Archives pour la catégorie La Règle du Jeu du Tao

Le tao, une philosophie antistress

 

Renforcer ses points forts pour améliorer ses compétences

La citation taoïste : « La performance est dans l’archer, non dans la flèche »

Laurent Chateau : « Encore une fois, dans une perspective taoïste, plus on fait ce pour quoi l’on est fait, plus on est performant. Cela passe par bien connaître ses points forts pour en faire des points d’excellence, plutôt que de chercher à transformer ses points de faiblesse en points “moyens”, ce qui prend du temps et consomme beaucoup d’énergie pour peu de bénéfices. À l’inverse, transformer nos points forts en points d’excellence nous est plus facile, nous procure de la joie, nous place au cœur de notre mandat céleste et nous fait exister au regard des autres. »

Éric Albert : « Améliorer ses compétences exige en effet de développer ses points forts, cela agit sur la motivation et les performances. Mais ce qui nous rend très compétent, c’est aussi de posséder un large registre de capacités comportementales. Or, si nous n’exploitons que le filon de nos points forts, nous nous limitons forcément. En revanche, quand nous nous aventurons hors de notre zone de confort, en prenant des risques, nous gagnons en connaissance de soi, nous pouvons acquérir de nouveaux outils et, peut-être aussi, réveiller de nouvelles sources de motivation, voire, pour certains, une vocation. » 

tao zen

Cultiver le calme intérieur et la simplicité pour pacifier les relations

La citation taoïste : « L’écorce est née au centre »

Laurent Chateau : « Pour pacifier sa relation à l’autre, mieux vaut commencer par se pacifier soi-même, en apprenant à ralentir et à se calmer. C’est ainsi que l’on va pouvoir placer ses relations sous le signe de la simplicité et de l’authenticité. Cette posture (incarnée et non “mentalisée”) permet d’établir une relation enthousiaste et sincère avec les autres, qui, ressentant le calme, se trouvent moins enclins à être agressifs. Le calme intérieur, installé par le travail de l’énergie, permet de ne pas surenchérir en cas de crise et d’envisager des solutions impossibles à concevoir lorsque l’on est émotionnellement perturbé : rire, reformuler en insistant sur les points d’accord, proposer des alternatives ou suspendre l’échange pour le reprendre ultérieurement… »

Éric Albert : « Il est très difficile d’atteindre le calme intérieur et la simplicité car nous sommes des êtres d’ambivalence, habités par des conflits intérieurs, souvent inconscients. Cette complexité peut être source de richesse : nos ambivalences et nos conflits nous donnent aussi de l’énergie pour nous dépasser et réaliser des choses. J’ajouterai que la finalité dans le monde du travail n’est pas la recherche du bonheur ni de la sagesse, mais celle de l’efficacité. Peu importe si ma relation avec mes collègues n’est ni sincère ni enthousiaste, l’essentiel est qu’elle soit respectueuse et efficace. Quand les émotions prennent le dessus, on a vite fait de tomber dans l’agressivité ou bien dans la passivité, c’est pourquoi je conseille la pratique de l’assertivité : dire clairement mais sans agressivité ce que l’on a à dire. » 

Trouver l’opportunité dans la crise pour gérer un conflit

La citation taoïste : « Le plus beau combat est celui qu’on n’a pas eu à engager »

Laurent Chateau : « Les conflits sont comme l’orage et les tempêtes, ils font partie de la vie, qui se place sous le signe du changement. Si l’on ne peut pas toujours les éviter, on peut apprendre d’eux. Un conflit peut être lu comme “une vérité en colère” : quelles sont les vérités brutes qui s’expriment et qui peuvent me questionner et me faire avancer ? Toute crise est bénéfique car elle nous rappelle l’impermanence et l’interdépendance des choses. Elle nous informe que l’harmonie est troublée et nous invite à trouver un nouvel équilibre, à identifier et saisir les opportunités qui sont plus proches de sa mission de vie. »

Éric Albert : « Pour être féconde, une crise doit être accompagnée d’une prise de recul, c’est ainsi qu’elle permet de pratiquer un retour d’expérience pour mieux comprendre son interaction avec son environnement. Elle constitue également un bon terrain d’apprentissage sur soi, qui interroge nos réactions ainsi que la gestion de nos émotions. Elle pose la question, centrale, de l’empathie : qu’a-t-on compris de l’autre ? Que peut-on faire pour mieux le comprendre ? Est-on sûr de délivrer soi-même des messages clairs ? Il faut aussi garder à l’esprit qu’une sortie de crise ne s’opère pas seulement grâce à un questionnement solitaire. Le regard d’un tiers, son expérience, ses conseils peuvent aider à prendre de la distance et à envisager des solutions inédites. »

Apprivoiser le changement pour mieux rebondir

La citation taoïste : « Quand souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins »

Laurent Chateau : « Les taoïstes assimilent la souplesse à la vie, et la rigidité à la mort. Le changement, qui est du côté de la vie, advient pour nous aider à découvrir de nouvelles opportunités et gagner en connaissance de soi, des autres et du monde. Il est une force sur laquelle on peut s’appuyer pour rebondir, se révéler, innover, exprimer son mandat céleste et ses potentialités. Autre point important : bien vivre le changement suppose de créer de l’unité avec soi-même (en suivant sa voie personnelle), avec les autres (en entretenant une relation bienveillante) et avec son environnement (en en prenant soin, en cultivant le beau). Le changement ne fait jamais de nous des perdants : soit on remporte une victoire (on parle alors de grand yin), soit on ne remporte pas de succès visible, mais on gagne en connaissance (petit yin). »

Éric Albert : « Je ne peux qu’être d’accord avec cette façon de penser le changement comme une opportunité et non comme une agression, même s’il peut se présenter de prime abord comme tel. Rien n’est pire que l’immobilisme : les habitudes et les certitudes sont les éteignoirs de la motivation et de la créativité. C’est pourquoi il est essentiel de cultiver au quotidien sa souplesse psychique, comme on travaillerait sa souplesse physique. Se poser des questions, se remettre en question, casser ses réflexes pour casser sa routine d’agir et de penser, acquérir de nouveaux outils, s’inspirer des autres et d’ailleurs… Cet entraînement ouvre l’esprit, améliore la performance et la confiance en soi, mais il a également le pouvoir de nous préparer aux changements les plus brutaux en nous familiarisant avec la nouveauté et l’inconfort, mais aussi avec le plaisir de l’innovation et de la découverte de nouvelles capacités. »

