Archives pour la catégorie Le Livre des Mutations

Le Temple est Trois

Tout en développant de façon trinitaire les aspects à travers lesquels la pensée panthéiste décrit le Monde et l’Homme, j’ai insisté sur l’unité indissociable qui réunit les trois images conceptuelles utilisées. Selon les doctrines, les ésotéristes usent d’autres modèles, des constructions basées sur les chiffres sept ou dix ou douze, par exemple. L’important est de comprendre que cette pensée postule fondamentalement l’unité absolue du Monde, de l’atome à l’univers, du créateur à la créature, de l’origine aux fins ultimes, et de l’individu à l’humanité entière. Elle se fonde sur la certitude qu’il n’existe qu’une seule et unique réalité, unissant l’Homme, l’Univers et Dieu, que tous les autres aspects du Monde sont parfaitement illusoires, et que la personnalité individuelle s’inscrit donc toujours dans l’unité de l’humanité tout entière.

Le Temple est Trois  dans Le Livre des Mutations le-feminin-120x300

C’est en lui-même, qu’à l’origine, ce Dieu unique différencie les mondes et les esprits vierges qui vont expérimenter la matière. Ce n’est pas une expérience facile mais l’éternité est disponible. Les esprits inconscients vont s’enfoncer dans le chaos originel. Au cours de la descente, l’émergence de la vie dans la matière inerte puis celle de la conscience dans les corps vivants devraient permettre de réaliser l’Idée divine, l’incarnation des esprits dans des corps matériels vivants, des « Microcosmes » bâtis au modèle de l’Univers. Mais les expériences sont variées et parfois périlleuses. Originellement libres, certains esprits vont s’égarer, dont ceux des hommes. Alors se forme le monde que nous connaissons, le monde « dialectique » des gnostiques, régi par l’opposition des contraires. Et il faudra que chaque esprit immortel, enfermé dans un corps humain mortel, se délivre de ses chaînes matérielles, de ses cristallisations, de son karma personnel et ancestral, pour reprendre librement le chemin de l’incarnation spirituelle, la reconstruction de son propre « Microcosme », de la véritable réalité de son être personnel, tel que voulu pour lui seul, de toute éternité, par Dieu, au sein de la globalité de la communauté humaine.

L’esprit incréé, seul l’esprit peut l’engendrer. De nature divine, engendré non pas créé, l’homme originel est et demeure immortel. Vivant dans un corps biologique, c’est dans cette vie naturelle même qu’il peut retrouver ses pouvoirs si l’homme animal qui l’héberge accepte par amour la transformation nécessaire, la transfiguration du corruptible en incorruptible, du plomb vil en or pur. C’est cela, semble-t-il, que les anciens Alchimistes découvraient un jour, non pas dans leurs cornues comme d’abord ils l’espéraient en éprouvant inlassablement le sel, le soufre et le mercure, mais en eux-mêmes, tout au terme de leur longue recherche de la pierre philosophale. Car la pierre n’opérait qu’en présence d’un peu d’or, symbole de la présence effective de l’Esprit divin, et préalable nécessaire à la transmutation. Puisse chacun trouver, en soi-même, sa propre pierre de métamorphose et aller maintenant son chemin personnel de transfiguration. Les ésotéristes nous disent que par amour, la Divinité descend depuis l’Esprit pur vers chaque homme en revêtant la matière, puis que, par amour aussi, l’Homme s’élève depuis sa corporéité vers Dieu en libérant son propre Esprit.

le-feminin-copie-122x300 dans Le Livre des Mutations

Je synthétiserai ces idées en disant que pour les panthéistes gnostiques chrétiens, c’est l’amour total qui constitue le feu de l’alchimie ultime, laquelle transforme alors le corps de l’homme en triple temple du divin Microcosme. L’éternel Esprit incréé des origines est « l’Amour Même ». Il s’exprime en donnant vie et connaissance, et ce don d’amour éternel ne peut se réaliser dans la solitude. L’Esprit divin engendre donc nécessairement « l’Autre », l’Homme spirituel immortel qui est une conscience vivante. Engendré par l’Esprit d’amour et non pas créé, l’Homme révélé rayonne naturellement la force de la vie et la clarté de la connaissance sur toute l’humanité. Cet impératif comportemental de fraternité universelle détermine donc l’orientation majeure du travail intérieur des ésotéristes gnostiques qui, conscients de la double nature de leur être terrestre, vont associer l’ardeur de l’amour insufflé par l’Esprit divin intérieur à la douceur de la compassion puisée dans leur périssable nature humaine.

le-feminin-copie-2-124x300

Comme il faut bien que j’arrête quelque part cette présentation générale de la pensée panthéiste et gnostique, je terminerai ici en utilisant un dernier symbole ternaire et en vous priant d’aller maintenant voir une magnifique illustration d’artiste représentant ce corps humain ainsi triplement et spirituellement transfiguré.

