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Travail avec l’enfant intérieur et Constellations familiales

Nico Anugraha Breglia est une thérapeute formée en Constellations Familiales auprès du Centro Studi Bert Hellinger et en Déconditionnement de l’enfance à l’école de Thérapie Primal Twice Born créée par Premartha et Svarup. Elle pratique la méditation depuis 1993.
Née à Milan, elle vit à Aix en Provence et anime des groupes dans toute la France et donne également des séances individuelles (dont une série de 10 séances pour le déconditionnement de l’enfance) sur Aix en Provence. Nous l’avons rencontré pour lui poser quelques questions sur son formidable travail sur l’enfant intérieur et la famille.

Est-ce que cet enfant intérieur dont vous parlez existe chez tous les adultes ? 

Bien évidemment, tout adulte a en lui un enfant intérieur mais je crois avoir répondu à cela dans l’interview précédente ! (voir l’autre interview ici : www.meditationfrance.com/archive/2015/0500.htm)

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Est-ce que cela vous arrive à vous de parler avec votre enfant intérieur ? Et quelle est la relation entre l’enfant intérieur et notre ego ?

Une fois que nous sommes habitués à reconnaître et ressentir réellement en nous cette dimension de notre enfant intérieur nous pouvons dialoguer avec lui ou elle en tout moment.

Il est parfois étonnant de découvrir que cette partie de nous-même peut avoir des points de vue, des opinions, un regard, des désirs et des besoins très différents des nôtres.
C’est précisément à travers ce dialogue que nous pouvons accéder aisément à une profonde connaissance de nous-même.

Parfois nous nous retrouvons en conflit avec nous-même. Une partie de nous voudrait certaines directions dans la vie, alors qu’une autre s’en sent profondément insatisfaite.
Dans ce cas le dialogue avec notre enfant intérieur peut nous emmener à comprendre l’origine du conflit et apporter de façon aimante les réponses. Ces réponses sont importantes car elles sont comprises de façon expérientielle et non mentale, donc elles peuvent complètement être intégrées dans notre être.

Notre enfant intérieur porte inconsciemment les mémoires de blessures émotionnelles.
Il est peut être devenu un petit être triste qui ne croit plus trop dans les adultes.
Il a alors appris des comportements qui l’ont fait sentir accepté et reconnu.

Il pourra avoir peur dans certaines situations ou en aimera d’autres qui le font se sentir à l’aise.

Toutes ces « réactions » correspondent au conditionnement que cet enfant a reçu.
A travers ces différents aspects du conditionnement nous avons appris des comportements qui ensuite sont devenus des masques.
Comme un enfant qui joue se glisse facilement dans la peau d’un pompier, ou d’une reine, l’enfant blessé peut avoir décidé de devenir un grand rebelle, une victime triste et pleurnicheuse, une grande personnalité, un courageux voyageur et mille autre rôles, pour obtenir ce regard d’amour dont nous tous avons besoin.

Ce conditionnement, ces masques, ces rôles composent notre personnalité, qui dans la tradition bouddhiste, se nomme ego. Par erreur, nous nous identifions à cette personnalité. L’alternative à l’identification à cette fausse identité est découvrir notre nature fondamentale, libre de toute identification. Puisque la structure profonde de l’ego est éminemment émotionnelle, il est parfois très difficile de découvrir lorsque nous agissons mus par lui, ou lorsque nous agissons libres de ses intérêts.

Lorsque nous pratiquons la méditation nous arrivons à faire l’expérience d’une conscience qui est consciente de soi, sans être identifiée à une histoire, un corps, des passions ou des pensées. Profondément aimante et clairvoyante cette conscience qui réside en chacun de nous n’attend que d’être découverte, comprise.

Or, dans le travail sur l’enfant intérieur il n’est pas rare, même pour une personne qui n’a jamais médité, de faire l’expérience répétée de ces identifications. A un moment on peut être la petite fille abandonnée de maman, et de suite après une autre, comme si on constellait et se libérait d’une robe devenue trop lourde. A force de voir que toutes ces souffrances, peines, responsabilités, engagements, viennent d’une compréhension erronée de l’état illusoire des rôles, on commence à pressentir qu’ il y a tout de même un espace à l’intérieur de nous où nous sommes sereins, en paix, présents, vigilants, et pourtant non identifiés à tous ces drames qui nous agitent en surface.

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Vous proposez notamment un processus de 10 séances individuelles de déconditionnement de l’enfance sur Aix en Provence toute l’année ? Pouvez-vous nous expliquer ce dont il s’agit ? 

Le processus des séances sur l’enfant intérieur, est un travail très structuré et il amène les personnes à comprendre à travers des étapes différentes comment le conditionnement s’est fait et par cette compréhension, comment s’en détacher.

Il rassemble parfois à un parcours de détoxification, car nous allons graduellement en utilisant des techniques très différentes, nous libérer des pensées toxiques, des comportements encombrants, des attitudes destructrices qui sapent notre joie de vivre, notre capacité à nous libérer.

De ce fait, il est un outil important pour quelqu’un qu’il soit un pratiquant du dharma et qu’il ait besoin d’une aide pour mieux se comprendre.

A qui s’adressent les constellations familiales que vous proposez en France et à l’étranger (Italie, Inde, Argentine…) ?

Les personnes viennent dans mon lieu de travail à Aix en Provence et commencent à leur rythme ce processus de sessions. Parfois on peut venir et enchainer tout le processus des 10 sessions en 10 jours. Parfois ils viennent sur quelques weekends, parfois c’est une séance par mois ou par semaine.

Ce travail graduel est réellement construit autour de la personne. C’est un dialogue entre la personne qui traverse ce processus de déconditionnement et moi qui l’aide à se connecter profondément pour retrouver l’ancienne origine de certains postulats qui nous habitent. Ces postulats, ces pensées sont celles avec qui – comme avait dit le Bouddha-, nous créons le monde. Lorsque nous transformons nos affirmations et nos croyances, nous commençons à transformer notre vie. C’est émouvant parfois de voir une personne, même après la première session, commencer à comprendre complètement une relation, une conviction.

Les personnes qui désirent faire ce travail ont parfois des schémas de souffrances qui se répètent et désirent enfin s’en libérer. Parfois ce sont des relations douloureuses.
Parfois ce sont des questionnements concernant des choix de vie qui soulèvent des doutes.

Avec ce travail sur l’enfant intérieur j’aide la personne à se comprendre, à se connecter. Et avec cette compréhension et connexion, la guérison peut se faire.

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En quoi les Constellations Familiales aident au cheminement spirituel et à la recherche du bonheur ? Est-ce que c’est un travail qui permet d’accepter notre environnement ou historique familial et de nous libérer de certains poids ? 

C’est aussi une chance extraordinaire de pouvoir partager ces compréhensions dans différents pays, dans différentes cultures. Je fais ce travail parce que je suis passionnée par la recherche de notre dimension absolue. Et dans mon parcours j’ai observé que souvent, même lorsqu’ on est depuis longtemps dans un chemin spirituel, on peut avoir besoin de certains outils pour se connaître. Abandonner l’ego en le méprisant, comme on fait parfois sur certains chemins spirituels, sans avoir compris pourquoi il s’est déformé, peut ne pas être la meilleure solution. En occident nous ne connaissons pas ce que c’est un amour inconditionnel et de ce fait, nous avons appris à ne pas nous aimer (encore une identification !.)

L’amour est souvent en échange de quelque chose. Cela nous dévie, nous déforme.
Savoir abandonner les ruses de l’ego quand nous savons profondément nous aimer c’est formidable. Nous nous sommes compris, nous nous sommes acceptés, connus, et de là nous pouvons passer à quelque chose de plus vaste et profond. Mais si je ne me suis pas compris, si je n’ai pas connaissance de mes raisons profondes, ignorer l’ego parce qu’il n’est pas ma nature absolue et réelle, risque de redevenir une autre manière de me détester, de me juger, de me séparer.