>>> A lire aussi sur Psychologies.com : Les leçons de vie du tao 

La voie du tao a rendu mon coeur plus accueillant

 

 

Patrice Levallois, l’un des créateurs du Jeu du tao de la santé et du mieux-être avec Patrice Van Eersel, Sylvain Michelet et Daniel Boublil (Albin Michel- Taovillage, 2009). (Voir aussi le site taovillage.com), trouve dans l’esprit de ce courant deux principes qui l’accompagnent et éclairent sa route depuis des années : « Le premier est qu’en vivant simplement ici et maintenant, comme nous y invite la voie du tao, je prends conscience que la joie et l’amour sont à l’intérieur de moi et que je n’ai pas d’effort à faire pour accéder à eux. Second enseignement : la vie, comme notre nature, est foncièrement duelle, elle est faite de yin comme de yang. À nous de ne pas transformer l’opposition qui enrichit en affrontement qui détruit. »

LA RONDE£µ

Entretenir le feu sacré 

« Réduire son moi et brider ses désirs » Tao-tö-king, chapitre 9 
Le feu sacré est une métaphore du vivant, du qi, c’est-à-dire de l’énergie vitale. Toute la pratique taoïste – méditation, respiration, nutrition… – considère que l’équilibre est à la fois la fin et les moyens pour vivre une vie juste et noble. L’homme se perd dans les excès, il se consume et éteint ainsi le feu sacré dont il est le dépositaire. Repérer ses excès, matériels, relationnels et émotionnels, puis les ramener à un niveau qui ne consomme pas plus d’énergie que nécessaire est le préalable indispensable pour tous ceux qui désirent vivre longtemps et sereinement. Réduire le moi, c’est le ramener à sa juste proportion dans la chaîne du vivant, ne pas faire passer son ego devant tout et tous, et prendre en considération le moi d’autrui comme on prend soin du sien, avec mesure, respect et bienveillance.

Désapprendre

 

« Suivre la voie, c’est de jour en jour décroître » Tao-tö-king, chapitre 48.

Nettoyer son esprit, c’est le débarrasser des idées reçues, des certitudes, en les passant régulièrement au tamis du questionnement sans complaisance. L’encombrement de l’esprit est semblable à l’encombrement des maisons : quelles croyances nous sont vraiment utiles, lesquelles pourrions-nous jeter ? Quelles vérités imposons-nous aux autres ? Quels changements refusons-nous ? Ne pas rester figé, s’exposer au changement, s’inscrire dans la dynamique cyclique de la nature nous permet de nous débarrasser de nos peurs et d’expérimenter notre potentiel de vie sans restriction ni discrimination. Désapprendre l’ancien pour s’ouvrir au nouveau, tel est le sens de cette invitation paradoxale.

 

« La voie du tao a rendu mon coeur plus accueillant »

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Questions à Gérard Guasch, médecin psychosomaticien et analyste reichien

Passionné par les thérapies énergétiques, Gérard Guasch s’est initié très jeune à la médecine chinoise (acupuncture) et au taoïsme. Disciple de maître Tian Chen Yang, il appartient à la vingt-cinquième génération du courant taoïste « La porte du dragon » (Long Men). Il est engagé depuis plus de trente ans dans cette voie, qu’il enseigne dans le cadre de cercles taoïstes baptisés « Le tao du coeur ». Et l’auteur de Vivre l’énergie du tao, traditions et pratiques (Presses du Châtelet, 2010) et, avec Anne-Marie Filliozat, d’Aide-toi, ton corps t’aidera (Albin Michel, 2006).

 

Psy : Qu’est-ce que le tao a changé dans votre vie ?

 
G.G. : Sans doute moins de jugements, sur moi et sur les autres, et plus de bienveillance et de simplicité. Le tao m’a aussi incité à prendre davantage soin de mon équilibre et de mon harmonie intérieurs, à jouir pleinement de ce qui « est » au lieu d’en vouloir toujours plus, à ralentir au lieu de courir. S’abandonner au tao, c’est pour moi apprendre à faire le vide dans son coeur pour qu’il soit toujours accueillant. J’ai le sentiment d’avoir retrouvé, au fil du temps, mon regard d’enfant, confiant et émerveillé.

Comment intégrez-vous le tao à votre pratique ? 
G.G. : Essentiellement dans ma façon d’être, par la présence et l’écoute, par l’intérêt constant que je porte aux manifestations énergétiques chez l’autre, mais également par l’usage de pratiques que je transmets à mes patients pour qu’ils deviennent acteurs de leur bien-être, des méthodes de respiration ou des techniques de contrôle de l’éjaculation, par exemple. J’utilise aussi l’acupuncture et d’autres approches traditionnelles pour équilibrer les énergies qui alimentent le corps et l’esprit. Car, dans le tao, une bonne santé, c’est une circulation harmonieuse du qi, l’énergie vitale.

 

Le taoïsme est aussi une spiritualité, comment la vivez-vous ?
G.G. : Pour le tao, nous sommes les filles et fils de la terre et du ciel, et nous devons maintenir en nous l’équilibre énergétique de ces deux pôles, le yin (non-agir) et le yang (agir). Pour cela, je médite deux fois par jour, je pratique le qi gong et, dans la journée, je me mets autant que possible en « attitude méditative ». Chaque mois, nous méditons entre amis, les séminaires que j’anime sont une occasion de méditer en groupe. Je célèbre aussi des rituels d’offrande à l’occasion d’un changement de saison, d’une naissance ou d’un événement spécial, ce sont des moments propices pour honorer la vie et la source de vie qu’est le tao. Enfin, je lis et relis les textes classiques qui m’aident à ne pas perdre de vue mon objectif : cultiver le tao, c’est-à-dire l’amour de la vie, et le manifester dans mon quotidien.

