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REPONSE AU CRI DE LA TERRE MERE

 

Contenu de l’Interview paru au magazine Sacrée Planète

images (14)Sacrée Planète : Comment répondre au cri de Terre-Mère ?

Erich Lancaster : En étant fi er de ses racines et en respectant nos ancêtres qui ont toujours veillé sur Terre-Mère.

S. P. : Quel est le message que vous voulez communiquer en faisant des conférences en France ?

E. L. : Le Grand Esprit cherche à rassembler les peuples au delà de leurs religions, de leurs traditions ou de leurs dogmes. Pour sauver Terre-Mère, il semble nécessaire d’abandonner, provisoirement, les séparations que les différentes croyances ont peu à peu créées. Cela signifie de garder nos valeurs fondamentales et d’accepter de laisser de côté les formes que celles-ci ont prises. Principalement, les formes qui génèrent des discriminations. Il devient urgent de nous rassembler. Mon message est tout à fait positif. Toutes les traditions et les religions sont concernées. Cela implique une plus grande ouverture.

S. P. : Les religions en sont arrivées à une forme qui ignore les liens de l’être humain avec Terre-Mère ? Pourquoi ?

E. L. : Parce que l’homme s’est cru supérieur à la Nature. C’est pourtant la Terre qui l’a mis au monde et le nourrit chaque jour. L’homme a cherché à la dominer, à la maîtriser. Les différents courants spirituels ont poussé l’homme à regarder vers le ciel, oubliant ses pieds, ses racines. Il est nécessaire de retrouver un équilibre avec la tête dans le ciel et les pieds sur terre. Certaines voies spirituelles ont nié le corps humain. Il faut nourrir autant le corps que l’esprit et retrouver l’équilibre entre les deux.

Terre-Mère pleure, et l’énergie essentielle à la vie est plus importante que tous nos concepts spirituels, qu’ils aient pris la forme d’une religion ou d’une philosophie.

Savez-vous pourquoi les Amérindiens luttent contre l’alcool ? C’est parce qu’il fait perdre l’esprit, certes, mais également parce qu’il fait souffrir le corps. Il est temps de reprendre conscience que la nature est primordiale dans l’évolution de l’Homme. Terre-Mère supporte toutes les civilisations et le réveil est aujourd’hui planétaire. L’humanité retrouve de plus en plus sa conscience.

S. P. : Pourquoi les Amérindiens lancent-ils un message au monde ?

E. L. : Parce que nos gardiens de sagesse n’ont jamais coupé le lien avec Terre Mère. Ils ne se sont jamais coupés de leurs racines. Les traditions autochtones ont ce savoir depuis toujours mais qui les écoute ?  Il est très intéressant de remarquer qu’aujourd’hui, même le XVIIe Karmapa Orgyen Trinley Dorjé s’intéresse ouvertement à l’écologie. S. P. : Comment les Tuscaroras vivent-ils ces grands bouleversements ?

E. L. : Timbergen, un chef de 83 ans, des Wide Wini (groupe de chamans), élu au Conseil tribal de New York, a exposé la question cruciale sur le rassemblement des différentes nations amérindiennes pour pouvoir répondre plus efficacement à cet appel de la Terre. Les familles autochtones sont aujourd’hui dispersées et les voyages coûtent cher. Les gardiens de la tradition orale sont de moins en moins nombreux. La grande question, pour nous, est : «Pouvons-nous garder la tradition orale ou faut-il écrire pour pouvoir traverser ces temps bouleversés? ». Il devient important de préserver les tribus les plus pauvres, car ce sont elles qui restent les plus proches de nos racines et de nos origines. Elles ont un lien évident et nourri avec Terre-Mère.

Au Canada, le gouvernement a donné des subventions aux Inuits parce que l’Unesco a médiatisé leurs grandes difficultés… Mais cette aide a engendré des répercussions désastreuses pour toutes les autres nations amérindiennes du Canada. En effet, le gouvernement ne donne plus aucune aide aux autres nations, allant même jusqu’à leur enlever des droits pourtant acquis il y a très longtemps. Pour les Tuscaroras, ce sont certaines terres données dans le passé qui sont aujourd’hui reprises.

La réponse au cri de Terre-Mère commence par le rassemblement des différentes nations amérindiennes. Les querelles identitaires ne peuvent pas prendre le pas sur la souffrance de Terre-Mère. Cela demande de savoir abandonner certains principes et traditions. La vie de tous les êtres humains en dépend.  C’est ensemble que nous trouverons des solutions pour Terre-Mère.

En 2010, les actions sont menées avec le concours de Judith Christensen (Suède) en charge des missions pour l’UNESCO sur Paris-Etats-Unis-Canada et Tahiti. Nos actions sont d’ordre politique et elles visent principalement la protection historique des lieux ayant appartenus à nos ancêtres et à d’autres nations. C’est une façon pour nous de conserver des territoires contre toute destruction. Malheureusement, les États-Unis se sont récemment désengagés financièrement des projets de reforestations de ces terres menés par l’UNESCO et sont sortis du système.

S. P. : Quels sont les projets et réalisations que vous menez aujourd’hui ?

E. L. : D’importantes superficies de nos anciennes terres ont été achetées par de très grosses sociétés d’exploitation du bois et la Caroline du Sud subit une intense déforestation.

Le Conseil tribal a décidé de mettre l’effort sur la reforestation… Même si les terres ne nous appartiennent plus. C’est bien là un épineux problème car le Conseil tribal a voté pour ce projet et l’état fédéral ne l’a pas entériné. L’UNESCO a reconnu le projet du Conseil tribal des Wide Wini (Tuscaroras et Haïdas) et a nommé une représentante internationale, Mme Audemard. De mon côté, grâce à mes liens avec la France (je suis marié à une Française et vis la plupart du temps en France), je participe au projet en faisant des conférences et lorsque je reçois des dons, je les transmets à Mme Audemard.

Je fais des conférences en France parce que le Grand Esprit me l’a demandé et non pour répondre à la demande d’une organisation. C’est ma « Vision Quest ». Mon action est déterminée par un appel du Grand Esprit.

Le projet de la fédération entre certains Tuscaroras et Haïdas est de reboiser l’île de la Reine-Charlotte, avec des cèdres rouges. Si vous voulez nous aider, vous pouvez faire un don pour un arbre. C’est l’essentiel pour nous aujourd’hui : la reforestation qui aidera Terre-Mère et qui permettra notre survie. Pour vos dons, reportez-vous à l’encadré en fi n d’article. J’ai créé l’association « Terres et racines » pour recueillir les dons qui sont intégralement reversés à Madame Audemard de l’Unesco.

