsi qu’ils guérissent. Mais lorsque nous autres humains tombons malades, nous angoissons ! Nous recherchons des médecins et des remèdes, sans nous arrêter pour autant. Même quand nous passons des vacances à la mer ou à la montagne, nous ne savons pas nous arrêter et nous rentrons encore plus fatigués qu’avant. Nous devons apprendre l’art de nous reposer. La position allongée n’est pas la seule position pour se reposer. On peut très bien se reposer en pratiquant la méditation assise ou la marche méditative. La méditation ne doit pas être laborieuse. Laissez simplement votre corps et votre esprit se reposer comme un animal dans la forêt. Ne luttez pas. Il n’y a rien à atteindre. J’écris un livre, mais je ne lutte pas. Je me repose aussi. Je vous en prie, lisez d’une manière joyeuse et reposée. Le Bouddha a dit : « Mon Dharma est la pratique de la non-pratique. (1) » Pratiquez de telle sorte que cela ne vous fatigue pas, et donnez à votre corps, à vos émotions et à votre conscience la possibilité de se reposer. Notre corps et notre esprit ont une capacité d’auto-guérison si on les laisse se reposer.

L’arrêt, le calme et le repos sont les conditions nécessaires pour que la guérison puisse avoir lieu. Si l’on ne s’arrête pas, la destruction en cours ne fera que continuer. Le monde a besoin de guérison. Les individus, les communautés et les nations ont besoin de guérison. »

(1) Dvachadvarimshat Khanda Sutra (Soutra aux quarante-deux paragraphes), Taisho 789.

 

Extrait de THICH NHAT HANH. – Le Coeur des enseignements du Bouddha : Les quatre nobles vérités, le noble sentier des huits pratiques justes et autres enseignements fondamentaux du bouddhisme. – Paris, Editions de La Table Ronde, 2000. – Chp 6. L’arrêt, le calme, le repos et la guérison. P.32-42. – 2-7103-0987-4
Source : Blog « Les chemins de la sagesse

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