SOURCE : magazine http://www.psychologies.com/

Passeport Toltèque

 

Identité, rôles et Paradis sur Terre

Cette carte postale, depuis le Chemin « qui se crée en marchant  », consiste à revisiter la voie toltèque à la lumière d’un outil de transformation particulier : les « niveaux logiques  » de Dilts et Bateson. Nous découvrons alors que notre identité est une clé dans la mise en pratique de la voie toltèque  .

Les « niveaux logiques » en un clin d’oeil

Dans un environnement donné, nous agissons. C’est le niveau « ce que je fais ». « Ce que je fais » dépend de « ce que je peux » : mes capacités, savoir-faire… Ces savoir-faire dépendent de « ce que je crois ». Et nos croyances sont fonction de notre identité : « ce que je suis ». Pour finir, « ce que je suis » s’inscrit dans un élément plus universel, supra-personnel. Nous touchons alors ce que nous considérons comme plus vaste que notre personne.

Nous pouvons résumer ces niveaux et mettre l’accent sur les aspects les plus pertinents, selon la voie toltèque :

1 tao


Un niveau n dépend des niveaux supérieurs (n+1…). Par exemple, nos savoir-faire dépendent de nos croyances. Si je ne crois pas être un chanteur, je n’ai pas la capacité de chanter.

De même, un dysfonctionnement à un certain niveau peut trouver une solution dans les niveaux supérieurs.

Remontons les niveaux

Commençons par « ce que je fais ». Ici, nous nous intéressons plus précisément à ce que nous disons, la Parole étant notre instrument de création. Lorsque le Parasite  mène le bal, notre Parole crée l’Enfer. Cela se traduit par les mensonges, la médisance, les jugements… qui sont à ce point généralisés que nous les considérons comme « normaux ». A longueur de journée – au travail, dans les medias, en famille… – nous mentons, nous médisons. Cela va plus loin : nous nous mentons, nous médisons intérieurement sur nous-mêmes. Et nous croyons cela. Nous avons foi en nos jugements ! Alors, nous vivons dans l’Enfer de la Planète.

Poursuivons et montons au niveau : « ce que je crois». C’est ici que nous trouvons nos croyances, en particulier notre Livre de la Loi, composante du Parasite issue de la domestication. Les croyances se schématisent en Bien et Mal, résultat de notre domestication . Ce que nous aimons, ce que nous n’aimons pas… Le Livre de la Loi est alors, dans la voie toltèque, cet ensemble de croyances, bien souvent contradictoires, qui envahissent notre être et nous parasitent, cela forme un brouillard dans notre conscience.

Le niveau « ce que je suis » détermine notre identité. Qui suis-je ? Autrement dit : quelle est l’identité qui « autorise » en quelque sorte les croyances du niveau au-dessous et donc les actions, paroles correspondantes ?

L’identité est généralement notre « forme humaine ». Je suis :
– un « homme » ou une « femme », décliné en « droits et devoirs » de ce qu’est un homme ou une femme dans ses dimensions intimes, familiales, sociales, politiques ou religieuses.

- un demandeur d’emploi, un employé, un cadre, un forain…

- jeune, vieux…

- Prénom, Nom, adresse…

- Fils, fille de…

- etc.

Notez que chacun de ces rôles, chaque mot qui le définit, est lourd de sens. Chaque mot est un signe fort qui est vivant en nous et colore notre monde.

Au delà de ces identités et/ou rôles sociaux, religieux, communautaires, familiaux, nous nous positionnons bien souvent comme Juge et Victime.

Nous jugeons tout, les autres, les inconnus dont nous n’apprenons l’existence qu’au travers de medias partiaux et incomplets… et surtout nous-mêmes. Et cette capacité à juger nous rend tout autant victimes de nos propres jugements, de ceux des autres.

Le livre de la Loi au niveau des croyances et nos rôles de Juges et victimes forment ce que la tradition toltèque nomme le Parasite , autrement dit un dysfonctionnement de notre Être Authentique, dû à notre domestication .

Au delà de l’identité nous trouvons ce qui est « transpersonnel ». Nous sommes ici au niveau des appartenances : telle nation, telle religion, telle communauté, telle classe sociale, etc.

En résumé, notre sentiment d’appartenance dessine notre identité, nos croyances s’inscrivent dans ce cadre et nos Paroles en sont l’expression. Le résultat est le monde dans lequel nous vivons : « Enfer de la Planète » ou « Paradis sur Terre » ?

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Vers une nouvelle identité

Restons au niveau transpersonnel. Considérons notre domaine : le système solaire. Dans ce système, la Terre et le Soleil sont à la base de la vie dans cet espace particulier accolé à la Terre : la biosphère. « Nous vivons sur Terre » pourrait s’exprimer alors : « nous vivons dans la biosphère ».

Une identité conforme à cette dimension universelle pourrait s’exprimer ainsi.

1. Je suis cellule du système solaire, Enfant de la Terre qui est ma Mère et du Soleil qui est mon Père.

2. J’hérite de cet entourage céleste toutes mes facultés : ainsi, je suis un Ange, miroir de Lumière.

3. Lumière intérieure et Lumière solaire s’assemblent pour former la conscience de l’Être.

4. Je suis « Artiste du Rêve » : perception et Parole sont mes instruments. Je crée la Beauté.

Le deuxième point de cette profession de foi est très important : il pose que toutes nos facultés sont héritées de notre entourage céleste, y compris notre « conscience » de l’Être. De même que nous sommes des poussières d’étoiles, et plus particulièrement de la Terre, de même notre conscience trouve sa source dans la Lumière de l’Univers et plus particulièrement du Soleil . Notez que cette identité, ces rôles (Cellule du système solaire, Ange, Artiste) ne font pas référence à notre forme humaine au sens habituel de ce terme.
Forts de cette nouvelle identité, les niveaux logiques se déclinent différemment.

