Archives pour la catégorie Le Monde de l’AIR

Quand des nez racontent leurs parfums

 

images (1)Derrière chaque parfum se cache un nez, avec ses souvenirs et ses rêves. De cette alchimie, jaillit la fragrance qui réveillera nos émotions. Six créateurs nous racontent l’histoire secrète de la naissance de leurs essences.

Une goutte de parfum dans le creux de l’oreille… Derrière ce geste simple, il y a une belle histoire qui a pour héros un nez. Comme tout artiste, en confectionnant son élixir, celui-ci fait parler son cœur, nous raconte une envie gourmande, sa rencontre avec un créateur, une réminiscence de l’enfance… Naît alors une œuvre d’art unique, pleine d’émotions. Nous sommes partis à la rencontre de six nez mythiques, c’est-à-dire à la source de six eaux merveilleuses.

 

Olivier Cresp : les gourmandises d’“Angel”

 C’est l’histoire d’une bombe olfactive que tout le sérail rêve de reproduire. Angel, de Thierry Mugler, parfum féminin le plus vendu en France, n’aurait pas vu le jour, il y a vingt ans, sans l’improbable alchimie d’intuitions fulgurantes. 

Sa conception commence par un coup de foudre. Véra Strubi, missionnée pour lancer le premier parfum du couturier, tombe amoureuse de Patchou, une composition très personnelle d’Olivier Cresp. « J’étais un nez encore balbutiant en parfumerie fine », confesse-t-il. A ses heures perdues, le créateur, nostalgique des senteurs hippies, en peaufinait la formule – patchouli, vanille, benjoin – au point d’en consigner six cent huit essais. Le défi ? Enrober cette trame de féminité. Il teste plusieurs notes rosées, toutes dissonantes.

Quand des nez racontent leurs parfums dans Le Monde de l'AIR 290px-Flower_poster_2L’étincelle advient lors de sa première rencontre avec le couturier Mugler. La star adulée se prête au jeu du nez qui, à la manière d’un psy, le fait asseoir sur le canapé de son bureau et l’invite aux confidences. Thierry Mugler évoque pêle-mêle ses voyages, son goût pour la photo et ses ­souvenirs d’enfance en Alsace. De ce long après-midi, le nez retient uniquement les évocations sucrées : le penchant du petit garçon pour les tasses de chocolat au lait dans lesquelles il trempait des gâteaux au raisin, sa fascination pour les fêtes foraines et leurs effluves de praline et de barbe à papa. 

Le soir même, Olivier Cresp dévalise le rayon confiseries et gâteaux d’un supermarché. Il décortique la liste des composants où dominent les notes de vanille, de chocolat et de miel. L’homme, qui avait débuté son apprentissage aux Etats-Unis, dans un premier temps en parfumerie puis dans les arômes alimentaires, s’était déjà découvert un penchant pour les douceurs. « J’avais gardé en moi l’envie de faire des parfums sucrés », se souvient-il. Olivier Cresp sera, avec Angel, l’initiateur des fragrances gourmandes. Voluptueusement régressif, son jus débute sur une note de kiwi qui fait saliver. Pétillent ensuite les accents appétissants de chocolat, de praline et de fruits rouges rehaussés d’une touche de vanille et de patchouli. La formule est hyperminimaliste, elle a pourtant nécessité deux ans de travail. « Deux ans de plaisir », corrige son artisan qui a réussi à résister, en ce début des années 1990, à la vogue naissante des notes marines. 

Angel se joue des conventions au point de trahir son nom. Il n’a presque rien d’angélique en effet, si ce n’est l’évocation de l’enfance, dans cette fragrance orientale-gourmande, débordante de sensualité. Dans son sillage, vient de naître Angel eau de toilette, une partition subtilement nuancée, un doux nuage qui succède à l’eau de parfum. On lui souhaite le même pouvoir d’addiction.