Il est certain que, à partir du moment où nous arrêtons de lutter, nous commençons à trouver la paix à l’intérieur de nous, ayant compris et entendu toutes nos différentes parties, alors une paix durable s’élève. Nous cessons la guerre intérieure. Pacifiés, comme S.S. Le Dalaï Lama dit, nous pouvons enfin porter la paix en dehors de nous.

Je trouve par expérience, qu’il n’y a pas manière plus efficace de pacifier notre historique familial que lorsque nous le comprenons. Lorsque nous sommes en mesure de comprendre l’agissement de telle famille, de tel ou tel membre, une réelle acceptation de ce qui est-(comme dit Bert Hellinger) s’élève et la guérison peut s’accomplir.
Le sens de culpabilité, par exemple, dans les constellations familiales, nous le démasquons très vite comme étant une ruse de l’ego pour encore ne pas assumer ses responsabilités. Nous invoquons l’émotion de la culpabilité et ainsi nous nous soustrayons à l’obligation de reconnaître que nous en étions responsables. Et pourtant, quand nous le faisons en toute simplicité et honnêteté, sans invoquer des excuses, nous pouvons enfin grandir, nous pouvons enfin devenir « Grands », dans le vrai sens spirituel sens du terme.

Site web: www.constellationsfamiliales.fr
avec Nico Anugraha Breglia

Combattante de la liberté intérieure

 

Pour y parvenir, vous vous êtes soumise à une véritable ascèse, non ?

Oui, Swâmiji [Swâmi Prajnânpad] invoquait en ce sens trois dimensions à atteindre : détente du corps, de l’esprit, du cœur. La détente du corps, c’est déjà très important, et aujourd’hui, on en parle partout. La détente de l’esprit, ça commence par le fait de se libérer le plus possible des critiques et des jugements, de l’attraction et de la répulsion. Tout ce qui génère la dualité. Pour cela, il est nécessaire de se livrer à une introspection. La détente du cœur, c’est la plus difficile à atteindre. Parce que, parfois, nos frustrations, nos manques viennent d’un traumatisme d’enfance. Il faut alors tenter de plonger dans son inconscient. Pour ce faire, Swâmiji préconisait une technique de catharsis des émotions refoulées, le lying, qu’il m’a enseignée.

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Il vous a aussi donné des clés pour vivre, notamment en couple…

Alors que, jusqu’à l’âge de 30 ans, j’avais refusé le mariage, quand je me suis engagée avec Arnaud, cela a été un engagement intérieur sans compromis. Quand sont arrivées les crises graves, sa liaison de quelques années avec une même jeune femme, par exemple, je suis allée voir Swâmi Prajnânpad avec le désir d’être apaisée. Il me disait notamment : « Il est différent. Elle est différente. Partez dans l’existence avec ce viatique. » Ça a l’air bête, la différence est une loi évidente : il y a le jour, la nuit, etc. Mais si l’on considère vraiment que les êtres sont différents, on ne croit plus qu’ils doivent agir selon ce que nous souhaitons. Et Swâmiji concluait : « Ou vous vous séparez, ou vous acceptez. » Et je suis restée mariée presque trente ans. Avec le recul, je vois que ces coups durs ont été des « accélérateurs d’évolution », car ils m’obligeaient à une introspection plus approfondie.

Est-ce que, à force de pratiquer l’acceptation, vous diriez que ça devient plus facile ?

Je me souviens que, quand ça n’allait pas, il m’est arrivé, de rage, de jeter le téléphone par terre ! Swâmiji me répétait : « Mais, acceptez ! Acceptez ! » Cela a fini par me révolter. Un jour, j’ai même perdu le respect que je lui devais, en disant : « Mais s’il faut tout accepter, je n’ai qu’à m’accepter comme je suis. Et tout ira bien ! » Il a compris que je ne pouvais plus supporter ce mot-là, et ne l’a plus jamais employé. Par la suite, il disait : « Voyez et reconnaissez. » Et ajoutait : « Changez ce qui peut l’être. Le reste, dites-vous que ça fait partie de votre destinée personnelle, ou d’un karma collectif. » C’est ce que l’on appelle lâcher prise. Et peu à peu, cela se fait.

Vous citez souvent Jean de la Croix, qui parlait de la « forte lessive » intérieure que nous devons effectuer pour trouver la paix. Est-ce que ça ressemble à ce que vous avez vécu ?

Oui. Il nous faut d’abord repérer nos empêchements majeurs. Pour moi, l’un des plus profonds était la peur que je traînais depuis mes premières relations avec ma mère. J’ai été amenée à y faire face, puis à laisser partir cette peur. Il faut ensuite se dépouiller de tout ce qui a été ajouté à notre véritable nature : les on-dit, les a priori, les convictions qui ne nous correspondent plus. Pour moi, cette possibilité de transformation est le but de l’existence. En chacun, il y a un germe d’éveil, comme un bouton de rose destiné à devenir une très belle fleur, avec son odeur et sa forme uniques. Chez certains êtres éveillés, cette « véritable nature » est très développée, alors que chez beaucoup d’entre nous, elle reste à l’état latent car nous l’oublions. Comme un germe de plante a besoin d’air et d’eau, ce germe d’éveil a besoin qu’on lui donne une attention, que l’on se tourne vers lui. Parfois, on peut soudain le sentir. En face d’un très beau paysage, par exemple. Nous ressentons une sorte d’adhésion à cette nature, qui fait que nous ne sommes plus prisonniers de notre personnalité ni de nos désirs. Mais si, après avoir eu un moment de contemplation, on dit : « Ah, que c’est beau ! », c’est fichu. Notre mental a repris le dessus. Nous sommes de nouveau en proie au « J’aime, je n’aime pas ». Ce qui est notre façon habituelle de penser et de vivre.

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Diriez-vous que tous ces efforts vous ont menée à une forme de sérénité ? 

Dire non serait faire injure à tout ce que j’ai reçu des maîtres que j’ai rencontrés. Et faire fi de tous les efforts que j’ai menés. Disons que je suis beaucoup moins révoltée ! Ça revient de temps en temps, mais ça passe vite. Moi qui éprouvais beaucoup de peur dans le contact avec certains individus, maintenant que j’ai fait la connexion avec mon traumatisme d’enfance, lorsque je sens l’émotion monter, je me dis : « Je ne suis plus un bébé, je peux raisonner. » Cela me permet de retrouver mon calme et la conscience de mon intériorité, en sachant que ma vérité est là. Tel est l’enseignement que je continue à transmettre. Et aujourd’hui, à la suite de Swâmiji, je peux dire : « J’ai fait ce que j’avais à faire, reçu ce que j’avais à recevoir, donné ce que j’avais à donner. »

Ses dates-clefs

A DÉCOUVRIR

A lire

livre

La Rage de l’absolu de Denise Desjardins
À travers dix portraits de « révoltés », l’auteure nous raconte les écueils et les déclics rencontrés par ceux qui se lancent dans la transformation intérieure. Un livre en forme d’encouragement à trouver sa « véritable nature » (La Table ronde).

Un portrait d’elle sort en DVD, De la révolte au lâcher-prise de Guillaume Darcq

(disponible sur www.alizediffusion.com ).

Le 13ème chakra : ouverture à l’invisible

 

 

L’Humain est constitué de 12 chakras (voir l’article en lien). Mais il fait également partie d’un ensemble bien plus vaste que sa monade. Il est élément indissociable de la Planète.

