Archives pour la catégorie AU TAO DU MIEUX ETRE

Rituel contre l’anxiété

 

Que faites-vous d’habitude lorsque l’inquiétude est là ?

Vous essayez de la résoudre. Vous essayez des alternatives et vous vous y enfoncez de plus en plus. Vous créerez un plus grand désordre parce que l’inquiétude ne peut pas être résolue par la pensée. Elle ne peut pas être dissoute par la pensée parce que la pensée elle-même est une sorte d’inquiétude.

Cette technique dit:
ne faites rien avec l’inquiétude. 
Soyez simplement vigilant !

Voici une vieille anecdote à propos de Bokuju, un maître Zen.

Il vivait seul dans une grotte, mais pendant la journée ou même pendant la nuit, il disait et parfois fort: « Bokuju » – son propre nom et il disait ensuite: « oui, je suis ici. » Et personne d’autre n’était là.

Alors ses disciples avaient coutume de lui demander: 
« Pourquoi appelez-vous « Bokuju », votre propre nom et ensuite énoncer: « Oui monsieur, je suis ici ? » 

 

Anxiété

Il dit: 
« Chaque fois que je me mets à penser, je dois me rappeler d’être vigilant et donc j’appelle mon propre nom: « Bokuju ». Au moment où j’appelle « Bokuju » et que je dis: « Oui monsieur, je suis ici, » la pensée, l’inquiétude disparaît. 

Puis vers la fin de sa vie, pendant deux ou trois ans, il n’a jamais plus appelé: « Bokuju, » son nom et n’a jamais plus répondu: « Oui monsieur, je suis ici. » 

Les disciples ont demandé: 
« Maître, maintenant vous ne le faite plus jamais. » 

Alors il a dit: 
« Mais maintenant Bokuju est toujours là. Il est toujours là et il n’y a plus besoin. Avant j’avais l’habitude de le manquer. Parfois l’inquiétude me prenait, m’enveloppait complètement et Bokuju n’était pas là. Aussi, je devais me rappeler: « Bokuju » et l’inquiétude disparaissait.

 

Essayez avec votre nom. Lorsque vous sentez une angoisse, appelez simplement votre nom – pas « Bokuju » ou n’importe quel autre nom, mais votre nom – et répondez-y ensuite, « Oui monsieur, je suis ici » et sentez la différence.

L’inquiétude ne sera pas là. Au moins pendant un petit moment, vous aurez une lueur au-delà du flou et cette lueur peut être approfondie. 
Une fois que vous savez que si vous devenez alerte, l’inquiétude n’est plus là, elle disparaît; vous êtes parvenu à une profonde connaissance de votre propre être et du mécanisme du travail intérieur.

Une fois que vous savez que si vous devenez alerte, l’inquiétude n’est plus là, elle disparaît; vous êtes parvenu à une profonde connaissance de votre propre être et du mécanisme du travail intérieur.

proposé par www.meditationfrance.

L’INDIVIDU VERITABLE A UN ROLE A JOUER

 

Par la réalisation de sa véritable individualité, chaque être humain est appelé à jouer le rôle que la Totalité universelle lui assigne. Il doit être comme une fenêtre ouverte, ici, en « surface » où s’exprime en lui et par lui l’infinitude du champ de conscience universel. Il est dès lors un membre actif du « Corps cosmique ».

 Nous avons insisté à maintes reprises sur la vision de la nouvelle physique quantique et de la biologie systémique évoquée par Fr. Capra, David Bohm et plusieurs savants tels E. Jantch. Ceux-ci considèrent la Totalité-Une de l’Univers comme l’unité organique d’un seul et même « Grand Vivant » suprêmement substantiel.

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Le corps cosmique du Grand Vivant s’exprime à travers les membres innombrables que sont les véritables individus, libérés de leur égo. Le rôle de chaque unicité individuelle peut être comparé à celui que jouent les notes particulières dans la Grande Symphonie universelle. Ce rapprochement n’est d’ailleurs pas nouveau.

Chaque note possède sa singularité propre se traduisant par un son restant toujours unique mais vibrant et se renouvelant sans cesse parce qu’il s’accorde aux rythmes toujours changeants du Grand Vivant. Il est à remarquer que sans le recours au jeu des notes innombrables et différentes qui la constituent, la symphonie ne pourrait exister. Un rapport identique existe entre les parties et le Tout, entre les individus et l’Universel. La notion de Corps Cosmique évoquée dans les sagesses antiques, tel le Dharma Kaya dans le Védanta ou le Corps de Bouddha dans le bouddhisme ou « le Corps de Christ » dans l’ésotérisme chrétien se trouve curieusement mise en évidence par la nouvelle physique quantique. Fr. Capra le souligne dans le « Tao de la Physique » où il écrit  : « L’expérience du Corps est en fait soulignée dans bien des traditions orientales et est considérée comme la clef de l’expérience mystique du monde. »

Lorsque nous sommes en bonne santé, nous ne sentons aucune fragmentation de notre corps mais le percevons comme un tout unifié, et cette conscience engendre un sentiment de bien-être et de bonheur. De façon semblable, le mystique perçoit l’intégralité de l’Univers comme un prolongement du corps. » La notion de « corporéité cosmique » est évoquée par le Lama Govinda qui déclare que pour « l’homme éveillé, dont la conscience embrasse l’Univers, l’Univers devient son corps, tandis que son corps physique devient une manifestation de l’esprit universel et sa vision intérieure, une expression de la Réalité Suprême ».

