Archives pour la catégorie MEDITATIONS du JEU du TAO

Mère-fille : trouver la bonne distance

 

 

Même les plus proches d’entre elles auront eu à passer ce que Lacan avait appelé un « ravage », et que la psychanalyste Marie-Magdeleine Lessana dépeint comme une épreuve à traverser, « un arrachement qui laissera la mère blessée », mais les autorisera, l’une comme l’autre, à vivre leur vie. Il n’est pas rare, parmi les filles lorsqu’elles sont plusieurs, que l’une se laisse davantage « ravir » par la mère, qu’elle soit assignée à une place qui réponde à un vœu de celle-ci et ne parvienne pas à s’en dégager. Une place de favorite, aux yeux de ses sœurs, mais qui l’aliène et l’empêche de se réaliser. Trouver la juste distance est, pour chacune, une tâche subtile. « La fille réussira d’autant mieux son envol qu’elle s’aventurera dans des tâches créatives et des voyages dans lesquels elle se découvrira », encourage Sonia Prades. Anasthasia Blanché invite pour sa part à « respecter la barrière des générations ; accepter, pour la mère, que sa fille soit différente de soi ; et cesser, pour la fille, d’attendre ce qui ne viendra pas ». Le reste n’est qu’amour et improvisation.

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12 questions pour y voire plus clair dans votre relation

Se détacher, grandir, aimer hors du giron maternel, sans culpabilité ni agressivité, c’est ce que l’on appelle familièrement « couper le cordon ». Ce n’est pas toujours facile. Et parfois, on croit l’avoir fait alors que le cordon est toujours là.

Et vous, où en êtes-vous ? Avez-vous coupé le cordon avec votre mère ?

Test réalisé par Flavia Mazelin-Salvi avec Isabel Korolitski, psychanalyste

A retrouver ICI : http://test.psychologies.com/tests-famille/tests-relations-familiales/mere-fille-avez-vous-coupe-le-cordon

S’interroger sur sa vie, c’est déjà de la spiritualité

 

La foi est un souffle qui aide à vivre, mais si nous ne sommes pas croyants, se poser des questions sur nous-mêmes est un premier pas vers la paix. Théologienne protestante, Lytta Basset croit en Dieu et en la psychanalyse. Tous deux l’ont aidée à affronter un océan de souffrances, et à en sortir, apaisée.

La souffrance est la racine commune à vos thèmes de recherche : le pardon, la fragilité, la culpabilité et, récemment, la compassion…

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L.B. : La compassion est un mot magnifique : on est « pris par la souffrance » d’autrui, « pris aux entrailles » par la « passion » de l’autre. Mais cela va au-delà de l’idée de souffrance partagée : c’est « sentir avec », « être affecté avec ». Or, on peut être affecté avec l’autre dans la peur, dans la tristesse, mais aussi dans la joie. D’ailleurs, mes premières réflexions sur la compassion, je les ai faites en écrivant La Joie imprenable. On pourrait presque dire que la compassion mène à la joie – la joie d’un lien intense avec autrui.

« Être pris aux entrailles » : cela signifie que l’on ne le choisit pas, et que la compassion ne s’apprend pas ?
L.B. : Non, en effet, mais on peut apprendre l’empathie, qui prépare le terrain à la compassion : décider de mettre entre parenthèses ce qui nous énerve chez l’autre, pour nous placer de son point de vue… Mais c’est vrai que la compassion est ponctuelle et inattendue. Soudainement, nous percevons l’autre dans sa part de fragilité profonde. C’est une sorte de communication souterraine entre nos fragilités, qui fait que nous ne nous regarderons plus de la même façon.

Sur le thème de la fragilité, lire La Fragilité, faiblesse ou richesse ?, collectif coécrit par Lytta Basset (Albin Michel, 2009)

Vous voulez dire que c’est la souffrance qui crée du lien ?

L.B. : Oui, parce que ce que l’autre vit profondément vient toucher ce que j’ai pu vivre moi-même de douloureux dans des circonstances très différentes. Et qui n’a pas de blessures ? Puisque c’est notre lot commun, cela ne peut que nous aider à nous rapprocher. Je l’ai écrit dans Ce lien qui ne meurt jamais : sans les autres, je ne vois pas comment j’aurais survécu à la douleur de la mort de Samuel. Mais même avant : j’ai vécu mon enfance en Polynésie. Là-bas, la religion, ce sont des danses, des chants, des repas pris ensemble : de la convivialité. Cela m’a nourrie, structurée… et sauvée. Sans ces liens authentiques, ma propre histoire m’aurait rendue folle.

Vous insistez en effet beaucoup sur l’importance de l’ouverture aux autres…

L.B. : Parce que, pour moi, c’est la spiritualité. Et c’est là que, souvent, ça pèche. Une de mes étudiantes a mené une enquête sur les visites pastorales, et quand je lui ai demandé ce que les gens reprochaient le plus aux pasteurs, elle m’a répondu sans hésiter : « Le manque d’intérêt pour les gens. » Ce n’est pas de « religion » qu’ils ont d’abord besoin, mais de lien, d’ouverture, d’écoute réelle. Or, qu’est-ce qu’une foi où l’on ne s’intéresse pas à l’autre ? Dans les Évangiles, Jésus adresse la parole à toutes sortes de personnes, des païens, des prostituées…

Pourtant, les autres peuvent être toxiques…

L.B. : C’est certain. D’ailleurs, après la mort de Samuel, heureusement que j’avais fait ce travail sur moi : cela m’a permis d’avoir suffisamment de discernement pour éviter les personnes aux paroles toxiques. Y compris des amis que j’ai retrouvés ensuite, mais qu’à l’époque j’ai su éviter, parce que je sentais qu’ils me nuisaient. Cela peut choquer, dans certains milieux chrétiens.

