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AU PRINTEMPS DE L’ÉTERNITÉ.

AU PRINTEMPS DE L'ÉTERNITÉ. dans Le Livre des Mutations images-3

En Juillet 1976, je feuilletais le Tao-Te-King (traité sur le Principe et son action), ouvrage chinois de Lao-Tseu , écrit voici vingt-cinq siècles, dont le sujet évoque le Principe originel ou Tao et sa force productive, Teï, mère de l’univers. Cette approche du monde fut tellement inédite pour moi que je perdis tous mes repères intérieurs et fus jeté, vide, sur la rive de l’inconnaissable. Je posai le livre et, par la fenêtre, contemplais le crachin monotone bruinant sur l’église Saint-Mathieu à Quimper, quand soudain la pensée s’arrêta. Dans ce corps figé, une immobilité intérieure totale se fit. Un silence insondable m’engloutit. Un flot transparent de conscience et d’amour imprégnait tout dans le champ de vision. On ne sentait aucune mesure, aucune limite, aucune séparation. Instant absolu d’atemporalité. Plénitude, béatitude, liberté, plus rien ne manquait…

C’était comme si tous ces toits luisants sous la bruine étaient conscience. L’impression de percevoir la transparente conscience en toute chose et tout être, sur un fond de bonheur à nul autre pareil.

Et d’écrire : Je pleure d’une immense joie : le ROC est touché. Croyant nager à la recherche du rocher salvateur, voici que je SUIS ce rocher. Dans cette recherche, je courais à l’Etre. La paix est au Non-Être, pas théoriquement, mais vraiment : quand je ne suis plus rien, alors je peux être un avec tout ; immobile dans la course, immobile dans l’amour. Non-agir… pour mieux agir… Non-aimer pour mieux aimer ! Que de vérité!

  Je me demandais pourquoi l’humilité? Et aujourd’hui c’est clair : n’être rien. Étant devenu rien, ayant constaté mon néant foncier, que peut-il m’arriver ? N’étant rien, tout s’accomplit à travers ce corps-ci, sans l’interférence de la personne peureuse et désireuse. La vie éclate alors de ses milles énergies !! Le cauchemar est fini. Le temps est arrêté. A présent, laid ou beau, riche ou pauvre, sain ou malade, qui reste-t-il pour souffrir encore ? Personne.

Tant et tant de préceptes, de commandements, de permissions et surtout d’interdits, de dualités pavaient mon chemin intérieur que le Tao-Te-King, dans sa limpidité naturelle est venu volatiliser tous ces conditionnements. Relier les paires de dualités, le chaud parce que le froid, le mal parce que le bien, le bien parce que le mal, le riche parce que le pauvre, le laid parce que le beau, le grand parce que le petit, le léger parce que le lourd, le plaisir parce que la souffrance, le désir parce que la peur, la peur parce que le désir… tout cela s’est articulé dans cette conscience brusquement infinie pour ne laisser qu’un champ vierge et transparent, une lumière intérieure doucement teintée d’amour, de compassion, d’une subtile radiance bienveillante, d’un sentiment de totale perfection.

Un rire joyeux se jouait de mes lourdes tentatives de comprendre Cela, l’Inaccessible, de mes méditations préhensives qui voulaient forcer la porte du Nirvana. Il n’y a que l’abandon, le si mal compris et surexprimé « lâcher-prise » qui ouvrent la porte du Nirvana, en effet. Mais je vous avoue que je n’étais pas vraiment dans une démarche de lâcher prise, mais juste concentré à comprendre cette dualité. Et c’est l’assemblage du puzzle duel qui me révéla (ce que je ne savais pas encore se nommer) la Non-Dualité. Le Tao m’était si nouveau à l’esprit que nul réseau ne venait enchaîner un envol vers l’inconditionné. Comment un tel esprit venait-il d’être touché par la Grâce ? Peut-on seulement parler de Grâce? N’est-ce pas simplement le Hasard ?…

Cette expérience semble sans cause, tellement loin de notre volonté et de nos capacités individuelles. Oui, on ne peut que constater sa propre impuissance en face de Cela. Mon regard était neuf, tel le nouveau né. Une nouvelle naissance, oui ; on peut dire cela. Et ce poids du passé, tous ces conditionnements sont soufflés comme une simple bougie par l’Éveil Soudain. Mille ans d’erreur sont dissipés en une seconde… Quel jeu, cette vie… Comme dit le Shin Jin Mei, « une fleur de vacuité…. pourquoi souffrir pour saisir cette illusion ? »