13è chakra
Au cours de son cheminement, l’être incarné connaît le retournement de conscience par lequel l’âme se découvre à son corps assoiffé de tendresse. Le Soi embrasse l’unité retrouvée par sa Direction illuminatrice. Lorsque l’ancrage est consolidé, un des 12 crânes de cristal  chargés de conserver la mémoire des origines et du but de cette création planétaire dans le Jeu cosmique, prend contact afin de préparer et coordonner le passage de relais. Les 12 crânes ont pour finalité de nous remettre, à nous Humanité réveillée, cette mémoire. Nous sommes le 13ème crâne.

Le dragon, symbole du Masculin sacré et gardien des forces telluriques et donc de notre kundalini, s’est présenté pour nettoyer et harmoniser les canaux énergétiques de nos corps. Puis la licorne, Pureté prenant sa source dans le Féminin sacré, dépose son Amour inconditionnel et appose son Pardon par l’offrande de la Virginité innocente, l’Enfant. Se lèvent la Mère compatissante puis la Vierge Noire, l’Isis aux multiples facettes s’offrant à la sensualité de la Vie et légitimant la Femme en tant que matrice.

Lorsque la fusion, les épousailles du Masculin et du Féminin sacrés sont consommées, la Déesse emplit le nouvel Humain de sa Puissance. Et le corps se transforme sous l’impulsion de ce désir irrésistible de Servir la Présence qui s’exprime alors en soi. Les 12 chakras s’interpénètrent pour prendre la forme de notre géométrie divine.

L’Humain a retrouvé sa place au Centre de lui-même. Il est l’Être individuel unique rayonnant par sa connexion à l’êtreté dont il est issu, reconnaissant ses origines cosmiques tout en savourant son appartenance à la planète Terre. Il est le chaînon qui donne tout son sens à l’Aventure de sa Vie.

Et l’Humain termine le cycle, entamé il y a des millions d’années, lors de l’émergence du Désir d’Unité au sein même de cet univers de Séparation. Il est ramené à ses enseignants nourriciers du départ, ceux-là même qui ont préparé son arrivée et adapté  l’environnement à son cheminement : les champs dimensionnels de Gaïa (voir « Retour aux éléments« ). Ces champs dimensionnels sont peuplés de nombreuses nations (tels les elfes, sylphes, sirènes …) qui maintiennent l’harmonie entre les forces de vie à l’intérieur comme à l’extérieur de la planète, y compris la cohérence de votre amalgame corporel. Être un Humain implique une collaboration active avec les partenaires planétaires, susciter des échanges bienveillants entre tous pour faciliter les transformations plasmiques que l’ascension va générer.

Le 13ème chakra est cette ouverture à « l’invisible » qui place l’Humain en tant que médiateur conscient par sa compétence à relier les dimensions au Centre. Il est également la porte d’entrée à la reliance à l’esprit de groupe qu’est la Conscience de Gaïa, point d’orgue des convergences intra et extraterrestres. Lorsque l’Humain est prêt, il raccorde définitivement sa géométrie sacrée au tissu vibratoire maître de la planète, sa trame générale. Il se répand à la fois en la substance de Gaïa tout en se nourrissant  de cette Mère cosmique par excellence et détentrice des clés de l’ascension.Le 13ème chakra : ouverture à l'invisible dans RESSOURCES et Savoirs en TAO

Miriadan

Pour une sagesse moderne

 

 

 je suis pour,  docteur…

 

Sagesse moderne


Ce billet m’est inspiré de la lecture du livre «  Pour une sagesse moderne  » du Docteur Yasmine Lienard. Je commençais à en faire une petite news et j’ai été emportée par l’inspiration, impossible de faire abstraction de mon histoire personnelle et de ce qui fait véritablement échos en moi dans ce livre.
 Véritable coup de cœur donc, le livre du Dr Lienard est un trésor pour toutes les « Combattantes » qui ne pourront qu’être touchées de se sentir écoutées mais surtout entendues. Véritable outil de travail il offre des pistes concrètes pour quiconque veut comprendre ou accompagner les personnes souffrant de TCA. C’est pour moi un ouvrage de référence en la matière et concerne toutes les névroses : le recours à la thérapie cognitive, la théorie des schémas, les outils sur les émotions, la méditation comme accès à l’esprit… Beau programme non ?

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 J’ai découvert ce livre avec émotion : une spécialiste parlant des thèmes qui me sont chers et qui formule mieux que je ne le fais des choses que je tente d’expliquer dans L’âme en éveil… Un médecin qui comprend cette soif d’amour et d’authenticité qui – selon moi – n’a jamais été véritablement entendue par les professionnels qui ont croisé mon chemin pendant près de 15 ans… Certes ce n’est plus le cas et je suis heureuse de connaître à présent une armée d’anges pour qui « Un corps, un esprit, une âme » fait sens. On parle de « parcours du Combattant » pour trouver l’aide appropriée et en tant que présidente d’association je suis en contact avec des personnes souvent démunies, perdues, et parfois lassées ou simplement fatiguées de chercher. Cela vaut la peine pourtant et tout le monde s’entend pour dire qu’il faut parfois frapper à la porte de plusieurs spécialistes avant de trouver celui qui nous convienne.

Le docteur Lienard revient sur ce qui nous fait souffrir : les relations aux autres douloureuses, la solitude (une blessure contemporaine) et bien sûr les conduites autodestructrices que l’on met en place pour « cesser de souffrir ». Elle cherche à mieux comprendre la névrose, dont la définition médicale ne permettait pas à la psychiatre qu’elle est de venir à bout de toutes les maladies de l’âme auxquelles elle a été confrontée dans son service. De ses études et ses recherches mais aussi de son expérience de psychiatre et psychothérapeute, elle constate qu’aujourd’hui nous avons des outils concrets et efficaces, des techniques qui permettent d’abandonner ses fausses croyances, ses fausses interprétations et « de ne pas se laisser engluer dans des émotions destructrices ».
 Le véritable enjeu pour elle est de penser l’individu et son lien avec son monde. Elle propose donc dans ce livre de développer une sagesse résolument moderne et invite l’homme à progresser sur 2 axes, le développement de l’individu et la vie en communauté, afin que la dignité, l’amour et la compassion reprennent un peu leur place dans notre époque… On comprend facilement en quoi ce livre me parle tout particulièrement !

On peut définir la névrose de différentes manières. Ce qui est sans doute le plus important de retenir c’est en quoi elle nous empêche de mener une vie pleine de sens. Pour le Docteur Lienard « elle nous détourne de notre bon sens et de l’idée de mener au mieux sa vie ». Pour mieux comprendre cela, elle propose l’image d’un bateau :

« Vous décidez de traverser l’océan.
 Il vaut mieux admettre que traverser l’océan va impliquer d’affronter des vagues, voire de grandes tempêtes. Si vous voulez que ce soit calme comme un lac, vous serez souvent frustré inutilement.
 Eh bien l’océan c’est la vie : vouloir que la vie soit paisible et sereine, sans difficultés est totalement irrationnel. Si on prend l’océan et qu’on s’énerve à chaque vague, à chaque tempête, on va perdre son énergie pour rien. Le préalable est donc de considérer qu’il va y avoir des difficultés mais qu’il vaut mieux y faire face le plus efficacement possible. Pour cela, il faut savoir naviguer d’une part, et définir son cap d’autre part.
 Prendre l’océan sans cap revient à dériver en permanence et finir par sombrer ».

 Cette illustration de la vie est parfaite. J’explique en quoi l’épreuve de l’hôpital (une expérience d’éveil ?) m’a permis de donner un sens à ma vie. J’ai trouvé le cap pour reprendre les termes du docteur Lienard. Et je comprends ce qu’elle veut dire en mentionnant les vagues ou les tempêtes. J’ai parfois un peu le mal de mer mais je ne m’en sors pas si mal je crois. Mon côté provoc me pousse à dire que si la mer était parfaitement calme je m’ennuierai d’ailleurs…

Ainsi il convient d’être vigilant et d’avoir une grande présence pour « ajuster les voiles au vent » et ne pas lâcher le gouvernail sous l’emprise de la névrose qui obscurcit notre esprit et nous fait suivre des pensées automatiques confuses engendrées par la situation qui sont contraires à une vraie réflexion.