 

A LIRE 

Dans S’ouvrir à la compassion (Albin Michel, “Espaces libres”, 180 p., 6,50 €), accompagnée de penseurs chrétiens, juifs ou bouddhistes, Lytta Basset nous offre des réponses.

Une quête de Dieu, de sens ou de soi ?

 

Encore faut-il savoir ce que l’on entend par « quête spirituelle » ou « chemin intérieur ». Pour le sociologue, il s’agit « d’une construction individuelle qui requiert une profonde connaissance de soi, condition d’une libération personnelle, qui se passe d’intermédiaires (une église, un maître, une communauté formelle) et qui relie au monde, à l’univers, au grand tout ».

Autre caractéristique des quêteurs, si les deux tiers d’entre eux sont croyants, leur conception de Dieu est très personnelle : elle est « une présence intérieure », « une force, une énergie ». Mais pour autant la quête du divin n’est pas la motivation première des nouveaux aventuriers, qu’ils soient croyants ou agnostiques.

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Si l’on entreprend un chemin spirituel, c’est d’abord pour « comprendre son être profond et s’y relier » (71 %), « trouver la paix intérieure et s’unifier » (70 %) ou encore pour « vivre  en plénitude l’instant présent » (63 %). Pour Bernadette Blin, psychologue, psychothérapeute transpersonnelle et coauteure de Guérir l’ego, révéler l’être (Guy Trédaniel éditeur), « ces aspirations ne traduisent pas le désir de cultiver son petit moi, mais, au contraire, d’explorer son intériorité et d’élargir sa conscience pour mener une vie plus riche de sens ».

Nadine Crégut, enseignante en qi gong et auteure de Qi Gong pour mincir (Guy Trédaniel éditeur), fait le même constat avec ses élèves : « Au-delà du bien-être physique et psychique, ils cherchent, toutes générations confondues, à accéder à une dimension moins matérielle de la vie et à trouver une intensité d’être. Avec eux-mêmes et avec les autres. »

Une conscience collective ?

Anne-Emmanuelle, 46 ans, a créé récemment un blog consacré au développement spirituel. « J’ai ressenti le besoin d’aller au-delà de ma quête et de mes pratiques personnelles pour me nourrir échanger et partager des réflexions, des questions, des expériences. Pour moi, la spiritualité n’est pas qu’une aventure individuelle et intérieure. Ses valeurs fondamentales – respect, compassion, coopération – incluent forcément l’autre et sont de nature à transformer le monde. » Qu’ils soient formateurs, thérapeutes, conférenciers ou coachs, tous constatent depuis quelques années l’émergence d’une nouvelle conscience spirituelle, caractérisée par un effet de contagion positive.

« La plupart des gens ne viennent pas en stage pour s’enfermer dans leur bulle, mais pour rapporter des outils dans leur quotidien, afin d’amorcer le changement en eux et autour d’eux, détaille Arnaud Riou. Et la plupart souffrent de se sentir encore trop impuissants. » Pour Marie Romanens, psychothérapeute en écopsychologie et coauteure de Pour une écologie intérieure (Payot), « la notion d’interdépendance, liée à l’altérité, est l’une des spécificités de la spiritualité contemporaine, et elle ne cesse de gagner du terrain. Les gens cherchent de plus en plus à se relier à eux-mêmes et aux autres ».

Patricia, 42 ans, qui se définit comme « chrétienne ascendant bouddhiste », voit les nouveaux aventuriers spirituels, dont elle fait partie, comme « des militants de l’humain qui essayent d’être le changement qu’ils aimeraient voir dans le monde ».

Les 4 grandes familles des chercheurs de sens

L’étude menée par le sociologue Jean-François Barbier-Bouvet pour le Gerpse a permis de dégager des types d’activités, classées par ordre décroissant, qui constituent, selon les pratiquants, une porte d’entrée essentielle vers l’intériorité et la recherche spirituelle. 

Nombreux sont les femmes et les hommes qui, après une analyse ou une thérapie, ressentent le besoin de s’engager sur un chemin spirituel pour « continuer le travail ». Pourquoi, selon vous ?

Jacques Arènes : La psychanalyse interroge les finalités que l’on s’est données dans le passé, grâce à un appareil critique très puissant qui permet de distinguer les versants névrotiques – enfermants – de nos choix. Mais elle ne propose pas de finalité au sujet, la question du sens de la vie, de sa vie, lui appartient. Ni la psychanalyse ni les psychothérapies ne souhaitent apporter de réponses « totalisantes ». Celles-ci sont le propre du religieux, du spirituel, même si la psychologie humaniste considère la question du sens. Ce qui explique que de nombreuses personnes envisagent l’exploration spirituelle comme l’étape d’après. Celle qui les aidera, espèrent-elles, à appréhender la question du sens et de la valeur de leur existence, mais aussi à affronter des événements difficiles. C’est d’ailleurs cela que permettent les grandes traditions religieuses et la pratique spirituelle.