Jean-Claude Ellena et la main verte d’“un jardin sur le toit” 

De l’adresse mythique du 24 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris, on connaît les élégantes vitrines. Dans ce temple bruissant qui abrite aux étages supérieurs une partie des ateliers Hermès, impossible de soupçonner l’existence d’un écrin de verdure juché sur le toit. Un jardin-terrasse pourtant plein de vie et qui résonne encore des rires des enfants de la lignée fondatrice du sellier. 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Dumas-Hermès plantèrent là-haut des choux et des pommes de terre pour pallier la pénurie de nourriture. Jean-Louis Dumas, qui prit les rênes de la maison en 1978, en fit le prolongement romantique de son bureau. L’esthète raffolait des fleurs blanches mais aussi des fruitiers. Dans ce carré qui surplombe la capitale, règne encore aujourd’hui une simplicité joyeuse, faite de plantes aromatiques (lavande et romarin), de roses, de buis, de bégonias et de clématites, à l’ombre d’un magnolia, dans le parfum sucré des fruits arrivés à maturité. Recevoir une pomme ou une poire cueillie sur ce toit de la main de Jean-Louis Dumas ou, mieux encore, un pot de gelée, relevait d’un honneur insigne. L’homme veillait en effet jalousement sur ses fruits, que la tante Aline Hermès se plaisait à dérober. 

Les savoureuses anecdotes de ce jardin clos où veillent des anges de pierre, Jean-Claude Ellena, le parfumeur exclusif d’Hermès depuis sept ans, les connaît bien. Quand il se rend à son bureau parisien, le Grassois aime grimper dans ce havre, s’y reposer, lire ou discuter avec Yasmina Demnati, la main verte du lieu depuis plus de vingt ans. Ce petit bout de femme qui entretient les vingt-cinq jardins et terrasses d’Hermès avoue un attachement particulier au toit du 24 Faubourg. C’est par lui qu’elle est entrée dans la maison. Elle y intervenait ponctuellement pour le compte d’une société paysagère jusqu’à ce que Jean-Louis Dumas la remarque. « Tu ne vas pas quitter ta terrasse », lui promet-il affectueusement en guise d’entretien d’embauche. Comme elle, Jean-Claude Ellena est un enfant du Sud et un homme de recettes. « Il s’intéresse autant aux plantes qu’à mes mixtures à base de purin d’ortie ou de savon noir pour repousser les pucerons. » 

La complicité devient inspirante lorsque Pierre-Alexis Dumas, le directeur artistique d’Hermès, choisit de placer l’année 2011 sous le thème « Artisan contemporain ». Le nez de la maison, initiateur de la collection des parfums Jardin – Un Jardin en Méditerranée, Un Jardin sur le Nil, Un Jardin après la Mousson –, songe au talent d’orfèvre de Yasmina Demnati, perchée dans ce paradis de poche où elle sème des fleurs en toute saison, taille les arbustes, soigne le gazon et nourrit les oiseaux. Jean-Claude Ellena choisit de recomposer la vie gracieuse de ce toit végétal où les artisans de l’étage voisin viennent parfois goûter l’air. Lui qui pense en odeurs, compose dans sa tête un accord de pomme, de poire et de magnolia. Il en cisèle les contours dans son atelier de Cabris près de Grasse, mêlant des notes d’herbes folles et de terre humide. 

Un Jardin sur le Toit se moque de

porter un nom imprononçable à l’étranger. Plus qu’un parfum, c’est une romance parisienne, celle d’un lieu qui respire la gaieté non apprêtée. Modestement, son créateur a prévenu Yasmina : « Au moins, ton jardin est dans un flacon. » Elle se dit profondément touchée de cet hommage à la terrasse. Mais pour elle, c’est davantage la mémoire de Jean-Louis Dumas que ce délicieux fruité végétal honore.