 Les physiciens d’avant-garde, tels David Bohm et Fr. Capra, considèrent que l’essence ultime de la matière est le lieu de la plus haute concentration d’énergie. La nouvelle physique quantique enseigne que seuls les champs sont substantiels, et que, par contraste, la matière qui nous est familière — et qui pour nous est le symbole de la substantialité — est presque insubstantielle. La notion de la corporéité cosmique qui vient d’être évoquée, associée aux enseignements de la Bhagavad Gîta, nous suggère une image un peu simpliste. Nous citons à ce propos les versets de la Bhagavad Gîta : « Treizième dialogue » :

« CELA a des mains et des pieds, des yeux et des têtes, des oreilles et des bouches partout. CELA réside dans le monde et embrasse toutes choses ».

« Rayonnant de toutes les facultés des sens sans en avoir aucun; détaché de tout, libéré des qualités. IL perçoit les qualités».

« A l’extérieur et au-dedans de tous les êtres, immobile et mobile, d’une subtilité imperceptible, tout près et bien loin de nous est CELA ».

« Indivisible, IL réside dans tous les êtres comme s’il était partagé. IL est CE qui soutient tous les êtres.

IL absorbe et IL génère ».

« CELA, Lumière des lumières est, dit-on, par-delà les ténèbres. C’est la Sagesse et l’objet de la Sagesse que peut connaître la Sagesse qui réside dans le cœur de chacun».

Le Corps Cosmique du Grand Vivant possède des milliards de membres que sont tous les êtres humains. Il a des milliards de pieds, de jambes, d’oreilles et d’yeux. Un de nos instructeurs chinois le comparaît à un immense myriapode, sorte de millepatte géant se mouvant à l’aide de ses milliards de pseudopodes. Sans eux, il ne peut avancer. Chaque être réalisant parfaitement son individualité permet à la Totalité universelle de s’exprimer dans la souplesse que lui suggère l’Holomouvement.

En revanche, l’être humain prisonnier de son égoïsme et identifié à son image résiste à l’impulsion créatrice. En conclusion, nous avons un rôle à jouer. L’adéquacité de notre comportement dans une présence au Présent toujours renouvelé nous permet d’être une articulation parfaite, dans le temps et l’espace de CELA, de la Totalité-Une qui est au-delà du temps et de l’espace parce qu’Elle est à la fois immanente et transcendante. Le dépassement de l’égo n’est donc pas une annihilation mais une Plénitude. Ceci a été admirablement exposé par John Blofeld: « Le Tao transcende à la fois le fini et l’infini.

Puisque le Tao est tout et que rien ne lui est extérieur, lorsqu’un être finit par laisser tomber l’illusion d’une existence séparée, il n’est pas perdu dans le Tao comme une goutte de rosée qui se fond dans la mer. Plongez le fini dans l’infini, et bien qu’il ne reste qu’un, le fini, loin d’en être diminué, assume la stature de l’Infini ». « Ceux qui ne sont que logiciens n’approuveront pas mais si vous percevez la signification cachée, vous rirez de leurs arguties. Votre perception vous mettra face à face avec le véritable secret chéri par tous les Sages accomplis; un secret vaste, glorieux, à peine concevable.

L’esprit de celui qui revient à la Source devient la Source. Votre esprit, par exemple, est destiné à devenir l’Univers ». La nature exacte des rapports entre l’individu véritable et la totalité universelle permet de donner la seule réponse valable au problème de la mort. Celui-ci ne s’éclaircit vraiment qu’à partir du moment où nous avons pu discerner les parts respectives du « résiduel » et du « vivant » dans le corps cosmique. La compréhension du rapport exact existant entre le « résiduel » et le « vivant », entre le Passé et le Présent intemporel entraîne une métamorphose complète de notre approche du problème de la mort.

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Celui-ci ne nous suggère plus le climat d’angoisse et souvent de drame qui est généralement prédominant. Précisons cependant que la dédramatisation du problème de la mort ne peut être atteinte par une compréhension se limitant au niveau intellectuel et verbal. Il s’agit d’un problème fondamental dont la solution requiert une méditation approfondie, un « penser-sentir » intuitif et un silence intérieur capables de nous délivrer des perpétuelles auto-occupations de l’égo. L’attitude intérieure correcte et dédramatisée du problème de la mort ainsi que les rapports entre la conscience personnelle familière et la conscience cosmique sont exposés de façon très claire ne laissant subsister aucune ambiguïté par Renée Weber

Extrait du livre : L’arbre de vie cosmique et ses fleurs de Robert LINSSEN – Editions « Etre Libre » 1987 

METHODE POUR DE BONNES VACANCES CHEZ SOI

 

S’aménager une pause « hors du monde » n’est pas réservé aux moines ou aux croyants. Nous pouvons tous, sans sortir de notre cadre de vie, nous retirer pour mieux nous relier. À notre dimension intérieure, mais aussi aux autres.

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Se retrouver

Se retirer de l’agitation du monde, seul, chez soi, pour quelques heures ou quelques jours : la retraite spirituelle n’est pas une nouvelle façon de pratiquer l’art du cocooning régressif, mais bien une occasion de se relier à la dimension spirituelle de notre être. Cette part de nous si souvent négligée dans nos quotidiens chahutés, qui se manifeste parfois en présence du sacré ou du beau et nous donne l’impression d’être pleinement vivant. La retraite spirituelle est un outil – parmi d’autres – pour en faire l’expérience consciente. « Chez soi ou dans une communauté, la retraite est une respiration du corps et de l’esprit qui nous permet d’aller vers un horizon qui nous dépasse, vers un vide et un silence habités par autre chose que le faire ou l’avoir, explique Patrice Gourrier, prêtre et psychologue conscient, auteur avec Jérôme Desbouchages de 40 Jours avec Maurice Zundel et les Pères du désert (Presses de la Renaissance, 2009).