Ce qui me plaît tout particulièrement c’est l’invitation qu’elle fait aux thérapeutes à changer d’attitude selon ce que nous enseigne la troisième vague des psychothérapies : ne plus chercher de solution pour soulager le patient et le faire changer mais au contraire lui apprendre à être véritablement et à traverser ses émotions douloureuses comme des interactions nécessaires avec son environnement. Le thérapeute qui se fixe comme but unique de guérir le symptôme (est-il nécessaire que je précise que ce fut le cas pour moi ?) n’est pas suffisamment ambitieux. Je suis d’accord : « une thérapie est terminée lorsque les patients sont guéris du symptôme qui les a amenés à consulter, mais aussi lorsqu’ils sont authentiquement eux-mêmes et qu’ils sont de véritables êtres humains, le cœur ouvert, acceptant leur part de vulnérabilité et sachant être en relation avec les autres de manière adéquate ».

 Les outils qu’elle propose sont les mêmes (du moins la plupart car je ne les connaissais pas tous) que je suggère dans L’âme en éveil… Je suis la première à parler de la Méditation comme porte de sortie et pour moi travailler sur l’acceptation et la recherche du calme mental est synonyme de salut pour mon âme. Je suis d’ailleurs passée de la théorie à la pratique, on y travaille donc.

Mon cas n’est pas à généraliser. Je suis obligée de parler de mon année à l’hôpital psychiatrique dans mon propre ouvrage mais bien sûr toutes les hospitalisations ne se passent pas toujours ainsi. Je me définis comme une écorchée vive et j’utilise souvent l’humour pour parler de ma colère. Je m’efforce de travailler sur elle pour m’en servir comme moteur plutôt qu’elle ne me desserve. J’ai toutefois parlé de « mort psychologique » et je ne peux fermer les yeux sur le traumatisme de cette année noire. L’hospitalisation est parfois inévitable et je suis heureuse de voir que les progrès en matière de prise en charge sont indéniables. Qu’elle est aussi limitée à son minimum et que le suivi peut se poursuivre efficacement même après un moment d’isolement nécessaire. Le recours à la sonde peut être évidemment être salvateur, la sonde est acceptée par la patiente qui adhère à la démarche de soins.

J’ai encore du mal à comprendre pourquoi je ne suis pas morte en 2007. Je sais que jusqu’à mes 30 ans, je n’ai pas vécu. Survie mais pas vie. Et que quoi que je fasse, la colère, la souffrance de ces années ne s’effacera pas. C’est long. Et si j’essaie de faire des choses par rapport aux TCA c’est parce que j’estime que ma vie est un énorme gâchis. Je n’espère qu’une chose : éviter à d’autres de reproduire mes erreurs. Les médecins qui m’ont soignée et à qui je n’en veux pas plus que ça car avec le recul et un regard objectif sur ce qu’il s’est passé je comprends qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu avec les moyens du bord et leurs propres limites pourront peut-être reconnaître une erreur :

Celui d’avoir cru me nourrir alors qu’en réalité ils m’ont gavée de colère pendant de longs mois.

Le docteur Liénard ne néglige pas le symptôme ni le diagnostic initial qui permet de savoir ce sur quoi il va falloir travailler au cours de la thérapie mais elle va plus loin, c’est un médecin capable de nourrir les êtres d’amour.

C’est donc un honneur pour moi de la connaître, un ange de plus dans les rangs de l’armée d’anges qui m’entourent et j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de m’être inspirée de son livre pour partager quelques états d’âme…

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Ce billet m’est inspiré de la lecture du livre «  Pour une sagesse moderne  » du Docteur Yasmine Lienard. Je commençais à en faire une petite news et j’ai été emportée par l’inspiration, impossible de faire abstraction de mon histoire personnelle et de ce qui fait véritablement échos en moi dans ce livre.

 Véritable coup de cœur donc, le livre du Dr Lienard est un trésor pour toutes les « Combattantes » qui ne pourront qu’être touchées de se sentir écoutées mais surtout entendues. Véritable outil de travail il offre des pistes concrètes pour quiconque veut comprendre ou accompagner les personnes souffrant de TCA. C’est pour moi un ouvrage de référence en la matière et concerne toutes les névroses : le recours à la thérapie cognitive, la théorie des schémas, les outils sur les émotions, la méditation comme accès à l’esprit… Beau programme non ?

 J’ai découvert ce livre avec émotion : une spécialiste parlant des thèmes qui me sont chers et qui formule mieux que je ne le fais des choses que je tente d’expliquer dans L’âme en éveil Un médecin qui comprend cette soif d’amour et d’authenticité qui – selon moi – n’a jamais été véritablement entendue par les professionnels qui ont croisé mon chemin pendant près de 15 ans… Certes ce n’est plus le cas et je suis heureuse de connaître à présent une armée d’anges pour qui « Un corps, un esprit, une âme » fait sens. On parle de « parcours du Combattant » pour trouver l’aide appropriée et en tant que présidente d’association je suis en contact avec des personnes souvent démunies, perdues, et parfois lassées ou simplement fatiguées de chercher. Cela vaut la peine pourtant et tout le monde s’entend pour dire qu’il faut parfois frapper à la porte de plusieurs spécialistes avant de trouver celui qui nous convienne.

Le docteur Lienard revient sur ce qui nous fait souffrir : les relations aux autres douloureuses, la solitude (une blessure contemporaine) et bien sûr les conduites autodestructrices que l’on met en place pour « cesser de souffrir ». Elle cherche à mieux comprendre la névrose, dont la définition médicale ne permettait pas à la psychiatre qu’elle est de venir à bout de toutes les maladies de l’âme auxquelles elle a été confrontée dans son service. De ses études et ses recherches mais aussi de son expérience de psychiatre et psychothérapeute, elle constate qu’aujourd’hui nous avons des outils concrets et efficaces, des techniques qui permettent d’abandonner ses fausses croyances, ses fausses interprétations et « de ne pas se laisser engluer dans des émotions destructrices ».

 Le véritable enjeu pour elle est de penser l’individu et son lien avec son monde. Elle propose donc dans ce livre de développer une sagesse résolument moderne et invite l’homme à progresser sur 2 axes, le développement de l’individu et la vie en communauté, afin que la dignité, l’amour et la compassion reprennent un peu leur place dans notre époque… On comprend facilement en quoi ce livre me parle tout particulièrement !

On peut définir la névrose de différentes manières. Ce qui est sans doute le plus important de retenir c’est en quoi elle nous empêche de mener une vie pleine de sens. Pour le Docteur Lienard « elle nous détourne de notre bon sens et de l’idée de mener au mieux sa vie ». Pour mieux comprendre cela, elle propose l’image d’un bateau :

« Vous décidez de traverser l’océan.
 Il vaut mieux admettre que traverser l’océan va impliquer d’affronter des vagues, voire de grandes tempêtes. Si vous voulez que ce soit calme comme un lac, vous serez souvent frustré inutilement.
 Eh bien l’océan c’est la vie : vouloir que la vie soit paisible et sereine, sans difficultés est totalement irrationnel. Si on prend l’océan et qu’on s’énerve à chaque vague, à chaque tempête, on va perdre son énergie pour rien. Le préalable est donc de considérer qu’il va y avoir des difficultés mais qu’il vaut mieux y faire face le plus efficacement possible. Pour cela, il faut savoir naviguer d’une part, et définir son cap d’autre part.
 Prendre l’océan sans cap revient à dériver en permanence et finir par sombrer ».