SP : Pourquoi la reforestation est-elle si importante pour vous ?

images (15)EL : Les cèdres rouges font partie de rituels très importants dont celui de la cérémonie du kayac. Il nous a été donné par le Grand Esprit. Il faut presque 400 ans pour qu’un cèdre rouge soit à maturité pour ce rituel. Il permet une pêche auspicieuse en lien étroit avec les Esprits et assure de la nourriture pour subvenir aux besoins des familles.

Nous sommes des peuples insulaires, donc des pêcheurs. Nous préparons du poisson séché car la fumigation purifie  l’animal des mauvais esprits. Ce n’est pas simplement pour avoir du poisson durant la saison hivernale. Nous ne pensons pas ainsi. Cela part toujours d’une quête de vision qui est bien plus importante que des contingences humaines.

Les rêves prédominent toujours sur les « pourquoi » et les « comment » humains.

SP : Un rituel comme celui du kayac a-t-il toujours un sens au XXIe siècle ?

EL : Les autochtones Tuscaroras ne pêchent pas dans le seul but de se nourrir. Ils sont des passeurs d’âmes. Le grand Esprit leur a confié la mission de libération de l’âme des poissons. Il n’y a pas qu’un rapport de nourriture entre les animaux et les hommes. Ce n’est pas aisé pour un occidental de comprendre ce mode de pensée, mais nous ne demandons pas d’être compris. Nous demandons d’être respectés dans notre culture et libres de vivre comme nous l’entendons. Il faut dire aussi que certains de nos savoirs doivent rester secrets afin de pérenniser nos traditions.

SP : C’est notre mode de pensée déférent  qui rend l’entraide parfois délicate. L’aide occidentale peut parfois, involontairement, causer des torts. Qu’en dites-vous ?

EL : L’aide internationale pense elle-même à nos besoins sans prendre le temps de nous consulter. Il ne faut pas oublier que ce qui est donné aujourd’hui, a forcément une conséquence sur demain. Il faut que l’aide s’inscrive dans la durée. Lors des dernières catastrophes climatiques, par exemple, il a été envoyé du riz aux autochtones sinistrés… Mais une fois que nous n’en avons plus eu, il nous a fallu en redemander… Ce n’est pas cela que nous souhaitons. Ce qui semble bien pour vous dans l’instant, n’est pas forcément bon pour nous le lendemain. Il faut toujours penser à demain. Sans compter que nous n’avons pas le même temps que vous. Vous êtes toujours pressés alors que nous, nous avons «l’indian time»…

SP : Est-ce juste de vous aider alors ?

EL : Oui, si vous prenez la peine de nous demander, de nous écouter et de nous laisser libres de nos choix d’aide… À Alberta, dans le Conseil, il est dit que les solutions aux problèmes amérindiens peuvent venir de l’autre coté de l’océan. Déjà, dans le passé, ce sont des Hollandais qui ont attribué certaines terres aux autochtones. Il est vrai que les aides américaines sont vraiment très difficiles à obtenir pour nos peuples ! Avec un don de 22 euros, un cèdre sera planté et nous pourrons payer l’ouvrier qui s’en occupera dans la durée. Ainsi nous donnons du travail et une rémunération aux jeunes autochtones. C’est important que nos jeunes puissent recevoir un salaire généré par leur travail.

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Qui est Erich Lancaster, nommé « Water Standing Bear » ?

téléchargement (17)Erich Lancaster, est demi-sang de la nation Tuscarora. Il est membre du Conseil tribal Wide Wini d’Alberta (Canada) et appartient à la ligue de la défense des droits autochtones. Il donne des conférences en France et fait des cérémonies afin de faire connaître la culture Tuscaroras.

Voici ce qu’il écrit :

«Né à Winnipeg : moi et ma famille respectons la tradition orale depuis plusieurs générations, mon grand-père a longtemps habité la province d’Alberta. Il a pris pour femme une jeune fille d’une famille de trappeurs Français. Grand-père disait que cette famille apportait régulièrement de la nourriture durant l’hiver à sa tribu. Ils finirent par chasser le castor ensemble.

Mon père, issu de cette singulière union, rejoignit les grands lacs d’abord, puis NewYork où se trouvaient des Mohawks. Il a ensuite traversé le Canada pour s’établir à Winnipeg.Certains Tuscaroras ont connu diverses influences, espagnoles, anglaises et françaises. Entre la ruée vers l’or noir, le textile, le tabac et la chimie, tous les territoires des ancêtres sont devenus aujourd’hui des mégalopoles industrielles. Ceci contribuant à couper, pour toujours, les natifs de leurs racines et souiller la Terre-Mère. Mon père Stanley, Little Red Beaver (petit castor rouge), fut enrôlé de force en 1944 dans l’armée Américaine pour le débarquement en Normandie. Il se maria en terre Normande et devint français. Entre deux voyages, je suis né à Winnipeg. Conséquence, aujourd’hui malgré ma quête du passé, j’ai l’impression de ne plus avoir de patrie. J’ai l’impression d’être entre deux mondes et d’appartenir à un temps révolu…Aujourd’hui, je fais partie du Conseil tribal qui a lieu chaque année à Alberta au Canada. Il rassemble 5 Nations : Navajo, Haïda, Cree, Tuscarora, Oneïda.

Défendeur contre l’abattage du bois et des forêts, principalement au Canada et dans l’Idaho. Président d’honneur et premier organisateur du Festival Amérindien de Haute-Garonne, qui a réuni pour l’unique fois 27 ethnies autour d’un projet d’échange culturel.»

Article écrit Par Cécile Courtat -  Et paru au magazine sacrée planète   oct/nov. 2013

Pourquoi jouer avec le FEU

 

 

Une pollution nucléaire sans précédent est en marche depuis Fukushima. Les catastrophes nucléaires laissent des traces quasi indélébiles sur la planète… Quelles conséquences pour l’homme et l’environnement ? Ne sommes-nous pas en train de jouer avec le feu ?

images (4)Il est des événements qui font fi de nos frontières nationales et qui nous poussent à prendre conscience que nous habitons tous sur une même et unique planète. Des particules radioactives de Fukushima ont notamment parcouru plus de 16000km avant d’être détectées en France. Olivier Isnard de l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) déclare dans le documentaireFukushima, pièce à conviction que le niveau de radiation était suffisamment bas pour qu’il n’y ait pas de « problème de santé publique en Europe ». Toutefois, Bruno Chareyron, Responsable du laboratoire de la CRIIRAD – Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité – ne minimise pas l’événement. « Les citoyens français ont quand même été exposés à une radioactivité par inhalation et par ingestion. Il n’est pas possible de dire qu’il n’y aura pas de conséquences éventuelles à long terme »