Comment expliquez-vous qu’aujourd’hui quête spirituelle et quête d’épanouissement personnel se confondent ?

Jacques Arènes : Trouver le sens de sa vie et s’épanouir est presque une injonction contemporaine. Elle est à articuler avec une autre grande crainte de notre culture : celle de passer à côté de sa vie. Il est bien sûr important de découvrir que l’on a une existence « orientée », de reconnaître le désir profond qui nous porte, mais il faut se garder de l’illusion qu’il y aurait un sens clairement lisible et permanent à notre vie et qu’il suffirait d’y avoir accès pour être enfin réalisé. Parfois, elle n’a pas de sens, et l’on se construit par rapport au non-sens. Ces moments d’épreuve où l’on se sent impuissant et désorienté sont aussi le propre de la vie. Et c’est le propre de l’humain que d’être en recherche de consolation. Je vois aussi dans la profusion de ces quêtes le souhait de retrouver une singularité d’être dans une époque qui « massifie » les individus et leur donne l’impression de ne plus être acteurs de leur trajectoire. La vie spirituelle porte une idée de liberté intérieure qui vient créer une brèche dans un temps vécu aujourd’hui comme fermé et oppressant.

Le chemin spirituel est semé d’illusions et d’embûches. Avoir fait un travail sérieux sur soi permet-il d’y échapper ?

Jacques Arènes : Avoir travaillé sur soi, sur son histoire, s’être frotté à la dynamique de l’inconscient permet d’être moins dupe, de soi et de l’autre. Un cheminement spirituel mature consisterait à ne pas se laisser emprisonner dans l’illusion, à ne pas tomber dans les pièges régressifs, qui consisteraient, par exemple, à s’envelopper et à s’enfermer dans une bulle où l’on se consolerait trop, ou à prendre pour argent comptant les réponses totalisantes et rapides à nos questions existentielles. Il est vrai que la psychanalyse comme un travail honnête et profond sur soi constituent a priori des garde-fous. Idéalement, le cheminement spirituel devrait offrir une alternance, en oscillant entre illusion – sentiment océanique ou d’éternité – et désillusion – conscience de notre singularité, inséparable de notre solitude et de notre mortalité.

Ils méditent, prient, font des stages de chamanisme ou des retraites dans des monastères, ils lisent aussi bien les Évangiles que les Upanishad, pratiquent l’art-thérapie ou consultent des magnétiseurs. Jusqu’à présent, ils n’avaient pas de nom. On les appelle désormais les « nouveaux aventuriers de la spiritualité ». Un baptême que l’on doit au sociologue Jean-François Barbier-Bouvet, auteur des Nouveaux Aventuriers de la spiritualité(MédiasPaul), qui a travaillé à une vaste enquête, « Quête spirituelle, voies singulières, enquête sociologique sur les chercheurs spirituels » - menée en 2013 par le Groupe d’étude sur les recherches et les pratiques spirituelles émergentes (Gerpse)-,  sur les membres de la grande famille informelle et hétérogène de la spiritualité contemporaine.

Selon lui, « ces nouveaux aventuriers ont émergé d’un paysage religieux qui s’est considérablement transformé en quelques décennies. Pratiquant souvent le hors-piste, ils ne s’inscrivent pas forcément dans le cadre des religions instituées, ou en tout cas ils ne s’y limitent pas ». Poussés par la curiosité et par le désir de faire des expériences personnelles, ils se nourrissent de lectures, de rencontres, de stages en groupe ou d’exercices en solo. Leur point commun : un même désir de se connecter à leur intériorité, de se relier à une autre dimension de l’existence.

Une progression ou un déclic ?

Entamer une quête spirituelle ne se décrète pas du jour au lendemain. Cette aspiration est souvent le fruit d’un long cheminement. Elle peut aussi s’exprimer comme le besoin de passer à une « étape supérieure » après avoir effectué un travail sur soi, en analyse ou en thérapie. Angela Evers, art-thérapeute et auteure du Grand Livre de l’art-thérapie (Eyrolles) constate en effet qu’au fil de la thérapie, une fois la demande première satisfaite, « de plus en plus d’hommes et de femmes expriment le désir d’aller vers quelque chose qui dépasse l’ego, qui les sort du narcissisme ».

Des événements de vie marquants, comme la maladie, la rupture d’un lien familial, un décès ou une crise personnelle, peuvent également provoquer le déclic. C’est d’ailleurs le cas d’une personne sur deux. Marianne, 43 ans, a fait une retraite dans un monastère pendant une quinzaine de jours après avoir subi un burn-out professionnel. « Je ne suis pas croyante, mais j’ai ressenti le besoin très fort d’être dans un lieu de silence et “hors les murs”. Avec la méditation, j’ai découvert une force dans l’intériorité et un lien avec l’invisible qui me sont aujourd’hui plus précieux que tout. »

Après la naissance de ses jumeaux, Louise, 34 ans, s’est tournée vers le qi gong pour se « recentrer » ; elle s’est également initiée au Yi-king pour « mieux accompagner [s]es changements de vie et comprendre ce qui se joue au-delà des apparences ».