 Cette illustration de la vie est parfaite. J’explique en quoi l’épreuve de l’hôpital (une expérience d’éveil ?) m’a permis de donner un sens à ma vie. J’ai trouvé le cap pour reprendre les termes du docteur Lienard. Et je comprends ce qu’elle veut dire en mentionnant les vagues ou les tempêtes. J’ai parfois un peu le mal de mer mais je ne m’en sors pas si mal je crois. Mon côté provoc me pousse à dire que si la mer était parfaitement calme je m’ennuierai d’ailleurs…

Ainsi il convient d’être vigilant et d’avoir une grande présence pour « ajuster les voiles au vent » et ne pas lâcher le gouvernail sous l’emprise de la névrose qui obscurcit notre esprit et nous fait suivre des pensées automatiques confuses engendrées par la situation qui sont contraires à une vraie réflexion.

Ce qui me plaît tout particulièrement c’est l’invitation qu’elle fait aux thérapeutes à changer d’attitude selon ce que nous enseigne la troisième vague des psychothérapies : ne plus chercher de solution pour soulager le patient et le faire changer mais au contraire lui apprendre à être véritablement et à traverser ses émotions douloureuses comme des interactions nécessaires avec son environnement. Le thérapeute qui se fixe comme but unique de guérir le symptôme (est-il nécessaire que je précise que ce fut le cas pour moi ?) n’est pas suffisamment ambitieux. Je suis d’accord : « une thérapie est terminée lorsque les patients sont guéris du symptôme qui les a amenés à consulter, mais aussi lorsqu’ils sont authentiquement eux-mêmes et qu’ils sont de véritables êtres humains, le cœur ouvert, acceptant leur part de vulnérabilité et sachant être en relation avec les autres de manière adéquate ».

 sagesse eveilLes outils qu’elle propose sont les mêmes (du moins la plupart car je ne les connaissais pas tous) que je suggère dans L’âme en éveil… Je suis la première à parler de la Méditation comme porte de sortie et pour moi travailler sur l’acceptation et la recherche du calme mental est synonyme de salut pour mon âme. Je suis d’ailleurs passée de la théorie à la pratique, on y travaille donc.

Mon cas n’est pas à généraliser. Je suis obligée de parler de mon année à l’hôpital psychiatrique dans mon propre ouvrage mais bien sûr toutes les hospitalisations ne se passent pas toujours ainsi. Je me définis comme une écorchée vive et j’utilise souvent l’humour pour parler de ma colère. Je m’efforce de travailler sur elle pour m’en servir comme moteur plutôt qu’elle ne me desserve. J’ai toutefois parlé de « mort psychologique » et je ne peux fermer les yeux sur le traumatisme de cette année noire. L’hospitalisation est parfois inévitable et je suis heureuse de voir que les progrès en matière de prise en charge sont indéniables. Qu’elle est aussi limitée à son minimum et que le suivi peut se poursuivre efficacement même après un moment d’isolement nécessaire. Le recours à la sonde peut être évidemment être salvateur, la sonde est acceptée par la patiente qui adhère à la démarche de soins.

J’ai encore du mal à comprendre pourquoi je ne suis pas morte en 2007. Je sais que jusqu’à mes 30 ans, je n’ai pas vécu. Survie mais pas vie. Et que quoi que je fasse, la colère, la souffrance de ces années ne s’effacera pas. C’est long. Et si j’essaie de faire des choses par rapport aux TCA c’est parce que j’estime que ma vie est un énorme gâchis. Je n’espère qu’une chose : éviter à d’autres de reproduire mes erreurs. Les médecins qui m’ont soignée et à qui je n’en veux pas plus que ça car avec le recul et un regard objectif sur ce qu’il s’est passé je comprends qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu avec les moyens du bord et leurs propres limites pourront peut-être reconnaître une erreur :

Celui d’avoir cru me nourrir alors qu’en réalité ils m’ont gavée de colère pendant de longs mois.

Le docteur Liénard ne néglige pas le symptôme ni le diagnostic initial qui permet de savoir ce sur quoi il va falloir travailler au cours de la thérapie mais elle va plus loin, c’est un médecin capable de nourrir les êtres d’amour.

C’est donc un honneur pour moi de la connaître, un ange de plus dans les rangs de l’armée d’anges qui m’entourent et j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de m’être inspirée de son livre pour partager quelques états d’âme…

Sabrina http://blogs.psychologies.com/sabrinatca92/spiritualite-15553/sagesse-moderne-docteur-138403.html

Thérèse d’Ávila et ses leçons de sagesse

 

 

Ouvrir son cœur et son esprit, c’est l’invitation que nous fait la grande mystique espagnole. Cinq cents ans après sa naissance, la puissance de son message est intacte et inspirante, nous explique le psychanalyste Henri Mialocq. Que l’on soit croyant ou non, partons à la découverte de ses leçons de sagesse.  

 Thérèse sagesse

 En mars 2015, à l’occasion du cinquième centenaire de la naissance de Thérèse d’Ávila (1515- 1582), le pape François a désigné la grande mystique espagnole comme « une guide sûre » et a insisté sur la modernité de celle qui, « face aux graves problèmes de son temps [...], avait décidé de ne pas se perdre, disait-elle, “dans les choses de peu d’importance” alors que “le monde est en flammes” ». Depuis quelques années, les ouvrages sur cette « femme sans frontières », comme la nomme la psychanalyste féministe Julia Kristeva, auteure de Thérèse mon amour (Fayard, 2008), se multiplient. « Sa voix, ses conseils résonnent de manière particulière aujourd’hui parce qu’ils sont ceux d’un engagement radical, et que cette radicalité du désir détonne dans notre culture de l’éphémère, de l’individualisme et de la consommation », indique Henri Mialocq. Le psychanalyste et psychologue précise que ce qui fait la modernité et l’intérêt de son message sont les trois outils qu’elle ne se lasse pas de promouvoir : la mémoire, l’entendement et la volonté. « Ils aident à la connaissance de soi et à la rencontre vraie avec l’autre, détaille-t-il. C’est cette rencontre qui réveille notre désir et le maintient vivant. Et c’est parce qu’aller vers l’autre ne va pas de soi que Thérèse parle de “mémoire” (il s’agit de se souvenir de son passé), d’“entendement” (c’est la conscience de ce que l’on est et de ce que l’on cherche) et enfin de “volonté” (celle d’aller plus loin que nos impulsions pour tenir dans la durée d’un engagement). » C’est dans cet esprit que nous avons proposé à Henri Mialocq de commenter cinq conseils tirés des « Avis de la mère Thérèse de Jésus à ses religieuses ».

1. Émotions

“N’être excessif en rien, mais dire avec modération ce que l’on sent” (avis 13)

« Toute rencontre avec l’autre, Dieu ou ceux qui nous entourent, procède de notre réalité charnelle, tout autant que de notre ressenti et de notre esprit, commente Henri Mialocq. Nous sommes faits d’affects et d’émotions, il s’agit de les éprouver, puis de les exprimer de manière juste pour en faire une passerelle entre nous et l’autre. Ainsi seulement l’échange et le partage peuvent exister. Par “modération”, Thérèse d’Ávila entend “distance” : c’est ce qui rend possible la relation. Ni trop près, c’est-à-dire collés à nos émotions brutes ou envahissantes, ni trop loin d’elles. Il s’agit de jouer avec intelligence de cette notion d’écart qui nous permet de rester nous-mêmes et de nous enrichir de la différence. L’autre notion clé est contenue dans le mot « dire ». Cela signifie mettre de la conscience dans nos mots, engager notre responsabilité de sujet. C’est le langage qui rend la circulation du désir possible, qui fait le lien entre nous et l’autre. » 

En pratique : interroger nos émotions lorsqu’elles s’expriment de manière excessive (que disent-elles et que masquent-elles de mon désir, de mes peurs ? Qu’est-ce qui dans l’autre me dérange et résonne, en moi comme dans mon histoire ?). Mais aussi quand elles ne s’expriment pas du tout (qu’est-ce que je ressens profondément ? Comment pourrais-je dire ou me dire ce que je ressens ?). Une fois au clair avec nos émotions, reste à penser la manière de les dire : toucher sans envahir, expliquer sans reprocher ni donner de leçons, questionner sans agresser… Ce que nous renvoie l’autre est le baromètre de notre justesse. Ou de nos excès. 

2. Ouverture d’esprit

“Si quelqu’un parle de questions de spiritualité, écoutez-le en disciple, avec humilité, et faites votre profit de ce qui sera dit de bon” (avis 17)

« L’humilité est au cœur du message de tous les grands mystiques, précise Henri Mialocq. Réduire l’ego en se dépouillant de tout ce qui fait obstacle à la rencontre avec Dieu est le premier pas vers Lui. Il en est de même dans nos interactions humaines. Quelle relation puis-je avoir si je vais vers l’autre convaincu de ma supériorité et de ma vérité ? Thérèse fait de cette règle d’humilité un absolu. Son message ne s’adresse pas qu’aux croyants catholiques : elle écrit “spiritualité”, pas “religion catholique”. Elle n’écrit pas non plus “faites votre profit de ce qui sera dit de vrai”, mais “de ce qui sera dit bon”. C’est-à-dire ce que le cœur reconnaît comme juste. Impossible d’être fanatique ni enfermé dans ses certitudes si l’on applique ce conseil. »

En pratique : avant de critiquer, de réfuter ou d’essayer de convaincre, adopter une position d’écoute vraie, sans a priori ni jugement. Cela permet d’ouvrir son esprit à d’autres façons de penser, de s’enrichir de nouveaux savoirs, et de créer un climat favorable aux échanges sereins et profonds. 

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3. Vivre ensemble

“Accomplir toutes choses comme si Sa Majesté [Dieu] était réellement visible ; par cette voie, l’âme gagne beaucoup” (avis 21) 

« Pour Thérèse, Dieu, c’est l’Autre. Le radicalement différent, décode Henri Mialocq. Pour nous, cet autre est un lieu où nous rencontrons l’être humain, en face de nous, à côté de nous. Celui que nous croyons connaître, mais qui reste inappropriable, inconnaissable et seulement accessible dans l’échange que nous pouvons avoir avec lui. À condition de reconnaître et d’accepter son “étrangèreté”. Tout accomplir “comme si [l’Autre] était réellement visible” signifie concevoir l’altérité comme intelligente (je te reconnais comme autre) et nourrissante (tu m’apportes quelque chose). Cette position est le prix de notre maturité affective et intellectuelle, et les bases d’un vivre-ensemble respectueux et fécond. Dans les relations privées comme dans les relations sociales. »

En pratique : accepter d’être dérangés, déstabilisés dans nos certitudes et nos croyances. Interroger ce malaise et accepter de l’autre ce qui peut enrichir notre connaissance de nous-mêmes, ainsi que notre savoir. Ne pas s’installer dans l’illusion confortable mais dangereuse (surtout dans les relations affectives) de « tout connaître de l’autre » ; au contraire, aimer et respecter l’écart entre nous qui, en famille, avec nos amis ou nos collègues, rend la relation vivante, et, en amour, le désir vivace. 

4. Ouverture du cœur

“Prenez l’habitude de faire de nombreux actes d’amour, ils enflamment et attendrissent l’âme” (avis 52) 

« Le message thérésien est clair : nous ne devons pas attendre d’avoir envie de “faire des actes d’amour” pour aimer, décrypte Henri Mialocq. Pourquoi ? Parce que si nous nous laissons porter par notre seule spontanéité, l’amour risque d’être le grand négligé de nos vies et de nos cœurs. En revanche, en faisant acte de volonté, nous l’inscrivons dans notre quotidien, nous en faisons notre ordinaire. Et cela change tout. L’âme s’attendrit et s’enflamme, cela signifie que le cœur s’ouvre, et que ce qui constitue l’essence de l’être (l’âme) reprend vie et vigueur. L’autre message contenu dans ce conseil est le don gratuit : donner avant de recevoir est le propre du cœur aimant. »

En pratique : par « actes d’amour », Thérèse d’Ávila, qui s’adressait à ses sœurs, entendait l’attention à l’autre, les petites gentillesses, le soutien, le réconfort, l’écoute aimante… Il s’agit d’en faire autant avec ceux qui nous entourent. Autant de petits actes d’amour volontairement habituels qui entraînent le cœur à s’ouvrir, à mieux aimer, mais aussi à mieux recevoir. 

5. Conscience de soi

“Apportez un grand soin à l’examen de chaque soir” (avis 57)

« L’examen de conscience est un “classique” de la religion catholique, rappelle Henri Mialocq. Le but de cette plongée en soi est d’essayer de saisir, ou au moins d’approcher, ce qui fait obstacle à l’ouverture du cœur et de l’âme. Quelles peurs, quels doutes, quels refus nous empêchent d’avoir confiance, d’aller à la rencontre de notre désir ou de le soutenir. Il ne s’agit pas tant de faire le tri entre le “bien” et le  “mal” qu’entre le juste et l’erroné, entre ce qui renforce notre ego et ce qui agrandit notre être. Cet examen de conscience est aussi une invitation à écouter l’inconscient en nous – le douloureux, le pénible, le honteux – pour ne rien occulter de ce qui nous gêne ou nous blesse. » 

En pratique : pourquoi fais-je ou ai-je fait cela ? Vers où vais-je ? Ces deux questions font accéder à une conscience de soi plus profonde et questionnent la finalité de nos actes. Faire une relecture de ses journées par ce prisme permet d’éviter de tomber dans le gouffre de la culpabilité ou dans le faux confort de l’autocomplaisance. 

DONNEZ DE NOUVELLES PERMISSIONS À VOTRE ENFANT INTÉRIEUR

 

Une fois que nous avons commencé à soutenir notre enfant intérieur, nous nous retrouvons face à un autre dilemme. Étant donné que la plupart d’entre nous sommes issus de familles dysfonctionnelles, nous ne savons vraiment pas comment jouer le rôle de parent auprès de notre enfant intérieur afin de l’éduquer convenablement. Notre enfant intérieur blessé est puéril. Il a été soit trop, soit trop peu discipliné. Nous devons donc devenir de bons éducateurs en matière de discipline afin que notre enfant intérieur blessé puisse guérir. L’enfant en nous doit intérioriser de nouvelles règles qui lui permettront de croître et de s’épanouir. L’adulte en nous doit recueillir de nouvelles informations sur ce qui constitue une bonne discipline et il doit acquérir de nouvelles compétences afin d’interagir avec l’enfant intérieur. Nous devrons utiliser notre puissance d’adulte pour donner de nouvelles permissions à notre enfant intérieur. Il a besoin que nous lui donnions la permission de transgresser les anciennes règles parentales, la permission d’incarner son moi authentique et la permission de jouer.

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La discipline qui favorise la croissance

Quelqu’un a déjà souligné que «de tous les masques de la liberté, la discipline est le plus impénétrable », Cela me plaît. Sans discipline, notre enfant intérieur ne peut pas vraiment être libre. Scott Peck a des choses importantes à dire à ce sujet: il considère la discipline comme un ensemble de techniques conçues pour alléger l’inévitable souffrance de la vie. C’est très loin de ce que j’ai appris durant mon enfance. Au fond de mon subconscient, le mot «discipline» est synonyme de punition et de souffrance. Selon Scott Peck, une bonne discipline est constituée d’un ensemble de leçons sur la manière dont nous pouvons vivre notre vie plus gracieusement; elle sous-tend des règles qui permettent à la personne d’être qui elle est. Ce genre de règles rehausse notre existence et protège notre conscience du « Je suis ». C’est pourquoi je vous propose maintenant un ensemble de règles fructueuses que vous pourrez enseigner à votre merveilleux enfant intérieur.