 

Sophia Grojsman et Sophie Labbé, le duo de “parisienne” 

Au siècle des Lumières, Montesquieu l’assurait : « Quand on a été femme à Paris, on ne peut pas être femme ailleurs. » C’est dans un parfum estampillé Yves Saint Laurent, le plus parisien des couturiers, que s’est concrétisée la traduction olfactive de cette élégante pleine d’esprit, icône du chic émancipé.

Lancée en 2009, Parisienne a pris forme en duo, sur deux continents. A New York, Sophia Grojsman, auteure de plusieurs best-sellers, s’est fait fort d’en exprimer l’hyperféminité, réinterprétant en note de cœur l’accord de rose et de violette qu’elle avait conçu près de trente ans plus tôt pour Paris d’Yves Saint Laurent. Elle l’a coloré d’une touche rock and roll avec une note de cuir. 

En France, Sophie Labbé s’est, elle, imprégnée de l’impertinence parisienne. Elle s’est inspirée des accessoires : le maquillage glossy, le vernis laqué, la pochette glacée, les talons qui claquent sur le pavé. Elle a composé une note de tête vinyle, ultracontemporaine, et y a ajouté une pointe de mûre en écho au penchant épicurien de la Parisienne ainsi qu’un soupçon de cranberry, ce fruit rouge légèrement amer qui révèle la femme piquante. Ensemble, les deux nez ont composé la note de fond boisée, en hommage au couturier Saint Laurent qui mariait avec brio les styles masculin et féminin. 

Où loger cette Parisienne ? Il était une fois, chez Yves Saint Laurent, un lustre qui subjuguait le maître. Ce dernier rêvait d’en transformer les pampilles en écrin pour ses parfums. Un vœu contrarié puisqu’il y a trente ans, la technologie ne pouvait en reproduire à l’identique la forme élancée. Il y eut une ébauche de cette pampille avec la boule facettée de Paris, mais c’est Parisienne qui a eu droit à son exacte réplique. Presque exacte en fait, Stefano Pilati, le directeur de la création YSL, lui ayant adjoint une étiquette en cuir noir embossée du logo maison pour la touche couture. 

  

Antoine Maisondieu : la passante de “féerie” 

 dans Le Monde de l'AIRPousser la porte du joaillier Van Cleef & Arpels, c’est pénétrer dans un monde de poésie peuplé de fleurs délicates, de feuillages arachnéens, de papillons légers. La figure de la fée est venue rejoindre en 2004 cette nature enchanteresse, silhouette ciselée de diamants et de pierres précieuses, tantôt baptisée Folie des prés, Libellule ou Amour en cage. Une collection joliment inspirée par « Le Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare. 

Quatre ans plus tard, Antoine Maisondieu capturait le sillage de cette sylphide, incarnée par une inconnue croisée un beau jour dans la rue. « Une passante dont les effluves de fruits rouges et de violette m’avaient envoûté », se rappelle le créateur de Féerie. Ce souvenir olfactif consigné dans son carnet de notes a resurgi tandis qu’il imaginait l’empreinte scintillante d’une fée s’évanouissant comme dans un rêve. « Pour interpréter le style gracieux et précieux du joaillier, je voulais composer une fragrance à la fois naturelle et sophistiquée. » 

Antoine Maisondieu a voyagé en odeurs au pays des fées, celui de la forêt imprégnée de mousse, de lierre et de petites fleurs. Lui est venue à l’esprit la voûte sylvestre où se retranche Arwen, l’elfe du « Seigneur des anneaux ». Ce bouquet floral boisé déploie le velouté des fleurs et des feuilles de violette, mâtiné de bourgeons de cassis et de mandarine. Il brasse avec délice l’absolu de rose Bulgare, l’essence de rose, le jasmin d’Egypte, l’iris de Florence et le vétiver d’Haïti. Gracile sur sa branche, la fée invite à soulever le cabochon de son élixir plein de magie.  