Le temps. Voilà un paramètre gênant lorsque nous abordons le sujet du nucléaire. « Une contamination radioactive ne disparaît pas, elle reste dans le temps. Il est question de centaines ou de milliers d’années », rappelle le journaliste scientifique Maxence Layet, fondateur du magazine Orbs, l’autre planète. Les particules radioactives – extrêmement nocives pour la santé – s’accumulent dans notre environnement, notre chaîne alimentaire et finalement nos organismes. Ainsi, il n’est plus seulement question de zones géographiques condamnées parce que trop polluées, « nous sommes dans une situation de contamination mondiale progressive et silencieuse », souligne le journaliste, au micro de Bob vous dit toute la vérité. Alors que beaucoup de médias ont tourné la page, à Fukushima, la catastrophe est toujours en cours. Quelle est son ampleur véritable ? Quelles conséquences sur notre santé ? 

Une catastrophe de force maximale
11 mars 2011, 14h46, un puissant séisme déclenche l’arrêt automatique des réacteurs de la centrale de Fukushima Daiishi. 15h30, un tsunami inonde le site. Les groupes électrogènes de secours cessent d’alimenter les circuits de refroidissement. Des émissions de radioactivité commencent dès lors. Du 12 au 15 mars, 3 explosions contribueront à l’émission d’un panache hautement radioactif qui irradiera la région et partira vers l’Est parcourir une bonne partie de la planète. Des commissions d’enquête signaleront que les autorités connaissaient les risques qu’encourait le site, mais qu’un grand nombre de mesures de prévention n’avaient pas été mises en place. Le périmètre interdit est maintenant réduit à 20km autour de la centrale alors que des associations japonaises indépendantes relèvent des taux excessifs de radiation à plus de 40km de Fukushima. 

Les conséquences sanitaires de cette 2e catastrophe de force 7 après Tchernobyl – le maximum sur l’échelle d’évaluation des accidents nucléaires – sont déjà visibles. Un paysan, resté avec son bétail dans la zone interdite, a vu plus de 200 vaches mourir en 3 ans. Son propre bilan médical signale que son ADN est gravement endommagé par les radiations. Dans la région de Fukushima, plus de 75 enfants sont atteints d’un cancer de la thyroïde – soit 15 fois plus que la moyenne. Le Dr Masamichi Nishio, Président du Centre de recherche sur le cancer d’Hokk, affirme que dans 15 ou 20 ans le Japon sera menacé par une épidémie de cancer. L’effet des radiations dans le temps est inquiétant. « En 25 ans, il y a eu dix mille études qui ont été publiées sur les conséquences sanitaires de la radioactivité sur les gens qui vivent à proximité de Tchernobyl. Le bilan officiel est qu’il y aurait 9000 morts. Cela ne comptabilise pas l’augmentation des cas de trisomie 21, de difformités congénitales ou d’autres pathologies liées à la radioactivité », informe Maxence Layet. 

Des paramètres non maîtrisables
Fukushima soulève d’importantes questions sur l’usage du nucléaire. Comment une centrale a-t-elle pu être construite au niveau de la mer dans une zone à haut risque sismique ? Quel contrôle les administrateurs du nucléaire assurent-ils concrètement sur le terrain ? Quel examen des risques sur les populations les hommes politiques incluent-ils véritablement dans leurs plans de développement énergétique ? « Il y a aujourd’hui 439 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans le monde. La moitié se concentre dans 3 pays : les Etats-Unis en ont une centaine, la France en a 58 et le Japon en a 55 », informe Maxence Layet. « Je suis devenu convaincu que nos réacteurs actuels, comme pratiquement tous les réacteurs au monde, sont sujets au même type d’accident que Fukushima, et qu’ils sont dangereux », indique Jean-Louis Basdevant, auteur deMaîtriser le nucléaire, sur le site de l’association Sortir du nucléaire. 

En 1999, en France, une forte tempête a agité le fleuve la Gironde au point que la centrale nucléaire du Blayet ait été inondée. Sur les deux pompes de refroidissement qui étaient en sous-sol, une a été noyée. « Que se serait-il passé si les deux l’avaient été ? Les risques liés au nucléaire sont non maîtrisables. Nous vivons actuellement sur des bombes », asserte Jean-Pierre Petit, spécialiste de la physique des plasmas et ancien Directeur de recherche au CNRS. « Au Blayet, pendant la tempête de 1999, nous avons frôlé l’accident nucléaire », confirme le documentaire Complément d’enquête sur France 2 d’avril 2001. Tous les risques de catastrophe naturelle, d’attentat ou même de guerre, ne sont pas entièrement prévisibles. Ne sommes-nous pas en train de jouer avec le feu ?

Une pollution sans précédent
Les réacteurs de Fukushima, toujours en fusion, sont arrosés en permanence pour minimiser les rejets radioactifs. Ainsi, en plus de la pollution terrestre créée par l’accident, tous les jours 300m3 d’eau souterraine radioactive se déversent dans l’océan pacifique. Et c’est sans compter les 400m3 d’eau irradiée qui sont pompés et stockés toutes les 24h dans des citernes construites à la va-vite. Certaines commencent déjà à fuir. Que va devenir toute cette eau contaminée ? « Il n’y aura sans doute pas d’autre option que de procéder à des rejets contrôlés en mer, après assainissement », préviennent Audrey Garric et Pierre Le Hir, journalistes pour Le Monde. Ainsi, depuis 3 ans nous faisons face à une pollution marine sans précédent. Officiellement, le démantèlement de la centrale prendra 40 ans. « A Fukushima, deux des réacteurs fondus se sont enfoncés dans le sol. Nous ne savons pas à quelle profondeur ils sont. Combien de temps faudra-t-il réellement pour les neutraliser ? » questionne Jean-Pierre Petit. 

En mars 2014, l’océanographe et chimiste John Smith affirme que le césium 134 relevé au large du Canada porte clairement la marque de la catastrophe de Fukushima. L’eau contaminée a bel et bien atteint l’Amérique du Nord. Plus grave encore, les poissons irradiés ne connaissent pas de frontières et migrent où bon leur semble. Jacky Bonnemans, Président de l’association Robins des Bois visant à protéger l’environnement, explique : « Force est de constater qu’il y a de plus en plus de spécimens analysés contaminés. Le danger réside donc dans la concentration de la radioactivité dans certains organismes marins tout au long de la chaîne alimentaire ». A cela s’ajoute le problème de la circulation des marchandises. Des poissons contaminés au Césium 134 et 137 de Fukushima ont été retrouvés dans un supermarché… en Suisse, atteste Markus Zehringer, directeur du Groupe de recherche sur la radioactivité à Bâle. Plus déroutant encore, en août 2014 le Japon recommence à exporter du riz de Fukushima. « Il n’existe pas de seuil d’innocuité à la radioactivité. L’accident de Fukushima est un accident global et il y aura des conséquences planétaires. Lesquelles ? Nous ne savons pas », expose Daniel Hirsh, professeur en politique nucléaire à l’université de Californie. 