Alain Gamichon, psychologue et psychothérapeute, souligne l’intérêt de la gratuité de cette démarche : « Faire une retraite spirituelle est un acte que l’on pose par rapport à soi-même et dont les résultats ne sont pas immédiatement visibles. Il se peut même que le ressenti sur le moment soit inconfortable, physiquement et psychiquement. Le silence, l’acte conscient, la lecture d’un texte spirituel, une nourriture frugale…, tout cela constitue une véritable ascèse pour nous qui sommes habitués aux gratifications immédiates et dopés aux performances sociales ! » Et c’est justement parce que nous subissons tous les mêmes contraintes et courons derrière les mêmes leurres que cette retraite n’est pas réservée aux seuls croyants. Même si ces derniers peuvent évidemment trouver, dans cette pratique « hors cadre », une occasion de vivre pleinement leur foi.

Se préparer

Une retraite nécessite un état d’esprit particulier. « Il faut avant tout avoir le profond désir de vivre quelque chose de différent, de s’aménager un temps d’arrêt qui ne soit pas un “cesser de faire”, précise Patrice Gourrier, mais un “faire autrement”, en partant de l’intérieur de soi, le contraire de ce que la majorité d’entre nous vit tous les jours. » C’est pour cela que cette pause exige une rupture nette avec nos gestes, nos pensées et nos réflexes habituels. Ni téléphone, ni visite, ni radio, ni télévision, ni personne d’autre chez soi, mais un silence choisi, pour entrer symboliquement dans un nouvel espace-temps. Pour être féconds, ce silence et cette solitude doivent être encadrés. À la manière de la journée monastique, scandée par les temps d’activité et les temps de méditation ou de prière.

« Il est essentiel de s’impliquer totalement dans ce projet, de se donner les moyens de faire de la place pour laisser advenir l’inconnu de soi, cette dimension de son être que nous ne soupçonnions peut-être même pas », affirme Alain Gamichon. Choisir ses vêtements (très confortables), sélectionner des citations, des poèmes ou des textes spirituels, disposer des bougies, de l’encens, composer un petit autel ou s’aménager un lieu de méditation… Chacun de ces actes, qui modifie imperceptiblementnotre état d’esprit, nous prépare à entrer, en conscience, dans un univers différent.

Apprendre à s’arrêter

Nous sommes peu habitués à expérimenter cette suspension de la pensée et de l’action ordinaires. Aussi, ne nous étonnons pas si des sentiments d’impatience, d’agacement ou d’ennui surviennent. Contentons-nous de les remarquer, de les accueillir et de les laisser se dissiper. La difficulté fait partie du voyage : il s’agit d’une ascèse et non d’un week-end «bulle » !

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Respirer

« Tout commence par la respiration, constate Patrice Gourrier. C’est la meilleure façon d’apprivoiser ce que j’appelle le “temps d’arrêt du corps”. Un exercice très simple consiste à inspirer en pensant “J’inspire la vie” et à expirer en pensant “Je souffle ce qui m’oppresse”. » C’est aussi ce que Thich Nhat Hanh, maître zen vietnamien, appelle la « pleine conscience de la respiration » dans La Respiration essentielle, notre rendez-vous avec la vie (Albin Michel, “Spiritualités vivantes”, 2003).. En position assise, le dos doit être droit, les épaules baissées, la mâchoire détendue et le ventre souple. Les yeux sont fermés pour favoriser la conscience corporelle. Les taoïstes préconisent des séries de trois respirations profondes et amples qui amènent une contraction du bas-ventre à l’inspiration et son relâchement à l’expiration. La respiration consciente Établir un programme est le préalable indispensable à une vraie retraite. Nous avons respecté ici les séquences communes aux différentes traditions spirituelles. Les temps de lecture ou de méditation durent, pour les débutants, entre un quart d’heure et une demi-heure. Chaque activité est précédée par une pause de respiration consciente. Une journée type et profonde (elle ne doit jamais être forcée) est recommandée pour faire le calme en soi, avant et après chaque activité du corps ou de l’esprit.

Lire

Une fois le corps apaisé et l’esprit calmé, nous pouvons goûter à des nourritures plus denses, comme la lecture de textes spirituels ou poétiques. « Je conseillerais un seul texte court dans la même journée (psaume, sourate, koan, poème ou sutra…) pour éviter de se disperser ou de trop solliciter le mental », poursuit Alain Gamichon. Le thérapeute préconise de lire et relire ces phrases, d’y revenir plusieurs fois. « Il s’agit de “mâcher” les mots et de les laisser cheminer en soi… Leur sens, leur musicalité, leur poésie, leur résonance vont évoluer au fil des heures et soulever en nous des questions, des émotions, ouvrir ou fermer des portes. » La lecture peut être faite à voix haute ou en silence. L’important est de bien ressentir le poids et la tonalité de chaque mot, puis de l’ensemble du texte.