S’immerger dans l’air

Dans l’air, vous y êtes. Du premier souffle au dernier, irrémédiablement. Sans interruption ni échappatoire. Quelques grandes secondes d’arrêt, le malaise commence. Quelques minutes, vous voilà mort. Cesser d’être dans l’air, ou plutôt avec – car le cadavre est dans l’air –, nous ne pouvons pas. C’est notre lieu, notre aliment premier et permanent, notre relation constante à la vie. Tout le monde le sait. Mais chacun l’oublie. Vous comme moi. 

Nous n’y songeons, en fait, presque jamais. Autre chose nous préoccupe, indéfiniment : projets émotions calculs ambitions désirs jouissances plaisirs haines ressentiments impressions perceptions sensations conceptions… L’habituel chaos, ou l’ordre ordinaire, de la vie mentale et des affaires humaines. A moins d’être plongeur de combat, alpiniste, pompier ou installateur de climatisation, ou encore asthmatique, bronchitique ou allergique, nul n’y pense. 

C’est un grand tort. Parce qu’ainsi nous ne savons plus de quoi vraiment nous vivons, qui nous sommes, comment nous tenons. Il suffit de se remémorer la présence de l’air – d’abord par bribes, puis tout le temps – pour que change notre relation au monde, à nous-mêmes et aux autres. Par instants, déjà, c’est un début. Quelques manières de s’imaginer qu’on plonge dans l’air : descendre d’avion dans un pays moite, ou glacé, ou brûlant, sortir d’une piscine l’hiver, ou bien y entrer, arriver dans un silo, une scierie, un garage, une parfumerie, un souk, un marchand d’épices, un fleuriste –  à vous de compléter. L’air chaque fois se donne différemment : suave ou âcre, lourd ou délié, pesant ou pétillant.  

Mais ce ne sont qu’expériences fugaces, contrastes soudains. Il faut l’attention continue. Cessez donc de compter sur les odeurs, les températures ou les bourrasques pour savoir que l’air est là. Pour vous sentir relié continûment, dépendant de sa présence, ravi de sa disposition infinie, retrouvez la banalité première des techniques du souffle. Quiconque a peu ou prou pratiqué le sait : plus moyen de l’omettre, une fois qu’on ressent effectivement l’air en soi, allant et venant, soutenant et nourrissant le corps au plus intime, sans cesse. On peut y flotter sans crainte : personne jamais ne s’est noyé ainsi. 

Au lieu d’oublier, restez au plus près de cet échange permanent, tenace et doux, automatique, sans vous comme avec, sérénissime, indifférent et vital, subtil et illimité. Retrouver cette évidence fondatrice : nous sommes sortis de l’eau, comme espèce et comme individu. De l’instant où nous respirons, l’atmosphère terrestre est notre placenta. Sans que nous ayons sur ce fait la moindre emprise. Et c’est tant mieux – car la vraie difficulté, comme il se doit, est de cesser d’agir. De lâcher prise et laisser faire.  

Car, à proprement parler, personne ne respire : qu’on s’exerce à inspirer-expirer tant qu’on voudra, on n’a pas commencé tant qu’on s’efforce de contrôler, diriger ou maîtriser. Tout commence, au contraire, quand cessent les manigances. Inutile de se préoccuper : ça respire seul. Suffit d’accompagner – même pas, de rester vraiment fainéant. Difficile, comme tout ce qui est simple. Rare, comme tout ce qui est absolument commun. Le monde habituel, mais juste à peine autre. Et donc tout différent. 

« Tout ce qui est précieux est aussi difficile que rare » (Spinoza: Ethique, Livre V)

Respirer, à ne pas oublier

 

images (13)On peut ne pas manger pendant quarante jours, ne pas boire pendant quarante-huit heures, ne pas respirer pendant… cinq minutes ? Ah, respirer ! Et pourtant…

Ne plus oublier de respirer !