Une radioactivité mondiale
Alors que notre attention se porte sur la détection de la radioactivité dans notre environnement, nous réalisons que depuis la fin des années 30, d’essais militaires en fuites industrielles, du largage sauvage de déchets au délicat problème de leur stockage ou recyclage, nous sommes exposés à un accroissement invisible et pourtant réel de la radioactivité ambiante – auquel viennent bien sûr s’ajouter les accidents nucléaires. « En plus de Three Mile Island en 1979, de Tchernobyl en 1986 et de Fukushima en 2011, il s’est produit dans le monde une trentaine d’autres incidents nucléaires – certains très graves comme à Kyshtym en URSS, ou à Windscale en Grande-Bretagne, d’autres de plus faible ampleur », confie le professeur de physique Jean-Louis Basdevant. « Etrangement, depuis à peu près 80 ans, tous les 10 ou 15 ans, les taux officiels de radioactivité admissibles sont revus à la hausse », signale Maxence Layet. 

Voulons-nous de cette pollution radioactive qui ne fait que s’accroître ? Si, bien sûr, le dossier du nucléaire ne peut être balayé du jour au lendemain, la question doit être posée. « Il existe des solutions de pointe au niveau scientifique qui sont beaucoup plus écologiques, qui coûtent des centaines de fois moins cher, et qui sont tout aussi performantes que le nucléaire. Et c’est sans compter tous les procédés d’énergie alternative comme l’éolien, le solaire, l’hydraulique… Il faut accepter de se dire que nous nous sommes trompés, et stopper cette technologie néfaste », affirme Jean-Pierre Petit. « Il faut arrêter le nucléaire le plus tôt possible », déclarait Naoto Kan, Premier ministre du Japon au moment de la catastrophe.

source INREES

La maison est  » notre deuxième enveloppe ».

 

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Elle est la représentation matérialisée de l’individu (l’habitant), du couple et des intrications familiales. Le type de lieu et d’aménagement,  ainsi que les problématiques de l’habitat, sont symboliques de la vie et de l’histoire de ses habitants. 

Territoire et identifification

Le territoire de l’enfant

À l’âge des premiers dessins, l’enfant a encore cette perméabilité de dessiner à la fois la façade extérieure de sa maison idéale et d’agrémenter l’intérieur, comme par transparence. Du point de vue de l’enfant, cette maison originelle, tout comme l’utérus, n’a pas besoin de frontières puisqu’elle représente le monde lui-même. Pourtant, l’enfant dessinateur est déjà à l’extérieur. Il commence à prendre conscience que d’autres mondes existent…/…

 

Le territoire de l’adulte

Adulte, nous conservons la mémoire de cette maison-matrice. Elle conditionne indéniablement le choix d’un lieu de vie et son aménagement. Chacun tente, par la géographie, le style et l’ambiance de reproduire ou de s’éloigner de ce référentiel de départ. Nos propres expériences et les lieux rencontrés enrichissent nos choix futurs. Lorsque nous faisons le choix d’une maison, d’un appartement, d’une ferme, d’un château ou d’une yourte, c’est que nous sommes dans un processus d’identification, de projection vis-à-vis du lieu. Au moment de l’acquisition, il y a une syntonisation avec le lieu, une accroche minimale…/… 

La maison, outil thérapeutique

Il est évident que l’on ne choisit jamais un lieu ou une maison par hasard. C’est pour cela que j’ai créé la géobiologie intégrative. Il s’agit de donner des clefs de compréhension à ce qui est vécu ou non et pas uniquement de réparer le lieu. Elle se distingue principalement par sa dimension psychologique et spirituelle, intuitive et sans jugement, elle accompagne en parallèle l’habitat et l’habitant. Il n’en reste pas moins qu’elle est pragmatique dans sa dimension technique et le rapport au bâti, autant dans l’analyse que dans la résolution de problème (quand cela est possible)…/…

 

J’entends, par géobiologie  » classique « , le travail de radiesthésie sur les zones géopathogènes, les failles, les rivières souterraines et les réseaux telluriques ainsi que la détection des champs électromagnétiques, de la radioactivité (avec du matériel et des actions appropriés), les ondes de formes, les taux vibratoires, les  orientations, les proportions, les couleurs, les matériaux, la circulation d’énergie, etc. 

Ce travail reste indispensable lors d’une géobiologie intégrative. La géobiologie classique est un support à  l’intégrative. Toutefois, c’est la personne (ou son système) qui est au coeur de la géobiologie intégrative. Sa maison en est l’outil thérapeutique. 

Interaction entre lieu et occupants

…/… Quand l’habitant comprend mieux ce qui se passe dans sa maison ou son appartement, il peut réagir ou agir. Il devient acteur de son lieu en prenant en compte ce qui lui a échappé auparavant. C’est cet éclairage sur les syntonisations négatives ou les désynchronisations entre le lieu et le client qui permet le changement…/…

 

Ainsi, une  » problématique  » résolue, en posant un acte conscient pour l’habitat, se transmute en solution vivante pour l’individu (ou le système familial). 

Le lieu, bouc émissaire

Il arrive aussi que le lieu serve de bouc émissaire :  » je ne vais pas bien depuis que j’ai déménagé dans CET appartement ! «   Et si l’accompagnement montre que l’appartement n’est pas la cause de votre situation mais qu’il y a peut être un deuil à faire ou qu’il y a la peur du futur. Ne serait-ce pas la manière dont vous l’avez organisé, aménagé ; la manière dont vous l’utilisez qui pose problème ? Vous pouvez reprendre votre pouvoir et agir. L’enseignement devient profitable. 