La variété des expériences est telle que certains n’hésitent pas à parler de nomadisme religieux, de religion à la carte ou encore de zapping spirituel. Des critiques qu’Arnaud Riou, coach, formateur, conférencier et auteur de Calme, mon carnet de méditation (Solar éditions), réfute en bloc. « Le paradigme qui régissait l’ancien monde, celui qui est en train de se fissurer de toutes parts, était la séparation. Aujourd’hui en émerge un nouveau, basé sur le principe d’interconnectivité. On ne peut plus penser ni agir de manière morcelée. Les nouveaux aventuriers de la spiritualité relient et associent, ils font des ponts entre les traditions et les pratiques. La diversité de leurs rituels témoigne d’un désir d’ouverture du cœur et de l’esprit, ainsi que d’un besoin d’unification, intérieure et extérieure. »

 

A DÉCOUVRIR

Le voyage spirituel qui a bouleversé ma vie
Ils ont pris la route, parfois sans savoir pourquoi. Et puis ils ont expérimenté « quelque chose », une certitude, une émotion, un apaisement. Trois voyageurs racontent ce chemin initiatique, qui a changé leur rapport au monde et à la vie.

METHODE POUR DE BONNES VACANCES CHEZ SOI

 

S’aménager une pause « hors du monde » n’est pas réservé aux moines ou aux croyants. Nous pouvons tous, sans sortir de notre cadre de vie, nous retirer pour mieux nous relier. À notre dimension intérieure, mais aussi aux autres.

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Se retrouver

Se retirer de l’agitation du monde, seul, chez soi, pour quelques heures ou quelques jours : la retraite spirituelle n’est pas une nouvelle façon de pratiquer l’art du cocooning régressif, mais bien une occasion de se relier à la dimension spirituelle de notre être. Cette part de nous si souvent négligée dans nos quotidiens chahutés, qui se manifeste parfois en présence du sacré ou du beau et nous donne l’impression d’être pleinement vivant. La retraite spirituelle est un outil – parmi d’autres – pour en faire l’expérience consciente. « Chez soi ou dans une communauté, la retraite est une respiration du corps et de l’esprit qui nous permet d’aller vers un horizon qui nous dépasse, vers un vide et un silence habités par autre chose que le faire ou l’avoir, explique Patrice Gourrier, prêtre et psychologue conscient, auteur avec Jérôme Desbouchages de 40 Jours avec Maurice Zundel et les Pères du désert (Presses de la Renaissance, 2009).

Alain Gamichon, psychologue et psychothérapeute, souligne l’intérêt de la gratuité de cette démarche : « Faire une retraite spirituelle est un acte que l’on pose par rapport à soi-même et dont les résultats ne sont pas immédiatement visibles. Il se peut même que le ressenti sur le moment soit inconfortable, physiquement et psychiquement. Le silence, l’acte conscient, la lecture d’un texte spirituel, une nourriture frugale…, tout cela constitue une véritable ascèse pour nous qui sommes habitués aux gratifications immédiates et dopés aux performances sociales ! » Et c’est justement parce que nous subissons tous les mêmes contraintes et courons derrière les mêmes leurres que cette retraite n’est pas réservée aux seuls croyants. Même si ces derniers peuvent évidemment trouver, dans cette pratique « hors cadre », une occasion de vivre pleinement leur foi.

Se préparer

Une retraite nécessite un état d’esprit particulier. « Il faut avant tout avoir le profond désir de vivre quelque chose de différent, de s’aménager un temps d’arrêt qui ne soit pas un “cesser de faire”, précise Patrice Gourrier, mais un “faire autrement”, en partant de l’intérieur de soi, le contraire de ce que la majorité d’entre nous vit tous les jours. » C’est pour cela que cette pause exige une rupture nette avec nos gestes, nos pensées et nos réflexes habituels. Ni téléphone, ni visite, ni radio, ni télévision, ni personne d’autre chez soi, mais un silence choisi, pour entrer symboliquement dans un nouvel espace-temps. Pour être féconds, ce silence et cette solitude doivent être encadrés. À la manière de la journée monastique, scandée par les temps d’activité et les temps de méditation ou de prière.

« Il est essentiel de s’impliquer totalement dans ce projet, de se donner les moyens de faire de la place pour laisser advenir l’inconnu de soi, cette dimension de son être que nous ne soupçonnions peut-être même pas », affirme Alain Gamichon. Choisir ses vêtements (très confortables), sélectionner des citations, des poèmes ou des textes spirituels, disposer des bougies, de l’encens, composer un petit autel ou s’aménager un lieu de méditation… Chacun de ces actes, qui modifie imperceptiblementnotre état d’esprit, nous prépare à entrer, en conscience, dans un univers différent.

Apprendre à s’arrêter

Nous sommes peu habitués à expérimenter cette suspension de la pensée et de l’action ordinaires. Aussi, ne nous étonnons pas si des sentiments d’impatience, d’agacement ou d’ennui surviennent. Contentons-nous de les remarquer, de les accueillir et de les laisser se dissiper. La difficulté fait partie du voyage : il s’agit d’une ascèse et non d’un week-end «bulle » !

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Respirer

« Tout commence par la respiration, constate Patrice Gourrier. C’est la meilleure façon d’apprivoiser ce que j’appelle le “temps d’arrêt du corps”. Un exercice très simple consiste à inspirer en pensant “J’inspire la vie” et à expirer en pensant “Je souffle ce qui m’oppresse”. » C’est aussi ce que Thich Nhat Hanh, maître zen vietnamien, appelle la « pleine conscience de la respiration » dans La Respiration essentielle, notre rendez-vous avec la vie (Albin Michel, “Spiritualités vivantes”, 2003).. En position assise, le dos doit être droit, les épaules baissées, la mâchoire détendue et le ventre souple. Les yeux sont fermés pour favoriser la conscience corporelle. Les taoïstes préconisent des séries de trois respirations profondes et amples qui amènent une contraction du bas-ventre à l’inspiration et son relâchement à l’expiration. La respiration consciente Établir un programme est le préalable indispensable à une vraie retraite. Nous avons respecté ici les séquences communes aux différentes traditions spirituelles. Les temps de lecture ou de méditation durent, pour les débutants, entre un quart d’heure et une demi-heure. Chaque activité est précédée par une pause de respiration consciente. Une journée type et profonde (elle ne doit jamais être forcée) est recommandée pour faire le calme en soi, avant et après chaque activité du corps ou de l’esprit.

Lire

Une fois le corps apaisé et l’esprit calmé, nous pouvons goûter à des nourritures plus denses, comme la lecture de textes spirituels ou poétiques. « Je conseillerais un seul texte court dans la même journée (psaume, sourate, koan, poème ou sutra…) pour éviter de se disperser ou de trop solliciter le mental », poursuit Alain Gamichon. Le thérapeute préconise de lire et relire ces phrases, d’y revenir plusieurs fois. « Il s’agit de “mâcher” les mots et de les laisser cheminer en soi… Leur sens, leur musicalité, leur poésie, leur résonance vont évoluer au fil des heures et soulever en nous des questions, des émotions, ouvrir ou fermer des portes. » La lecture peut être faite à voix haute ou en silence. L’important est de bien ressentir le poids et la tonalité de chaque mot, puis de l’ensemble du texte.

Méditer

Cette pratique, dont le moine bouddhiste Matthieu Ricard dit dans L’Art de la méditation (NiL, 2008) qu’elle consiste à « se transformer soi-même pour mieux transformer le monde », continue à intimider ou à rebuter. Elle est pourtant d’une simplicité enfantine. Il est essentiel de commencer par choisir la plus simple des positions : assis sur une chaise, le dos droit, le menton légèrement rentré, les mains posées, paumes vers le haut, sur les cuisses, les pieds parallèles, bien à plat, distants de trois poings l’un de l’autre. Pendant une vingtaine de minutes, les yeux mi-clos, il s’agit de respirer amplement mais sans forcer par le nez, de laisser ses pensées traverser son esprit sans tenter de les chasser ni de les retenir. Nous pouvons également méditer à partir d’un thème spirituel. Matthieu Ricard en propose plusieurs, dont l’« impermanence » : « Pensons à la succession des saisons, des mois et des jours, de chaque instant, et aux changements qui affectent chaque aspect de la vie des êtres… »

Pour les personnes croyantes, la retraite spirituelle offre aussi l’occasion de renouer avec la forme la plus intime de la spiritualité : la prière. « Chacun, avec ses mots, peut demander de l’aide, dire sa peur, sa colère, ses doutes, formuler sa gratitude, précise Patrice Gourrier. Nous pouvons tous ouvrir cet espace en nous pour entamer ce dialogue, nous alléger et trouver de nouvelles forces. » Il arrive d’ailleurs souvent que les prières de l’enfance resurgissent, nimbées d’une émotion, d’une saveur et d’une profondeur insoupçonnées.

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Agir en pleine conscience

Au temps de la contemplation succède le temps de l’action. Revenir dans le mouvement nous ramène à notre dimension matérielle, incarnée, et nous rappelle que celle-ci est aussi importante que notre part spirituelle. L’unité du corps et de l’esprit ne peut se faire qu’en expérimentant en conscience les deux dimensions de notre être.

Marcher

Après chaque séance de méditation, la marche donne un coup de fouet à l’énergie vitale, qu’elle fait circuler dans tout le corps. Cet exercice est silencieux, lent et conscient. Faire quelques pas dans son appartement ou sortir dans son jardin (mieux vaut éviter la rue pour ne pas être distrait). Avant chaque marche, il est bon de procéder à une série de trois respirations nasales, profondes et amples. Pieds nus de préférence, amorcer le mouvement du pied sur l’inspiration et le poser sur l’expiration, tandis que les épaules restent basses et le dos droit. L’exercice se poursuit sur ce même rythme : inspiration (je lève le pied) et expiration (je pose le pied).

Travailler

La vie monastique associe contemplation et travail. Ranger, nettoyer, cuisiner…, ces actes devenus automatiques, lorsqu’ils sont faits lentement et en habitant ses sensations, sont une manière de célébrer la vie, Dieu ou l’univers. « Se connecter à ses sens remet le corps au centre, c’est une façon de le sortir de sa stricte fonctionnalité et d’en faire un outil d’éveil », analyse Alain Gamichon. Ranger peut clarifier l’esprit, balayer peut apaiser les émotions… Dans certaines communautés, les tâches les plus ingrates ou les plus dures sont effectuées en offrande. Pourquoi ne pas faire de cette pile de papiers en désordre son Himalaya personnel ?