Méditer

Cette pratique, dont le moine bouddhiste Matthieu Ricard dit dans L’Art de la méditation (NiL, 2008) qu’elle consiste à « se transformer soi-même pour mieux transformer le monde », continue à intimider ou à rebuter. Elle est pourtant d’une simplicité enfantine. Il est essentiel de commencer par choisir la plus simple des positions : assis sur une chaise, le dos droit, le menton légèrement rentré, les mains posées, paumes vers le haut, sur les cuisses, les pieds parallèles, bien à plat, distants de trois poings l’un de l’autre. Pendant une vingtaine de minutes, les yeux mi-clos, il s’agit de respirer amplement mais sans forcer par le nez, de laisser ses pensées traverser son esprit sans tenter de les chasser ni de les retenir. Nous pouvons également méditer à partir d’un thème spirituel. Matthieu Ricard en propose plusieurs, dont l’« impermanence » : « Pensons à la succession des saisons, des mois et des jours, de chaque instant, et aux changements qui affectent chaque aspect de la vie des êtres… »

Pour les personnes croyantes, la retraite spirituelle offre aussi l’occasion de renouer avec la forme la plus intime de la spiritualité : la prière. « Chacun, avec ses mots, peut demander de l’aide, dire sa peur, sa colère, ses doutes, formuler sa gratitude, précise Patrice Gourrier. Nous pouvons tous ouvrir cet espace en nous pour entamer ce dialogue, nous alléger et trouver de nouvelles forces. » Il arrive d’ailleurs souvent que les prières de l’enfance resurgissent, nimbées d’une émotion, d’une saveur et d’une profondeur insoupçonnées.

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Agir en pleine conscience

Au temps de la contemplation succède le temps de l’action. Revenir dans le mouvement nous ramène à notre dimension matérielle, incarnée, et nous rappelle que celle-ci est aussi importante que notre part spirituelle. L’unité du corps et de l’esprit ne peut se faire qu’en expérimentant en conscience les deux dimensions de notre être.

Marcher

Après chaque séance de méditation, la marche donne un coup de fouet à l’énergie vitale, qu’elle fait circuler dans tout le corps. Cet exercice est silencieux, lent et conscient. Faire quelques pas dans son appartement ou sortir dans son jardin (mieux vaut éviter la rue pour ne pas être distrait). Avant chaque marche, il est bon de procéder à une série de trois respirations nasales, profondes et amples. Pieds nus de préférence, amorcer le mouvement du pied sur l’inspiration et le poser sur l’expiration, tandis que les épaules restent basses et le dos droit. L’exercice se poursuit sur ce même rythme : inspiration (je lève le pied) et expiration (je pose le pied).

Travailler

La vie monastique associe contemplation et travail. Ranger, nettoyer, cuisiner…, ces actes devenus automatiques, lorsqu’ils sont faits lentement et en habitant ses sensations, sont une manière de célébrer la vie, Dieu ou l’univers. « Se connecter à ses sens remet le corps au centre, c’est une façon de le sortir de sa stricte fonctionnalité et d’en faire un outil d’éveil », analyse Alain Gamichon. Ranger peut clarifier l’esprit, balayer peut apaiser les émotions… Dans certaines communautés, les tâches les plus ingrates ou les plus dures sont effectuées en offrande. Pourquoi ne pas faire de cette pile de papiers en désordre son Himalaya personnel ?

Manger

« Quand vous faites la cuisine, ne regardez pas les choses ordinaires d’un regard ordinaire, avec des sentiments et des pensées ordinaires », écrit le maître spirituel japonais Dôgen dans Instructions au cuisinier zen (Le Promeneur, 1994).. Il est conseillé de prévoir des repas simples, légers, végétariens de préférence. L’exercice consiste ensuite à prêter attention à la texture, la couleur, l’odeur des aliments que nous manipulons. Garder à l’esprit qu’un simple bol de soupe préparé avec attention, humé et dégusté est une célébration de la vie. Manger lentement, en silence, en ressentant de la gratitude pour ce que nous mâchons et avalons, de la compassion pour tous ceux qui sont dans le manque. Ce ressenti a valeur de partage, il renforce notre sentiment d’appartenance à la communauté des hommes, dès lors que nous nous y attardons et que nous nous efforçons de l’éprouver profondément.

Revenir dans le monde

La retraite s’achève. Que nous soyons impatient de retrouver notre rythme ou désireux de prolonger l’expérience, il n’y a pas de règle : il importe d’agir selon notre désir et notre besoin. Autre possibilité : tenter de poursuivre l’expérience avec un groupe d’amis, en couple ou en famille. L’essentiel est de goûter à une autre qualité d’être. À une façon différente d’entrer en relation avec soi et avec les autres. Car la retraite spirituelle est tout sauf un repli sur soi.

A lire

À la recherche de la sérénité d’Anne Ducrocq. L’auteure a effectué une retraite dans chaque « famille » de lieux – communautés chrétienne, bouddhiste, zen ou « à la croisée des spiritualités » – et en rend compte d’une manière vivante et personnelle (Albin Michel, à paraître le 19 mai).

Petite retraite à la maison d’Alain Quilici Dominicain, l’auteur propose quelques pistes pour apprendre à cultiver sa spiritualité pendant sept jours, chez soi, au fil de méditations et de prières (Presses de la Renaissance, 2009).

Arbres qui veulent du bien à notre peau

 

 

Trait d’union entre le ciel et la terre, l’arbre représente l’équilibre parfait. Symbole de force et de paix, il est, depuis des millénaires, le meilleur ami de l’homme, qu’il abrite, réchauffe et soigne. Si l’on connaît depuis longtemps les vertus médicinales de ses différentes essences, la découverte de ses vertus cosmétologiques est plus récente. Sa pousse lente et sa longévité, doublée d’une extraordinaire résistance à la pollution, en font un modèle parfait d’adaptation, qui inspire les chercheurs et les professionnels de la beauté.

LES ARBRES

Une fabuleuse réserve biologique

« Structure, tissus, cellules : les similitudes entre l’arbre et la peau sont frappantes, souligne Gérard Redziniak, docteur en biologie (directeur scientifique recherche et développement pour le groupe Pacific Europe). Tous deux sont régis par des cycles ; la peau, en desquamant et se renouvelant, perd en quelque sorte ses feuilles ; l’épiderme est planté dans le derme comme l’arbre dans la terre… »

L’arbre est également une fabuleuse réserve biologique. Il fournit une profusion de substances naturelles que le corps reconnaît, et qu’il assimile donc mieux. Parmi celles-ci, des flavonoïdes (anti-inflammatoires), des quinones (dépigmentants), des hormones végétales (par exemple les auxines, qui régissent la croissance), des sucres filmogènes et hydratants (hydratation des couches supérieures de l’épiderme), et même des filtres solaires.