La maison, un champ des possibles

Etre acteur du changement par la transformation de son lieu de vie

Dans cette interaction habitant/lieu  » presque  » tout a un sens,  » presque  » tout a une valeur symbolique…/… 

Grâce à la géobiologie intégrative, vous comprenez ce qui se joue entre vous et votre lieu ou entre vous et ceux qui vivent avec vous dans ce lieu. Vous pouvez décider de faire autrement. Par exemple, vous pouvez décider de vous respectez et de vous faire respecter en ayant un espace rien qu’à vous : un espace pour respecter votre besoin d’intimité, un espace respectant votre espace. Cela vous enseigne qu’en prenant votre place, en le faisant pour vous et pas contre l’autre, vous n’enlevez rien à personne. Dans cet exemple, vous évoluez en faisant évoluer votre espace, ses points d’avancement sont matérialisés ! Cela invitera peut-être d’autres personnes à en faire autant, tant mieux. Si votre lieu est vraiment exigu et qu’il est important pour vous d’avoir un espace, la solution sera peut-être extérieure, la pratique d’une activité par exemple. 

Le territoire et l’héritage

Lorsque l’on hérite d’un bien, il est important de  » peser  » sa charge émotionnelle, en positif et en négatif. Les fidélités familiales, les contrats implicites ou explicites :  » promets-moi que tu ne vendras jamais cette maison !  » menottent parfois  l’héritier. L’héritage devient un poids et empêche d’avancer. En habitant un lieu chargé de souvenirs pénibles, il est probable que l’empreinte émotionnelle soit plus négative que le réseau Hartmann qui le traverse. Il y a des biens qui font mal. La réappropriation d’un héritage passe parfois par la capacité de pouvoir le laisser. Puisque vous pouvez le quitter, vous pouvez rester, vous êtes libre. Et si le bien est vendu, l’argent issu de la vente deviendra un outil de création de votre avenir. 

La maison, champ d’expérimentation

Mais ce qui rend avant tout une maison vivante tient dans son champ des possibles. Vivre c’est expérimenter. Il y a ce que le lieu off re déjà : un bel espace pour recevoir les amis et échanger, une belle cuisine (lieu de transmutation par excellence) pour préparer les repas. Il y a aussi ce qu’il peut off rir s’il est transformé. Votre habitat peut aussi se transformer en espace d’initiation : si vous vous sentez trop rigide, échangez votre fauteuil trop raide pour un canapé en rondeurs, doux et souple. Expérimentez. Si vous vous sentez trop  » évaporé « , ancrez-vous avec des meubles plus massifs et plus lourds. Si vous avez envie de vous relier davantage au monde et que vous avez envie d’espace, envisagez des travaux et pourquoi pas une baie vitrée. 

Parfois, il est intéressant d’aller explorer la polarité inverse pour trouver la juste mesure. Si vous avez envie que cela change, il faut bien changer quelque chose ! …/… 

Le type  » roman  » ou  » gothique « 

Hormis le territoire public, les autres territoires ont une géométrie variable en fonction de l’évolution de chacun. Le besoin d’introspection ou la peur génère plutôt une étanchéité des espaces, un renforcement des  cloisonnements. L’envie d’ouverture, l’extraversion, off rira une porosité, une perméabilité des espaces favorisant ainsi la rencontre. Quelle que soit votre tendance, cela aura une répercussion sur l’architecture et l’aménagement du lieu. Il est possible de faire un parallèle avec l’architecture sacrée. L’architecture romane est porteuse d’introspection. Une structure sobre, solide avec peu d’ouvertures sur l’extérieur. 

Protégée du dehors, elle favorise l’expression du dedans. Elle engendre un mouvement d’inspiration.

L’architecture gothique, quant à elle, est extravertie. C’est une structure aérienne, de relation avec l’extérieur, symbolisée par la lumière entrante, les arcs-boutants, les flèches qui s’élancent vers le ciel. Elle déploie un mouvement d’expiration. L’architecture romane, c’est de la pierre avec un peu de lumière dedans. L’architecture gothique, c’est de la lumière avec de la pierre autour. Êtes-vous plutôt sensible au roman ou au gothique ?La réponse à cette question parle de votre sensibilité, de votre besoin actuel.

Le Territoire et la relation aux autres

Avoir sa place

Le territoire détermine la façon de se positionner, d’appréhender son environnement. Il préfigure la relation aux autres. Vivre seul ne résout pas la problématique de territoire (problématique de place) au mieux, cela permet de ne pas y être confronté dans sa sphère de vie intime. Comment bien vivre durablement quelque part si vous n’y avez pas votre place ? Les zones géopathogènes peuvent être neutralisées, les matériaux de construction être biologiques, l’équilibre cosmo-tellurique respecté, l’énergie circuler correctement … et pour autant, vous n’y avez pas votre place ! Ne pas avoir sa place renvoie directement à l’estime de soi (la valeur que l’on se donne), à la peur du rejet et de l’abandon.

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Et que dire encore de la géobiologie intégrative

La géobiologie intégrative intervient dans toutes les phases du cycle de la vie d’un lieu : du choix d’un terrain pour une construction future en passant par le choix du type d’habitat et de ses fonctionnalités, les travaux, les difficultés à se sentir bien jusqu’aux blocages liés à la vente. 

Les prises de conscience faites grâce au lieu peuvent insuffler et démultiplier un changement personnel et vous rendre responsables. Quand, dans un système familial quelqu’un bouge, c’est tout le système qui bouge ! L’idée qui sous-tend ma démarche, c’est que le lieu de vie doit être propice au bien-être. Il doit aussi être, pour le présent et l’avenir, un lieu/outil de compréhension de vos fonctionnements, un lieu partenaire d’évolution, ressourçant, où chacun trouve sa juste place, un lieu de vrais partages, protecteur, au service des habitants et porteur d’Amour. Alors chaque jour, pensez à remercier votre maison. 

par Moïse BERGERON

 

moisebergeron@gmail.com – www.moisebergeron.com

www.choisirdetresoi.fr

Quelques extraits de l’article paru dans Sacrée Planète n°58 (6 pages).

Des sceptiques reconnaissent le réchauffement

 

Mon cher cousin des villes,

images (10)J’ai lu dans Le Monde du 26 octobre, une nouvelle qui, si elle n’est pas vraiment bonne, a au moins le mérite d’être morale ! Charles Koch, patron de Koch Industries, le gigantesque conglomérat pétrochimique américain, a accordé une substantielle bourse de recherches à un groupe de chercheurs réunis autour de Richard Müller, physicien à l’université de Berkeley en Californie, connu pour ses articles ambigus sur le réchauffement climatique : « Il s’agissait, dit Le Monde , de reconstruire la courbe d’évolution de la température moyenne de la terre. De rassembler 1,6 milliard de mesures de température issues de 39 000 stations météorologiques, de les corriger de tous les biais imaginables, de les traiter de la manière la plus précautionneusement possible, pour obtenir une courbe de réchauffement d’une implacable solidité. » Après dix-huit mois de recherches, les résultats s’avèrent terriblement décevants pour le commanditaire qui s’attendait évidemment à « corriger » les prévisions, pour lui forcément exagérées, des autres climatologues.