Chacun l’apprend en naissant, avec ou sans rassurant premier cri. Le souffle, c’est la vie ! Puis on respire comme par réflexe, parfois sans y penser, jusqu’au dernier soupir. Cet oubli tourne au funeste héritage, pour les Terriens de l’an 2000. Depuis l’avènement du charbon, une société en rupture avec le corps semble en guerre contre l’air qu’elle respire. Rien de plus normal, donc, si certains luttent pour que l’air soit pur, arrêtent de fumer, s’« ensauvagent », se « rurbanisent » ou pratiquent des exercices respiratoires inspirés du yoga. On entend là l’appel d’une autre tradition, où respirer sainement prélude à l’émergence de la conscience à travers le corps, les désirs et les passions plutôt que contre eux. Dès lors, le jugement semble s’imposer : la civilisation occidentale s’est laissé emporter par son pouvoir sur la nature et risque de périr asphyxiée. 

Pourquoi la méditation commence par la respiration

Toute conscience, pourrait-on dire, vient d’abord s’ancrer dans la conscience de respirer. C’est évident en méditation assise où, dès que l’on oublie une seconde que l’on respire, on se met à gamberger, envahi de pensées-images de toutes sortes. À l’inverse, dès que la respiration lucide se rétablit, une prise de distance se crée, qui nous rend spectateurs de nous-même et de notre univers mental. Maître Deshimaru disait : « Le grand moi (celui qui cherche la sagesse) regarde le petit moi (agité, frivole, mesquin, préoccupé, anxieux). » L’être calme regarde l’être frénétique. Et cette seule prise de distance permet le lâcher-prise salutaire, symbolisé par cette magnifique phrase tirée du Hokkyo Zan Mai écrit en Chine au IXe siècle par le maître ch’an Tozan : « Comme dans un miroir

Je suis le reflet

Mais le reflet n’est pas moi »

Ce rappel à soi n’a nul besoin d’un lieu particulier : n’importe où, n’importe quand, la prise de conscience de notre souffle plein, dans son va-et-vient (« quand j’inspire je sais que j’inspire, quand j’expire je sais que j’expire », disait le Bouddha), cet acte de lucidité simple et entier nous permet de nous libérer de la pression ambiante.

L’oubli de respirer serait un problème de léttré

La rupture avec le souffle serait bien plus ancienne que nous le croyons, un phénomène anthropologique inscrit au cœur de l’humain, dans son évolution. C’est ce que défendait dès les années trente Marcel Jousse, précurseur oublié de « l’anthropologie du geste » , professeur dans différentes hautes écoles parisiennes. Il situait le divorce entre l’humain et la respiration au moment où la tradition orale fait place à la culture de l’écrit. L’homme perd alors le contact charnel avec le récit qui fonde sa culture. Disparu désormais le geste qui donne son rythme à l’expression, envolés le souffle et le sens du mystère qu’il inspire ! Sur le papier ne reste que le texte, psalmodié par les uns, ânonné par les autres, bientôt d’une façon mécanique le privant de son sens. Ou bien encore, le voici déformé par les traductions et analyses littérales, comme ce fut le cas pour e Nouveau Testament, encore tout empreint des rythmes de l’art oral araméen, mais codifié et trahi par la culture gréco-latine du regard. Ainsi la distinction que fait notre culture entre l’âme individuelle (anima) et l’esprit qui l’insuffle (spiritus), reposerait sur la traduction-déformation de termes araméens dont l’un (nâfshâ) désigne le souffle de la gorge et de la parole, et l’autre (roûhâ), le souffle du nez, le souffle vital.

Le monde multimédia nous ramène-t-il au souffle ?

Jousse voyait dans la radio, le cinéma ou la télévision naissante l’annonce d’un retour à l’ancienne source rythmique, un retour au gestuel et au parlé. La réaction qui nous pousse aujourd’hui à vouloir respirer avec plus de conscience un air sain se place dès lors dans un cadre immense, anthropologique car s’adressant à l’homme total (et non à sa réduction privée, ou sociale, ou culturelle). « Respirez ! Respirez enfin ! » tonnent les nouveaux visionnaires, comme en écho à Paul Valéry qui s’écriait par la bouche de son Faust : « vivre… Je ressens, je respire mon chef-d’œuvre. Je nais de chaque instant pour chaque instant. vivre !… je respire. N’est-ce pas tout ? »

Vingt micro-pratiques plutôt qu’une seule grande

« Il est beaucoup plus important de prendre conscience de la respiration plusieurs fois par jour que de tenter de « pratiquer » trop longtemps. Toutes les « micro-pratiques » du yoga tantrique se font pendant cinq, dix ou trente secondes, suivies d’un retour à la manière habituelle de vivre ou de faire les choses. »

 Article paru dans Nouvelles Clés - Sylvain Michelet, Marc de Smedt

Une conscience qui respire

 

images (11)Nous sommes une dizaine à dîner. Nous nous connaissons depuis de longues années. Aucun jeu d’ego entre nous, juste une complicité amicale et un échange serein autour de l’air du temps. Bribes de conversation.

Nous constatons la fragilité de notre monde, en évoquant bien sûr le changement climatique, mais aussi la menace des cyberguerres qui, en créant entre autres des pannes d’électricité géantes, pourraient paralyser nos systèmes globaux de fonctionnement : que se passerait-il alors ? Paniques, pénuries, retour à des formes de barbarie ? Certes, un monde sans danger n’a jamais existé et nous nous abritons derrière l’idée qu’« à mesure que les périls croissent, croît aussi ce qui sauve » – espérons que ce dicton dit vrai ! Mais comment augmenter notre créativité pour contrebalancer les effets pervers que nous suscitons par nos propres inventions ? C’est peut-être cela, le progrès : une valse deux pas en avant, un pas en arrière… 
 

On se demande aussi comment lutter contre la négativité qui plombe l’ambiance. « En développant la conscience ! » dit quelqu’un. Of course ! Mais encore ? Nous sommes d’accord que celle-ci doit être à la fois individuelle (je suis responsable de mon propre état conscient et inconscient) et collective (seul, que puis-je ?). Joli projet, mais concrètement ? L’un des convives raconte alors : dès l’école primaire, des gestes simples adaptés d’un yoga mâtiné de qi gong ont prouvé qu’ils permettaient aux enfants de retrouver la conscience de leur corps, entrant en contact avec autre chose en eux que l’agitation et la virtualité. Des essais à grande échelle ont été menés aux Pays-Bas et ils sont concluants : enfants et ados apprécient cette forme d’activité ludique et originale. On peut d’ailleurs constater, en francophonie, l’engouement pour la traduction du petit livre d’exercices pour enfants que l’Etat néerlandais a subventionné dans toutes les écoles primaires. * 
 

« En fait, remarque un convive, quel que soit le domaine, l’important serait de changer l’esprit avec lequel on considère les choses. » Réaction de sa voisine : « Oui, mais qu’est-ce que “l’esprit” ? Ça se contrôle ? » Quelqu’un rappelle que le mot vient du latin spiritus, le souffle. Me vient alors l’adage oriental : « Pour accomplir l’action juste, pratique la discipline du souffle. » Autrement dit, nous suggère une autre amie : « Notre esprit pourrait être une conscience qui respire ! » La formule fait mouche : elle a le mérite de calmer notre préoccupation du début du dîner. Nous nous quittons en nous promettant de déployer sans cesse la vastitude de notre esprit, en respirant plus souvent en conscience. Et amplement. 
* « Calme et attentif comme une grenouille », d’Eline Snel (Les Arènes, 2012).