Surtout, l’arbre a un énorme avantage sur les plantes de petite taille : « Plus les espèces végétales vivent longtemps, plus leur capital antiradicalaire est élevé, poursuit Gérard Redziniak. Vivant jusqu’à 2000 ans pour certaines espèces (le baobab, le cèdre japonais ou le séquoia), l’arbre a dû développer des molécules de défense et de protection pour s’adapter à son environnement. Ses propriétés antioxydantes sont donc beaucoup plus puissantes que celles des plantes et sont déterminantes pour préserver la jeunesse de la peau. On les retrouve en toute logique dans de nombreux produits de soin. »

Un bouclier antipollution

La capacité d’absorption de la pollution des arbres est également phénoménale. Le ginkgo biloba a résisté aux radiations de Hiroshima ; les graines de Moringa oleifera (un arbre indien) ou les bourgeons de hêtre captent les métaux lourds, empêchant les agents polluants de pénétrer dans l’épiderme.

« Les extraits sylvestres offrent moins de fluctuations que les extraits de plantes, soumis aux aléas des récoltes », explique Jacques Leclère, biologiste (consultant recherche et développement pour les marques Nuxe et Mességué). Mais la provenance de l’arbre est essentielle car, d’une région à l’autre, les actifs seront différents, en fonction du milieu, des conditions climatiques, des prédateurs…

Une protection naturelle

« Le principe actif est toujours un élément de défense et d’adaptation de l’espèce végétale contre ce qui va l’attaquer », poursuit le spécialiste. Ainsi, les arbres qui vivent en milieu humide, comme les palétuviers dans la mangrove, poussant entre eau douce et eau salée, développent des substances antifongiques qui leur permettent d’éviter les moisissures. En milieu sec, place aux substances qui retiennent l’eau et régulent le taux d’hydratation à l’intérieur du tissu végétal ; c’est le cas du Pinus lambertiana, un arbre des régions sèches et ventées. Ces molécules sont également bénéfiques pour notre peau : elles créent un film protecteur qui renforce la fixation de l’eau. Certains acacias du Nigeria, un peu trop appréciés des antilopes, produisent un ingrédient coupe-faim pour empêcher ces dernières de les dévorer, mais cet élément n’est pas utilisé, sa toxicité sur l’homme étant trop élevée.

Mystérieux et bienfaisant, l’arbre continue de parler à notre imaginaire. Ce qui pourrait expliquer l’attrait croissant pour les actifs sylvestres. L’idée que notre peau pourrait tirer sa force de l’arbre et vieillir aussi harmonieusement que lui n’y est sans doute pas étrangère…

intelligence plante arbre

Zoom sur la sylvathérapie

Déposée par le laboratoire Atmaé, la Sylvathérapie désigne les compléments nutritionnels qui puisent leurs bienfaits dans la forêt. 

Leurs atouts ? Ils renferment du Pycnogenol, un extrait issu de l’écorce fraîche du pin maritime des Landes, aux vertus antioxydantes, « respectivement soixante et cent fois supérieures à celles des vitamines E et C », assure Jean-Marie Pelt, pharmacien agrégé, botaniste-écologiste. Cette molécule, dénuée de toute toxicité, a fait l’objet de plus de cent quarante publications scientifiques. Utilisée dans l’industrie alimentaire et pharmaceutique, elle améliore la circulation sanguine, protège les fibres de collagène, active la lipolyse et le bronzage.
Gélules Anti-âge Fermeté, Lign’Active et Soleil 365, Atmaé, 23 €. En pharmacies et parapharmacies.

Cueillette d’automne

Feuilles, bourgeons, racines, écorce, fruits, graines, sève, résine… Tout peut être exploité dans l’arbre. Nous avons sélectionné des produits aux actifs de haute qualité, en affinité avec l’épiderme, rapidement absorbés et utilisés par celui-ci. 
Autre bénéfice : la peau s’y habitue moins vite, comme c’est le cas de toutes les substances naturelles.

 

1.      Saule blanc (feuilles)

  1. Les feuilles de saule blanc protègent la peau contre toute forme de stress, y compris celui lié à l’environnement. Cette crème de jour répare les dégâts occasionnés par les radicaux libres, préserve la fermeté des tissus et stimule la production des béta-endorphines, neuromédiateurs qui favorisent le bien-être.
    All Day All Year Sisley,50 ml, 200 €.

 

2. Palmier (fruit)
A l’huile de palme, ce savon respecte le film protecteur naturel de la peau. Semblable à une pièce de bois sculptée, il délivre un parfum délicat de sève et de résine.
Savon symbole acajou Melvita,100 g, 4,10 €.

 

3. Hêtre (bourgeons)
D’une composition en acides aminés voisine de celle de la peau, le bourgeon du hêtre offre des bienfaits anti-âge. Lissant, régénérant et restructurant, il renforce l’élasticité des tissus, atténue les rides et améliore l’hydratation de l’épiderme.
Masque intensif Epivie Harmonie végétale Mességué, 50 ml, 22 €.

 

4. Olivier (feuilles et fruits) 
Adoucissants et antiradicalaires, les extraits d’olivier – feuilles, fruits et eau d’olive – permettent à cette lotion d’hydrater les mains et de les protéger des agressions extérieures.
Lotion hydratante quotidienne mains L’Occitane en Provence, 300 ml, 15 €.