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Tableau 3: Les « niveaux logiques » d’un Toltèque,

Artiste du Rêve

Un Toltèque est un Artiste du Rêve

La voie toltèque pose que nous rêvons en permanence : ce qui s’inscrit sur l’écran de notre conscience est virtuel, un reflet de la réalité. Or, nous pouvons influencer ce Rêve. L’ouverture à l’Être qui s’exprime à l’infini et que nous percevons, les mots qui forment nos pensées et nos paroles sont autant d’instruments qui créent la Beauté recherchée par l’Artiste toltèque.

Nouvelle identité et accords toltèques

Quatre accords toltèques ont été publiés par Don Miguel Ruiz . Un accord correspond à une croyance à laquelle nous donnons… notre accord. La plupart de nos croyances sont issues de notre domestication. Autrement dit, elles ont été inculquées par répétition, récompense et punition, tout comme un chien ou un cheval est domestiqué.

Voici ces quatre accords :

1. Que votre Parole soit impeccable ;

2. Quoi qu’il arrive n’en faites pas une affaire personnelle ;

3. Ne faites pas de supposition ;

4. Faites toujours de votre mieux.

« Ma parole est impeccable » : en tant qu’Ange, je suis Miroir de Lumière. La Parole est alors cet instrument qui autorise le raisonnement, l’analyse pour mieux comprendre et partager la Beauté. La Parole, lorsqu’elle est nécessaire, est impeccable : elle exprime mon intégrité et reflète la Beauté.

« Quoi qu’il arrive, je n’en fais pas une affaire personnelle » devient naturel, fluide car chacun vit et s’exprime au travers de son propre monde, chacun est Artiste de son propre Rêve.

« Je ne fais pas de supposition » car, Guerrier Spirituel, je suis attentif à l’instant. La mémoire (y compris les croyances) et la Parole sont des instruments au service de la conscience et non l’inverse.

Enfin, « je fais toujours de mon mieux » : le fait de penser, de « mettre en mots », est un choix.

Ainsi, l’identité se décline naturellement, simplement, en rôles et croyances. Et ces croyances, ces accords (qui constituent notre Livre de la Liberté) prennent corps sous forme de perceptions et paroles qui sont les éléments de notre Paradis sur Terre.

Toulouse, le 10 novembre 2007.
Thierry-Gabriel Cros.

LE TAO simplifié

 

Le Tao régit donc aussi bien ce qui est manifesté, que ce qui ne l’est pas.
Le Manifesté étant la Matière, le Conscient, l’ Être, par opposition à ce qui n’est pas manifesté l’Esprit, l’Inconscient, le Non-être, le vide.

Pour simplifier on dira qu’il y a le Tao du Non-Manifesté et le Tao du Manifesté, que le Yi-King nomme Ciel antérieur et ciel postérieur. Le Tao se révèle donc le TOUT régit par l’équilibre ou le déséquilibre de contraires, symbolisés par le TaiJi

Ces Contraires ont pour nom : YIN et YANG. Mais afin de rester dans le pur esprit du Tao à savoir que rien n’est immuable on dira « à tendance Yin  » ou  » à tendance Yang « . Lorsque le plus arrive à son maximum il se transforme en son contraire.

TAO

Pour exemple l’excès de froid provoque la fièvre qui à son tour donne des frissons. La chaleur fait transpirer et l’évaporation de la sueur rafraîchie. Le chaud porte donc le germe du froid et le froid celui du chaud, ce que les Taoïstes ont symbolisé par les petits points de couleur opposée à l’intérieur des deux vagues noire et blanche enroulées l’une avec l’autre.

Par l’observation on va se rendre compte que rien n’existe sans son contraire : mâle / femelle, noir / blanc, chaud / froid, grand / petit, nuit / jour, terre / ciel, 1 / 0 qui est le principe fondateur de l’informatique. Ces contraires obéissent à deux règles : une interne pour le physiologique, l’autre externe pour le cosmique ( les saisons par exemple ). Seulement pour que le tableau soit parfait il manque un élément essentiel : le dénominateur commun à tout ce qui existe et se transforme perpétuellement grâce ou à cause de ce que nous appellerons l’Energie ou le Chi pour les Chinois qui ne saurait être séparé de la notion de mouvement, de souffle. La respiration n’étant pas le souffle mais un de ses aspects. De même que la respiration ne se limite pas au fait d’inspirer et d’expirer par les poumons grâce aux mouvements de la cage thoracique, la véritable respiration étant celle des cellules alimentées en oxygène par le sang qui irrigue toutes les cellules du corps humain par l’action combinée du cœur et des vaisseaux sanguins. On constate alors l’importance de l’interdépendance de toutes les fonctions.

TAO – YIN – YANG – CHI.

Nous avons là tous les éléments nécessaires pour tout comprendre de la vie :
du Ciel, de la Terre, de l’homme, des saisons, des aliments, des maladies psychiques et physiques. « T O U T ».

Le Yin et le Yang étant les piliers principaux du Taoisme avec le Chi ou énergie cosmique voyons comment les Taoïstes ont classifié et ordonné tous ces éléments qui comme le ciel et la terre, le soleil et la lune, l’eau et le feu sont les matériaux à l’origine de la terre à partir desquels la vie s’est développée. Mais avant tout et avant d’aller plus loin la clef de voûte à ne jamais oublier
est que tout est interdépendant et en perpétuelle transformation Les mots Bois, Feu, Terre, Métal et Eau sont des symboles exprimant les 5 manifestations naturelles de l’Energie, de leur Chi . Et lorsqu’on fait référence aux différents cycles d’interdépendance qui les caractérisent c’est
toujours de leur énergie dont il est question plutôt que de leur substance anatomique ce qui revêt toute son importance en particulier pour les organes, les viscères et leurs pathologies. Il ne saurait y avoir d’engendrement ou de contrôle des organes entre eux, mais uniquement des énergies qui leur sont associées. Les 5 éléments sont toujours représentés formant un cercle, chaque élément agissant en fonction de sa nature.

La terre est au centre, mère nourricière des autres éléments. En se condensant, en se densifiant,
l’énergie de l’univers devient une.