La particularité de cette révolution intérieure est qu’elle est incompréhensible. Ce que l’on cherche est ce que l’on EST depuis l’origine, sans le savoir, mais plus bizarrement encore, elle se livre dans un non-savoir, dans un vécu qui déconnecte toute tentative d’analyse et de compréhension intellectuelle. « On » ne comprend rien, réellement. Cela se saisit Soi-même dans une Union parfaite et absolue. Aucune trace d’illusion. Aucune trace d’ignorance non plus. Plus aucune ombre en Cela. Les tribulations humaines semblent des rêves d’enfants dans une cour d’école. Si le temps arrêté nous délivre de l’âge, il nous livre l’alpha et l’omega de tout ce qui est et sera à jamais. Nous sommes enfin libres de ne rien faire. Il n’y a plus rien vers quoi tendre. Quelle paix ! Mais quelle peur pour les troublions de l’activisme impénitent !! Il faut souvent qu’ils tombent pour entrevoir cette voie du milieu, du non-savoir, du non-être, du non-devenir et du non-agir…

2. Existe-t-il une Voie pour « aller à Dieu »?

Vous commencez à l’entrevoir, mais il n’y a aucune voie pour aller à Dieu, parce qu’il n’y a pas de voie, mais ça tombe bien, vous êtes déjà « arrivés » , sauf qu’il n’y a pas réellement de « vous »…. C’est indispensable de bien intégrer cela. C’est ici précisément que la Non-Dualité se distingue pratiquement de toutes les autres approches dites progressives. Dans les voies progressives, le « je » n’est pas nié d’emblée, et donc ce je peut cheminer, oui…. faire des techniques, des méditations, des rituels pourquoi pas, en vue d’un but : la libération, le Nirvana, Sat -Chit Anand et autres éveils ….. ou simplement une place au Paradis des justes. Quand on se déshabille le soir, il n’est pas question de « voie du déshabillage, n’est-ce pas? Eh bien se déshabiller du « moi » ne demande pas plus de voie ou de moyen de transport, mais juste quitter ces fausses identifications. 

Comme Arnaud Desjardins disait « vous êtes déjà nus sous vos vêtements », signifiant que la nudité est déjà acquise, en quelque sorte, totalement, mais qu’elle n’est pas manifestée. Idem pour notre nature parfaite. Elle est déjà là, sous des voiles apparents auxquels nous nous identifions en général, et ne pourra pas être plus parfaite, que les voiles soient ou non par dessus. Il n’y a et ne pourrait pas y avoir de voie pour aller à ce que nous sommes déjà de toute éternité.

Et pourtant, n’est-il pas question de tout côté d’une voie, d’un moyen d’une technique pour sortir de notre modeste condition? En fait il est clair que les religions organisées ont perdu l’âme ; elles sont lettres mortes, cul de sac pour l’aspirant à l’Infini, quand elles ne nourrissent pas des nids de frelons intégristes. Les voies spirituelles foisonnantes des temps modernes s’alourdissent souvent de tradition, de techniques méditatives au lieu de promouvoir la «substantifique moelle», l’essence pure et simple ; certaines se révèlent être des sectes ; il est dur de trouver une Voie authentique dans ces spiritualités encombrées de savoir, où l’on peut se perdre avant de distinguer la moindre fronce de l’habit numineux du Créateur. Au milieu de cet écheveau, et en pleine époque de matérialisme commercial, une fleur endormie depuis des lustres a bourgeonné, toute nimbée de pureté: la non-dualité. C’est vraiment incroyable qu’aujourd’hui, cette voie, cette attitude intérieure pour mieux dire, trouve expression, alors qu’elle fut si longtemps gardée prudemment secrète. C’est donc une bénédiction sans égal d’en avoir connaissance aujourd’hui. Avouons quand même que la Non-Dualité est mise à toutes les sauces, surtout dans moultes voies new age. Et du coup cette perle incomparable, ce diamant nécessite souvent un petit nettoyage avant d’être apprécié dans sa pureté.

Pourtant la Non-Dualité constitue l’essence de toutes les religions vivantes, surtout en Asie, de l’Advaïta Vedanta, du Bouddhisme, du Chan, et enfin du Zen . Mais elle réside dans le temple sacré, au coeur de ses enseignements qui préfèrent la laisser goûter à quelques élus seulement. Ce n’est que tout récemment que le Dzogchen, joyau non-duel du Bouddhisme tibétain fut révélé entre autres par Sogyal Rinpoche. Il pense que les temps sont mûrs, pour semer les graines dans cette fange féconde que nous voyons quotidiennement. Si elle en constitue l’essence, la non-dualité , n’en garantit pas les doctrines qui peuvent très vite s’opposer en inconciliable, j’en veux pour preuve le Soi de l’Hindouisme, opposé à l’absence de Soi du Bouddhisme, alors qu’il est évident pour les praticiens de terrain que tous parlent de la même expérience de conscience fondamentale, qu’ils soient Bouddhistes, Taoïstes, Vedantistes, Yogis ou Soufis. C’est dire au passage combien les formes sont multiples dès que nous rentrons dans la manifestation, même pour évoquer notre Source à tous. Pour ce qui concerne cet exposé, nous éviterons de prêter le flanc à la faconde intellectuelle pour discerner l’indiscernable, et au contraire mettrons en avant l’unicité de toutes les voies.