 

5. Castanha (noix du Brésil)
Gorgée de vitamines, protéines, acides gras essentiels et sélénium, cette huile, idéale au retour des vacances, satine la peau et illumine le hâle. Son parfum sensuel est un vrai régal !
Elixir d’huile corps Ekos Natura Brasil, 200 ml, 20 €.
En vente sur www.natura.com

 

6. Bocoa (feuilles et écorce) 
Les Saramacas de Guyane utilisent le bocoa dans leur « bain de force », un rituel qui leur redonne énergie et courage. Clarins a breveté cet extrait qui raffermit intensément la peau.
Soin raffermissant corps multirégénérant Clarins, 200 ml, 50 €

Promenons-nous dans les spas

Pour déstresser dès la rentrée, ces massages, destinés aux femmes comme aux hommes, font la part belle aux sensations végétales inédites.

Caresse des feuillages
Mis au point avec un kinésithérapeute-ostéopathe, ce massage relaxant est idéal quand on est à bout de forces, perclus de douleurs musculaires. Il câline et décontracte les muscles à l’aide de bercements, mouvements amples et enveloppants (réalisés avec les avant-bras) ou plus vigoureux. « Clou » du soin, les cataplasmes de feuilles de bananier, appliqués sur les poignets et les chevilles. 
Autre temps fort : le « plumeau végétal » (fougères très douces, boules « pompon ») avec lequel le corps est effleuré. On retrouve une légèreté de plume.
Massage relaxation, une heure et quart, Spa Nuxe 32 Montorgueil, 32, rue Montorgueil, 75001 Paris. Et Spa Printemps de la beauté, 64, boulevard Haussmann, 75009 Paris.  

Fermeté des bambous
Pas un centimètre carré de peau, pas une tension ni une contracture ne résistent à ce massage du visage et du corps (bravo pour la sensation d’unité). A la fois dynamisant et défatigant, il évolue de la surface vers des plans plus profonds, en travaillant sur les muscles et les articulations. La texture lisse des bambous associée à un baume de massage moelleux permet de composer une symphonie de gestes où alternent étirements, frictions, pétrissages, effleurages, vibrations… On en sort avec l’impression d’avoir gagné quelques centimètres.

Massage Bamboo, une heure et quart,. En exclusivité à l’Espace Yon-Ka, 39, rue de Sèvres, 75006 Paris.

LE GRAND RÊVE DE LA PLANÉTE

LE PROCESSUS DE DOMESTICATION ET LE RÊVE DE LA PLANÈTE

Ce texte est issu du livre Les quatre accords toltèques de Don Miguel Ruiz et ne représente qu’une partie du chapitre intitulé « Le processus de domestication et le rêve de la Planète ».

Je vous le livre intégralement simplement pour la réflexion qu’il apporte.

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Ce que vous voyez et entendez en ce moment précis n’est qu’un rêve. Vous rêvez à l’instant même, le cerveau éveillé.

Rêver est la fonction principale de notre esprit qui fait cela vingt-quatre heures par jour. II rêve lorsque le cerveau est éveillé et également lorsque ce dernier dort. La différence c’est que, durant l’état de veille, le cadre de référence matériel nous fait percevoir les choses de façon linéaire. Lorsque nous nous endormons, nous n’avons plus ce cadre de référence, aussi le rêve a-t-il tendance à changer constamment.

Les humains rêvent en permanence. Avant notre naissance, les humains nous précédant ont crée un grand rêve extérieur que l’on appelle le rêve de la société ou le rêve de la planète. Le rêve de la planète est le rêve collectif résultant des milliards de rêves personnels plus petits qui, ensemble, forment le rêve d’une famille, le rêve d’une communauté, le rêve d’une ville, le rêve d’un pays, et finalement le rêve de toute l’humanité. Le rêve de la planète comprend toutes les règles de la société, ses croyances, ses lois, ses religions, ses différentes cultures et modes de vie, ses gouvernements, ses écoles, ses événements sociaux, et ses jours fériés.

Nous naissons avec la capacité d’apprendre comment rêver, et les humains qui nous précèdent nous apprennent à le faire de la façon dont rêve la société. Le rêve de la planète a tellement de règles que lorsqu’un nouvel être humain naît, on capte son attention et on introduit ces règles dans son esprit. Le rêve de la planète se sert de papa et maman, des écoles et de la religion pour nous enseigner comment rêver.

L’attention est la capacité à être sélectif et à se concentrer exclusivement sur ce que l’on veut percevoir. Nous sommes capables de percevoir des millions de choses simultanément, mais en utilisant notre attention, nous pouvons maintenir ce que nous voulons au premier plan de notre conscience. Les adultes qui nous entouraient, lorsque nous étions enfants, ont donc capté notre attention et introduit des informations dans nos esprits par la répétition. C’est ainsi que nous avons appris tout ce que nous savons.

En nous servant de notre attention, nous avons assimilé toute une réalité, tout un rêve. Nous avons appris comment nous comporter en société : que croire et ne pas croire ; ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas ; ce qui est bon et ce qui est mauvais ; ce qui est beau et ce qui est laid ; ce qui est juste et ce qui est faux. Tout était déjà là : toute cette connaissance, toutes ces règles, tous ces concepts concernant la façon de se comporter dans le monde existaient avant notre naissance.

Lorsque vous alliez à l’école, vous étiez assis sur une petite chaise et votre attention se portait sur ce que le professeur vous enseignait. Lorsque vous alliez à l’église, votre attention se concentrait sur ce que le prêtre ou le pasteur vous disait. La même chose se produisait avec papa et maman, vos frères et vos soeurs. Tous s’efforçaient de capter votre attention.

