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Pour une écologie humaine (spirituelle)

Une « écologie humaine » (différente de l’écologie physique) concerne par définition à tout le monde, car elle passe par l’amélioration et l’assainissement des « relations entre les hommes ». Et les partisans de l’« écologie humaine » constatent que la « situation actuelle des connaissances » crée la zizanie et nous sépare les uns des autres à des « niveaux essentiels à la vie humaine ».

Or de tout temps , les liens entre les humains ont été considérés comme vitaux pour la santé, l’équilibre et le bonheur des êtres humains. Aristote a consacré son livre « Philia » à l’amitié. Il définit la politique aussi comme « l’art de créer la fraternité entre les hommes ». Le savant humaniste polyvalent, Edgar Morin, considère également les liens de fraternité comme la condition incontournable à développer pour espérer un avenir humain viable.

L'EAU

L’idéal républicain aussi, chacun le sait, avait posé la « fraternité » comme un des trois fondements de la société à construire .La destruction des liens sociaux explique l’accroissement des détresses humaines .Cette situation est soulignée par de nombreux auteurs modernes, tel que Edgar Morin qui déclare que la seule solution pour assurer l’équilibre individuel et social consiste à tout faire pour développer des rapports « matériellement désintéressés » entre les citoyens.

De même, l’ancien premier ministre Michel Rocard, constate aussi que la destruction de tels liens entre les humains nous a amené à une « dépression collective » [voici quelques extraits de son texte à ce sujet, paru dans le Nouvel Observateur du 10 Novembre 1994 :«(…) Cinq exigences à mes yeux conditionnent l’avenir de la France et bien au delà d’elle, celui de l’Europe et du Monde (…).Le travail qui vise simplement des rapports entre des personnes n’est pas jugé noble. or, c’est celui -ci seulement, qui, sous des formes très diverses sera de plus en plus requis dans l’avenir (…). Keynes sentait tout cela, qui écrivait dès 1930 que, sans une mutation culturelle fondamentale, les sociétés d’abondance, saturées de biens matériels (…) sombreraient dans une «dépression nerveuse collective». Nous y sommes ! Même Adam Smith concluant son traité sur la richesse des nations (1776) évoquait le problème «du lien social au-delà de l’économie»].Or, nombre d’auteurs montrent comment formations et enseignements créent la confusion, la schizophrénie culturelle et génèrent les bases psychologiques de la détresse individuelle .

sortir du 20è siècle

Ainsi Edgar Morin écrit, dans son livre « Pour sortir du 20ème siècle » (pages 78,85,86,87) :

« Nous sommes, non aux portes de l’âge d’or, mais au cœur de l’âge de fer planétaire, non dans l’ère des lumières mais dans la préhistoire de l’esprit humain(…) Notre mode de penser nous aveugle plus qu’il nous éclaire , en mutilant, fragmentant, dissociant le réel(…).

Nous sommes dans le nécessaire désenchantement(…).

Mais le monde désenchanté n’est pas le monde plat et prosaïque des intérêts égoïstes (…) Nous pouvons et devons investir nos forces d’amour (…). C’est de la détresse informationnelle (…) de l’incertitude cognitive (…) qu’il nous faut repartir ».Il s’agit donc de « communiquer différemment entre soi » !Et cela constitue la voie d’avenir ! Il déclare ailleurs « Notre Humanité a un besoin de foi, d’aventure, d’exaltation. Notre société n’apporte rien de cela, que nous trouvons seulement dans nos vies privées, dans nos amours, fraternités, communions temporaires.

Un idéal de consommation, de supermarchés, de gains, de productivité, de PIB ne peut satisfaire les aspirations les plus profondes de l’être humain qui sont de se réaliser comme personne au sein d’une communauté solidaire(…).On peut révéler ce que chacun porte en lui-même, mais occulté par la superficialité de notre civilisation présente (…) On peut avoir foi en l’amour et en la fraternité »( Edgar Morin :« Éduquer à la paix pour résister à l’esprit de guerre » (article disponible sur Internet)].

En effet comment « structurer« (organiser) les éléments de telle ou telle connaissance ,en faisant appel à tous les citoyens, voici le problème ! (dans cette situation où , l’émiettement sans précédent des connaissances et leur éloignement de l’homme, ont créé mésententes, absence de projet et d’espoir, séparation et discordes entre les hommes. Le «gai savoir» qui nous élève au-dessus de ce chaos est «celui qui nous rapproche fondamentalement de nos semblables» et constitue le chemin véritable vers la fraternité (les autres savoirs se mettront au service des hommes qui auront ainsi retrouvé leurs liens fondamentaux).On connaît le célèbre adage de Rabelais : « Science sans conscience est ruine de l’âme ».

Les approches actuelles des enseignements nous éloignent les uns des autres .Tandis que les vraies connaissances « centrées sur l’humain » nous rapprochent. Pour offrir une manière d’enseignement dans ce sens , nous avions mis au point une «formation transdisciplinaire» (allant au-delà des «spécialisations » et créant des « liens à des niveaux essentiels » entre des personnes de toutes les catégories socio-professionnelles).A cet « enseignement transdisciplinaire ouvert à tous», participaient, entre autres ,des chercheurs partisans d’Edgar Morin et plusieurs auteurs humanistes .L’enchantement des personnes intéressées et venues de toutes les catégories sociales était constant.

Dans cette optique d’« écologie humaine », nous créons une association « Connaissance et Amitié » ouvertes à toute personne réellement motivée. L’Association aidera à la création des groupes. Ces démarches permettront aux personnes intéressées de découvrir bien des choses importantes dans leur vie et de vivre des liens édifiants. Nous ne sommes pas à la recherche de clientèle! Cette attitude de « désintéressement matériel » n’est certes pas courante !

Elle rejoint précisément la philosophie à la fois humaniste et écologique des auteurs tel que Pierre Rabhi (dont nous approuvons toutes les idées ).

Nous sommes à l’écoute de toutes les suggestions et propositions.
SOURCE : Dr.Iranpour.D – www.coecrire.fr

L’art du laisser-faire c’est l’art du Qi gong

 

En Chine, où l’on doit avant tout « prendre soin de son enveloppe physique pour que l’âme ait envie de l’habiter », le qi gong (prononcez « chi kong ») fait partie du quotidien. Postures, massages, exercices respiratoires, mouvements : tout, dans cette discipline, est destiné à mieux capter l’énergie vitale (qi signifie « énergie », gong, « travail ») dans l’air ou dans la nourriture, et à la faire circuler harmonieusement dans tout le corps, le long de canaux subtils appelés méridiens. Pour la médecine chinoise, la mise en mouvement de cette énergie stimule les organes et les fonctions essentielles de l’être ; en évitant les blocages responsables des maladies, elle garantit une meilleure santé physique et psychique. Le qi gong appréhende le corps avec le plus grand respect, et les notions de souplesse et de naturel sont au cœur de sa pratique.

“Ce qui est flexible est inébranlable” Lao-Tseu

 

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En observant les combats entre animaux, les maîtres chinois ont constaté que la souplesse triomphait toujours de la force. Ils en ont fait une des bases de leur enseignement. En éliminant les tensions et les raideurs, la souplesse facilite la circulation du qi le long des méridiens ; en entretenant la flexibilité des muscles et des tendons, elle les protège et accroît leur longévité. C’est pourquoi les mouvements en forme de spirale, inspirés du serpent, maître de la fluidité, sont souvent utilisés. Les gestes toujours amples et circulaires, le rythme continu et très lent, permettent de s’assouplir tout en délicatesse.

“Le calme est maître du mouvement” Lao-Tseu

Exit les termes de compétition, d’obligation de résultat ou de performance. Dans l’univers du qi gong, il n’y a pas de perdant, car le chemin parcouru est plus important que l’accomplissement lui-même. Et c’est toute notre relation à l’effort qui s’en trouve transformée. Les postures comme les mouvements épousent la morphologie naturelle du corps ; le bon alignement de la colonne vertébrale est toujours respecté ; les articulations ne sont pratiquement jamais en extension complète. La détente est la clé de voûte du travail. Pour l’atteindre, il faut oublier le « vouloir-faire » et découvrir le « laisser-faire ».

“Expirer l’usagé, inspirer le nouveau” Zhuangzi

C’est le travail respiratoire et la concentration de la pensée qui transforment ce qui pourrait n’être qu’une activité purement physique et mécanique en une pratique plus complète. 
La respiration est essentielle, car elle est le vecteur du qi, qu’elle guide vers nos cellules. Il en existe plusieurs, mais on utilise le plus souvent la respiration naturelle abdominale. Elle accompagne postures et enchaînements et, comme eux, doit être ronde et douce : régulière, sans à-coups, et jamais amplifiée de façon volontaire. 
En chassant les émotions négatives, qui sont souvent à l’origine du stress, la respiration participe à la détente et permet à la conscience de mieux s’impliquer dans chaque exercice.

“Plus on s’éloigne, moins on apprend” Lao-Tseu

L’aspect extérieur du travail est important, mais il n’y a pas de recherche de l’esthétique. En qi gong, le geste n’est beau que lorsqu’il est « juste », c’est-à-dire lorsqu’il n’est pas une simple imitation vide de sens, mais le résultat d’un véritable cheminement intérieur, qui passe par la prise de conscience de plus en plus subtile de toutes les parties du corps sollicitées. Ecouter ses sensations est fondamental : des impressions de légèreté ou de lourdeur, de chaleur ou de fraîcheur, des démangeaisons ou des fourmillements, sont autant d’indicateurs précieux qui renseignent sur la progression du qi dans les méridiens. Peu à peu, le corps ne travaille plus tout seul mais en synergie avec la pensée.

“Chez l’homme il y a trois joyaux : le ‘jing’, le ‘qi’ et le ‘shen’” Philosophie taoïste

La médecine chinoise partage avec d’autres cultures une notion de « corps subtil ». Celui-ci doit être pris en compte lorsque l’on veut rester en bonne santé et serein. L’être est composé de trois éléments : le jing (l’essence), le qi (l’énergie) et le shen (l’esprit). Pour simplifier, jing correspond à ce que nous appelons le patrimoine génétique, la vitalité de base, et à un plan physiologique ; qi représente le souffle vital, il est véhiculé et influencé par la respiration, elle-même reliée au cœur et au plan affectif ; shen renvoie à la vie de l’esprit. De leur équilibre dépendent bien-être et longévité.

En soulageant les tensions physiques, en permettant de mieux gérer ses émotions et en apaisant l’esprit, le qi gong permet d’harmoniser ces trois plans. « Si l’homme se délivre des lumières de l’intelligence, il pourra être exempt de toute infirmité. » Si cette invitation orientale nous choque, c’est bien parce que nous sommes habitués à laisser notre esprit gouverner notre corps d’une main de fer. Pour le rendre plus fort, plus beau, plus aimable. Et si le qi gong, ainsi que d’autres pratiques visant à rétablir l’équilibre entre notre corps et notre esprit, nous attire de plus en plus, c’est sans doute parce que nous, Occidentaux, ressentons le besoin de commencer à nous traiter avec davantage de douceur.

Remerciements à Laurence Cortadellas du Pas de Pégase, association d’arts internes et énergétiques chinois. T. : 
Site Internet : www.lepasdepegase.com

QUELQUES ECHOS DE LA LUMIERE SPIRITUELLE DANS LES TRADITIONS

 

BougieLes allusions à la lumière spirituelle sont nombreuses dans les sagesses orientales et extrême-orientales. Les textes classiques contiennent fréquemment des expressions telles que « lumière divine » ou « lumière spirituelle ».

La Bhagavad Gîta, ou « Chant du Seigneur » contient de nombreuses allusions à la lumière spirituelle .

Nous lisons au verset 17 du Onzième dialogue : « Je TE vois partout, rayonnant de lumière.. étincelant comme le feu, éblouissant comme le Soleil incommensurable, dans toutes les régions du ciel », et verset 17 du treizième dialogue : « CELA, lumière des lumières est au delà des Ténèbres. C’est la Sagesse et l’objet de la Sagesse que peut connaître la Sagesse qui réside dans le cœur de chacun ». Les célèbres « Oupanishads » évoquent avec plus de fréquence encore l’importance de la Lumière spirituelle.

La Mundakopanishad y fait allusion : Verset 1, Deuxième partie : « Lumineux par soi-même, secrètement actif, foyer puissant, CELA, connais le, adorable comme être et non-être ». Verset 2 : « Ce qui est empli de Lumière.. c’est en CELA que Brahman ne connaît pas de changement. C’est la Vie ». Verset 9 : « Dans le radieux vêtement supérieur de l’homme est Brahman, sans tache, indivis. CELA est la pure clarté de toutes les lumières que connaissent ceux qui se connaissent eux-mêmes ». Verset 10: « Le Soleil et la lune ni les étoiles ni les éclairs ne brillent. Lorsqu’IL (Brahman) brille, toutes choses brillent après LUI : c’est de l’éclat de Brahman que brillent toutes choses ici bas ».

L’ésotérisme Soufi et Islamique enseigne que la Lumière spirituelle En-Nûr et l’Esprit Er-Rûh sont une seule et même réalité. Pour les Bouddhistes chinois, le caractère Ming symbolise l’Illumination au cours de laquelle les « dix mille choses » se révèlent sous l’aspect d’une essence commune de pure lumière. L’évocation de la lumière spirituelle constitue une part importante des enseignements du Bouddhisme tibétain dans la Doctrine de la Claire Lumière.

Celle-ci a été traduite par le Lama Kasi Dawa Samdup et commentée dans le « Yoga Tibétain » par le Professeur Evans-Wentz de l’Université d’Oxford . Le verset 161 expose que : « L’Etat Réel de l’esprit, l’identité véritable de toutes choses, inséparable du Vide, au delà des phénomènes, pendant que l’on expérimente le « Grand Bonheur » qui va au delà de la pensée, est la Claire Lumière Fondamentale ».

L’ouvrage auquel nous nous référons est intéressant par les conseils pratiques qu’il expose et confirme ce que d’autres de nos instructeurs nous ont enseigné, notamment Sam Tchen Khâm Pâ, le Lama Yongden et Alexandra David Neel. Il met en évidence l’importance du silence mental et plus spécialement l’attention au « Vide interstitiel » existant entre les pensées. Ceci correspond d’ailleurs à « l’état d’intervalle » auquel Krishnamurti fait allusion.

Le paragraphe 9 expose  : « La réalisation de la Claire Lumière doit prendre place dans l’intervalle existant entre la cessation d’une pensée et la naissance de la pensée suivante ».

Le paragraphe 10 rappelle les six règles de Tilopa : « Ne médite pas, ne réfléchis pas, n’analyse pas ». « N’imagine pas, ne pense pas, demeure dans l’Etat Naturel ». Paragraphe 11 : Méditant sur ce qui apparaît comme Vide, c’est la « descendance de la Claire Lumière ». Nous avons commenté et développé l’importance des moments de silence mental permettant la prise de conscience des états d’intervalle entre les pensées .

Ceux-ci ont deux conséquences hautement libératrices. Premièrement, ils produisent une rupture dans l’apparente continuité de la conscience de l’égo. Or, cette continuité est précisément, comme le suggère Krishnamurti, une prison responsable de notre exil, notre véritable « patrie » étant la Claire lumière primordiale. Deuxièmement, l’état d’intervalle est l’opportunité que saisit la Lumière primordiale pour dissiper l’ombre de la « caverne » psychologique dans laquelle l’égo se trouve englouti. Dans le silence mental une « porte » s’ouvre et nous livre accès à d’autres dimensions essentielles, tel est le sens profond de la « grande opportunité ».

Le Yoga tibétain expose l’opportunité de l’attention non-mentale exercée lors du glissement dans le sommeil. Il déclare notamment au verset 17  : La reconnaissance de la Claire Lumière a lieu dans l’intervalle qui se trouve entre la cessation des expériences de l’état de veille et le commencement des expériences de l’état de sommeil. Les expériences de l’état de veille évoquées ici concernent évidemment l’identification aux mémoires, l’attachement au passé et à l’image de soi ainsi que toute fixation mentale. Nous retrouvons la même exigence formulée dans le « no abiding mind » du Maître Hui-Haï dans le Ch’an. Il est important de souligner que dans l’optique des Maîtres Tibétains, aussi bien que dans celle de l’Advaïta Védanta, du Ch’an, de Krishnamurti et des « Voies Abruptes » l’Etat d’Eveil dans la Claire lumière primordiale est le seul « Etat Naturel ».

Il est permanent, dans son renouvellement quelles que soient les circonstances et n’est pas influencé par les alternatives périodiques de sommeil ou d’activité. Ainsi qu’il est enseigné dans le verset 178 . « Si la méditation est pratiqué avec succès, le yoguin réalise une clarté de perception extatique appelée Lumière. Elle ne luit que lorsque le yoguin a réussi à maintenir la continuité de conscience au travers des états de veille, de sommeil et de l’état intermé- diaire qui existe entre les deux ».

Une rectification de ce texte s’impose nous semble-t-il. A notre avis et selon Krishnamurti, « nous » n’avons pas à réussir à maintenir l’état d’Eveil intégral. La priorité du champ de conscience cosmique, ou, en d’autres termes l’intensité d’énergie de la Claire lumière primordiale (correspondant vraisemblablement à ce que Krishnamurti désigne en anglais par le terme « Otherness ») s’impose d’Elle-même sans aucun acte de volonté de notre part. Ceci est d’autant plus évident que dans l’Etat d’Eveil intégral il n’y a plus d’égo.

Il n’est pas inutile de souligner que du point de vue expérimental, le silence mental parfait s’accompagne instantanément d’un transfert du centre de la conscience dans le plexus solaire et dans le « Hara ». Ces centres sont psychiques et non physiques.

 

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ALLUSION A L’EXPÉRIENCE DE LA LUMIERE SPIRITUELLE DANS L’OEUVRE DE KRISHNAMURTI

Krishnamurti évoque de temps à autre l’existence d’une Lumière spirituelle mais il se garde d’y accorder l’importance que nous serions tentés de lui donner. Lorsque nous lui en parlons il attire notre attention sur le danger que constitue pour nous la construction d’une image mentale de la lumière qui s’interposerait entre elle et nous. Les allusions les plus directes à la lumière spirituelle se trouvent dans le « Krishnamurti’s Notebook ». Il en évoque la puissance et la beauté. L’ouvrage, publié en 1976 n’étant pas encore traduit en 1987, nous donnons une traduction littérale . « Ce matin.. au-delà de toute méditation, pensée et des illusions que la sensibilité crée, il y avait une lumière intense, brillante (perçue) au centre du cerveau et au-delà du cerveau au centre profond de la conscience. C’était une lumière qui n’avait pas d’ombre et qui n’était située dans aucune dimension. Elle était là, sans mouvement. Avec cette lumière il y avait la présence d’une force incalculable et la beauté au-delà de la pensée et du sentiment ».

A la page 40  : « C’était une vision qui était au-delà des rivières, des montagnes, du passé de la Terre et de l’horizon et des peuples. Dans cette vision il y avait une lumière pénétrante et une incroyable rapidité. Le cerveau ne pouvait pas la suivre et la pensée ne pouvait pas la contenir. C’était une pure lumière.

Et p. 175. « Il y avait la lumière, non celle du soleil couchant ni une lumière artificielle; celles-ci font des ombres mais il y avait la lumière sans ombre.

S’interroger sur sa vie, c’est déjà de la spiritualité

 

La foi est un souffle qui aide à vivre, mais si nous ne sommes pas croyants, se poser des questions sur nous-mêmes est un premier pas vers la paix. Théologienne protestante, Lytta Basset croit en Dieu et en la psychanalyse. Tous deux l’ont aidée à affronter un océan de souffrances, et à en sortir, apaisée.

La souffrance est la racine commune à vos thèmes de recherche : le pardon, la fragilité, la culpabilité et, récemment, la compassion…

Livre basset

L.B. : La compassion est un mot magnifique : on est « pris par la souffrance » d’autrui, « pris aux entrailles » par la « passion » de l’autre. Mais cela va au-delà de l’idée de souffrance partagée : c’est « sentir avec », « être affecté avec ». Or, on peut être affecté avec l’autre dans la peur, dans la tristesse, mais aussi dans la joie. D’ailleurs, mes premières réflexions sur la compassion, je les ai faites en écrivant La Joie imprenable. On pourrait presque dire que la compassion mène à la joie – la joie d’un lien intense avec autrui.

« Être pris aux entrailles » : cela signifie que l’on ne le choisit pas, et que la compassion ne s’apprend pas ?
L.B. : Non, en effet, mais on peut apprendre l’empathie, qui prépare le terrain à la compassion : décider de mettre entre parenthèses ce qui nous énerve chez l’autre, pour nous placer de son point de vue… Mais c’est vrai que la compassion est ponctuelle et inattendue. Soudainement, nous percevons l’autre dans sa part de fragilité profonde. C’est une sorte de communication souterraine entre nos fragilités, qui fait que nous ne nous regarderons plus de la même façon.

Sur le thème de la fragilité, lire La Fragilité, faiblesse ou richesse ?, collectif coécrit par Lytta Basset (Albin Michel, 2009)

Vous voulez dire que c’est la souffrance qui crée du lien ?

L.B. : Oui, parce que ce que l’autre vit profondément vient toucher ce que j’ai pu vivre moi-même de douloureux dans des circonstances très différentes. Et qui n’a pas de blessures ? Puisque c’est notre lot commun, cela ne peut que nous aider à nous rapprocher. Je l’ai écrit dans Ce lien qui ne meurt jamais : sans les autres, je ne vois pas comment j’aurais survécu à la douleur de la mort de Samuel. Mais même avant : j’ai vécu mon enfance en Polynésie. Là-bas, la religion, ce sont des danses, des chants, des repas pris ensemble : de la convivialité. Cela m’a nourrie, structurée… et sauvée. Sans ces liens authentiques, ma propre histoire m’aurait rendue folle.

Vous insistez en effet beaucoup sur l’importance de l’ouverture aux autres…

L.B. : Parce que, pour moi, c’est la spiritualité. Et c’est là que, souvent, ça pèche. Une de mes étudiantes a mené une enquête sur les visites pastorales, et quand je lui ai demandé ce que les gens reprochaient le plus aux pasteurs, elle m’a répondu sans hésiter : « Le manque d’intérêt pour les gens. » Ce n’est pas de « religion » qu’ils ont d’abord besoin, mais de lien, d’ouverture, d’écoute réelle. Or, qu’est-ce qu’une foi où l’on ne s’intéresse pas à l’autre ? Dans les Évangiles, Jésus adresse la parole à toutes sortes de personnes, des païens, des prostituées…

Pourtant, les autres peuvent être toxiques…

L.B. : C’est certain. D’ailleurs, après la mort de Samuel, heureusement que j’avais fait ce travail sur moi : cela m’a permis d’avoir suffisamment de discernement pour éviter les personnes aux paroles toxiques. Y compris des amis que j’ai retrouvés ensuite, mais qu’à l’époque j’ai su éviter, parce que je sentais qu’ils me nuisaient. Cela peut choquer, dans certains milieux chrétiens.

 

A LIRE 

Dans S’ouvrir à la compassion (Albin Michel, “Espaces libres”, 180 p., 6,50 €), accompagnée de penseurs chrétiens, juifs ou bouddhistes, Lytta Basset nous offre des réponses.

Combattante de la liberté intérieure

 

Pour y parvenir, vous vous êtes soumise à une véritable ascèse, non ?

Oui, Swâmiji [Swâmi Prajnânpad] invoquait en ce sens trois dimensions à atteindre : détente du corps, de l’esprit, du cœur. La détente du corps, c’est déjà très important, et aujourd’hui, on en parle partout. La détente de l’esprit, ça commence par le fait de se libérer le plus possible des critiques et des jugements, de l’attraction et de la répulsion. Tout ce qui génère la dualité. Pour cela, il est nécessaire de se livrer à une introspection. La détente du cœur, c’est la plus difficile à atteindre. Parce que, parfois, nos frustrations, nos manques viennent d’un traumatisme d’enfance. Il faut alors tenter de plonger dans son inconscient. Pour ce faire, Swâmiji préconisait une technique de catharsis des émotions refoulées, le lying, qu’il m’a enseignée.

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Il vous a aussi donné des clés pour vivre, notamment en couple…

Alors que, jusqu’à l’âge de 30 ans, j’avais refusé le mariage, quand je me suis engagée avec Arnaud, cela a été un engagement intérieur sans compromis. Quand sont arrivées les crises graves, sa liaison de quelques années avec une même jeune femme, par exemple, je suis allée voir Swâmi Prajnânpad avec le désir d’être apaisée. Il me disait notamment : « Il est différent. Elle est différente. Partez dans l’existence avec ce viatique. » Ça a l’air bête, la différence est une loi évidente : il y a le jour, la nuit, etc. Mais si l’on considère vraiment que les êtres sont différents, on ne croit plus qu’ils doivent agir selon ce que nous souhaitons. Et Swâmiji concluait : « Ou vous vous séparez, ou vous acceptez. » Et je suis restée mariée presque trente ans. Avec le recul, je vois que ces coups durs ont été des « accélérateurs d’évolution », car ils m’obligeaient à une introspection plus approfondie.

Est-ce que, à force de pratiquer l’acceptation, vous diriez que ça devient plus facile ?

Je me souviens que, quand ça n’allait pas, il m’est arrivé, de rage, de jeter le téléphone par terre ! Swâmiji me répétait : « Mais, acceptez ! Acceptez ! » Cela a fini par me révolter. Un jour, j’ai même perdu le respect que je lui devais, en disant : « Mais s’il faut tout accepter, je n’ai qu’à m’accepter comme je suis. Et tout ira bien ! » Il a compris que je ne pouvais plus supporter ce mot-là, et ne l’a plus jamais employé. Par la suite, il disait : « Voyez et reconnaissez. » Et ajoutait : « Changez ce qui peut l’être. Le reste, dites-vous que ça fait partie de votre destinée personnelle, ou d’un karma collectif. » C’est ce que l’on appelle lâcher prise. Et peu à peu, cela se fait.

Vous citez souvent Jean de la Croix, qui parlait de la « forte lessive » intérieure que nous devons effectuer pour trouver la paix. Est-ce que ça ressemble à ce que vous avez vécu ?

Oui. Il nous faut d’abord repérer nos empêchements majeurs. Pour moi, l’un des plus profonds était la peur que je traînais depuis mes premières relations avec ma mère. J’ai été amenée à y faire face, puis à laisser partir cette peur. Il faut ensuite se dépouiller de tout ce qui a été ajouté à notre véritable nature : les on-dit, les a priori, les convictions qui ne nous correspondent plus. Pour moi, cette possibilité de transformation est le but de l’existence. En chacun, il y a un germe d’éveil, comme un bouton de rose destiné à devenir une très belle fleur, avec son odeur et sa forme uniques. Chez certains êtres éveillés, cette « véritable nature » est très développée, alors que chez beaucoup d’entre nous, elle reste à l’état latent car nous l’oublions. Comme un germe de plante a besoin d’air et d’eau, ce germe d’éveil a besoin qu’on lui donne une attention, que l’on se tourne vers lui. Parfois, on peut soudain le sentir. En face d’un très beau paysage, par exemple. Nous ressentons une sorte d’adhésion à cette nature, qui fait que nous ne sommes plus prisonniers de notre personnalité ni de nos désirs. Mais si, après avoir eu un moment de contemplation, on dit : « Ah, que c’est beau ! », c’est fichu. Notre mental a repris le dessus. Nous sommes de nouveau en proie au « J’aime, je n’aime pas ». Ce qui est notre façon habituelle de penser et de vivre.

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Diriez-vous que tous ces efforts vous ont menée à une forme de sérénité ? 

Dire non serait faire injure à tout ce que j’ai reçu des maîtres que j’ai rencontrés. Et faire fi de tous les efforts que j’ai menés. Disons que je suis beaucoup moins révoltée ! Ça revient de temps en temps, mais ça passe vite. Moi qui éprouvais beaucoup de peur dans le contact avec certains individus, maintenant que j’ai fait la connexion avec mon traumatisme d’enfance, lorsque je sens l’émotion monter, je me dis : « Je ne suis plus un bébé, je peux raisonner. » Cela me permet de retrouver mon calme et la conscience de mon intériorité, en sachant que ma vérité est là. Tel est l’enseignement que je continue à transmettre. Et aujourd’hui, à la suite de Swâmiji, je peux dire : « J’ai fait ce que j’avais à faire, reçu ce que j’avais à recevoir, donné ce que j’avais à donner. »

Ses dates-clefs

A DÉCOUVRIR

A lire

livre

La Rage de l’absolu de Denise Desjardins
À travers dix portraits de « révoltés », l’auteure nous raconte les écueils et les déclics rencontrés par ceux qui se lancent dans la transformation intérieure. Un livre en forme d’encouragement à trouver sa « véritable nature » (La Table ronde).