Revenons sur ce qu’est la Non-Dualité : Ce n’est pas une Voie, car on ne chemine plus guère; plutôt une attitude, à la fois mentale, affective et physique devant la vie, fondée sur le constat de notre inexistence séparée. Et comment entrevoir cette inexistence? En observant la dualité justement. Cette position intérieure se conçoit comme le dépassement de toutes les paires de dualité, non par une volonté personnelle factice, mais par la compréhension. Cette soudaine relation entre toutes les paires de dualités nous happe en tant que personne. L’ego est fondé sur ces paires et leur mise en perspective réduit sa réalité « personnelle » à néant. Ce constat engendre un éveil abrupt, la découverte par l’individu de l’absence de « moi », de l’autre, et la fin de la souffrance morale d’être séparé du monde et des êtres vivants. Alors bien sûr, cela peut sembler bien incompréhensible. « J’existe bien, moi !! » « Comment pourrais-je bien découvrir que je n’existe pas?? » Par l’observation régulière de notre conscience. Par la mise en évidence que souvent, nous n’avons aucun sentiment d’être « je ». C’est dans l’après coup que nous nous réapproprions les actes et les pensées, les décisions pour les faire « nôtres ». Je me mets en colère, je deviens tout rouge et je débite des injures par wagonnets… pour finir penauds et nous excuser en disant que « cela nous a dépassé »… En fait, la colère nous a balayé comme un fétu de paille, normal puisque nous n’existons tout simplement pas… Nous nous pensons de temps en temps, voilà tout. Et puis nous généralisons notre existence comme certaine et continue. Comme nous généralisons bien d’autres opinions qui ne s’adressent qu’à des situations ponctuelles. « La colère s’est emparée de ce corps-ci et des paroles injurieuses ont été proférées en réponse à une situation particulière ». Voilà les faits au fond. Pas d’ego là dedans. D’ailleurs nous en avons presque l’intuition quand nous nous affirmons dépassés par les événements émotionnels. Mais il nous faut bien justifier la continuité du moi et endosser la responsabilité d’une colère qui nous est étrangère. Alors on entérine : je me suis mis en colère, je ne sais pas pourquoi et je te prie de m’excuser, je ne recommencerai plus !! »…. enfin, chacun sourira à lisant ces lignes, n’est-ce pas… 

C’est bien là, dans cette observation du quotidien que nous pouvons nous démontrer l’inexistence d’une personnalité continue et stable. Ce n’est pas devenir schizophrène de renoncer à être quelqu’un, c’est juste observer ce qui est.

La non-dualité n’est pas inconnue des mystiques occidentaux; certains, comme Jean de La Croix, en ont parlé à mots couverts, « certes il faut vider l’esprit des choses mondaines, mais aussi des choses spirituelles… ». D’autres saints, Maître Eckhart pour ne pas le nommer, l’ont évoquée en termes impersonnels, propres à ne pas égratigner le dogme: la « Déité ». Bref, toutes les religions et toutes les voies spirituelles tendent vers la non-dualité, laquelle se goûte l’esprit innocent et inculte, pourrait-on dire, dépoussiéré des couches mortes de manuscrits savants concrétées par l’intellect accapareur de l’homme.

Chercher Dieu hors de soi, en observant l’univers, la vie, évoque une main divine créatrice, au bout du compte insaisissable. En revanche, scruter l’intérieur offre un début de réponse: présence en Soi, évidence de l’être. Il faudra finalement abandonner à la fois la notion d’extériorité et d’intériorité, car nous n’avons absolument aucun effort à faire pour être totalement nous-même et finalement l’introspection comme la concentration sur un objet extérieur ne sont qu’exercices du mental..

Au départ, nous sommes rivés aux sens extérieurs, noyés dans les phénomènes, et oublieux de l’Essence. Une mutation totale de notre façon d’envisager le monde et nous-mêmes peut nous réintégrer à notre source. Voyons comment. L’être est à la source des phénomènes, le monde des formes le fuit dans son mouvement universel. Aussi, retourner à l’origine suppose que nous abandonnions la poursuite effrénée où la vie nous entraîne. Au lieu de considérer l’objet de la conscience, tournez-vous vers le sujet, l’observateur. Non pas qu’il ait plus de réalité que l’objet observé, mais il cache la réalité non dualiste, laquelle découle de la disparition de l’idée « il y a bien un observateur ». Plus précisément: cet observateur est-il personnel, coloré d’envies et de peurs ? Vous êtes encore un ego, simple objet de l’esprit ; se révèle-t-il impersonnel, c’est-à-dire délivré des opinions individuelles ? Il est le Soi, lequel se conçoit comme le principe universel fondateur de l’univers, être, conscience impersonnelle (sans observateur personnel), source de l’énergie universelle et aussi, pour chacun de nous, notre nature profonde. A nous le dépouillement progressif de la personne jusqu’à l’impersonnalité, et l’éveil abrupt au dernier sous-vêtement! Et au fond, il n’y a pas plus d’intérieur que l’extérieur, n’est-ce pas….Ces notions de personnel et d’impersonnel, de sujet et d’objet constituent le nœud majeur de la dualité.