Marc de Smedt

Le MESSAGE du Vent

 reçu par Nicole Dhuin

le 15/02/2014 au Centre Mexico en Berry (36) – France

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         Je suis le Vent. Pourquoi ne viendrais-Je pas te parler ? Je suis si présent depuis quelques jours dans votre vie*. Je fais peur, personne ne M’aime lorsque Je souffle la tempête, alors qu’on M’apprécie lorsque J’envoie une douce brise les jours chauds d’été. Pourtant, quelles que soient Mes manifestations, Je suis toujours la même Énergie : celle du Souffle. Regardez toutes les formes, tous les aspects que Je suis capable de prendre.

En certains pays, en certaines régions, vous M’appelez pour rafraîchir vos corps abattus par la chaleur puis quand Je souffle plus fort, levant parfois des millions de grains de sable, vous oubliez vos appels des heures précédentes. Je suis le Vent et Je fais souvent peur. Vous M’assimilez à la colère car Je suis souvent accompagné par les éclairs, le tonnerre, les grondements. Je suis souvent associé à l’Eau, par la pluie qui va souvent de pair avec Moi. Nous avons le même rôle : la purification. Les anciens croyaient que Je personnalisais la colère des Dieux. Les Dieux ne sont pas en colère, mais les éléments – comme vous nous appelez – se déchaînent pour nettoyer votre Terre de toutes ces impuretés, ces insalubrités dont vous la souillez chaque jour. Modifier vos pensées à Mon égard, remerciez-Moi.

Je suis là aussi pour vous réveiller car beaucoup vivent encore dans une grande torpeur. Je suis là pour vous faire comprendre qu’il est temps de revenir à une vie plus respectueuse de votre environnement. Il ne vous est pas demandé de revivre comme au moyen âge, encore moins au temps de la préhistoire. Il est possible de revenir à une vie d’équilibre entre villes et campagnes. Vous avez privilégié les premières et oublié les soins à donner aux secondes. Les haies ont été abattues, les forêts ne sont plus entretenues, les rivières non plus, vous les avez polluées comme vous avez pollué vos terres par toujours plus d’engrais ou de pesticides.

Mon rôle : emporter toute cette pollution, chimique, électromagnétique aussi, l’emporter mais surtout la transmuter. Comprenez cela. Au lieu de craindre Ma force, au lieu d’avoir peur des dégâts que Mon souffle puissant peut provoquer, voyez Mon utilité, remerciez-moi car Je suis le Grand Nettoyeur. Je ne suis pas indomptable, Je sais ce que Je fais. Je respecte ceux qui M’aiment, ceux qui aiment et respectent la vie sous toutes ses formes. Rien n’arrive par hasard. Mais tornades sont ciblées.

Aimez-Moi, comprenez-Moi. Remerciez-Moi comme Je vous remercie de Me voir maintenant différemment. Je suis le Vent.

* Il y a, depuis quelques semaines, beaucoup de vent, tempêtes et inondations sur la France et au-delà des frontières.

 

Cet article peut être diffusé à la condition qu’il soit reproduit dans son intégralitésans aucune modificationet en gardant le nom de Nicole Dhuin.

Le MONDE de l’Air

 

L’air est nécessaire à la forêt – aussi bien aux végétaux qu’aux autres êtres vivants. La forêt, elle, influence la composition et les mouvements de l’air.

La forêt et l’air entretiennent des liens étroits

 

images© Pierre Cadiran / ONFLa forêt respire avec le ciel

Air, vent, atmosphère sont des notions qui ici s’entrecroisent, se recouvrent partiellement tout en jouant des rôles différents.

Le vent peut mettre à mal la forêt lors de grandes tempêtes, comme la France en a subies les 26 et 27 décembre 1999. Mais il est aussi porteur de vie en transportant et dispersant les pollens, les spores des champignons ou les semences de nombreuses espèces végétales.

L’air, présent dans la troposphère et dans les sols aérés, fournit aux êtres vivants et aux plantes l’oxygène, le gaz carbonique ou l’azote qui leur est nécessaire pour respirer ou pour la mise en œuvre de processus physico-chimiques comme la photosynthèse ou la nitrification.