Manger

« Quand vous faites la cuisine, ne regardez pas les choses ordinaires d’un regard ordinaire, avec des sentiments et des pensées ordinaires », écrit le maître spirituel japonais Dôgen dans Instructions au cuisinier zen (Le Promeneur, 1994).. Il est conseillé de prévoir des repas simples, légers, végétariens de préférence. L’exercice consiste ensuite à prêter attention à la texture, la couleur, l’odeur des aliments que nous manipulons. Garder à l’esprit qu’un simple bol de soupe préparé avec attention, humé et dégusté est une célébration de la vie. Manger lentement, en silence, en ressentant de la gratitude pour ce que nous mâchons et avalons, de la compassion pour tous ceux qui sont dans le manque. Ce ressenti a valeur de partage, il renforce notre sentiment d’appartenance à la communauté des hommes, dès lors que nous nous y attardons et que nous nous efforçons de l’éprouver profondément.

Revenir dans le monde

La retraite s’achève. Que nous soyons impatient de retrouver notre rythme ou désireux de prolonger l’expérience, il n’y a pas de règle : il importe d’agir selon notre désir et notre besoin. Autre possibilité : tenter de poursuivre l’expérience avec un groupe d’amis, en couple ou en famille. L’essentiel est de goûter à une autre qualité d’être. À une façon différente d’entrer en relation avec soi et avec les autres. Car la retraite spirituelle est tout sauf un repli sur soi.

A lire

À la recherche de la sérénité d’Anne Ducrocq. L’auteure a effectué une retraite dans chaque « famille » de lieux – communautés chrétienne, bouddhiste, zen ou « à la croisée des spiritualités » – et en rend compte d’une manière vivante et personnelle (Albin Michel, à paraître le 19 mai).

Petite retraite à la maison d’Alain Quilici Dominicain, l’auteur propose quelques pistes pour apprendre à cultiver sa spiritualité pendant sept jours, chez soi, au fil de méditations et de prières (Presses de la Renaissance, 2009).

LA PAIX EST UN MUSCLE

 

le refrain d’une chanson d’un ami musicien Guillaume Duchesneau  en particulier qui m’a marqué et qui inspire ce texte aujourd’hui :

« La paix est un muscle, allons au gym! »

Chantées d’un air joyeux et léger, ces paroles ont pourtant su occasionner des frissons partout sur mon corps, réaction qui n’avait rien à voir avec la température de la salle.

la paix est un muscle

Pourquoi ces paroles m’ont-elles tant touchée ?

Car selon moi la paix est notre but ultime sur cette terre et dans cette vie.

Nous avons tous des aspirations matérielles, professionnelles, personnelles, relationnelles et/ou spirituelles. Mais ce qui est sous-jacent à ces objectifs, que ce soit conscient ou non, est un désir profond d’être bien tout simplement, de se sentir mieux et de vivre plus en paix.

Et voilà où je veux en venir: la paix qu’on peut vivre dans nos cœurs, a beaucoup plus à voir avec ce qui se passe à l’intérieur de nous que les événements extérieurs de notre vie, même si parfois cela ne semble pas être le cas.

C’est comment nous vivons les joies et les épreuves de notre vie qui fait toute la différence. Cecomment trouve sa source dans l’état intérieur que nous portons en nous, à chaque moment de la journée et pendant toutes les années de notre vie.

Notre niveau de paix intérieure serait donc directement relié à notre capacité d’influencer et d’agir sur cet état intérieur. Ainsi, nous avons la possibilité d’effectuer une sorte d’alchimie de nos tréfonds pour créer et vivre plus de paix. Inspirant, non?

Cependant, dans notre société effrénée et dans nos vies bien chargées, la paix tant recherchée n’est pas forcement innée et ce pouvoir d’action ne semble pas toujours évident.

Alors, comment atteindre la paix intérieure?

Revenons à la chanson de Guillaume :

« La paix est un muscle, allons au gym! »

Ce refrain n’a pas provoqué des frissons chez moi pour rien. La paix intérieure est véritablement un muscle, quoique métaphorique. Si on veut maximiser son potentiel, on n’a d’autre choix que de le renforcer de façon régulière

En fait, il s’agit de développer graduellement la force, la résistance et l’endurance de notre muscle de la paix, de la même façon qu’on fait sur le plan physique quand on s’entraîne au gym (gymnase).

Je vous présente donc 3 types d’entraînements complémentaires qui ont un impact majeur sur notre muscle de la paix. Pour les plus motivés, vous trouverez également des pistes d’action pour aller tout de suite au gym de la paix ;-) .

  1. Maîtriser notre mental

Les peurs, les jugements de soi et de l’autre et toutes les autres voix saboteurs qui nous rongent sans cesse, dérangent notre équilibre interne et hypothèquent le potentiel de paix en nous. Mais tant qu’on n’a pas appris à connaître et à déjouer les ruses de notre mental, on continue à les nourrir inconsciemment et à en souffrir.

À vrai dire, c’est une grande libération de se rendre compte que la plupart des pensées folles qui nous habitent sont tout simplement du bruit mental, qui n’ont pas plus d’importance que ça.

Mais la libération ne se fait pas toute seule… Il faut pratiquer et renforcer nos muscles de la paix pour affaiblir l’emprise de notre mental. On risque de ressentir les bienfaits de cet entraînement assez rapidement mais c’est une pratique à long terme qui permettra à une paix profonde et solide de s’installer.

Comment :

Maîtriser notre mental consiste donc à ralentir le débit mental suffisamment pour en prendre une distance saine et à observer nos agissements avec bienveillance. Le simple fait de prendre conscience de notre mental qui nous joue des tours est déjà énorme et affaiblit son emprise sur nous.

La méditation ou une pratique de présence régulière offrent une fondation solide pour cet entrainement et on peut également s’inspirer des œuvres et du travail de maîtres du mental, tels Eckhart Tolle (« La Nouvelle Terre ») et Byron Katie (« Aimer ce qui est »).

Je vous propose également cette démarche simple pour prendre conscience de vos voix sabotrices et de vous servir de votre sagesse innée pour les déjouer : 5 façons de vous libérer des pensées compulsives,

  1. Prendre la responsabilité

Un grand motif de notre souffrance humaine est l’intensité et la douleur de nos réactions face à certaines personnes et situations dans nos vies. Cette souffrance trouve souvent sa source dans nos propres croyances, perceptions et blessures du passé.

En fait, chaque relation et situation sur notre chemin de vie qui nous met au défi contient un cadeau qui nous permet d’évoluer. En prendre conscience et en prendre la responsabilité implique d’avoir le courage de s’interroger sur nos réactions vives face aux éléments extérieurs.

Ainsi, nous assumons pleinement ce qui nous appartient dans chaque relation et situation et nous arrivons graduellement à comprendre et à transformer notre souffrance. Il devient nettement plus facile par la suite de contacter la paix et de l’insuffler dans chaque aspect de notre vie.

Comment :

Quand on est déclenché de façon intense, avouons qu’il est tellement plus facile de projeter sa souffrance sur quelqu’un ou quelque chose à l’extérieur de soi ! Alors simplement reconnaître et assumer cette responsabilité est énorme et consiste en un vrai changement de paradigme.

Ensuite nous avons besoin de nous intérioriser afin de comprendre les nœuds en nous qui causent nos réactions intenses et à les extérioriser de façon saine et responsable. Parfois en prenant du temps pour soi et en s’observant avec bienveillance on arrive à le faire seul. Parfois l’aide d’un soutien extérieur s’avère nécessaire (coach, thérapeute, autre professionnel en relation d’aide).

Cet entraînement prend tout son sens quand on le pratique régulièrement; on devient de plus en plus apte à déceler les motifs de ses réactions, à les vivre sainement et à retrouver une paix par la suite.

  1. Élever notre vibration

Étant le créateur de notre vie, nous avons un grand pouvoir d’action aussi sur notre taux vibratoire, notre indicateur naturel de joie. Plus notre cœur est ouvert, plus on ressent de la joie, plus on vibre fort, plus la paix peut prendre racine en nous.

C’est nous qui décidons comment et avec qui nous passons nos journées et notre temps libre, alors faisons-le intelligemment et faisons-le souvent!

Comment :

Il y a certains activités et lieux qui sont connus pour leur capacité à nous inspirer, à nous ouvrir le cœur et à élever notre vibration. Ensuite il y a nos préférences et nos prédilections personnelles. Je vous invite à vous inspirer de cette liste et ensuite de suivre ce qui vous fait vibrer de joie :

  • Méditer / instaurer une pratique de présence à soi
  • Nommer ce dont vous avez de la gratitude
  • Passer du temps en nature
  • S’offrir du temps de qualité avec les êtres chers
  • Chanter
  • Danser
  • Pratiquer un sport qui donne du plaisir
  • Faire du bénévolat / aider les autres
  • Contempler de l’art qui vous inspire
  • Pratiquer un art qui vous fait plaisir
  • Toute activité qui vous fait du bien!

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Votre gym pour la paix

Il n’y a pas une façon d’atteindre la paix intérieure, il y a juste notre façon de le faire; chacun est libre de choisir – ou d’inventer — la gym de la paix qui lui convient.

Mais il faut agir et il faut s’entraîner. Avec de la pratique et de la persévérance, nous devenons de vrais alchimistes de notre propre expérience intérieure, capables d’atteindre et de maintenir une paix intérieure, peu importe le contexte externe de notre vie.

Minnie Richardson
Vecteur de conscience
Coach de vie et Praticienne en travail rituel

Pour découvrir la Conscience en soi

Pour  suivre sur Facebook

Depuis 10 ans maintenant, Minnie accompagne les gens à créer et à vivre des vies remplies de présence, de sens et de joie. Tout simplement, elle les aide à contacter et éveiller la Conscience en soi afin de vivre plus de paix. Son accompagnement est profond et puissant, et vous propulse vers une meilleure compréhension de votre fonctionnement interne, une expression plus fidèle de votre essence et une grande liberté intérieure.

La voie du tao a rendu mon coeur plus accueillant

 

 

Patrice Levallois, l’un des créateurs du Jeu du tao de la santé et du mieux-être avec Patrice Van Eersel, Sylvain Michelet et Daniel Boublil (Albin Michel- Taovillage, 2009). (Voir aussi le site taovillage.com), trouve dans l’esprit de ce courant deux principes qui l’accompagnent et éclairent sa route depuis des années : « Le premier est qu’en vivant simplement ici et maintenant, comme nous y invite la voie du tao, je prends conscience que la joie et l’amour sont à l’intérieur de moi et que je n’ai pas d’effort à faire pour accéder à eux. Second enseignement : la vie, comme notre nature, est foncièrement duelle, elle est faite de yin comme de yang. À nous de ne pas transformer l’opposition qui enrichit en affrontement qui détruit. »

LA RONDE£µ

Entretenir le feu sacré 

« Réduire son moi et brider ses désirs » Tao-tö-king, chapitre 9 
Le feu sacré est une métaphore du vivant, du qi, c’est-à-dire de l’énergie vitale. Toute la pratique taoïste – méditation, respiration, nutrition… – considère que l’équilibre est à la fois la fin et les moyens pour vivre une vie juste et noble. L’homme se perd dans les excès, il se consume et éteint ainsi le feu sacré dont il est le dépositaire. Repérer ses excès, matériels, relationnels et émotionnels, puis les ramener à un niveau qui ne consomme pas plus d’énergie que nécessaire est le préalable indispensable pour tous ceux qui désirent vivre longtemps et sereinement. Réduire le moi, c’est le ramener à sa juste proportion dans la chaîne du vivant, ne pas faire passer son ego devant tout et tous, et prendre en considération le moi d’autrui comme on prend soin du sien, avec mesure, respect et bienveillance.

Désapprendre

 

« Suivre la voie, c’est de jour en jour décroître » Tao-tö-king, chapitre 48.

Nettoyer son esprit, c’est le débarrasser des idées reçues, des certitudes, en les passant régulièrement au tamis du questionnement sans complaisance. L’encombrement de l’esprit est semblable à l’encombrement des maisons : quelles croyances nous sont vraiment utiles, lesquelles pourrions-nous jeter ? Quelles vérités imposons-nous aux autres ? Quels changements refusons-nous ? Ne pas rester figé, s’exposer au changement, s’inscrire dans la dynamique cyclique de la nature nous permet de nous débarrasser de nos peurs et d’expérimenter notre potentiel de vie sans restriction ni discrimination. Désapprendre l’ancien pour s’ouvrir au nouveau, tel est le sens de cette invitation paradoxale.

 

« La voie du tao a rendu mon coeur plus accueillant »

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Questions à Gérard Guasch, médecin psychosomaticien et analyste reichien

Passionné par les thérapies énergétiques, Gérard Guasch s’est initié très jeune à la médecine chinoise (acupuncture) et au taoïsme. Disciple de maître Tian Chen Yang, il appartient à la vingt-cinquième génération du courant taoïste « La porte du dragon » (Long Men). Il est engagé depuis plus de trente ans dans cette voie, qu’il enseigne dans le cadre de cercles taoïstes baptisés « Le tao du coeur ». Et l’auteur de Vivre l’énergie du tao, traditions et pratiques (Presses du Châtelet, 2010) et, avec Anne-Marie Filliozat, d’Aide-toi, ton corps t’aidera (Albin Michel, 2006).

 

Psy : Qu’est-ce que le tao a changé dans votre vie ?

 
G.G. : Sans doute moins de jugements, sur moi et sur les autres, et plus de bienveillance et de simplicité. Le tao m’a aussi incité à prendre davantage soin de mon équilibre et de mon harmonie intérieurs, à jouir pleinement de ce qui « est » au lieu d’en vouloir toujours plus, à ralentir au lieu de courir. S’abandonner au tao, c’est pour moi apprendre à faire le vide dans son coeur pour qu’il soit toujours accueillant. J’ai le sentiment d’avoir retrouvé, au fil du temps, mon regard d’enfant, confiant et émerveillé.

Comment intégrez-vous le tao à votre pratique ? 
G.G. : Essentiellement dans ma façon d’être, par la présence et l’écoute, par l’intérêt constant que je porte aux manifestations énergétiques chez l’autre, mais également par l’usage de pratiques que je transmets à mes patients pour qu’ils deviennent acteurs de leur bien-être, des méthodes de respiration ou des techniques de contrôle de l’éjaculation, par exemple. J’utilise aussi l’acupuncture et d’autres approches traditionnelles pour équilibrer les énergies qui alimentent le corps et l’esprit. Car, dans le tao, une bonne santé, c’est une circulation harmonieuse du qi, l’énergie vitale.

 

Le taoïsme est aussi une spiritualité, comment la vivez-vous ?
G.G. : Pour le tao, nous sommes les filles et fils de la terre et du ciel, et nous devons maintenir en nous l’équilibre énergétique de ces deux pôles, le yin (non-agir) et le yang (agir). Pour cela, je médite deux fois par jour, je pratique le qi gong et, dans la journée, je me mets autant que possible en « attitude méditative ». Chaque mois, nous méditons entre amis, les séminaires que j’anime sont une occasion de méditer en groupe. Je célèbre aussi des rituels d’offrande à l’occasion d’un changement de saison, d’une naissance ou d’un événement spécial, ce sont des moments propices pour honorer la vie et la source de vie qu’est le tao. Enfin, je lis et relis les textes classiques qui m’aident à ne pas perdre de vue mon objectif : cultiver le tao, c’est-à-dire l’amour de la vie, et le manifester dans mon quotidien.

SOURCE : magazine http://www.psychologies.com/

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