La Source Originelle


De même qu’à l’origine du corps, il y a la cellule primordiale, la tête et ses prolongements vertébraux, à l’origine du Monde et des vivants, il y a l’être, l’existence, la matière et la vie lesquels sont les sources de toutes les choses et connaissances essentielles et de tous les moteurs de subsistance, de permanence et de reproduction. Ces forces, ces matériaux, ces instructions de construction, ces pulsions primordiales et ces savoirs fondamentaux sont enfouis au plus profond de nous, inaccessibles à la conscience raisonnable. Nous les analysons comme des éléments techniques utiles à la construction de l’appareil existentiel et à son fonctionnement. Nous ne réalisons pas que tous ces facteurs sont des manifestations actives et actuelles des éternels principes originels de l’existence et de la vie.

La Source Originelle dans Le Livre des Mutations le-feminin-copie-3-300x163

A ce niveau de la réflexion, nous devons être très attentifs. Nous sommes ici dans le système de pensée panthéiste. Nous ne parlons donc pas seulement de matière ou de corporéité ni de représentation mentale. Nous parlons de l’Être unitaire primordial, inconnu, total, absolu qui nous inclut et qui donc se manifeste en nous-mêmes. Nous essayons de comprendre qu’à l’origine, à la source véritablement fondatrice de notre être propre dans tous ses caractères, il y a une idée créatrice essentielle, éternellement agissante et vivante, l’Idée permanente de l’Homme que nous sommes, originellement conçue dans l’Intelligence Créatrice, (quelle que soit la nature véritable de cette entité, cause première du Monde), et manifestée dans notre corporéité. Par notre être total propre, hors du Monde et du temps, nous lui restons constamment reliés, mais nous sommes cependant limités par cette manifestation existentielle, corporelle, temporelle et consciente qui est notre personnalité mortelle actuelle. L’existence du mal complique encore la réflexion. En Occident, la pensée panthéiste adopte souvent les concepts gnostiques tels qu’on les trouve dans la philosophie du « Nouvel Âge ». C’est, par exemple, un démiurge, créateur imparfait, qui aurait créé ce monde temporel et ces corps mortels qui portent cependant en eux les étincelles divines immortelles descendues du royaume originel.

Traditionnellement, dans l’imaginaire habituel de notre pensée, et sans réaliser ce que nous faisons et de quoi nous parlons, nous construisons une forme conceptuelle pour évoquer la base originelle. Nous l’appelons souvent « le Dieu Père » mais d’autres la désignent comme « la Mère originelle », ou même « la Nature ». Là est l’illusion fondamentale. Nous avons quitté le contact intuitif avec la réalité matérielle originelle et nous l’avons remplacée par une construction mentale, une image symbolique inversée qui place loin de nous, dans les cieux, notre origine biologique et terrestre. Cette sorte d’idole se rencontre souvent dans les textes dits « Sacrés » ou les Temples. C’est pourtant la matière primordiale qui est conceptuellement la plus proche de la réalité de l’origine. Elle est d’abord manifestée dans l’existence matérielle et vivante du corps biologique, car l’homme pensant émerge de la vie, qui s’enracine dans la matière dont la source est dans l’Être primordial.

Comprenons cependant qu’il n’y a aucune raison de placer cette forme conceptuelle, artificielle et imparfaite, cette idole fondamentale, symbolique et fragmentaire, en haut ou en bas, ou à la tête d’une quelconque hiérarchie. Dans la triple image mentale de l’essence universelle, il n’y a ni haut ni bas, et ni fonction première ou dernière. Inclinée vers la terre, la branche KYAKU est nécessaire, mais l’harmonie du bouquet réside dans sa globalité.

1...56789

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes