Archives pour la catégorie MEDITATIONS du JEU du TAO

REGIME ALIMENTAIRE POUR MEDITANTS

 

L’homme est la seule espèce dont le régime alimentaire n’est pas prévisible. Le régime alimentaire de tous les autres animaux est évident.

Leur besoin physique de base et leur nature décident de ce qu’ils devraient et ne devraient pas manger, de combien ils devraient et de combien ils ne devraient pas manger, quand ils devraient manger et quand ils devraient s’arrêter. Mais l’homme est absolument imprévisible, il est absolument inattendu. Ni sa nature ne lui indique ce qu’il devrait manger, ni sa conscience ne lui indique combien il devrait manger, ni sa compréhension ne décide de quand il devrait cesser de manger.

Comme aucune de ces qualités de l’homme n’est prévisible, la vie de l’homme est allée dans quelques directions très incertaines. Mais s’il y a ne serait-ce qu’une petite compréhension, si l’homme commence à vivre ne serait-ce qu’avec un peu d’intelligence, ne serait-ce qu’avec un petit peu de discernement, ouvre ses yeux ne serait-ce qu’un peu, alors il ne lui est pas difficile du tout de changer pour un régime alimentaire approprié. C’est très facile, il n’y a rien de plus facile. Pour bien comprendre ce qu’est un régime alimentaire approprié, nous pouvons diviser cela en deux parties.

La première chose: Qu’est-ce qu’un homme devrait manger et qu’est-ce qu’il ne devrait pas manger ? Le corps de l’homme est fait d’éléments chimiques. Le processus tout entier du corps est très chimique. Si de l’alcool est ingurgité par l’homme, alors son corps sera affecté par le produit chimique, il deviendra intoxiqué, inconscient. Aussi sain qu’il soit, aussi paisible qu’il soit, la chimie de l’intoxication affectera son corps. Aussi saint qu’il soit, si du poison lui est donné, il mourra.

N’importe quelle nourriture qui amène l’homme dans n’importe quel sorte d’inconscience, n’importe quel sorte d’excitation, n’importe quel sorte d’extrémité, n’importe quel sorte de perturbation, est nocive. Et le mal le plus intense et ultime arrive lorsque ces choses commencent à atteindre le nombril.

Peut-être n’êtes vous pas conscient que partout dans le monde, avec la naturopathie, des paquets de boue, de la nourriture végétarienne, de la nourriture légère, des bandes de tissu imbibées d’eau et des bains sont employés pour guérir le corps. Mais aucun naturopathe n’a encore compris ce point, que les effets bénéfiques des bandes de tissu imbibées d’eau, des paquets de boue ou des bains, appliqués sur le corps ne le sont pas tellement en raison de leurs qualités spéciales mais en raison de la façon dont ils affectent le centre énergétique du nombril. Et le centre énergétique du nombril affecte ensuite le reste du corps. Toutes ces choses, la boue, l’eau, le bain affectent l’énergie dormante du centre énergétique du nombril et lorsque cette énergie surgit, la santé commence à se manifester dans la vie de la personne.

Mais la naturopathie n’est toujours consciente de cela. La naturopathie pense que peut-être ces effets bénéfiques viennent des paquets de boue ou des bains ou des bandes humides sur l’estomac ! Ils ont des avantages, mais les vrais avantages viennent du réveil de l’énergie au centre dormant du nombril.

Si le centre énergétique du nombril est malmené, si un mauvais régime, une mauvaise nourriture est utilisée, alors lentement, lentement le centre énergétique du nombril devient dormant et son énergie s’affaiblie. Lentement, lentement ce centre commence à tomber en sommeil. Finalement il s’endort presque. Alors nous ne le sentons même pas en tant que centre.

Alors nous distinguons seulement deux centres: l’un est le cerveau où les pensées se déplacent constamment et l’autre est un peu celui du coeur où les émotions se déplacent. Plus profondément que cela nous n’avons aucun contact avec quoi que ce soit. Ainsi, plus la nourriture est légère, moins elle crée de poids sur le corps et plus valable et significatif cela sera pour le début de votre voyage intérieur.