Or, les résultats du Berkeley Earth Surface Temperature , nom du groupe de recherches, non seulement confirment à 95 % les résultats des trois énormes labos que sont le Goddard Institute for Space Studies , leNational Climatic Data Center (USA) et le Hadley Center (Royaume-Uni), mais ils présentent des courbes souvent légèrement au-dessus des trois autres ! Important camouflet pour les industries pétrochimiques et les climato-sceptiques, ces résultats prouvent aussi qu’il existe encore des chercheurs subventionnés par l’industrie et néanmoins honnêtes ! Espérons que ces résultats seront suivis d’effets dans les consciences et dans les faits. C’est urgent : la fonte des glaces dans l’Arctique dans l’hémisphère Nord a atteint un maximum historique en septembre 2011, nous disent les mesures faites par les satellites : pour la première fois les deux passages permettant de contourner les glaces au nord des côtes de la Sibérie et du Canada ont été libres de glaces ce même mois ! Les chercheurs s’attendent à un emballement accru de la fonte, car en perdant sa surface réfléchissante, l’océan Arctique va absorber 4 à 5 fois plus de chaleur solaire qu’auparavant, d’où un processus d’accélération. Inquiétude : que va-t-il se passer avec les énormes masses de méthane piégées dans les glaces et les fonds marins au nord de la Russie si elles se sont libérées ? Autre question : nous sommes officiellement 7 milliards aujourd’hui à cohabiter dans notre village planétaire. Comment donne-t-on du boulot à tout le monde, et des voitures, et des wc, et à bouffer, en polluant moins ? Je mets ta sagacité à rude épreuve, mon cher cousin, mais peut-être as-tu un scénario intéressant à me soumettre ?

En tous cas, à Pékin et à Shanghai, dont je reviens, 90 % du parc des motos, mobylettes et scooters est déjà électrifié et donc, de plus, silencieux, ce qui est tout à fait impressionnant. Là, les chinois sont carrément en avance sur leur retard écologique. À quand les autos électriques pour tous ? Mais cela signifie aussi plus de centrales à charbon (le fléau des Chinois) et plus de centrales atomiques (ils veulent en commander une cinquantaine), c’est la quadrature du cercle. Ou le serpent qui se mord la queue…

Je te salue, mon cher cousin, en me disant, avec espoir, que plus l’humanité prend conscience des défis, plus elle saura trouver des solutions ! 
Ton cousin des champs

Mon cher cousin des champs,

Savoir qu’il existe des chercheurs financés par de gros labos et « néanmoins honnêtes », comme tu dis, est effectivement une bonne nouvelle. Pour l’avenir de la vertu, sans doute, mais surtout pour celui de la civilisation. Tu me diras que c’est lié, mais la chose me semble surtout importante à un niveau… comment dire ?… à un niveau machiavélique. Je veux dire à un niveau rationnel, économiquement rationnel : celui de la realpolitik et du capitalisme originel. Je vais tenter de m’expliquer.

images (11)L’histoire économique et politique, surtout récente, nous donne parfois l’impression d’être menée par des génies de l’égoïsme à très courte vue. Ils n’utilisent pas leurs immenses savoirs faire pour investir l’avenir, car ils s’en contrefichent, ne cherchant qu’à maximiser leurs profits à court terme, voire à très court terme. Ils se comportent ainsi, tels des enfants pervers, quitte à tricher sur les données, comme l’ont fait un certain nombre de labos, récemment, dont le plus célèbre en France est Servier, mais il y en a d’autres hélas. Je pense que des boites comme Monsanto, dans le domaine agro-alimentaire, fait partie de ces monstres fous, à ce point avides de contrôler le monde, qu’ils sont prêts à foutre en l’air la capacité de survie de milliards de paysans (en leur imposant des graines non reproductibles). Peu leur importe ce qu’il adviendra des générations futures, que dis-je des générations futures, des années, des mois, des semaines, des jours futurs! A la limite, si on pousse le raisonnement au bout, ils sont prêts, pour accroître leur puissance, à saccager les milieux et les populations… dont ils dépendent pourtant au bout du compte. C’est donc du suicide.

C’est de cela que je parle, quand j’évoque une « bonne surprise machiavélique » : Niccolò Machiavelli, conseiller des princes florentins, calculait à long terme. A l’échelle d’une dynastie – c’est à dire sur au moins cinq générations, si l’on en croit l’historien Ibn Khaldun. Le calcul à long terme est également le propre du capitalisme originel, dont tu sais que le sociologue Max Weber disait que l’esprit était imprégné d’éthique protestante. Les grands capitaines capitalistes, à partir de la Renaissance et surtout de la révolution industrielle, pouvaient être d’épouvantables tyrans, mais au moins, ils calculaient à long terme. Refusant d’user eux-mêmes de leurs profits, ces pisse-froid « sursoyaient » indéfiniment à la jouissance, pour investir, investir, investir dans des machines, des mines, des plantations. Ils mirent ainsi le monde en coupe réglée, mais… ils ne se suicidaient pas. Tu me contrediras peut-être, en rétorquant que le capitalisme originel a bien fini par « suicider la planète » malgré tout, notamment en déclenchant, sans hésiter, la première Guerre Mondiale, matrice immonde d’où sont sortis tous les malheurs du XX° siècle…

Mais ramenons notre propos à tes questions. N’as-tu pas l’impression que le problème actuel, la vraie quadrature du cercle dont nul ne sait comment sortir, c’est qu’une grande partie de la crise financière d’aujourd’hui est due au fait que, la technologie des télécommunications fonctionnant désormais quasiment à la vitesse de la lumière, les comportements égoïstes et prédateurs à très court terme sont devenus en quelque sorte inévitables ? Comment veux-tu empêcher un trader de spéculer à très très très court terme ? Et quel oukase moral peut empêcher une banque d’affaires d’embaucher les traders les plus performants ? Tout se passe comme si le système mondial s’était piégé lui-même dans son « génie » …

Au passage, je dois te dire que je ne suis pas tout à fait d’accord (mais tous les avis sont bons à entendre) avec notre brillant et très expert confrère François Lenglet, rédacteur en chef au quotidien La Tribune , quand il écrit, dans le numéro 73 de notre cher magazine Clés (« Le mur de dette ne sera jamais remboursé ») que, si l’on remonte à la source de la crise actuelle, on trouve… le comportement égoïste de la génération de mai 68. Non qu’il faille nier une certaine irresponsabilité dans l’hédonisme (après coup) des « libéraux-libertaires » post-soixante-huitards, ni se voiler la face devant l’égoïsme massif de 99% du genre humain, mais si l’égoïsme des individus a pu prendre une telle place, c’est quand même d’abord parce que les décideurs de notre génial système capitaliste ont tout fait pour. C’est l’économiste américano-canadien John Kenneth Galbraith qui a, je crois, le mieux synthétisé ce processus, en disant que la crise du surendettement des ménages avait été en quelque sorte programmée, dès les années 1930, par l’invention de trois nouveautés : 
1°) l’invention de produits fabriqués pour être non durables, ou à obsolescence rapide ; 
2°) le bombardement publicitaire général et massif ; 
3°) le crédit à la consommation. 
Mets ces trois ingrédients ensemble dans un pot, mélange bien, et tu aboutis en fin de compte à une économie non soutenable, écologiquement désastreuse. Ajoutons-y Internet et l’affaire décolle à la verticale, en asymptote avec la fin des haricots.

Certes, c’est aussi ce mélange explosif qui a fait émerger de son alambic le monde extraordinaire de la société de consommation et des télécommunications modernes, dont les plus illuminés des visionnaires démocratiques d’antan n’auraient jamais osé rêver. La question est : ok, mais maintenant, où va-t-on ?

Je ne sais pas plus que toi comment les choses vont tourner. J’entends bien, derrière certaines de tes questions, le vieux souci de Thomas Robert Malthus, l’économiste anglais qui pensait qu’il fallait arrêter de faire des enfants, car il n’y aurait jamais assez à manger pour tout le monde. En son temps, les humains étaient moins d’un milliard. Nous venons de dépasser le cap des sept milliards et ce n’est pas la famine qui nous menace en premier, mais plutôt notre niveau de conscience peu éclairée, notre égoïsme suicidaire, notre incapacité à réveiller et à faire usage des fantastiques potentiels qui dorment en chacun de nous. Car j’en suis très profondément convaincu : les capacités créatives de l’être humain sont, au sens mathématique, ILLIMITÉES. Je pense donc, sauf le respect que je te dois, que tes craintes sont infondées à long terme : si nous savons faire muter la croissance quantitative, mécanique, linéraire et antibiotique du dernier siècle, en une croissance plus qualitative, subtile, relationnelle et biophile, eh bien, il y aura du travail pour dix milliards d’humains ! (ce chiffre pourrait bien constituer un plafond, dans la mesure où, en s’enrichissant, matériellement et spirituellement, les humains font beaucoup moins d’enfants.)

Tu me diras que je rêve. Tu as raison, mais je n’ai pas tort non plus. Il faut absolument rêver un avenir humain plus conscient. Car nos pensées et nos rêves contribuent à créer le monde à venir. Je crois que Rupert Sheldrake a raison (tu as lu notre entretien dans ce même numéro 73 deClés dont je parlais plus haut ?) : nous assistons actuellement à une gigantesque bataille entre plusieurs types de comportement, dont chacun induit un « champ de forme » (comme une onde informationnelle) qui influence toute l’humanité. D’un côté, il y a les champs de forme du consumérisme, anciens chez nous, mais atteignant désormais des milliards d’humains supplémentaires qui, dans les pays émergents, accèdent pour la première fois à un mode de vie dont leurs parents avaient rêvé et dont ils trouvent un peu scandaleux que les nantis des anciens pays riches prétendent leur interdire l’accès. De l’autre – sans doute incarnés par moins d’individus, mais de plus en plus tout de même à mesure que les glaces polaires fondent et que le climat entre en turbulence –, nous avons les champs de forme de la conscience écologique, où des humains aux nouveaux comportements rejoignent (en partie et très paradoxalement) les humains des sociétés traditionnelles, que le système capitaliste avait en grande partie ratatinées.

Le plus étrange est que le bras de fer entre ces comportements contradictoires, nous le retrouvons en nous-mêmes, emberlificotés que nous sommes dans nos contradictions. Un exemple parmi mille : beaucoup de mes proches, dont toi mon cher cousin, se sentent très écologiques d’habiter à la campagne. Pourtant, figure-toi que je suis en train de lire une grosse étude prouvant que, du point de vue de la biosphère et de la biodiversité, il serait préférable qu’un maximum d’humains habitent en ville. C’est beaucoup moins gaspilleur d’énergie (transport, chauffage) et permet de laisser plus de place à la nature – cultivée, mais surtout sauvage. Reparlons-en quand tu veux.

La bise chez toi, 
Ton cousin des villes

Marc de Smedt – Patrice van Eersel

LES TERRES D’AMANAR

 

images (9)LA CULTURE BERBÈRE AU NATUREL

Au pied du Haut-Atlas, ressourcez-vous sous les étoiles dans un domaine écologique qui allie exotisme et responsabilité.

 

A quarante minutes de Marrakech, par la route d’Asti, s’étend un autre monde, au coeur de la culture berbère: Haouz et le domaine des terres d’Amanar. Ici, pas de hordes de touristes, vous rencontrerez surtout des Marocains se ressourçant à l’orée de la réserve forestière du mont Toubkal, massif le plus élevé d’Afrique du Nord, culminant à 4 167 mètres. Le domaine écologique, créé par Jean-Martin Herbecq et l’architecte Mohamed El Anbassi avec l’association Marrakech Développement Sauve- garde, a remporté en 2009 le Trophée marocain du tourisme responsable. Sur 120 hectares, il intègre trois villages correspondant chacun à un style de séjour : bivouacs, tentes et lodges. La décoration privilégie les matériaux et traditions du Haut-Atlas. Le soir, l’éclairage à la bougie reste privilégié. Pas de télévision, mais un panorama exceptionnel sur les villages berbères et les sommets enneigés. C’est d’ailleurs leur publicité : admirer les étoiles au coin du feu, rêver le temps d’une sieste ou refaire le monde à la lueur de la lune. Artistes et musiciens commencent à le choisir pour y retrouver l’inspiration. Philosophes et savants y organisent des retraites.

    Quant aux activités, elles sont nombreuses, ludiques, sportives, naturelles, culturelles, artisanales et traditionnelles, notamment de longues ou moins longues excursions pédestres ou à dos d’âne. La cuisine berbère est préparée par les femmes des douars voisins à base de produits du terroir, car Terres d’Amanar a été conçu par, avec et pour la population locale. Le projet permet à 150 familles de vivre sur place et d’éviter l’exode rural; il soutient les coopératives des villages alentour. Le personnel est formé et responsabilisé quotidiennement à une démarche environnementale. Il ne s’agit pas seulement d’économiser eau et énergie: ici, on vous sensibilisera dans les moindres détails à l’authenticité de cet environnement exceptionnel, sa faune, sa flore. On espère vous changer pour que Terres d’Amanar puisse conserver son appellation de « réserve naturelle d’énergie ». Le domaine en a fait sa doctrine.

Infos Pratiques: 

www.terresdamanar.com - info@terresdamanar.com - 

Écologie, éthique et spiritualité, même combat

 

Par Sanafraj Bey

images (2)Pour synthétiser cet énorme sujet, présenté par de nombreux auteurs, de Claude Aubert à Coline Serreau et de Yann Arthus Bertrand à Nicolas Hulot, citons simplement les onze formules qui défilent sur le site web des restaurants Commensal du Canada. « 1 kg de bœuf a besoin de 7 kg de céréales », « 450 g de bœuf = 6 mois de douche », « 200 millions d’ha de forêts tropicales détruites en 60 ans pour les pâturages bovins », « 1 kg de viande = 100 fois plus d’eau qu’1 kg de blé », « 1 kg de viande = 100 fois plus de gaz à effet de serre qu’1 kg de blé », « céréales pour bétail US = nourriture de 800 millions d’humains », « méthane des pets de vache = gaz de tout le trafic routier mondial », « 90 % du soja mondial = nourriture du bétail », « 1 kg de veau = 220 km en voiture », « 1 kg de viande = autant d’humus que 200 kg de tomates ».

Des chiffres connus depuis les années 60, intégrés par tous les végétariens, notamment après la publication, en 1992, de Beyond the Beef (au-delà du bœuf) par le prospectiviste Jeremy Rifkin. Depuis, ce constat n’a fait que se confirmer. Aujourd’hui, Claude Aubert affirme que diminuer de moitié notre consommation de viande aurait un impact décisif sur l’avenir de la biosphère entière. L’ONU confirme : « Une réduction substantielle de l’effet de serre ne sera possible qu’au prix d’un changement de régime alimentaire mondial, fondé sur autre chose que sur des produits animaux. » Et l’économiste Rajendra Kumar Pachauri, président du Groupe d’experts sur le changement climatique (GIEC) n’hésite pas à préconiser une conversion globale de l’humanité, sinon au végétarisme, du moins au flexitarisme.

Une idée politiquement incorrecte me traverse l’esprit. Se pourrait-il que le régime alimentaire des Africains et des Indiens joue un rôle dans le fait que ce sont des peuples « naturellement beaux » ? Ce sont les plus petits mangeurs de viande du monde : moins de 15 kg par personne et par an, et plus de 40 % des Indiens n’en mangent pas du tout. Ailleurs, la consommation carnée pèse beaucoup plus. En quarante ans, l’Union Européenne est passée de 56 à 89 kg annuels par personne, la France de 70 à 110 kg, les États-Unis de 89 à 124 kg. La Chine fait le bond le plus spectaculaire, passant de 15 à 45 kg en 20 ans ! Selon les nutritionnistes classiques, 40 kg annuels seraient la quantité moyenne optimale pour rester sain. Mais les végétariens ne sont évidemment pas d’accord. Quand il s’agit de parler en masses planétaires, ils s’associent volontiers aux écologistes pour affirmer que la surconsommation de viande détruit non seulement les humains, mais la biosphère entière.

Évidemment, le lobby de la viande contre-attaque avec véhémence. Sur , l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev) vante la biodiversité des prairies où paissent les veaux, et les qualités nutritionnelles du pot-au-feu aux aromates, avec entre autres

slogans : « Le bœuf, une énergie responsable ! » Des millions de nos congénères les approuvent tacitement. Mais pour que ces images bucoliques puissent correspondre à une réalité, il faudrait une métamorphose radicale des conditions d’élevage du bétail. À commencer par la (très improbable hélas) suppression de ces camps de concentration pour animaux, que sont les gigantesques industries du poulet, du porc et d’un nombre croissant d’espèces domestiques. Cela constituerait un bouleversement économique colossal. Et un choc psychologique non moins crucial.

Avez-vous regardé la terrible vidéo sur le net ? Attention, une fois vue, elle est difficile, et même impossible à oublier. On y voit comment l’humanité du début du III° millénaire traite les animaux, notamment ceux qu’elle mange. C’est effroyable. À mesure que mon enquête sur le végétarisme avançait, j’ai pu constater à quel point c’était là, en réalité, la motivation n°1 de la majorité des « nouveau végétariens ». Bien sûr, leur santé, leur beauté et leur sensualité comptent. Mais finalement moins images (4)– pour moi, ce fut une surprise – de découvrir que, même des personnes apparemment obnubilées par leur look, se disaient incapables de continuer à participer à ce massacre, d’autant plus obscène qu’il est tabou, soigneusement camouflé.

Les new veggies appellent ça du spécisme : l’équivalent du racisme, mais envers d’autres espèces. Ils disent que cela ronge notre humanité. C’est un mouvement qui est parti des pays anglo-saxons dans les années 60. Un mouvement spirituel, en fait, qui rejoint des courants très anciens, surtout asiatiques. Là-bas, c’est un enjeu capital depuis plus de 2000 ans ! En Chine, les moines bouddhistes sont automatiquement végétariens, et la plupart des Chinois s’abstiennent de manger de la viande à tel moment de l’année, à l’occasion de tel rituel, etc. Au fil des siècles, ces obligations ont aussi débouché sur une forme de bigoterie, avec toutes sortes d’hypocrisies, comme avec le vœu de chasteté chez les chrétiens. Mais aujourd’hui, ça change, en Chine comme ailleurs, avec une floraison de restaurants veggy chic, d’obédience « bouddhiste laïque »…

J’aime bien la boutade de l’historien François de Capitani : il dit que dans un monde métissé et multiconfessionnel, où l’on risque toujours de faire d’énormes gaffes, en servant du cochon, de la vache ou du chien à la mauvaise personne, le végétarisme est diplomatiquement recommandé. Mais sur le fond, arrivée en fin d’enquête, une évidence s’impose à moi. S’il y a un comportement que chacun peut adopter aujourd’hui et qui a des conséquences cruciales, sur le plan personnel aussi bien que planétaire, c’est bien celui-là. D’autant que devenir végétarien se présente désormais davantage comme un art de vivre raffiné que comme un dogme austère ou fanatique. Je me trouve donc forcée de l’avouer : si je ne fais pas ce saut-là maintenant, inutile de continuer à prétendre me soucier de l’eau, de l’air, de la biodiversité, du réchauffement global et les millions d’affamés.

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