Le Soi ne s’oppose pas au « non-Soi », comme on le définit en psychologie. Il ne se distingue pas davantage de l’univers qu’il transcenderait d’une altitude métaphysique, tel un sujet absolu. Incluant tout sans limitation, le principe résume le lieu (ou non-lieu?) où se développe l’espace-temps, la « non-texture » qui donne le champ à l’énergie et la conscience. Le Soi est Tout! Non-être sur lequel fleurit l’être, la conscience et l’univers, le Principe prête vie à l’expérience humaine. Lao-Tseu disait: Le principe que l’on peut nommer n’est pas le principe originel. Ne nous attachons donc pas au terme « Soi », indifféremment remplacé par les termes impersonnels « Principe, Dieu, Tao, Shunyata, Sat-Chit-Ananda, Bouddha, Être, Non-Etre, Ainsité, Absolu, Infini, Purusha/Prakriti, Shiva/shakti, Brahman… », bien que des puristes savent faire des distinctions dans cette unité-là! Mais notre expérience vécue de la déité est impersonnelle. Il n’est donc pas question de relation personnelle entre Dieu le Père et nous, pauvres pêcheurs! L’impersonnel donne sans doute le vertige ; en revanche, il nous garantit la liberté! Il n’attend pas d’obéissance. Ses lois sont universelles et personne ne les gouverne!

Extrait de « Le bonheur est en Soi »expérience non-duelle d’un contemporain. Comment, pour la première fois, il ne vit dans la réalité que  » non-deux « , qu’un océan sans limite ni frontière, ni catégories, ni objet, ni sujet. Puis il décrit la nouvelle façon dont il perçoit la vie quotidienne, à la suite de ce bouleversement intérieur. Ce préambule indique comment il faut lire et recevoir ce qui est conté là. En particulier, avoir conscience que ces paroles s’adressent davantage à votre inconscient, à votre cœur, qu’à votre conscient ou votre tête… qu’est-ce à dire ? Qu’il faut laisser infuser dans votre cœur ces paroles qui alors peuvent planter des germes de non-dualité qui écloront plus tard… Si vous lisez intellectuellement, certes vous comprendrez un certain nombre de choses, mais l’essentiel va vous échapper. C’est ainsi. Si vous ouvrez votre cœur, laissez de côté l’esprit comparatif et critique, vous laisserez s’entrouvrir la porte de l’intériorité qui vibre à l’appel de l’autoperfection. Également quelques indications sur la façon dont l’esprit apparaît à l’auteur vous permettront de mieux saisir le texte. Ce que l’on nomme habituellement inconscient n’est aux yeux de l’auteur que l’aspect foncier, indifférencié ou peu différencié de l’esprit. Prenons l’image d’un arbre. Le tronc représente l’aspect foncier de l’esprit, tandis que les grosses branches, les branches puis les feuillages la façon dont l’esprit se scinde en profond et superficiel, les feuillages sont les pensées virevoltantes à la surface consciente de l’esprit. Ce qui est décrit dans les lignes qui suivent sont en fait la sève qui monte des racines et du tronc principal, avant même d’être différencié… si vous pouvez saisir les mots dans leur émergence naturelle, alors ces mêmes couches profondes vibreront en vous et vous comprendrez de l’intérieur ce dont il est question ici. Autant lire lentement, en laissant infuser les idées…

paroles édifiantes du Zen.

Les trigrammes – Jeu du Tao

 

Les trigrammes - Jeu du Tao dans Le Livre des Mutations 8-figures-du-ciel1

 

Peu importe leur ordre, car de même qu’il n’existe pas, au sens strict du terme, de  » haut  » et de  » bas  » dans l’univers, les trigrammes ne peuvent être classés 1°, 2° etc.. que par une simple commodité de langage. C’est ainsi que socialement parlant, un ministre sera placé au-dessus d’un paysan, mais pour le ciel (le Tao), il ne s’agit là que de fonctions transitoires dans l’humain. Une fonction ne saurait être  » au-dessus  » d’une autre puisqu’elles sont toutes destinées à se transformer et à se renouveler.