 OSHO

Pour un régime alimentaire approprié, la première chose à se rappeler est qu’il ne devrait pas créer d’excitation, qu’il ne devrait pas intoxiquer, qu’il ne devrait pas être lourd. Après avoir mangé de manière adéquate, vous ne devriez pas sentir de lourdeur ni de somnolence. Mais peut-être tous, nous ressentons une sensation de lourdeur et de somnolence après nos repas, alors nous devrions reconnaître que nous mangeons d’une mauvaise façon. Certaines personnes tombent malades parce qu’elles n’absorbent pas assez de nourriture et certaines personnes tombent malades parce qu’elles absorbent trop de nourriture. Certaines personnes meurent de faim et certaines personnes meurent d’excès de nourriture. Et le nombre de personnes mortes de trop manger a toujours été supérieur au nombre de personnes mortes de la faim. Très peu de gens meurent de faim. Même si un homme veut rester affamé, il n’y a aucune possibilité pour lui de mourir avant au moins trois mois. Toute personne peut vivre sans nourriture pendant trois mois. Mais si un homme mange avec excès pendant trois mois il n’a aucune chance de survie.

Nos attitudes fausses envers la nourriture deviennent dangereuses pour nous. Elles s’avèrent très coûteuses. Elles nous ont portés à un point où nous sommes, d’un certaine façon, simplement vivants.

Notre nourriture ne semble pas créer la santé en nous, elle semble créer la maladie. C’est une situation surprenante lorsque la nourriture commence à nous rendre malades. C’est comme si le soleil se levant le matin créait l’obscurité. Ce serait une chose également surprenante et étonnante si elle se produisait. Mais tous les médecins dans le monde sont d’accord pour dire que la plupart des maladies de l’homme ont pour cause son régime alimentaire erroné.

Ainsi la première chose est que chaque personne devrait être très avertie et consciente de la façon dont elle se nourrit. Et je dis ceci particulièrement pour le méditant. Il est nécessaire que le méditant reste averti de ce qu’il mange, combien il mange et quels sont les effets dans son corps. Si un homme expérimente pendant quelques mois avec conscience, il découvrira certainement quelle est la nourriture appropriée pour lui, quelle nourriture lui donne la tranquillité, la paix et la santé. Il n’y a aucune véritable difficulté mais parce que nous ne prêtons aucune attention à la nourriture, nous ne pouvons jamais découvrir la nourriture appropriée.

OSHO, The Inner Journey, #3

Rituel contre l’anxiété

 

Que faites-vous d’habitude lorsque l’inquiétude est là ?

Vous essayez de la résoudre. Vous essayez des alternatives et vous vous y enfoncez de plus en plus. Vous créerez un plus grand désordre parce que l’inquiétude ne peut pas être résolue par la pensée. Elle ne peut pas être dissoute par la pensée parce que la pensée elle-même est une sorte d’inquiétude.

Cette technique dit:
ne faites rien avec l’inquiétude. 
Soyez simplement vigilant !

Voici une vieille anecdote à propos de Bokuju, un maître Zen.

Il vivait seul dans une grotte, mais pendant la journée ou même pendant la nuit, il disait et parfois fort: « Bokuju » – son propre nom et il disait ensuite: « oui, je suis ici. » Et personne d’autre n’était là.

Alors ses disciples avaient coutume de lui demander: 
« Pourquoi appelez-vous « Bokuju », votre propre nom et ensuite énoncer: « Oui monsieur, je suis ici ? » 

 

Anxiété

Il dit: 
« Chaque fois que je me mets à penser, je dois me rappeler d’être vigilant et donc j’appelle mon propre nom: « Bokuju ». Au moment où j’appelle « Bokuju » et que je dis: « Oui monsieur, je suis ici, » la pensée, l’inquiétude disparaît. 

Puis vers la fin de sa vie, pendant deux ou trois ans, il n’a jamais plus appelé: « Bokuju, » son nom et n’a jamais plus répondu: « Oui monsieur, je suis ici. » 

Les disciples ont demandé: 
« Maître, maintenant vous ne le faite plus jamais. » 

Alors il a dit: 
« Mais maintenant Bokuju est toujours là. Il est toujours là et il n’y a plus besoin. Avant j’avais l’habitude de le manquer. Parfois l’inquiétude me prenait, m’enveloppait complètement et Bokuju n’était pas là. Aussi, je devais me rappeler: « Bokuju » et l’inquiétude disparaissait.

 

Essayez avec votre nom. Lorsque vous sentez une angoisse, appelez simplement votre nom – pas « Bokuju » ou n’importe quel autre nom, mais votre nom – et répondez-y ensuite, « Oui monsieur, je suis ici » et sentez la différence.

L’inquiétude ne sera pas là. Au moins pendant un petit moment, vous aurez une lueur au-delà du flou et cette lueur peut être approfondie. 
Une fois que vous savez que si vous devenez alerte, l’inquiétude n’est plus là, elle disparaît; vous êtes parvenu à une profonde connaissance de votre propre être et du mécanisme du travail intérieur.

Une fois que vous savez que si vous devenez alerte, l’inquiétude n’est plus là, elle disparaît; vous êtes parvenu à une profonde connaissance de votre propre être et du mécanisme du travail intérieur.

proposé par www.meditationfrance.

L’ARBRE DE VIE COSMIQUE ET SES FLEURS

 

L’individualité véritable au-delà de l’égo

La nature exacte des rapports existant entre la conscience égoïste et le champ de conscience cosmique évoqués dans les sagesses antiques ou la nouvelle physique est très ambiguë. La plupart des sages et mystiques enseignent le caractère illusoire de l’égo. Krishnamurti déclare qu’il n’y a pas d’entité permanente telle que nous nous éprouvons la plupart. « Il n’y pas de « penseur », répète-t-il souvent (Conférence d’Ojai, 1944).

Seule existe une succession de pensées sur laquelle nous superposons arbitrairement la notion d’un égo permanent. Ce qui vient d’être énoncé constitue l’une des bases essentielles du Bouddhisme que nous avons commenté ailleurs ».

Krishnamurti définit l’art de vivre comme un processus de libération des limites fictives et des conditionnements de l’égo. Cette mutation spirituelle aboutit-elle à une intégration totale et définitive dans l’immensité de la conscience universelle comme la goutte qui se perd dans l’océan ?

S’agit-il d’une extinction complète ?

Reste-t-il quelque chose et dans ce cas quelle pourrait être la nature de ce « quelque chose » ?

Quel serait son rôle ?

Tao de francesca

 Krishnamurti a déclaré que « mourir à soi-même est un ravissement ». Nous sommes en droit de nous poser la question : ravissement de « qui » ? Y a-t-il un « qui » ? La nature des relations réciproques entre le Tout et les parties a fait l’objet de nombreux commentaires contradictoires. L’étude de ce problème risque d’égarer le chercheur dans des spéculations intellectuelles ou métaphysiques inutiles.

Nous tenterons de ne pas tomber dans ce piège. Krishnamurti nous demanderait de découvrir la motivation première d’une telle question. Ne serait-elle pas l’expression d’une peur de l’égo pressentant la nécessité de mourir à lui-même tout en ayant l’assurance de ce qui subsisterait de lui après cette mutation ? Toujours est-il que nous sommes la plupart engloutis dans le réseau complexe des mémoires formant le contenu de notre conscience personnelle. Les sagesses antiques évoquent le rôle prioritaire d’une essence universelle unique et les sciences nouvelles en confirment le bien-fondé.

Toutes deux enseignent la nécessité d’un démantèlement de l’égo afin de résoudre de façon définitive les problèmes résultant des crises tant individuelles que collectives. II est normal de se poser la question de savoir quelles sont les relations naturelles existant entre l’individuel et l’universel, entre l’individu humain et la totalité multidimensionnelle de l’univers. Quels sont les comportements concrets et l’attitude mentale adéquate dans l’approche de ce problème ? La réussite ou l’échec de notre vie en dépendent. Pour répondre à cette question, il est préalablement nécessaire de dissiper une équivoque fréquente concernant le sens que nous donnons à des mots tels que « égoïsme », « égo », « individualité ».

Krishnamurti insiste souvent sur le fait que nous ne sommes pas réellement des individus. L’étymologie du mot individu suggère une réalité ou un état d’être exempts de toute division, de toute fragmentation. Or, nous sommes psychologiquement fragmentés en une multitude de tendances contradictoires entre lesquelles existent des tensions conflictuelles constantes. Nous sommes divisés. Nous savons intellectuellement ou intuitivement que nous devrions agir dans une certaine direction mais dans la matérialité des faits, nous agissons dans un sens contraire.

Ainsi que le déclare Krishnamurti (« Eveil de l’intelligence », pp. 468-469) : « Je suis moi-même fragmenté. En moi-même, je suis conditionné. Et cette fragmentation peut cesser si je vois clairement que toute ma conscience est elle-même constituée par cette fragmentation. C’est ma conscience qui est la fragmentation ».

Cette fragmentation s’effectue à deux niveaux. Elle est double psychologiquement. D’une part, nous sommes divisés en nous-mêmes. D’autre part, nous nous sommes séparés de façon arbitraire et excessive de la Totalité-Une de l’Univers dont nous sommes une émanation. Nous en sommes inséparables et solidaires à tous les niveaux : physiques, biologiques, psychologiques et spirituels.

En chaque être humain s’affrontent les aspects et les interférences de deux situations apparemment inconciliables et contradictoires. D’une part, nous formons des entités biologiques dotées d’un corps isolé par la peau. Il possède une certaine autonomie, plus apparente que réelle. Ce corps revêt une forme particulière. Il est porteur de potentialités uniques et possède un cerveau, à la fois récepteur et émetteur d’un réseau considérable de pensées, de mémoires construisant une image de nous-mêmes. Celle-ci possède une singularité spécifique.

Notre isolement et notre séparation ne concernent toutefois que le niveau « surfaciel » de notre constitution globale. Dans la mesure où nous allons en profondeur, un spectacle non seulement différent mais opposé s’offre à nos yeux. Une première étape de notre exploration s’arrête provisoirement au niveau de nos constituants sub-atomiques, bien au-delà de nos cellules, des molécules géantes qui les constituent, bien au-delà des constituants sub-neutroniques et sub-protoniques au cœur du noyau. A ce niveau profond, se révèlent des processus incroyables dans leurs extensions universelles et leur intensité. Il est indispensable d’en citer sommairement les plus essentiels. Ils viennent d’être révélés par la nouvelle physique quantique.

 Celle-ci nous enseigne « qu’une particule existe (un électron ou un « quark » par exemple) parce que toutes les autres particules de l’Univers entier existent à la fois » . Pour être clair, disons que quelque chose d’une particule se trouve dans toutes les particules de l’Univers jusqu’aux lointaines galaxies situées à des millions d’années-lumière, et, réciproquement, quelque chose de ces innombrables particules se trouve dans la particule en question. Aux niveaux sub-atomiques, la matière de l’Univers est formée par une sorte de trame de milliards d’ondes et de champs qui se superposent, s’entremêlent dans une interfusion constante. Cette « interfusion » universelle était enseignée dans l’Inde antique et symbolisée dans la célèbre parabole du collier d’Indra, citée dans l’Avatamsaka Sûtra.

Le « collier d’Indra » est formé de milliards de perles. Chaque perle contient le reflet de toutes les autres et réciproquement, toutes les autres perles contiennent le reflet de la première. Au terme d’une seconde étape, nous aboutirons au seuil de l’unité absolue du champ de conscience cosmique au sujet duquel rien ne peut être dit dans le langage ordinaire ni imaginé par quelle que représentation que ce soit. La priorité absolue de cette réalité unitaire conduit David Bohm à dire que « le particulier » est une abstraction.

SOURCE : http://www.revue3emillenaire.com/

L’arbre et la notion de renouveau

:

La Chine , nous l’avons déjà vu, ne possède pas le monopole exclusif du symbolisme de l’arbre.

On retrouve bien évidemment l’arbre de vie dans la Kabbale et l’arbre de la connaissance (ou du péché !) dans la bible au coté de Adam et Eve. Mais on le retrouve également avec Ygdrasil l’arbre cosmique de la mythologie scandinave sans parler des arbres du zodiaque et des arbres généalogiques qui symbolisent la succession des générations, donc le passé, le présent et le futur. L’arbre représente donc et bien l’axe du monde (axis mundi) qui relie le Ciel et la Terre.

En énergétique chinoise l’arbre, donc le Bois, symbolise le Printemps, l’Est, l’Orient, le Petit (ou Jeune) Yang, la croissance, la régénération, la renaissance et la résurrection.

Il  puise sa force dans les profondeurs de la Terre , ce qui correspond au Nadir, au Grand Yin, au Nord, à l’Eau grâce à ses racines mais sort de l’obscurité pour venir à la rencontre de la lumière. Chaque année il semble mourir en hiver mais ressuscite (se remet en mouvement) à nouveau au printemps.

36
Cela correspond symboliquement en Chine à l’hexagramme 36 

http://livreblogdujeudutao.unblog.fr/category/le-livre-des-mutations/

 


« Ming Yi »
« l’obscurcissement de la lumière » ou le matériel funéraire et en Occident et au Moyen Orient à la mise au tombeau. 

Cette mise au tombeau, donc à l’obscurité des profondeurs de l’hiver, est naturellement suivie par le retour à la vie, à la lumière du printemps, à la résurrection, donc à la renaissance et au renouveau des énergies. 
En Chine, le premier jour de l’année est également le premier jour du Printemps, donc celui du renouveau de la nature, de la germination des énergies. 
L’élément bois est donc rattaché à la vue. 
On dit toujours « il a vu le jour à telle date ». 
Mais également aux muscles et au tendons qui motivent le mouvement et l’activité physique.

Le symbolisme occidental de l’Arbre de Vie ou de l’Arbre de Croix

On parlait jadis de « l’arbre de la croix ». 
On arborait donc la croix. 
La croix symbolisa donc aussi l’épée franque qui souhaitait se mesurer au cimeterre, donc au croissant. Il est à noter que la croix, constituée de bois, se compose d’une barre verticale (symbolisant le Ciel) et d’une barre horizontale (symbolisant la Terre ), d’une partie visible se tournant vers l’au delà et d’une partie invisible se situant dans l’au deçà. Elle symbolise donc la vie…et la Voie.
Le métal des clous et de la lance symbolise la mort physique. 
Le tout se transforme, lors de la résurrection, en lumière céleste et en éternité.

 arbre

avant la pratique matinale

Et une information sur les faux-arbres antennes 
cliquer ici

Et une curiosité occidentale : l’arbre de Saint Claude ou Saint Gleude 
C’est « l’arbre à loques » situé entre Picardie et Normandie.
cliquer ici

La physiologie de l’arbre et son rapport avec la pratique énergétique

 

Si il s’agissait d’une simple image (Xiang) ou d’un simple symbole spéculatif, l’arbre, dans la pratique n’aurait qu’un rôle décoratif. Mais depuis des millénaires les sages de l’ancienne Chine eurent une vision assez précise des mouvements de vie qui animent les arbres.

Ils furent donc probablement les premiers, le Liji (Li Ki) ou Livre des Rites, l’un des Cinq Grands Classiques de la Chine , en atteste, à édicter des règles qui avaient pour but de les protéger (Calendrier des Xia, Prescriptions mensuelles…) :

« Premier mois du Printemps … Il est fait défense d’abattre des arbres. Qu’on ne renverse pas les nids. Qu’on ne détruise pas les petits animaux, les fœtus, les nouveaux nés, les oiseaux au sortir du nid, ni les faons, ni les œufs… » « Second mois de Printemps …qu’on protège les bourgeons et les pousses, qu’on nourrisse les petits animaux… »

« Premier mois d’Eté…que rien ne soit dégradé ni ruiné, qu’on n’abatte pas de grands arbres… » « Second mois d’Eté…qu’on protège la forêt, qu’on ne fasse pas de feux dans les endroit exposés au sud » « Troisième mois d’Eté…En ce mois les arbres prospèrent : il est ordonné aux inspecteurs d’aller à la montagne et de veiller à ce que les arbres ne soient ni taillés ni abattus ». Il est ajouté « Respecter les arbres, c’est respecter la vie ».