La troposphère, qui constitue la strate la plus basse de l’atmosphère, est la zone où se déroulent tous les événements météorologiques et où se forment les nuages, porteurs d’une pluie bienfaitrice dans certaines conditions.

Les variations de température de l’atmosphère déclenchent des variations de pressions qui donnent naissance au vent avec la mise en mouvement de l’air dans lequel se meuvent les oiseaux, les insectes et qui déplace pollens, spores ou semences.

La forêt freine le vent

Par la masse qu’elle représente, la forêt forme un obstacle auquel se heurtent les flux d’air et, de ce fait, exerce une influence sur les mouvements atmosphériques. Encore convient-il de souligner que le freinage du vent varie selon le type de forêts.

D’une façon générale, l’effet du vent est plus important en lisière de forêt que sous le couvert. Interviennent ensuite, dans le comportement de la forêt par rapport au vent, la différence des essences, la densité, l’âge et la structure verticale des peuplements. Plus un peuplement est dense et épais, plus il présente d’aspérités, et plus il offre de résistance au vent, avec le risque de plus grands dommages quand sa force dépasse la normale.

Quand les arbres sont peu serrés, que la lisière ne forme pas un front compact, le vent pénètre plus facilement en forêt et peut perdre progressivement de sa force sous le couvert. Par contre, quand la lisière forme un obstacle auquel se heurte le vent, l’air est dévié latéralement et verticalement, avec une accélération des turbulences au-dessus de la forêt.

La façon dont le vent sera ou non freiné exerce une influence directe sur la formation du climat forestier avec des répercussions sur le maintien de l’humidité des sols et de l’air, sur les niveaux d’évaporation et de transpiration des végétaux.

Flux de carbone et d’oxygène

Enfin, si les massifs forestiers, selon leur nature, contribuent à la formation des flux atmosphériques, ils jouent également un rôle dans la composition de l’air de leur environnement, notamment pour l’oxygène et le carbone.

Les plantes chlorophylliennes prélèvent dans le dioxyde de carbone (CO2) de l’air, le carbone (C) nécessaire à leur existence et libèrent l’oxygène (O2). L’air cède donc du dioxyde de carbone et s’enrichit en oxygène. Inversement, la respiration des arbres consomme de l’oxygène atmosphérique en libérant de l’énergie sous forme de chaleur. Mais le bilan global de ces échanges est largement bénéfique pour l’homme.

C’est bien cette atmosphère propre à chaque forêt qui attire le promeneur en quête de bol d’air.

 

Maître de l’air et Tao

 

images (19)Créateur des Elfes et Maître de l’ Air, Enlil est un dieu mystérieux et fugace, qui n’ apparaît que rarement à d’ autres races que la sienne. En tant que Dieu de l’ Air, il commande aux vents, aux tempêtes et aux tornades. Également Dieu des Nuages, il est dit que c’ est lui qui à la charge de protéger les Mondes Divins des intrusions étrangères. Mais ce n’ est pas tout, c’ est également le Dieu de la Musique et des Arts, protecteur du Théâtre et de la Danse.

Le temple d’ Enlil se situe dans la capitale des Elfes, à Edznà. Son nom, Délosien, signifie « la Demeure Ouverte ». En effet, ce temple ne dispose ni de toit, ni de portes, ni de murs. C’ est un enchevêtrement de colonnes et d’ arches qui s’ ouvrent sur toutes les autres pièces. 

La Karnéianne est sa fête. Ces festivités religieuses sont célébrées lors de la pleine lune du mois d’août, et durent dix jours. C’ est la plus importante fête elfique. Elle interrompt toutes autres activités. La Karnéianne est le théâtre de danse de jeunes gens, et de concours musicaux.

En tant que Dieu de l’ Air, Enlil dispose de très importants pouvoirs sur cet élément. Tornades, tempêtes, typhons, éclairs, tonnerres et foudres lui sont assujettis.

 

 

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