 

K’IEN : LE CRÉATEUR Le créateur est dit ce qu’il y a de plus puissant au monde. Son animal symbolique est le cheval. Comme symboles, le ciel, le père, le jade, le froid, la glace, le métal, le rouge sombre, le dragon, le vêtement de dessus, la parole, le prince, la pierre précieuse, le rond, l’or. Toutes ces notions qui paraissent dispersées et contradictoires sont confirmées par les tirages; elles sont nécessairement symboliques. Dans le graphisme de K’ien, le soleil aide les plantes et les racines à croître. Le principe premier – un homme écartant les bras, figurant l’architecture divine, ce qui se trouve au commencement – s’abrite sous un toit. L’ensemble évoque bien la force et la puissance. On sait le rôle du père dans la civilisation Balance/Cancer de l’ancienne Chine.

 

K’OUEN : LE RÉCEPTIF Le réceptif est la terre, la mère, la passivité, le noir, la foule, l’obscurité, une étoffe, le chaudron, l’économie, le veau avec la vache, un grand char, la forme, la multitude, l’enfant, le jaune, la jupe, la mouche, le carré, le sac, le tronc. Du point de vue symbolique, la terre supporte la vie comme une étoffe, un vêtement. Dans le chaudron, les choses cuisent jusqu’à maturité, la terre, de même, est le grand creuset de la vie. La mère s’occupe de la nourriture, fonction essentiellement lunaire. La lune brille de nuit; le veau et sa vache sont des symboles de fécondité, etc… De même que toute vie sort de terre, les rameaux sortent dû tronc, etc.. Le graphisme de ce trigramme montre un axe symétrique par rapport à deux mains opposées agissant dans un sens de fécondité, mais aussi d’équilibre, des forces en présence. Il s’agit d’un repos, d’une inertie féconde, d’un abandon à une volonté cosmique. Une plante sortant de terre se développe à gauche. État neutre donc, mais puissamment fécond, non pas absence de force, mais son support naturel, tout comme sur le plan humain l’utérus attend le germe pour le nourrir.

 

TCHEN : L’ÉVEILLEUR Le Yang et le Yin se trouvaient parfaitement figurés, à leur extrême, dans les deux précédents trigrammes. Il s’agissait du plus extrême du masculin (K’ien) et du plus extrême du féminin (K’ouen). Le symbolisme des traits continus évoquait le mâle et ses organes de génération par lesquels la vie continue. Celui des traits discontinus, coupe, trou, cavité, replis, ruissellement, les organes génitaux féminins, dans lesquels descend le germe, où il s’élabore, et où l’enfant vient au monde et au souffle de vie. On comprend leur place respective de père et de mère, la famille étant pour l’ancienne Chine, le lieu où s’élabore une fécondité et où se perpétue l’esprit ancestral. Du reste, aujourd’hui, la dislocation de la famille ne figure-t-elle pas la dislocation de la société et  » la lutte des classes  » ? L’Éveilleur est le fils aîné, le bambou jeune et vert, le jonc, le roseau le mouvement, le tonnerre, le jaune sombre, ce qui s’étend, le dragon (animal mythique), la décision, la véhémence, l’agatisation, les pieds, la secousse, le tambour, le retour à la vie, le corbeau, ce qui est fort et croît de façon luxuriante. Au point de vue annalistique, la grande rue, qui dépend de  » L’Éveilleur  » est au printemps la route menant tout élément vers la vie. Bambou, roseau, jonc, ont une croissance très rapide. Etc…

 

K’AN : L’INSONDABLE, L’ABÎME Ici, le trait plein, yang, se trouve entre deux traits yin, qui l’assiègent et le minent. Il ne faut pas croire pour celà que ce trigramme est  » mauvais « . Il fait partie d’un plan cosmique où il est difficile de rien isoler. Les jugements de valeur ne peuvent être portés que par rapport à une situation donnée. Ainsi, pour la nature, un processus d’oxydation cellulaire ou de pourrissement est aussi indispensable qu’un processus de nutrition et de croissance. La graphie de K’an désigne une plante et, à sa droite, à côté, des souffles vomis d’une bouche, qui peut être une cavité, un gouffre, une grotte, comme autrefois Delphes, bouche dont les mystères orphiques constituaient un élément et un processus nécessaires, religieux et sacré. C’est la raison pour laquelle, dans une tentative d’élucidation pour les étudiants ou lecteurs connaissant l’astrologie, nous relions les effets de K’an et son principe à Mars/Pluton, une action dirigée vers le bas (les ténèbres), en tout cas vers le yin, où elle se dissout sans pour autant perdre sa force. Ces influx, liés à  » la descente aux enfers  » qui constitue une souffrance, une crise, une purification et la mort ou la paralysie d’une partie du  » moi « , précédant une ouverture à d’autres valeurs, peuvent être dangereux. Les vapeurs émises de cette  » bouche  » (signe du Taureau, celui de la bouche, face à celui du Scorpion, signe des enfers et de la métamorphose) sont des vapeurs délètères (qui mettent la vie en danger, vu la racine grec délétêrios : nuisible) et méphitiques. La lave volcanique doit brûler (elle s’accompagne d’ailleurs d’acides et de gaz délétères) avant d’être un support fécond pour la végétation et la vie nouvelles. K’AN est l’oreille, les fosses, le piège, l’arc, la flèche, l’occulte, le secret, le voleur, la lune, l’appartement retiré (intérieur), le rouge, les calamités, les maux d’oreille, la mélancolie, les malaises cardiaques, l’eau, le porc, le fossé, le renard. Embûche, détour, indécision. Le fait de se redresser et de se courber. Analogiquement, ce dernier fait est celui du serpentement de l’eau. La courbure de l’arc et de la flèche procède de la même vision analogique. Le sang étant le liquide du corps, la couleur du trigramme est le rouge, (couleur plus affaiblie que K’ien). Les êtres venant et se sauvant en secret sont des voleurs. Etc.. 