C’est probablement pour ces raisons que la cuisine chinoise classique permet, grâce à son découpage et à ses divers modes de cuisson d’économiser du combustible.

bodhidarma

Bodhidharma et son arbre

Tout d’abord, comme tout être vivant, l’arbre respire. Il absorbe l’oxygène et produit et rejette du gaz carbonique. Ce qui pourrait être un inconvénient. Mais, heureusement, ce processus est largement compensé par la photosynthèse. Celle ci se réalise au travers des feuilles qui agissent comme de multiples panneaux qui captent à la fois la pluie et la lumière solaire.

Cette lumière permet un processus alchimique subtil permettant de fractionner les molécules d’eau (H2O) amenées jusqu’à ces feuilles à partir du sol grâce à la sève brute ou a partir du ciel par la pluie. L’oxygène (O) est alors libéré et se répand dans l’atmosphère tandis que l’hydrogène (H) s’allie au gaz carbonique pour produire des glucides. Par la suite, ces glucides, toujours dans un processus subtil, se transforment en amidon, puis en lignine donc en bois.

Cette même photosynthèse permet également de synthétiser les acides aminés en utilisant l’azote puisé dans le sol et transporté par la sève brute. Cette synthèse permet la production de la sève élaborée à partir des feuilles, sève qui se répartit ensuite dans les diverses parties de l’arbre. Cela s’effectue à partir au travers d’un important réseau de canaux situés sous l’écorce au niveau du liber.

Cette circulation particulière amenant la sève brute à partir du sol dans l’aubier jusqu’à une hauteur considérable et distribuant la sève élaborée dans les différentes parties de l’arbre s’effectue grâce à deux systèmes distincts. Le premier est l’ évaporation qui attire la sève vers le haut. Le second est produit par la différence de concentration entre la sève brute et la sève élaborée, différence produisant une pression suffisante pour faire circuler la sève.

Lorsque l’évaporation n’est pas suffisante, les racines se chargent d’ions dans le sol ce qui crée un appel d’eau suffisant pour créer une circulation minimale. Il existe donc bien une différence particulière entre la respiration diurne (Yang) et la respiration nocturne (yin) de l’arbre, comme il existe une différence entre sa circulation printanière et estivale (Yang) et sa circulation automnale et hivernale (Yin). 

On retrouve donc bel et bien les quatre cycles principaux de l’énergétique chinoise, le cinquième étant celui de la production des fruits destinés à la reproduction et de lignine, donc de bois assurant la structure de l’arbre. Cette dernière production s’opère à partir du cambium qui engendre à la fois le bois de l’aubier et le liber ou circule la sève.

Chaque année l’arbre produit une nouvelle quantité de bois, le cerne. L’aubier se constitue de lignine dont les cellules vivantes sont animées par la sève brute. Le cœur même de l’arbre se constitue de lignine dont les cellules sont mortes. Il constitue en quelque sorte le squelette de l’arbre. 

Bien qu’il s’agisse à l’échelon microscopique d’échanges subtils, les quantités considérées par les grands arbres sont considérables tant au niveau de la production d’oxygène que de l’évaporation en eau. Une forêt produit ainsi plusieurs millions de mètres cubes d’oxygène et l’équivalent de plusieurs milliers de tonnes d’eau. Cette production et cette évaporation massive ne sont pas sans influence sur le climat et la climatologie.

Certaines espèces comme les pins, les mélèzes, les épicéa produisent également des substances balsamiques en grandes quantités.