Un portrait d’elle sort en DVD, De la révolte au lâcher-prise de Guillaume Darcq

(disponible sur www.alizediffusion.com ).

Pour une sagesse moderne

 

 

 je suis pour,  docteur…

 

Sagesse moderne


Ce billet m’est inspiré de la lecture du livre «  Pour une sagesse moderne  » du Docteur Yasmine Lienard. Je commençais à en faire une petite news et j’ai été emportée par l’inspiration, impossible de faire abstraction de mon histoire personnelle et de ce qui fait véritablement échos en moi dans ce livre.
 Véritable coup de cœur donc, le livre du Dr Lienard est un trésor pour toutes les « Combattantes » qui ne pourront qu’être touchées de se sentir écoutées mais surtout entendues. Véritable outil de travail il offre des pistes concrètes pour quiconque veut comprendre ou accompagner les personnes souffrant de TCA. C’est pour moi un ouvrage de référence en la matière et concerne toutes les névroses : le recours à la thérapie cognitive, la théorie des schémas, les outils sur les émotions, la méditation comme accès à l’esprit… Beau programme non ?

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 J’ai découvert ce livre avec émotion : une spécialiste parlant des thèmes qui me sont chers et qui formule mieux que je ne le fais des choses que je tente d’expliquer dans L’âme en éveil… Un médecin qui comprend cette soif d’amour et d’authenticité qui – selon moi – n’a jamais été véritablement entendue par les professionnels qui ont croisé mon chemin pendant près de 15 ans… Certes ce n’est plus le cas et je suis heureuse de connaître à présent une armée d’anges pour qui « Un corps, un esprit, une âme » fait sens. On parle de « parcours du Combattant » pour trouver l’aide appropriée et en tant que présidente d’association je suis en contact avec des personnes souvent démunies, perdues, et parfois lassées ou simplement fatiguées de chercher. Cela vaut la peine pourtant et tout le monde s’entend pour dire qu’il faut parfois frapper à la porte de plusieurs spécialistes avant de trouver celui qui nous convienne.

Le docteur Lienard revient sur ce qui nous fait souffrir : les relations aux autres douloureuses, la solitude (une blessure contemporaine) et bien sûr les conduites autodestructrices que l’on met en place pour « cesser de souffrir ». Elle cherche à mieux comprendre la névrose, dont la définition médicale ne permettait pas à la psychiatre qu’elle est de venir à bout de toutes les maladies de l’âme auxquelles elle a été confrontée dans son service. De ses études et ses recherches mais aussi de son expérience de psychiatre et psychothérapeute, elle constate qu’aujourd’hui nous avons des outils concrets et efficaces, des techniques qui permettent d’abandonner ses fausses croyances, ses fausses interprétations et « de ne pas se laisser engluer dans des émotions destructrices ».
 Le véritable enjeu pour elle est de penser l’individu et son lien avec son monde. Elle propose donc dans ce livre de développer une sagesse résolument moderne et invite l’homme à progresser sur 2 axes, le développement de l’individu et la vie en communauté, afin que la dignité, l’amour et la compassion reprennent un peu leur place dans notre époque… On comprend facilement en quoi ce livre me parle tout particulièrement !

On peut définir la névrose de différentes manières. Ce qui est sans doute le plus important de retenir c’est en quoi elle nous empêche de mener une vie pleine de sens. Pour le Docteur Lienard « elle nous détourne de notre bon sens et de l’idée de mener au mieux sa vie ». Pour mieux comprendre cela, elle propose l’image d’un bateau :

« Vous décidez de traverser l’océan.
 Il vaut mieux admettre que traverser l’océan va impliquer d’affronter des vagues, voire de grandes tempêtes. Si vous voulez que ce soit calme comme un lac, vous serez souvent frustré inutilement.
 Eh bien l’océan c’est la vie : vouloir que la vie soit paisible et sereine, sans difficultés est totalement irrationnel. Si on prend l’océan et qu’on s’énerve à chaque vague, à chaque tempête, on va perdre son énergie pour rien. Le préalable est donc de considérer qu’il va y avoir des difficultés mais qu’il vaut mieux y faire face le plus efficacement possible. Pour cela, il faut savoir naviguer d’une part, et définir son cap d’autre part.
 Prendre l’océan sans cap revient à dériver en permanence et finir par sombrer ».

 Cette illustration de la vie est parfaite. J’explique en quoi l’épreuve de l’hôpital (une expérience d’éveil ?) m’a permis de donner un sens à ma vie. J’ai trouvé le cap pour reprendre les termes du docteur Lienard. Et je comprends ce qu’elle veut dire en mentionnant les vagues ou les tempêtes. J’ai parfois un peu le mal de mer mais je ne m’en sors pas si mal je crois. Mon côté provoc me pousse à dire que si la mer était parfaitement calme je m’ennuierai d’ailleurs…

Ainsi il convient d’être vigilant et d’avoir une grande présence pour « ajuster les voiles au vent » et ne pas lâcher le gouvernail sous l’emprise de la névrose qui obscurcit notre esprit et nous fait suivre des pensées automatiques confuses engendrées par la situation qui sont contraires à une vraie réflexion.

Ce qui me plaît tout particulièrement c’est l’invitation qu’elle fait aux thérapeutes à changer d’attitude selon ce que nous enseigne la troisième vague des psychothérapies : ne plus chercher de solution pour soulager le patient et le faire changer mais au contraire lui apprendre à être véritablement et à traverser ses émotions douloureuses comme des interactions nécessaires avec son environnement. Le thérapeute qui se fixe comme but unique de guérir le symptôme (est-il nécessaire que je précise que ce fut le cas pour moi ?) n’est pas suffisamment ambitieux. Je suis d’accord : « une thérapie est terminée lorsque les patients sont guéris du symptôme qui les a amenés à consulter, mais aussi lorsqu’ils sont authentiquement eux-mêmes et qu’ils sont de véritables êtres humains, le cœur ouvert, acceptant leur part de vulnérabilité et sachant être en relation avec les autres de manière adéquate ».

 Les outils qu’elle propose sont les mêmes (du moins la plupart car je ne les connaissais pas tous) que je suggère dans L’âme en éveil… Je suis la première à parler de la Méditation comme porte de sortie et pour moi travailler sur l’acceptation et la recherche du calme mental est synonyme de salut pour mon âme. Je suis d’ailleurs passée de la théorie à la pratique, on y travaille donc.

Mon cas n’est pas à généraliser. Je suis obligée de parler de mon année à l’hôpital psychiatrique dans mon propre ouvrage mais bien sûr toutes les hospitalisations ne se passent pas toujours ainsi. Je me définis comme une écorchée vive et j’utilise souvent l’humour pour parler de ma colère. Je m’efforce de travailler sur elle pour m’en servir comme moteur plutôt qu’elle ne me desserve. J’ai toutefois parlé de « mort psychologique » et je ne peux fermer les yeux sur le traumatisme de cette année noire. L’hospitalisation est parfois inévitable et je suis heureuse de voir que les progrès en matière de prise en charge sont indéniables. Qu’elle est aussi limitée à son minimum et que le suivi peut se poursuivre efficacement même après un moment d’isolement nécessaire. Le recours à la sonde peut être évidemment être salvateur, la sonde est acceptée par la patiente qui adhère à la démarche de soins.

J’ai encore du mal à comprendre pourquoi je ne suis pas morte en 2007. Je sais que jusqu’à mes 30 ans, je n’ai pas vécu. Survie mais pas vie. Et que quoi que je fasse, la colère, la souffrance de ces années ne s’effacera pas. C’est long. Et si j’essaie de faire des choses par rapport aux TCA c’est parce que j’estime que ma vie est un énorme gâchis. Je n’espère qu’une chose : éviter à d’autres de reproduire mes erreurs. Les médecins qui m’ont soignée et à qui je n’en veux pas plus que ça car avec le recul et un regard objectif sur ce qu’il s’est passé je comprends qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu avec les moyens du bord et leurs propres limites pourront peut-être reconnaître une erreur :

Celui d’avoir cru me nourrir alors qu’en réalité ils m’ont gavée de colère pendant de longs mois.

Le docteur Liénard ne néglige pas le symptôme ni le diagnostic initial qui permet de savoir ce sur quoi il va falloir travailler au cours de la thérapie mais elle va plus loin, c’est un médecin capable de nourrir les êtres d’amour.

C’est donc un honneur pour moi de la connaître, un ange de plus dans les rangs de l’armée d’anges qui m’entourent et j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de m’être inspirée de son livre pour partager quelques états d’âme…

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Ce billet m’est inspiré de la lecture du livre «  Pour une sagesse moderne  » du Docteur Yasmine Lienard. Je commençais à en faire une petite news et j’ai été emportée par l’inspiration, impossible de faire abstraction de mon histoire personnelle et de ce qui fait véritablement échos en moi dans ce livre.

 Véritable coup de cœur donc, le livre du Dr Lienard est un trésor pour toutes les « Combattantes » qui ne pourront qu’être touchées de se sentir écoutées mais surtout entendues. Véritable outil de travail il offre des pistes concrètes pour quiconque veut comprendre ou accompagner les personnes souffrant de TCA. C’est pour moi un ouvrage de référence en la matière et concerne toutes les névroses : le recours à la thérapie cognitive, la théorie des schémas, les outils sur les émotions, la méditation comme accès à l’esprit… Beau programme non ?

 J’ai découvert ce livre avec émotion : une spécialiste parlant des thèmes qui me sont chers et qui formule mieux que je ne le fais des choses que je tente d’expliquer dans L’âme en éveil Un médecin qui comprend cette soif d’amour et d’authenticité qui – selon moi – n’a jamais été véritablement entendue par les professionnels qui ont croisé mon chemin pendant près de 15 ans… Certes ce n’est plus le cas et je suis heureuse de connaître à présent une armée d’anges pour qui « Un corps, un esprit, une âme » fait sens. On parle de « parcours du Combattant » pour trouver l’aide appropriée et en tant que présidente d’association je suis en contact avec des personnes souvent démunies, perdues, et parfois lassées ou simplement fatiguées de chercher. Cela vaut la peine pourtant et tout le monde s’entend pour dire qu’il faut parfois frapper à la porte de plusieurs spécialistes avant de trouver celui qui nous convienne.

Le docteur Lienard revient sur ce qui nous fait souffrir : les relations aux autres douloureuses, la solitude (une blessure contemporaine) et bien sûr les conduites autodestructrices que l’on met en place pour « cesser de souffrir ». Elle cherche à mieux comprendre la névrose, dont la définition médicale ne permettait pas à la psychiatre qu’elle est de venir à bout de toutes les maladies de l’âme auxquelles elle a été confrontée dans son service. De ses études et ses recherches mais aussi de son expérience de psychiatre et psychothérapeute, elle constate qu’aujourd’hui nous avons des outils concrets et efficaces, des techniques qui permettent d’abandonner ses fausses croyances, ses fausses interprétations et « de ne pas se laisser engluer dans des émotions destructrices ».

 Le véritable enjeu pour elle est de penser l’individu et son lien avec son monde. Elle propose donc dans ce livre de développer une sagesse résolument moderne et invite l’homme à progresser sur 2 axes, le développement de l’individu et la vie en communauté, afin que la dignité, l’amour et la compassion reprennent un peu leur place dans notre époque… On comprend facilement en quoi ce livre me parle tout particulièrement !

On peut définir la névrose de différentes manières. Ce qui est sans doute le plus important de retenir c’est en quoi elle nous empêche de mener une vie pleine de sens. Pour le Docteur Lienard « elle nous détourne de notre bon sens et de l’idée de mener au mieux sa vie ». Pour mieux comprendre cela, elle propose l’image d’un bateau :

« Vous décidez de traverser l’océan.
 Il vaut mieux admettre que traverser l’océan va impliquer d’affronter des vagues, voire de grandes tempêtes. Si vous voulez que ce soit calme comme un lac, vous serez souvent frustré inutilement.
 Eh bien l’océan c’est la vie : vouloir que la vie soit paisible et sereine, sans difficultés est totalement irrationnel. Si on prend l’océan et qu’on s’énerve à chaque vague, à chaque tempête, on va perdre son énergie pour rien. Le préalable est donc de considérer qu’il va y avoir des difficultés mais qu’il vaut mieux y faire face le plus efficacement possible. Pour cela, il faut savoir naviguer d’une part, et définir son cap d’autre part.
 Prendre l’océan sans cap revient à dériver en permanence et finir par sombrer ».

 Cette illustration de la vie est parfaite. J’explique en quoi l’épreuve de l’hôpital (une expérience d’éveil ?) m’a permis de donner un sens à ma vie. J’ai trouvé le cap pour reprendre les termes du docteur Lienard. Et je comprends ce qu’elle veut dire en mentionnant les vagues ou les tempêtes. J’ai parfois un peu le mal de mer mais je ne m’en sors pas si mal je crois. Mon côté provoc me pousse à dire que si la mer était parfaitement calme je m’ennuierai d’ailleurs…

Ainsi il convient d’être vigilant et d’avoir une grande présence pour « ajuster les voiles au vent » et ne pas lâcher le gouvernail sous l’emprise de la névrose qui obscurcit notre esprit et nous fait suivre des pensées automatiques confuses engendrées par la situation qui sont contraires à une vraie réflexion.

Ce qui me plaît tout particulièrement c’est l’invitation qu’elle fait aux thérapeutes à changer d’attitude selon ce que nous enseigne la troisième vague des psychothérapies : ne plus chercher de solution pour soulager le patient et le faire changer mais au contraire lui apprendre à être véritablement et à traverser ses émotions douloureuses comme des interactions nécessaires avec son environnement. Le thérapeute qui se fixe comme but unique de guérir le symptôme (est-il nécessaire que je précise que ce fut le cas pour moi ?) n’est pas suffisamment ambitieux. Je suis d’accord : « une thérapie est terminée lorsque les patients sont guéris du symptôme qui les a amenés à consulter, mais aussi lorsqu’ils sont authentiquement eux-mêmes et qu’ils sont de véritables êtres humains, le cœur ouvert, acceptant leur part de vulnérabilité et sachant être en relation avec les autres de manière adéquate ».

 sagesse eveilLes outils qu’elle propose sont les mêmes (du moins la plupart car je ne les connaissais pas tous) que je suggère dans L’âme en éveil… Je suis la première à parler de la Méditation comme porte de sortie et pour moi travailler sur l’acceptation et la recherche du calme mental est synonyme de salut pour mon âme. Je suis d’ailleurs passée de la théorie à la pratique, on y travaille donc.

Mon cas n’est pas à généraliser. Je suis obligée de parler de mon année à l’hôpital psychiatrique dans mon propre ouvrage mais bien sûr toutes les hospitalisations ne se passent pas toujours ainsi. Je me définis comme une écorchée vive et j’utilise souvent l’humour pour parler de ma colère. Je m’efforce de travailler sur elle pour m’en servir comme moteur plutôt qu’elle ne me desserve. J’ai toutefois parlé de « mort psychologique » et je ne peux fermer les yeux sur le traumatisme de cette année noire. L’hospitalisation est parfois inévitable et je suis heureuse de voir que les progrès en matière de prise en charge sont indéniables. Qu’elle est aussi limitée à son minimum et que le suivi peut se poursuivre efficacement même après un moment d’isolement nécessaire. Le recours à la sonde peut être évidemment être salvateur, la sonde est acceptée par la patiente qui adhère à la démarche de soins.

J’ai encore du mal à comprendre pourquoi je ne suis pas morte en 2007. Je sais que jusqu’à mes 30 ans, je n’ai pas vécu. Survie mais pas vie. Et que quoi que je fasse, la colère, la souffrance de ces années ne s’effacera pas. C’est long. Et si j’essaie de faire des choses par rapport aux TCA c’est parce que j’estime que ma vie est un énorme gâchis. Je n’espère qu’une chose : éviter à d’autres de reproduire mes erreurs. Les médecins qui m’ont soignée et à qui je n’en veux pas plus que ça car avec le recul et un regard objectif sur ce qu’il s’est passé je comprends qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu avec les moyens du bord et leurs propres limites pourront peut-être reconnaître une erreur :

Celui d’avoir cru me nourrir alors qu’en réalité ils m’ont gavée de colère pendant de longs mois.

Le docteur Liénard ne néglige pas le symptôme ni le diagnostic initial qui permet de savoir ce sur quoi il va falloir travailler au cours de la thérapie mais elle va plus loin, c’est un médecin capable de nourrir les êtres d’amour.

C’est donc un honneur pour moi de la connaître, un ange de plus dans les rangs de l’armée d’anges qui m’entourent et j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de m’être inspirée de son livre pour partager quelques états d’âme…

Sabrina http://blogs.psychologies.com/sabrinatca92/spiritualite-15553/sagesse-moderne-docteur-138403.html

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