 

KEN : L’IMMOBILISATION Le trigramme se lisant de bas en haut, nous voyons les traits yin (ouverts en leur centre) laisser passer le courant de forces, qui s’immobilisent contre le trait yang, pesant sur l’ensemble, et amenant une immobilité et une rigidité totales. La fermeté, la solidité, l’arrêt, la permanence, en découlent. Le schéma graphique représente un oeil au-dessus d’un homme debout. Ken gouverne l’immobilisation, le chien, le rat, les oiseaux à bec noir, le chemin détourné, les portes, les pierres, les ouvertures, les fruits et semences, la montagne, le moine, le nez, les eunuques, les gardiens, la solidité. Analogiquement, les sentiers détournés sont ceux des chemins de montagne, les gardes immobiles près des portes font figure de rigidité, etc… Le chien, de même, veille près des ouvertures, etc…

 

SOUEN : LE DOUX (transcrit phonétiquement, aussi, HSUAN ou SOUN : De part et d’autre du plateau d’une table, deux mandarins se trouvent en discussion (ils tiennent un sceau, dont une partie, comme preuve, demeurait aux archives). SOUEN, le doux, représente la fille aînée et adulte, le travail, le blanc, le haut, le long, l’avance et le recul, l’indécision, l’acte d’entrer, la précipitation, le front large, la poule, l’odeur, la cuisse, le bois, le vent, l’élévation, un bénéfice prochain, la branche de l’arbre, la trame de l’étoffe, les hommes âpres aux gains, la véhémence, les hommes aux cheveux gris, le cordeau. L’acte d’entrer se réfère au schéma lui-même et il offre naturellement un sens sexuel (symbole vaginal et col de l’utérus, relié à la jeune fille adulte, c’est-à-dire nubile. On sait le rôle joué dans les fabliaux du Moyen-âge par la clé et la serrure; une telle interprétation à la fois mystique et érotique est aussi celle admirable de poésie – du Cantique des Cantiques). Le blanc est une couleur yin (c’est la couleur funéraire chinoise, et l’ensevelissement du corps, qui va, en tant que dépouille mortelle, opérer une transformation essentielle à l’abri des regards, est un temps yin). L’avance et le recul sont dépeints par le vent, à la direction changeante et fugitive. Les hommes aux cheveux gris et clairsemés ont du blanc dans leur chevelure. La violence est le défaut des hommes âpres au gain et le trigramme se change peu à peu en son contraire, suivant la loi de l’équilibre Yin/Yang, c’est-à-dire en TCHEN.

 

LI, CE QUI ADHÈRE, CE QUI S’ATTACHE Sa graphie représente un yak, animal de trait qu’on voit sur les hauts plateaux, et qui remplace notre boeuf. De même que sur notre plan astrologique, le taureau est un signe de force, d’accroissement (ceux-ci procurés par la chair et la nutrition : Vénus/Lune, les maîtres du signe) nous retrouvons ici l’idée essentielle de force. A. ses côtés un oiseau, équilibre, beauté et possibilités spirituelles du domaine symbolisé par l’élément aérien. Li est ce qui s’attache, le feu, la fille cadette, la cuirasse, le casque, la sécheresse, la tortue, le crabe, l’escargot, la moule, le caret, les lances, les armes, le soleil, l’éclair, le rapprochement ou la séparation, le faisan, l’oeil, la postérité, les reptiles, le ventre proéminent. L’analogie vient du caractère du trigramme, ferme à l’extérieur, mou à l’intérieur (le gros ventre…) et de ses significations de ,feu, sécheresse et chaleur. Le crabe par exemple est mou à l’intérieur de sa carapace, etc..

 

TOUEI ou TUI : LE JOYEUX C’est le lac, la plus jeune fille, la bouche, la langue, le gosier, une magicienne, écraser et briser en multiples, tomber, jaillir, la sérénité, la sentence de justice, la balance, la petite fille, le marais, le bélier, le devoir, la décision dans l’union ou la séparation, la dureté, la concubine, le mouton, le plaisir. Le graphisme du signe évoque un gosier et une bouche qui partage – par son avis – une question en deux sanctions égales ou deux décisions. D’où justice, équilibre et sérénité. Le graphisme du signe évoque un gosier et une bouche qui partage – par son avis – une question en deux sanctions égales ou deux décisions. D’où justice, équilibre et sérénité.

Présentation du Livre des Mutations

 

Présentation du Livre des Mutations dans Le Livre des Mutations yi_king-trigrammes(Extraits de l’Introduction de Richard Wilhelm à sa traduction du Yijing) « Le Livre des Transformations, en chinois Yi King [pinyin : Yijing], appartient incontestablement aux livres les plus importants de la littérature universelle. Ses origines remontent à une antiquité mythique. Il occupe aujourd’hui encore [dans les années vingt] l’attention des plus éminents lettrés de la Chine. Presque tout ce qui a été pensé de grand et d’essentiel pendant plus de 3 000 ans d’histoire de la Chine, ou bien a été inspiré par ce livre, ou bien, inversement, a exercé une influence sur son interprétation, au point que l’on peut affirmer en toute tranquillité que le Yi King contient le fruit de la sagesse la plus achevée de plusieurs millénaires. Il ne faut donc pas s’étonner si, en outre, les deux branches de la philosophie chinoise, le confucianisme et le taoïsme, ont ici leurs communes racines. […] »

« Le grand renom de sagesse qui entoure le Livre des Transformations a, sans aucun doute, été cause qu’un grand nombre d’enseignements mystérieux dont la source se trouvait dans d’autres courants de pensée – peut-être même certains étaient-ils d’origine étrangère à la Chine – ont pu, avec le temps, venir se greffer sur la doctrine primitive. A partir des dynasties Tsin et Han, on a vu naître et progresser une philosophie formelle de la nature qui a enserré l’univers intellectuel tout entier dans un système de symboles numériques, et enclos toujours plus étroitement la vision chinoise du monde tout entière dans des formes rigides, en combinant une doctrine, développée avec rigueur, du Yin et du Yang où l’on discerne l’empreinte d’un dualisme, avec les « cinq états de transformation » tirés du Livre des Annales[Shujing]. C’est ainsi que des spéculations cabalistiques toujours plus alambiquées ont enveloppé le Livre des Transformations d’un nuage de mystère. Enfermant le passé et l’avenir tout entiers dans leur schéma numérique, elles ont conféré au Yi King la réputation d’un livre d’une profondeur totalement incompréhensible. […] »

« Le Livre des Transformations était à l’origine une collection de signes à usage d’oracles. Les oracles étaient partout en usage dans l’antiquité et les plus anciens d’entre eux se limitaient aux réponses « oui » et « non ». Ce type de jugement oraculaire se trouve également à la base du Yi King. Le « oui » était exprimé par un simple trait plein  et le « non », par un trait brisé . Cependant la nécessité d’une différenciation plus grande paraît s’être fait sentir de très bonne heure et les traits simples donnèrent naissance à des combinaisons par redoublement auxquelles un troisième élément vint encore s’ajouter, produisant ainsi la série des huit trigrammes. »

 « Ces huit signes furent conçus comme les images de ce qui se passe dans le ciel et sur la terre. Cette manière de voir était gouvernée par la pensée d’une transformation incessante des signes l’un dans l’autre, tout comme on voit, dans l’univers, les phénomènes passer constamment d’une forme dans une autre. Nous tenons là l’idée fondamentale et décisive du Livre des Transformations. Les huit trigrammes sont des signes d’états de passage changeants, des images qui se transforment continuellement. Ce que le Yi Kinga en vue, ce ne sont pas les choses dans leur essence – comme ce fut principalement le cas en Occident –, mais les mouvements des choses dans leur transformation. Ainsi les huit trigrammes ne sont pas les figures des choses, mais celles des tendances de leur mouvement. Ces huit images ont pu recevoir en outre de multiples interprétations. Elles ont représenté certains phénomènes dont la nature correspondait à leur propre essence. Elles ont également formé une famille composée du père, de la mère, de trois fils et de trois filles, non au sens mythologique, comme, si l’on veut, l’Olympe est peuplé de dieux, mais dans un sens en quelque sorte abstrait où elles représentaient non des choses, mais des fonctions. » Cf. Wilhelm (Perrot) p. 3-6

Histoire du livre des Mutations

 