Nous avons également appris à capter l’attention des autres, et développé un besoin d’attention qui est devenu très compétitif. Les enfants se disputent toujours l’attention de leurs parents, de leurs professeurs, de leurs amis : « Regardez-moi ! Regardez ce que je suis en train de faire ! Hé oh, je suis là !». Le besoin d’attention devient ainsi de plus en plus fort et se perpétue à l’âge adulte.

Le rêve de la planète capte notre attention et nous enseigne ce que l’on doit croire, à commencer par la langue que nous parlons. Le langage est le code de compréhension et de communication entre êtres humains. Chaque lettre, chaque mot de chaque langue représente un point sur lequel on s’est mis d’accord. On dit que ceci est une page dans un livre ; le mot page est un terme sur lequel on s’est mis d’accord. Une fois que l’on comprend le code, l’attention est captée et il y a transfert d’énergie d’une personne à l’autre.

Vous n’avez pas choisi de parler français. Vous n’avez pas choisi votre religion ni vos valeurs morales : elles étaient déjà là avant que vous ne soyez né. Nous n’avons jamais eu l’occasion de choisir ce que nous croyons ou non. Nous n’avons pas choisi la plus infime des choses à laquelle nous avons donné notre accord. Nous n’avons même pas choisi notre nom.

Enfants, nous n’avons pas eu la possibilité de choisir nos croyances, mais nous avons donné notre accord à l’information qui nous était transmise sur le rêve de la planète. La seule façon de conserver de l’information, c’est d’être d’accord avec elle. Le rêve de la planète peut capter notre attention, mais si nous ne sommes pas d’accord, nous ne retenons pas cette information. Du moment que nous sommes d’accord, nous croyons : c’est ce que l’on appelle la foi. Avoir la foi signifie croire sans conditions.

Voilà comment on apprend quand on est enfant. Nous croyons tout ce que les adultes nous disent. Nous sommes d’accord avec eux, et notre foi est si forte que le système de croyances contrôle tout le rêve de notre vie. Nous n’avons pas choisi ces croyances, et nous pouvons même nous rebeller contre elles, mais nous ne sommes pas assez forts pour réussir cette rébellion. Il en résulte une soumission aux croyances, avec notre accord.

J’appelle cela le processus de domestication des humains. Grâce à cette domestication, on apprend comment vivre et comment rêver. Au cours de notre domestication, l’information du rêve de la planète est transmise à notre rêve interne et construit tout notre système de croyances. Enfant, on nous apprend d’abord le nom des choses : maman, papa, lait, bouteille. Jour après jour, à la maison, à l’école, à l’église et par la télévision, on nous dit comment vivre, quels sont les comportements acceptables. Le rêve de la planète nous enseigne comment être des humains. Nous avons un concept de ce qu’est la « femme » et un de ce qu’est « homme ». Et nous apprenons aussi à juger : nous nous jugeons nous-mêmes, nous jugeons les autres, les voisins.

Les enfants sont domestiques comme les chiens, les chats, ou tout autre animal. Pour instruire un chien, on le punit et on le récompense. De manière analogue, nous formons nos enfants, que nous aimons tant, exactement comme on dresserait un animal domestique : par un système de punitions et de récompenses.

Enfant, on nous disait : « Tu es un gentil garçon » ou « Tu es une gentille file » lorsque nous faisions ce que papa et maman voulaient. Lorsque ce n’était pas le cas, on nous qualifiait de « méchant garçon » ou de « méchante file ».

Chaque fois que nous enfreignions les règles, nous étions punis ; lorsque nous les respections, on nous récompensait. On nous punissait plusieurs fois par jour, et nous recevions également plusieurs récompenses quotidiennes. Bientôt nous avons commencé à avoir peur d’être puni ou de ne pas recevoir de récompense, celle-ci consistant à obtenir l’attention de nos parents ou d’autres personnes telles que nos frères et soeurs, professeurs et amis. Nous avons donc eu besoin de capter l’attention des autres pour obtenir cette récompense. Comme elle nous faisait du bien, nous aussi avons continué de faire ce que les autres attendaient de nous pour l’obtenir. Ayant peur d’être puni et peur de ne pas être récompensé, nous nous sommes mis a prétendre entre qui nous n’étions pas, juste pour faire plaisir aux autres, juste pour paraître assez bien a leurs yeux. Nous nous efforcions de faire plaisir à papa et maman, nous voulions plaire aux maîtres d’école, plaire a l’église, alors nous avons commencé à jouer des rôles. Nous prétendions être autres que nous n’étions, par peur d’être rejetés. Cette peur est ensuite devenue celle de ne pas être comme il faut, assez bon. Au bout du compte, nous sommes devenus quelqu’un d’autre que nous-mêmes : des copies des croyances de maman, des croyances de papa, des croyances de la société et de la religion.

Toutes nos tendances naturelles se sont perdues au cours de ce processus de domestication. Et lorsque nous avons été assez âgés pour commencer à comprendre, nous avons appris le mot non. Les adultes disaient : Ne fais pas ceci, ne fais pas cela. Alors nous nous rebellions et disions « non ! » pour défendre notre liberté. Nous voulions être nous-mêmes, mais nous étions trop petits, et les adultes étaient grands et forts. Au bout de quelque temps, nous avons commencé à vivre dans la peur, car nous savions que chaque fois que nous ferions quelque chose de faux, nous serions punis.