Enfin, les arbres influent profondément sur le sol, permettant des associations particulières notamment avec les plantes et les champignons. 
On connaît les associations particulières entre les champignons et certaines espèces d’arbres. 

L’amanite tue mouche (Amanita muscaria) ne pousse que sous les bouleaux et est donc plus fréquente sur les sols siliceux.
Les truffes (tuber mélanosporum), comme la russule noircissante préfèrent les chênes. Lorsque l’on cueille des champignons il est donc d’abord préférable de regarder d’abord vers le haut afin de déterminer les essences d’arbres les plus favorables à la cueillette. Ce sous bois particulier aux essences d’arbres, aux espèces végétales spécifiques comme les lichens, les mousses, les fougères influe à son tour sur les espèces animales qui trouvent un biotope favorable à leur activités.

Le geai recherche les chênes dont il disperse les glands assurant la reproduction de l’arbre. Bon nombres d’insectes, particulièrement de papillons, sont liés à des espèces spécifiques (Bombyx du chêne, de l’ailante, sphinx du laurier rose…). 
L’arbre constitue donc bien un moyen d’ échange exceptionnel entre l’énergie et la matière, le ciel et la terre, l’être humain et son environnement le plus naturel. 

Dans la vision chinoise de l’énergétique l’arbre ne se limite donc pas aux seules racines et à son faîte mais prend en compte ce qui est à son origine, le sol et ses minéraux (sels minéraux, cristaux attachés au Métal) et à son environnement général. 
Un philosophe chinois, Zhang Shi (1133 1180) a pu affirmer dans « L’initiation Correcte » (Zhengmeng) :

« l’être humain possède des défauts comme l’arbre possède de la mousse, des insectes et des oiseaux. Un arbre sans mousse, sans insecte et sans oiseau n’est plus un arbre. Un être humain sans défaut n’est plus humain ».

 

taiji
Taiji et arbre dans la Cité Pourpre à Pékin

La vision du Tao

 

 

La vie est un jeu et à ce jeu, seuls les perdants peuvent gagner !

Le maître chinois Lao Tsé voyageait avec ses disciples et ils arrivèrent dans une forêt où des centaines de bûcherons abattaient les arbres. Presque toute la forêt avait été décimée, sauf un grand arbre aux branches innombrables. Il était si vaste que dix mille personnes auraient pu s’asseoir à son ombre.

Lao Tsé pria ses disciples d’aller demander pourquoi cet arbre n’avait pas été coupé. Les bûcherons leur répondirent : « Cet arbre est totalement inutile. Vous ne pouvez rien en tirer car ses branches ont trop de nouds, elles sont toutes tordues. Vous ne pouvez pas davantage en faire du combustible, car sa fumée est nocive pour les yeux.. Cet arbre est absolument inutile, c’est pourquoi nous ne l’avons pas coupé. »

TAO Francesca

Les disciples rapportèrent ces paroles à Lao Tsé. Il rit et dit : « Soyez comme cet arbre. Si vous êtes utiles, vous serez abattus et transformés en meubles. Si vous êtes beaux, vous serez vendus au marché, tels des objets. Soyez comme cet arbre, absolument inutiles… alors vous deviendrez immenses, et des milliers de gens s’abriteront sous votre ombrage. »

La logique de Lao Tsé diffère totalement de la logique de la société. Il dit : « Soyez le dernier. Vivez dans le monde comme si vous n’existiez pas. Ne soyez pas ambitieux, n’essayez pas de prouver votre valeur, ni de rechercher le mérite, ce n’est pas la peine. Restez inutiles et réjouissez-vous. »

Ce message du Tao est aujourd’hui plus que jamais d’actualité, la société de consommation s’est étendue à presque tous les domaines de la vie et il est important de se rappeler que nous n’avons pas besoin de prouver notre valeur et encore moins de nous laisser réduire à une simple commodité pour exister !

Souvenons-nous que la plus grande expérience de la vie ne vient pas de ce que nous faisons, mais elle nous est donnée par l’Amour, à travers la méditation.

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