Histoire du livre des Mutations dans Le Livre des Mutations yi-king« La littérature chinoise attribue la composition du Yi King à quatre saints personnages: Fo Hi, le roi Wen, le duc de Tchéou et Confucius. Fo Hi est une figure mythique, le représentant de l’ère de la chasse, de la pêche et de l’invention de la cuisson. Quand il est désigné comme inventeur des trigrammes, cela signifie qu’on assignait à ces figures une antiquité telle qu’elle précédait tout souvenir historique. Les huit trigrammes primitifs ont également des noms qui n’apparaissent pas ailleurs dans la langue chinoise, ce qui a fait conclure à leur origine étrangère. En tout cas, ces signes ne sont pas d’anciens caractères d’écriture, comme on a voulu le déduire de leur concordance mi-fortuite, mi-consciente, avec tel ou tel ancien caractère. »

« On rencontre très tôt les trigrammes combinés entre eux. Mention est faite de deux collections remontant à l’antiquité : le Yi King de la dynastie des Hia [Xia, 2205-1766 av. J.-C., suivant la tradition], appelé Lien Chan, qui aurait débuté par le trigramme Ken, l’immobile, la montagne, et celui de la dynastie des Chang [Shang, 1766-1150 av. J.-C., suivant la tradition] appelée Kouei Tsang qui commence avec K’ouen, le réceptif, la terre. Confucius signale en passant cette dernière circonstance comme historique. Il est difficile de dire si les 64 hexagrammes existaient dès cette époque et, dans l’affirmative, s’ils étaient les mêmes que ceux de l’actuel Livre des Transformations. »

« Notre collection des 64 hexagrammes provient, suivant la tradition générale que nous n’avons aucune raison de mettre en doute, du roi Wen, ancêtre de la dynastie Tchéou (Zhou, 1150-750 av.J.C.). Il les dota de brefs jugements alors qu’il était détenu en prison par te tyran Tchéou Sin. Le texte ajouté aux différents traits est dû à son fils, le duc de Tchéou. Cet ouvrage fut utilisé comme livre d’oracles pendant toute l’époque des Tchéou sous le titre de « Transformations de Tchéou » (Tchéou YiZhouyi), ce qui peut être prouvé à l’aide de témoignages historiques de l’antiquité. Tel était l’état du Livre lorsque Confucius le découvrit. Il se consacra à son étude assidue dans son grand âge et il est très vraisemblable que le « Commentaire sur la décision » (Touan Tchouan) a été composé par lui. Le « Commentaire sur les images » remonte également à lui, bien que de façon moins immédiate. Par contre, il existe un commentaire sur les différents traits, d’un grand intérêt et très détaillé, qui fut réalisé par des disciples ou par leurs successeurs sous forme de questions et de réponses, et dont nous ne possédons plus que des bribes (en partie dans le chapitre Wen Yen et en partie dans le chapitre Hi Tsi Tchouan). » Cf. Wilhelm (Perrot) p. 12-13

La famille des Trigrammes du Tao

 

 

— Le créateur 

 le 1 :  La famille des Trigrammes du Tao dans Le Livre des Mutations trigrammes-11 est le ciel : c’est pourquoi on l’appelle le père.

 

 

— Le réceptif 

  le 6  : trigrammes-61 dans Le Livre des Mutations est la terre : c’est pourquoi on l’appelle la mère.

 

 

— Dans le trigramme de l’éveilleur 

le 7 :  trigrammes-71    elle recherche la puissance du mâle pour la première fois et reçoit un fils. C’est pourquoi l’éveilleur est appelé le fils aîné. 
— Dans le trigramme du doux 

le  3 : trigrammes-31 le mâle recherche la puissance de la femelle pour la première fois et obtient une fille. C’est pourquoi le doux est appelé la fille aînée. 
— Dans l’insondable 

le 4 :  trigrammes-41 elle recherche pour la deuxième fois et reçoit un fils. C’est pourquoi ce signe est appelé le fils cadet. 
— Dans ce qui s’attache 

le 8  : trigrammes-81 il recherche pour la deuxième fois et reçoit une fille. C’est pourquoi ce signe est appelé la fille cadette. 


— Dans l’immobilisation 

le  5  : trigrammes-51  elle recherche pour la troisième fois et reçoit un fils. C’est pourquoi ce signe est appelé le plus jeune fils. 


— Dans le doux 

le 3  : trigrammes-33 il recherche pour la troisième fois et reçoit une fille. C’est pourquoi ce signe est appelé la troisième fille.

 

 

 

Chez les fils, suivant cette dérivation, la substance vient de la mère – donc des deux traits femelles – tandis que le trait dominant, déterminant, provient du père. Chez les filles, les choses se passent de façon contraire. Le sexe s’inverse chaque fois d’une génération à la génération suivante. […]

 

Les Trigrammes du Tao

 

Les Trigrammes du Tao dans Le Livre des Mutations trigrammes-1     trigrammes-2 dans Le Livre des Mutations       trigrammes-3        trigrammes-4           trigrammes-5        trigrammes-6        trigrammes-7       trigrammes-8

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