La domestication est si forte, qu’arrivés à un certain point de notre vie, nous n’avons plus besoin de personne pour nous domestiquer : ni papa et maman, ni l’école ou l’église. Nous sommes si bien dressés que nous devenons nos propres dresseurs. Nous sommes des animaux autodomestiqués. Nous pouvons désormais nous domestiquer nous-mêmes selon le même système de croyances que l’on nous a inculqué, en utilisant le même processus de punition et de récompense. Nous nous punissons lorsque nous ne respectons pas les règles de notre système de croyances ; nous nous récompensons lorsque nous sommes un « gentil garçon » ou une « gentille fille ».

briller

Ce système de croyances est comme un Livre de la Loi qui dirige notre esprit. Tout ce qui se trouve dans ce Livre de la Loi est notre vérité, sans l’ombre d’un doute. Tous nos jugements se fondent sur lui, même s’ils vont à l’encontre de notre propre nature intérieure. Même des lois morales telles que les Dix Commandements sont inscrites dans notre psychisme au cours du processus de domestication. Un par un, tous les accords que nous concluons s’ajoutent au Livre de la Loi puis dirigent notre vie.

Une part de notre esprit juge toute chose et chacun, y compris le temps, le chien, le chat : tout. Ce Juge intérieur utilise ce qu’il y a dans le Livre de la Loi pour juger tout ce que nous faisons et ne faisons pas, tout ce que nous pensons et ne pensons pas, tout ce que nous ressentons et ne ressentons pas. Tout est soumis à la tyrannie de ce Juge. Chaque fois que nous faisons quelque chose de contraire au Livre de la Loi, le Juge nous déclare coupables, nous devons être punis et avoir honte. Cela se produit plusieurs fois par jour, jour après jour, durant toutes les années de notre vie.

Une autre part de nous-mêmes reçoit ces jugements : on l’appelle la Victime. La Victime subit la réprimande, la culpabilité et la honte. C’est cette partie de nous qui dit : « Pauvre de moi, je ne suis pas assez bon, je ne suis pas assez intelligent, je ne suis pas assez beau, je ne mérite pas d’amour. Pauvre de moi ». Le Juge est d’accord et dit: « Oui, tu n’es pas assez bon ». Et tout cela découle d’un système de croyances auquel nous n’avons jamais choisi de croire. Ces croyances sont d’ailleurs si fortes que même des années plus tard, lorsqu’on découvre de nouveaux concepts et qu’on essaye de prendre ses propres décisions, on réalise qu’elles contrôlent toujours notre vie.

Tout ce qui va à l’encontre du Livre de la Loi vous fait ressentir une drôle de sensation dans le plexus solaire, que l’on appelle la peur. Contrevenir aux règles du Livre de la Loi rouvre vos plaies et votre réaction est de produire du poison émotionnel. Puisque tout ce qu’il y a dans le Livre de la Loi doit être vrai, tout ce qui remet en question vos croyances provoque un sentiment d’insécurité. Même si le Livre de la Loi est faux, il vous donne un sentiment de sécurité.

Voilà pourquoi il faut beaucoup de courage pour remettre en question ses propres croyances. Car même si on ne les a pas choisies, il est néanmoins vrai qu’on leur a donné notre accord.

 

Source : Les quatre accords toltèques, Don Miguel Ruiz, Éditions Poches Jouvence, ISBN 978-2-88353-461-2, P. 19-26  À Lire absolument….. trouvé sur http://connexion-quantique.over-blog.com/

 

Ecoute-moi

 

Quand je te demande de m’écouter et que tu commences à me donner des conseils, je ne me sens pas entendu.

Quand je te demande de m’écouter et que tu me poses des questions, quand tu argumentes, quand tu tentes de m’expliquer ce que je ressens ou ne devrais pas ressentir, je me sens agressé.

Quand je te demande de m’écouter et que tu t’empares de ce que je dis pour tenter de résoudre ce que tu crois être mon problème, aussi étrange que cela puisse paraître, je me sens encore plus en perdition.

Quand je te demande ton écoute, je te demande d’être là, au présent, dans cet instant fragile où je me cherche dans une parole parfois maladroite, inquiétante, injuste ou chaotique. J’ai besoin de ton oreille, de ta tolérance, de ta patience pour me dire au plus difficile comme au plus léger.

ecoute-moi

Oui, simplement m’écouter, sans excuse ou accusation, sans dépossession de ma parole. Écoute, écoute-moi. Tout ce que je te demande, c’est de m’écouter. Au plus proche de moi. Simplement accueillir ce que je tente de te dire, ce que j’essaie de me dire. Ne m’interromps pas dans mon murmure, n’aie pas peur de mes tâtonnements ou de mes imprécations.

Mes contradictions, comme mes accusations, aussi injustes soient-elles, sont importantes pour moi. Par ton écoute, je tente de dire ma différence, j’essaie de me faire entendre surtout de moi-même. J’accède ainsi à une parole propre, celle dont j’ai été longtemps dépossédé.

Oh non, je n’ai pas besoin de conseils. Je peux agir par moi-même et aussi me tromper. Je ne suis pas impuissant, parfois démuni, découragé, hésitant, pas toujours impotent. Si tu veux faire pour moi, tu contribues à ma peur, tu accentues mon inadéquation et peut-être, renforce ma dépendance.

Quand je me sens écouté, je peux enfin m’entendre. Quand je me sens écouté, je peux entrer en reliance. Établir des ponts, des passerelles incertaines entre mon histoire et mes histoires. Relier des évènements, des situations, des rencontres ou des émotions pour en faire la trame de mes interrogations. Pour tisser ainsi l’écoute de ma vie.

Oui, ton écoute est passionnante. S’il te plaît, écoute, et entends-moi. Et si tu veux parler à ton tour, attends juste un instant que je puisse terminer et je t’écouterai à mon tour, mieux, surtout si je me suis senti entendu. «

Jacques Salomé

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