    1. C’est bien d’éprouver ce que tu éprouves. Les émotions ne sont ni bien ni mal. Elles existent simplement. Il n’y a personne qui soit en mesure de te dicter ce que tu devrais éprouver. Il est bon et nécessaire de parler des émotions.

    2. C’est bien de vouloir ce que tu veux. Il n’y a rien que tu devrais ou ne devrais pas vouloir. Si tu es en contact avec ton énergie vitale, tu voudras croître et te développer. C’est bien et même nécessaire que tu combles tes besoins. C’est bien de demander ce que tu veux.

    3. C’est bien de voir et d’entendre ce que tu vois et ce que tu entends. Peu importe la nature de ce que tu as vu et entendu, c’est ce que tu as vu et entendu.

    4. C’est bien et nécessaire de jouer et d’avoir beaucoup de plaisir. C’est bien d’aimer le jeu sexuel.

    5. Il est essentiel que tu dises toujours la vérité. Cela atténuera la souffrance inhérente à la vie. Le mensonge déforme la réalité. Toutes les formes de distorsions de la pensée doivent être corrigées.

    6. Il est important que tu connaisses tes limites et qu’à l’occasion tu diffères les gratifications. Cela amoindrira la souffrance inhérente à la vie.

    7. Il est d’une importance décisive que tu développes un sens des responsabilités équilibré. Cela signifie que tu dois assumer les conséquences de tes actes et refuser d’assumer les conséquences des actes d’autrui.

    8.C’est bien de commettre des erreurs. Les erreurs sont nos professeurs, puisqu’elles nous aident à apprendre.

    9. Les émotions, les besoins et les désirs d’autrui doivent être respectés et valorisés. Le fait de bafouer les autres t’amène à éprouver de la culpabilité et t’oblige à en assumer les conséquences.

    10. C’est normal d’avoir des problèmes. Ils doivent être résolus. C’est normal de vivre des conflits. Eux aussi doivent être résolus.

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    Permettez-moi de commenter brièvement chacune de ces nouvelles règles.

Première nouvelle règle

Étant donné que ce sera très angoissant pour votre enfant intérieur blessé d’enfreindre l’ancienne loi familiale du silence ou celle qui condamne l’expression des émotions en les considérant comme des signes de faiblesse, vous devrez prendre soin de bien l’orienter dans ce domaine. Avant tout, cela signifie que vous lui donnerez la permission d’éprouver ce qu’il éprouve et que vous lui montrerez que les émotions ne sont ni bien ni mal. Mais vous devrez avoir une ligne de conduite claire en ce qui a trait à l’expression des émotions. Dans certains contextes, en effet, ce n’est ni sûr ni approprié d’exprimer ses émotions. Il ne serait pas souhaitable, par exemple, que vous encouragiez votre enfant intérieur à déclarer ses sentiments au policier qui vient de vous donner une contravention. Dans un même ordre d’idées, il est peu recommandable de faire connaître à ses parents son sentiment d’avoir été délaissé. Vous devez exprimer ces émotions selon les manières que j’ai décrites dans la deuxième partie.

Votre enfant intérieur doit également apprendre la différence entre exprimer une émotion et agir d’après une émotion. La colère, par exemple, est une émotion parfaitement légitime. Elle nous avertit que nos besoins ou nos droits fondamentaux ont été bafoués ou sont sur le point de l’être. Dans cette optique, il est légitime d’exprimer sa colère, mais beaucoup moins légitime de frapper, de blasphémer, de crier ou de détruire les biens d’autrui.

Vous devez trouver un milieu sûr où personne ne vous couvrira de honte lorsque votre enfant exprimera librement ses émotions. peut impliquer que vous vous joigniez à un groupe de soutien dont les membres travaillent sur des problèmes semblables aux vôtres. En outre, vous devrez montrer à votre enfant intérieur que vos émotions font partie intégrante de votre force intérieure. Elles sont le combustible psychique qui vous pousse à rechercher et à obtenir la satisfaction de vos besoins. Elles vous signalent la présence d’un danger, vous font savoir qu’on est en train de vous faire violence ou que vous avez perdu quelque chose d’important.

Deuxième nouvelle règle

La deuxième nouvelle règle neutralise l’humiliation toxique qu’éprouve votre enfant intérieur blessé face à ses besoins et à ses désirs. Vous rappelez-vous les parents âgés de trois ans et pesant plusieurs dizaines de kilos? En tant qu’adultes enfants, ils n’ont jamais pu assouvir leurs besoins ou leurs désirs; par voie de conséquence, sitôt que vous manifestiez des besoins ou des désirs, ils se mettaient en colère et vous couvraient de honte.

Intoxiqué par la honte, votre enfant intérieur ne croit pas qu’il a le droit de désirer quoi que ce soit. Néanmoins, vous pouvez prendre sa défense en étant très attentif à ses besoins et à ses désirs. Vous ne serez peut-être pas toujours en mesure de lui donner ce qu’il veut, mais vous pourrez l’écouter et lui donner la permission de désirer. Si nous n’avions aucun désir et aucun besoin, notre énergie vitale finirait par s’annihiler.

Troisième nouvelle règle

La troisième règle contrebalance l’illusion et le mensonge qui prévalent dans les familles dysfonctionnelles, et engendrent de surprenantes réponses. La petite Julie arrive de l’école et voit sa mère en train de pleurer. Elle demande: «Qu’est-ce que tu as, maman?» Sa mère répond: «Je n’ai rien. Va jouer dehors! » Un bon matin, le petit Farquhar voit son père étendu à côté de la voiture, dans le garage. Intrigué et confus, il demande à sa mère pourquoi papa est couché là. Elle lui répond que son père a besoin de dormir sur le plancher de béton du garage « parce qu’il a mal au dos» ! Le jeune Daniel entend son père et sa mère qui se disputent. Leurs cris l’ont tiré de son profond sommeil. Il va jusqu’à leur chambre et veut savoir ce qui se passe. Ses parents lui disent : «Ce n’est rien. Retourne te coucher. Tu as dû rêver!»

L’enfant qui reçoit ce genre de messages ne peut plus se fier à ses propres sens. Ainsi privé d’informations sensorielles, il lui sera difficile de vivre dans la réalité. Les enfants possèdent une expertise en matière de sensibilité sensorielle ; nous avons donc particulièrement besoin de notre enfant intérieur dans ce domaine. Mais pour pouvoir profiter de son expertise, nous devons lui donner la permission de voir, d’écouter, de toucher et d’explorer le monde extérieur.

Quatrième nouvelle règle

La quatrième règle concerne le jeu et le plaisir. Jouer, c’est une façon de simplement être. J’ai appris à concevoir mon emploi du temps de manière à me réserver certains moments de jeu durant lesquels je peux aller pêcher ou jouer au golf ou encore ne rien faire. Cela me plaît d’aller quelque part seulement pour y flâner. Flâner et ne rien faire sont deux formes du jeu adulte. Nous comblons notre besoin d’être lorsque nous donnons à notre enfant intérieur la permission de jouer.

Le jeu sexuel représente une autre merveilleuse forme d’amusement pour adultes. Il recouvre son meilleur aspect à partir de l’instant où l’adulte en nous sort ses parents de la chambre, verrouille la porte et laisse son gamin intérieur naturel se débrouiller. L’enfant intérieur adore toucher, goûter, sentir et parler durant le jeu sexuel. Il adore prendre le temps d’explorer, particulièrement s’il a été élevé dans la honte de la sexualité ou si on lui a interdit de regarder ce qui l’attirait. Il est indispensable que vous laissiez votre enfant intérieur s’ébattre et s’amuser sexuellement. Certes, votre adulte doit établir pour lui les limites morales auxquelles vous adhérez, mais à l’intérieur de ces limites, il est bon que votre vie soit riche en jeux sexuels.