Divisée elle donne le YIN et le YANG, diffusée elle produit les 4 (5) saisons et en continuant à se diviser donne les 5 éléments qui ont leur propre mouvement. L’EAU donne la vie aux végétaux (BOIS) Le BOIS donne vie au FEU – Les cendres du BOIS donnent la TERRE

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La TERRE produit le METAL
Fondu par le FEU le METAL devient liquide comme l’EAU Ces relations sont la définition même de la vie. Sans naissance pas de développement de la vie et sans contrôle et sans soumission pas d’harmonie et d’équilibre. A travers la description de ce cycle apparaissent nettement les liens qui unissent les 5 éléments, dans leur interdépendance.

Tous les classiques de philosophie et de médecine chinoise mettent en relations interactives les saisons, les fonctions vitales et des animaux symboliques. De ces 5 éléments et mouvements va s’ordonner la médecine de l’homme avec  la phytothérapie, l’acupuncture, les moxibustions, le qi-gong, les arts martiaux ( Kung-Fu-Wushu, Taî Chi Chuan, Baguazhang, Hsing Yi Chuan …)
les massages, la médecine de l’environnement et de la maison avec le Feng Shui ( littéralement : vent et eau).

On constate l’imbrication de la philosophie et de la médecine qui facilitera leur intégration au Bouddhisme qui est plus une philosophie qu’une religion, sans oublier l’Astrologie science incontournable depuis plus de 2500 ans.

Le Taoïsme par contre, a parfois évolué en religion. On ne retrouve pas tous les clivages du type
corps / esprit, science / religion / philosophie, caractéristiques occidentales pendant longtemps.
Mais les temps changent, l’Occident accordant aujourd’hui de plus en plus d’importance à ces philosophies du bien  » ETRE  » par opposition à l’Orient engagé dans une quête effrénée de l’AVOIR. Le Tch’i ou Hi en cantonnais ou K’i (ancienne transcription française ) Littéralement gaz ou éther dans son sens le plus abstrait, matière première indifférenciée à partir de laquelle toutes les choses se sont formées.

Mais qu’est-ce que la matière ?
D’après mes sources recueillies dans Sciences et Vie Junior , pour le microscope électronique des scientifiques d’aujourd’hui la matière est composée de cellules, composées de molécules, composées d’atomes, composés d’électrons avec un noyau composé de protons et de neutrons, composés de quarks, limite actuelle de la physique quantique. Tout s’emboite comme des poupées russes ce qui n’est pas sans faire penser à la théorie de la géométrie fractale de
Mandelbrot, mathématicien français d’origine polonaise né à Varsovie en 1924 et qui développa en 1975 la théorie des objets fractals.

En zoomant sur le noyau de l’atome on découvre les protons et les neutrons tout tremblotants mais pas de froid !

En fait ce sont des paquets d’énergie qui vibrent, s’agitent et tournoient en permanence ! le quark serait donc la plus petite unité de la matière qui se révèle n’étant en fait que de l’énergie ! Ce qui correspond tout à fait à ce que les chinois nommèrent le Chi, sans appareil de mesure, il y a 2500 ans. Et 99,99 % des quarks existent depuis les premières minutes qui ont suivi le Big-Bang ! Nous sommes donc constitués de vieux objets frôlant les 15 à 20 milliards d’années …

Surprise pour surprise le microscope nous montre aussi que nous sommes composés de milliards de molécules par cellules, elles-mêmes se comptant en milliards. Et pour couronner le tout, ces molécules ne se touchent même pas, quelle pudeur !

La matière ne peut donc exister que grâce aux forces de cohésion qui lui donnent sa structure,
et se compose essentiellement de vide ! …

Un exemple ?  » Imaginez un stade grand comme 10 fois le stade de France : c’est l’atome. Au-dessus des tribunes, un cheveu de spectateur tournoie dans le vent : c’est un électron. Au centre du terrain, un petit pois : c’est le noyau de l’atome où au moins 99,95 % de la masse de l’atome sont concentrés ! Entre les deux, rien. Et oui, la matière est composée à 99, 9999999 % de vide ! Quant au quark il est 1 million de milliards de fois plus étroit qu’un poil de moustache.

Jacques André Lavier nous dit dans son livre Histoire, doctrine et pratique de l’acupuncture chinoise, Tchou,1966, ce qui va suivre et a servi de présentation à sa traduction du Nei Tsing Sou Wen:Tchang Tsai, parlait de la  » force inhérente à toute matière il y a plus de 1000 ans  » et Fong Yeou – Lan de  » matière première indifférenciée  » pour définir le Tch’i.  » Le Tch’i apparaît donc comme le symbole universel de la force, que ce soit à l’échelle de l’atome ou à celle de l’univers, dont la gravitation ordonne en grande partie la structure.

Cette identité entre énergie et matière, le classique Ling Tch’ou nous la rappelle lorsqu’il définit le Tch’i «   abstrait et impalpable, ce qui est la nature du ciel, mais à l’origine de toute matière concrète la terre. » Matière et énergie, ainsi entendues, ne sont qu’une seule et même chose, et peuvent par conséquent se transformer  l’ une dans l’autre.

Le bois qui brûle libère de l’énergie ; l’atome qui se désintègre perd de sa masse, et nos accélérateurs de particules donnent lieu aux transformations d’énergie pure et de matière pondérale, l’une en l’autre et réciproquement. Les échanges entre matière et énergie font apparaître, après son universalité, un second caractère essentiel du Tch’i : le dynamisme.
Tchouang Tzeu, l’un des pères du Taoïsme, définissait cette force invisible et impalpable qu’est le Tch’i comme  » l’inconnaissable « , en précisant :  » l’inconnaissable qui se transforme perpétuellement « .

En somme, tout bouge, vibre, évolue, se métamorphose.
Mais le concept d’énergie est abstrait. Nos physiciens ne peuvent mettre l’énergie en évidence que par le biais des modifications qu’elle provoque : une force est la  » cause  » capable d’imprimer à une masse un mouvement uniformément accéléré, mesurable par une variation de vitesse. L’énergie se manifeste par un travail, potentiel ou actuel, ou par une libération de chaleur, de lumière, etc. ; en quelque sorte par une différence entre un état antérieur et un état postérieur.
En d’autres termes l’énergie est bien  » l’inconnaissable  » directement, puisque sa mesure n’est que relative. »

Et là nous faisons la bascule dans le Yi-King avec le ciel antérieur et postérieur, et dans le Tao Te King. :  » Voie qu’on énonce
N’est pas la Voie
Nom qu’on prononce
N’est pas le Nom »

Au fond du Mystère est la porte des secrètes merveilles.
Quelques citations pour finir de Ling Tch’ou:  » Le Tch’i ne peut se voir et se comprendre

qu’à travers des modifications matérielles.  » –  » L’être vivant ne doit pas être compris comme une matière animée par l’énergie. C’est l’énergie qui a orienté la matière, elle-même énergie, vers le phénomène vital.  » L’être vivant est donc une énergie animée par elle-même. Le dynamisme de cette énergie va s’organiser et se manifester par l’alternance de phases telles que les saisons, le jour et la nuit, l’inspiration et l’expiration, l’état de veille et le sommeil, les battements du cœur.

SOURCE /   LES 3 PHILOSOPHIES :  Taoïsme / Confucianisme / Bouddhisme

http://painchristian.free.fr/tao.htm

On ne peut pas vivre l’instant présent sans mémoire

 

hesna katasPressés par le temps, nous avons tendance à oublier que nous avons une histoire, à tort, rappelle le philosophe pour qui notre mémoire fait de nous des vivants.

Ses élèves disent qu’ils n’ont jamais eu de prof aussi jovial. A 49 ans, si vous lui demandez pourquoi il est devenu philosophe, Frédéric Worms vous répond avec un immense sourire : “J’avais prévu bien d’autres choses !” Puis sa voix se pose : “Ce qui m’a poussé vers la philo a certainement été, entre autres, le besoin de répondre à des questions qui ne se posaient pas directement à moi, mais s’étaient posées à mes parents quand on les avait obligés à se cacher pendant la guerre. Les questions philosophiques peuvent mettre des années avant de se formuler consciemment.”

Tout un pan de sa vision du monde se trouve là, dans ce souci de relier son parcours à l’Histoire, non en mégalo, mais avec la sollicitude d’un homme soucieux des autres. De ces autres avec qui nous tissons le vivant relationnel sans lequel nous ne serions rien. Un tissage tendu entre passé et avenir et dont la trame change parfois, quand advient un grand “moment”, une rupture. Frédéric Worms s’est intéressé au “moment 1900” (quand l’esprit est revenu dans la philosophie, notamment grâce à Bergson) et au “moment 1940” (quand le sens de la vie a quitté l’abstrait pour devenir existentiel, individuel). Et aujourd’hui ? Nous vivons, dit-il, le “moment du soin” : des droits de l’homme à la santé pour tous, prendre soin d’autrui serait notre moyen de rester vivant.

 

Du sage bouddhiste au trader fou, aujourd’hui tout le monde prône la présence dans l’instant et cherche à se libérer du passé et de l’avenir. Quel regard posez-vous sur ce présentéisme omniprésent ?

Il pose problème quand il devient exclusif. Bien sûr qu’il faut être présent ! Ceux qui s’enferment dans le passé ou qui ne savent que se projeter dans une rêverie d’avenir vivent mal. Mais il y a d’autres rapports possibles au passé et à l’avenir que ces hantises ou ces rêveries. Qu’est-ce qu’un présent bien vécu ? On cite toujours les épicuriens grecs et leur devise « Carpe diem » (« Cueille l’instant présent »), en oubliant qu’ils accordaient une grande place à la mémoire. Ils disaient : « Si l’instant est douloureux, convoque tes souvenirs heureux. » Albert Camus s’y réfère volontiers, se plaisant à revenir sur les moments de grand bonheur, dans la nature, au soleil, avec ses amis, ses amours, etc. Cela n’est pas toujours facile. Quand vous êtes affamé, vous souvenir des festins d’antan peut au contraire accentuer votre souffrance. 

Une chose est cependant certaine : le présent est ancré dans notre corps. On pourrait même dire que c’est le corps qui définit le présent. Par exemple dans l’urgence vitale. Si j’ai soudain une attaque cardiaque, là, sous vos yeux, ou si un tremblement de terre secoue l’immeuble où nous nous trouvons, plus rien d’autre que nos corps ne comptera à cette seconde. Et l’oubli de tout le reste sera très légitime. Mais une fois ce moment passé, notre présent lui-même exigera d’être replacé dans le temps : une mémoire vivante et non pas une hantise, un futur en train de se faire ici et maintenant. Même le sage, plongé dans l’« éternel présent » d’une contemplation du monde, sera soumis à cette exigence : lui aussi, tôt ou tard, devra se replacer dans une mémoire et une action où il retrouvera les autres et le monde. Autrement nous ne serions pas humains.

Vous travaillez sur deux axes dont vous dites qu’ils définissent la vie humaine : la mémoire et la vulnérabilité, mais aussi la création et l’avenir…

Oui, et ces deux axes sont liés. La mémoire augmente notre vulnérabilité qui est celle de notre vie corporelle, mais aussi de notre identité. L’homme peut souffrir de ses souvenirs. Il peut aussi perdre la mémoire. C’est pourquoi la maladie d’Alzheimer est si symbolique de notre temps. Elle replie la personne dans l’instant, ne la déployant plus du tout dans la durée, cette grande oubliée de la pensée contemporaine. Mais la mémoire est aussi une force, une source de création ouverte sur l’avenir. Elle est ce qui étend notre intelligence dans la durée et la rend vivante, donc vraiment humaine. C’est d’ailleurs pour cela que, comme tout ce qui est vivant, elle peut tomber malade. Le philosophe Georges Canguilhem faisait de la « possibilité de la maladie » la définition même de la vie – la défaillance de la mémoire n’étant pas la moindre de nos vulnérabilités. Seul ce qui est vivant peut tomber malade.

 

Qu’est-ce qui relie entre elles mémoire, vulnérabilité et création ? 

La relation à l’autre. Nous vivons certes à une époque fascinée par la vulnérabilité et nous devons nous garder de tomber dans une « victimisation » générale. Mais c’est bien notre marque de départ. Que nous le voulions ou non, nous sommes nés totalement vulnérables et n’avons pu exister que parce que quelqu’un d’autre s’est occupé de nous. Nous avons tous été bébés, puis enfants, nous risquons tous d’être plus tard malades, accidentés, dépendants. Le paradoxe est que cette faiblesse est aussi une ressource : admettre notre fragilité relationnelle, c’est aussitôt reconnaître notre ressource relationnelle. Avant d’être des individus, nous avons été en relation ; la relation a fait de nous des individus capables d’être autonomes et créateurs ; mais être un individu, c’est encore créer des relations, en inventer d’autres. Ainsi, nous ne sommes pas seulement dépendants et passifs, nous sommes autonomes et actifs, mais nous le sommes toujours dans la relation. 

 

Mais de quelle manière l’autre intervient-il dans ma mémoire ?

De différentes façons. D’abord quand la mémoire est souffrante : nous avons tous des souvenirs négatifs que nous voudrions oublier. Le romancier John Cowper Powys en a fait une clé de son œuvre : selon lui, il faut oublier l’insupportable pour vivre enfin, pour renaître. Et il en veut terriblement aux psychanalystes, ces « partisans de l’atrocité » qui exigent que nous nous souvenions des horreurs passées, sous prétexte qu’elles constitueraient le « réel » – lisez notamment « L’Art d’oublier le déplaisir » (José Corti, 1997). Ce refus peut se discuter, mais une chose semble sûre : on ne peut affronter seul la mémoire douloureuse. Cet affrontement avec notre intimité passe de façon étonnante par le partage avec autrui – que celui-ci soit un psychothérapeute ou pas. Pourquoi ? Parce que c’est l’individu, le « soi » lui-même qui est atteint, et pas seulement une partie de lui. Comment donc pourrait-il « se » soigner seul ? S’il n’a pu correctement se constituer, c’est souvent à cause des relations ; il pourra se reconstituer, mais seulement par des relations.

Cela dit, le bonheur, et donc la mémoire heureuse, passent également par la relation à l’autre. Pourquoi ? Parce que le bonheur, lui aussi, est menacé de bégaiement. Ce danger-là nous apparaît surtout sous l’angle de la mauvaise expérience que nous nous complaisons à ruminer comme un disque rayé (nous avons tous cette propension à revenir mille fois, tout seuls et en vain, sur ce qui nous a blessés). Mais le disque peut aussi se rayer dans l’ordre positif : prenez le « je t’aime » que l’amoureux répète pour la millionième fois à l’astre de sa vie. Là, c’est Kierkegaard qui démine le terrain. Dans « La Répétition », il montre les deux pièges possibles : soit le « je t’aime » reste superficiel et se répète à vide, n’inscrivant rien dans l’existence de qui que ce soit, se perdant dans les sables du donjuanisme ; soit il s’adresse au ciel de « l’amour éternel », sublime et platonique, mais ne s’inscrit là non plus dans aucune vie personnelle. Pour faire en sorte que cet amour s’adresse à un être réel, il faut que l’autre existe enfin pour de bon, dans sa chair et dans la nôtre, dans notre mémoire et dans la sienne.

Cette place de l’autre dans notre mémoire fait aussi que nous nous souvenons personnellement de choses que nous n’avons pas vécues…

Oui, toujours à cause de cette dimension relationnelle qui touche à la vie familiale, morale, politique, et qui rejoint aussi l’Histoire où notre biographie prend un sens. C’est le cas de chacun, et c’est pourquoi il faut l’affronter sur les deux plans, individuel et collectif. Chacun le fait à sa façon. Dans « Revivre », je réfléchis sur tout cela d’une manière philosophique et politique, mais j’affronte aussi une expérience individuelle. Mon expérience propre, les blessures que m’a transmises mon histoire. C’est pour cela que l’on devient philosophe !

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Boris Cyrulnik en parle bien dans « Sauve-toi, la vie t’appelle ! » (Odile Jacob, 2012) où il raconte comment sa mémoire s’est arrangée pour protéger l’enfant en fuite qu’il fut pendant la guerre, en mélangeant fiction et réalité. Ce mélange lui a été bénéfique. A quel moment peut-il devenir délirant ?

Toutes nos mémoires personnelles sont fondées sur un mélange de fiction et de réalité, d’expériences objectivement vécues et de questions totalement subjectives. A quel moment la « légende personnelle » ou le « roman familial » deviennent-ils délirants, pathologiques ? Sans doute quand on perd le « critère de vérité » dont parle Paul Ricœur dans « La Mémoire, l’histoire, l’oubli » (Points Seuil, 2003) et qui est un critère de santé. Illustrons-le justement avec l’histoire de Cyrulnik : un demi-siècle plus tard, il enquête sur ce qui lui est arrivé, enfant, et s’aperçoit qu’en maints endroits, sa mémoire a inventé des choses qui n’ont pu exister. Mais il ne s’entête pas. Il admet sa propre affabulation, lui trouve une explication, dénoue le réel du fictif. 

Le délirant, lui, refusera ce dénouement et décrétera qu’il s’agit d’un tout inextricable. Ou pire, il niera le réel. A l’échelle collective, ce déni peut devenir négationnisme. Une pathologie groupale plus répandue qu’on ne le croit. Au Rwanda, par exemple, on a pu constater que les génocidaires allaient jusqu’à nier les faits au moment même où ils les commettaient. 

Citant Karl Marx et Winston Churchill, vous dites qu’« un peuple qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre ». Appliqué au négationnisme, c’est effrayant.

Aussi bien à l’échelle individuelle que collective, revenir sur son histoire est un indispensable travail, tout à la fois moral, critique et thérapeutique. Il ne faut pas craindre son histoire. C’est le seul moyen de dissocier un acte du sujet qui l’a commis. Cela pose au minimum la possibilité du pardon : pour pardonner, il faut que l’autre ne se réduise pas à ce qu’il a fait. Si les Allemands n’avaient pas admis ce qu’ils avaient fait sous le iiie Reich, l’Europe n’aurait jamais pu se construire. A l’inverse, le délire consiste à confondre une communauté avec les actes que ses représentants ont pu commettre.

Selon vous, on ne peut avancer, évoluer, grandir qu’en étant blessé et en surmontant cet obstacle. Vous est-il arrivé de remercier un obstacle ?

Oui certainement, après-coup du moins. Une maladie, une perte, un échec… Plus précisément, on ne remercie jamais le négatif lui-même, bien sûr, mais la ressource qu’il nous a obligés à réveiller. Le négatif reste négatif. On ne peut pas souhaiter la pauvreté ou la maladie. Mais le paradoxe de la souffrance, c’est qu’elle fait se sentir vivant et que beaucoup de gens préfèrent ça plutôt que rien : au moins ils se sentent « sur scène » et non pas assis dans un fauteuil à regarder le spectacle du monde, ce qui est la grande illusion de la société actuelle. 

 

Qu’ont en commun les moments charnières de notre itinéraire personnel, ceux où nous nous disons : « Ouf ! Enfin, je vis ! »

Tous ces moments embrassent le temps dans sa durée. Ils se situent simultanément avant et après l’épreuve. Une fois celle-ci passée, je prends conscience du danger que j’ai couru et du bonheur présent qui m’ouvre la porte de l’avenir. C’est aussi ce que j’appelle « revivre ». Le grand paradoxe de ce verbe, c’est que nous croyons « vivre » une expérience pour de bon la première fois, et ne faire ensuite que la « revivre » de façon plus ou moins édulcorée. Alors que c’est l’inverse – toute l’œuvre de Proust est consacrée à le prouver. En réalité, quand nous vivons une expérience la première fois, nous ne le savons pas, ou quasiment pas. Nous ne l’assumons vraiment qu’ensuite, quand nous la revivons. Cela paraît fou, mais je crois qu’il en est ainsi : dans l’ordre de l’intensité et du vécu mémorisé, revivre vient avant vivre ! C’est ce qui fait que nous ne sommes pas des animaux, mais des humains vivants, inscrits dans un monde naturel mais aussi culturel, dans l’espace et dans le temps.

 

Frédéric Worms par Patrice van Eersel

TAO JEU : Dans quel esprit jouer ?

 

La légende que tu viens de lire est à la fois inventée et vraie. La fiction n’a pas d’importance. The essential is true. L vraie question est plutôt de savoir comment, en te lançant dans ce livre sur le Jeu du Tao, tu vas maintenant pouvoir entrer à ton tour dans la grande histoire, pour devenir le héros de ta propre légende.

 

Mais qu’est-ce que ta légende personnelle ? Où est le héros en toi ? Comment pense-t-il, comment parle-t-il, comment agit-il ?

 

LES PREMIERES MODALITES POUR COMMENCER

 

LE CARNET DE ROUTE.  Pour commencer, tu dois te munir d’un cahier qui sera ton carnet de route. Choisis-le solide et épais – certaines parties peuvent s’étaler sur des semaines, voire des mois, certaines quêtes  se jouent même pendant des années !

JOUER SEUL. C’est une venture où l’autre joue un rôle fondamental.  Si tu joues seul, il te faudra donc souvent te dédoubler, c’est-à-dire imaginer comment cet autre réagirait à tes réponses et à tes engagements successifs – que cet autre soit extérieur (proche, amour, parent, ami, modèle, etc..) ou intérieur, (que tu l’appelles ton « roi interne »,ton « ange créateur », le « Soi » en toi, ou toute autre expression désignant une instance intérieure capable de te regarder penser et agir comme le ferait un vieil homme sage regardant jouer un enfant).

 

LE TAOPARTENAIRE. Il est possible d’utiliser ce livre pour jouer à deux, par exemple avec un taopartenaire régulier, qui jouera avec toi à long terme. Chacun énonce sa quête en début de partie. Le bon taopartenaire doit être à l’écoute, attentif et généreux, mais sans concession. Il doit traquer tes a priori, tes réflexes d’autodéfense dans chacune de tes réponses pour que tu ne restes pas figé dans des comportements, des attitudes susceptibles d’évoluer. Il t’aidera à identifier tes « freins potentiels » et tes « compétences à acquérir » (voir le Livre des Principes  ). Et tu devras faire de même à son égard. Un bon taopartenaire sait se mettre à la place de l’autre dans ses commentaires, mais il le fait sans faiblesse ni complaisance. Savoir choisir ce compagnon ou cette compagne de voyage demande de l’intuition et un lâcher prise devant la synchronicité.

 

JOUER EN DYADE. Tu peux aussi jouer en dyade, accompagné de l’être avec lequel tu désires partager une aventure ou une quête commune… ou pourquoi pas ta vie (qu’il s’agisse d’un ami, d’un amour, d’un conjoint, d’un parent, d’un instructeur, d’un collaborateur etc…). La réponse à la première question – Que cherches-tu ? – est alors la même pour les deux joueurs.

JOUER A PLUSIEURS. Tu peux aussi jouer avec plusieurs partenaires. Des personnes que tu connais, ou que tu rencontres pour la première fois ; dans les deux cas, l’aventure te surprendra. Quand on joue à plusieurs, les temps de parole et d’écriture doivent être strictement limités et respectés (généralement entre 3 et 7 minutes, selon un accord collectif en début de partie).

TAO JEU : Dans quel esprit jouer ? dans La Règle du Jeu du Tao Fleches-7

 Ce jeu a également été créé sur mon Forum, si vous souhaitez y participer, c’est ici : http://devantsoi.forumgratuit.org/

participez aux discussions du forum dans un premier temps

et ensuite demandez à faire partie des membres du JEU du TAO... à Bientôt ! 

 

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Issu du Livre du JEU du TAO – Comment DEVENIR le Héros de Sa Propre Légende créé par Daniel Boublil et Patrice Levallois

Le Livre du Jeu du Tao a été conçu sur une idée originale de Marc de Smedt et réalisé sous la direction de Patrice Van Eersel, Patrice Levallois et Sylvain Michelet

 

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