Cinquième nouvelle règle

La cinquième règle est probablement la plus importante de toutes. Etant jeune, votre enfant naturel a appris à s’adapter afin de survivre. Or, dans les familles dysfonctionnelles, on ment beaucoup. L’illusion et la dénégation qui y règnent sont des mensonges. Les faux rôles familiaux que les membres y jouent sont des mensonges. Pour dissimuler les aspects désagréables de la vie familiale, on a besoin de mentir. Le mensonge devient un mode de vie, et pour s’en libérer, votre enfant intérieur devra faire de grands efforts.

Votre enfant intérieur blessé a également des façons de penser qui nient la réalité et déforment la vérité. Comme tous les enfants, il a une pensée magique et absolutiste qui doit être affrontée. De plus, votre enfant intérieur blessé ayant profondément honte de lui-même, vous devez corriger sa pensée empreinte de honte. Voici quelques-unes des distorsions de la pensée les plus courantes auxquelles vous devrez prendre garde en parlant avec lui.

ENFANT

    La pensée polarisée. L’enfant intérieur blessé conçoit tout d’un point de vue extrémiste. C’est tout l’un ou tout l’autre; il n’y a rien entre les deux: les choses et les gens sont soit bons soit mauvais. L’enfant intérieur blessé pense que si une personne ne veut pas rester près de lui chaque minute de chaque jour, cela signifie qu’elle ne l’aime pas vraiment. Il s’agit d’un mode de pensée absolutiste; il est dû au fait que, étant bambin, l’enfant a mal intégré la notion de permanence de l’objet. L’absolutisme conduisant au désespoir, vous devez faire comprendre à votre enfant intérieur que la vérité, c’est que tout le monde est à la fois bon et mauvais et que l’absolu n’existe pas.

    Le catastrophisme. Votre enfant intérieur blessé a appris à s’épouvanter et à se catastropher par l’entremise de l’enfant intérieur blessé de vos parents. Votre éducation représentait souvent un fardeau trop lourd à porter pour les adultes enfants qu’étaient vos parents. Ils vous ont tourmenté, inquiété et hypnotisé avec leur interminable déluge de rappels à l’ordre angoissés. Juste au moment où vous aviez besoin de sécurité pour explorer et expérimenter, ils vous terrorisaient à coups de plaintes telles que: « Attention! », «Prends garde !», «Arrête-toi! », «Ne fais pas ça !» et «Dépêche-toi! », Il ne faut pas s’étonner que votre enfant intérieur soit hypervigilant: on lui a appris que le monde est un lieu effroyable et dangereux. Cependant, vous pouvez maintenant le soutenir en lui donnant la permission de s’aventurer et de faire des expériences tout en lui assurant que c’est bien puisque vous êtes là pour veiller sur lui.

    L’universalisation. Votre enfant intérieur blessé a tendance à faire des généralisations par trop absolues à partir d’incidents mineurs. Si votre partenaire amoureux vous annonce qu’il aimerait passer la soirée à lire chez lui, votre enfant intérieur entend sonner le glas de la relation. Si quelqu’un refuse de sortir avec vous, votre enfant intérieur blessé en conclut: «Je n’obtiendrai jamais un autre rendez-vous. Les gens refuseront toujours de sortir avec moi.» Si vous apprenez à faire du ski nautique et que vous n’arrivez pas du premier coup à vous tenir sur les skis, votre enfant intérieur en déduit que vous n’apprendrez jamais à maîtriser les techniques de ce sport.

Vous pouvez par conséquent soutenir votre enfant en confrontant et en corrigeant sa tendance à universaliser. Pour ce faire, vous pouvez notamment exagérer les mots tels que tout, jamais, personne, toujours, rien, etc. Chaque fois que votre enfant dit des choses comme: «Personne ne fait jamais attention à moi», répondez: «Tu veux dire que pas une seule personne dans le monde entier ne t’a jamais, jamais, jamais regardé ni parlé ?» Parallèlement, apprenez-lui à utiliser plutôt des mots comme souvent, peut-être et quelquefois.

Les mots ancrent nos expériences. En outre, nous nous hypnotisons littéralement avec eux. Notre enfant intérieur blessé s’effraie lui-même avec des mots dénaturés. Mais, utilisés correctement, les mots peuvent témoigner de notre honnêteté et nous servir à dire la vérité. Notre gamin intérieur a besoin d’apprendre à être honnête.

    La divination. La divination est une forme de magie. La pensée magique fait partie de la nature des enfants, et lorsque les parents affirment des choses comme: «Je sais à quoi tu penses », ils renforcent leur pensée magique. Par ailleurs, à partir du moment où les perceptions sensorielles de l’enfant sont constamment reniées, celui-ci s’en remet de plus en plus à la magie. Si bien que votre enfant intérieur pourrait dire des choses telles que: «Je sais que mon patron s’apprête à me congédier. Je peux le deviner juste à la façon dont il me regarde.»

La divination découle également des projections auxquelles se livre votre enfant intérieur blessé. Supposons qu’il n’aime pas quelqu’un et que vos parents avaient l’habitude de vous gronder quand vous manifestiez votre aversion envers certaines personnes.

L’antipathie qu’éprouve votre enfant est maintenant dissimulée et reliée à la honte. Cela se vérifie quand il dit: «Je pense que monsieur Untel ne m’aime vraiment pas.» En réalité, c’est votre enfant intérieur qui n’aime vraiment pas monsieur Untel.

Il est essentiel que vous affrontiez l’esprit de divination de votre enfant intérieur. Il y a assez de choses menaçantes en ce monde sans qu’on ait besoin d’en rajouter. Apprenez-lui à vérifier ses croyances. Donnez-lui la permission de poser beaucoup de questions.

Le fait d’être honnête et de dire la vérité crée la confiance, et la confiance engendre l’amour ainsi que l’intimité. Chaque fois que votre enfant intérieur essaie de mentir, d’exagérer ou de déformer la réalité en recourant à l’absolutisme et à la magie, vous devez corriger son attitude. L’amour et une discipline fondée sur le respect diminuent la souffrance occasionnée par le mensonge et les distorsions de la pensée.

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Sixième nouvelle règle

La sixième règle concerne les besoins voraces de l’enfant intérieur. Tous les enfants veulent ce qu’ils veulent au moment précis où ils le veulent. Ils ont une très faible tolérance à la frustration et aux retards. Le fait d’apprendre à différer les gratifications est inhérent au processus de croissance, et cela nous aide à diminuer les souffrances et les, difficultés de la vie. Car à quoi bon s’empiffrer, par exemple, pour éprouver un peu plus tard un malaise et des maux d’estomac; ou encore à quoi bon dépenser tout son argent d’un seul coup et n’avoir plus rien ensuite?

L’enfant sans cesse privé et négligé a beaucoup de mal à différer les gratifications. Votre enfant intérieur blessé croit qu’il existe dans son monde une grave pénurie d’amour, de nourriture, de caresses et de plaisir. Par voie de conséquence, dès qu’il a l’occasion d’obtenir ces choses, il s’emballe.

Pendant des années, j’ai mis dans mon assiette plus de nourriture que je ne pouvais en avaler. Cependant, je mangeais toujours toute mon assiettée. Je me surprenais également à acheter de nombreuses choses dont je n’avais nul besoin, simplement parce que j’avais l’argent nécessaire pour me le payer. J’avais l’habitude d’accumuler ces objets dans ma chambre jusqu’à en être envahi. Je me surprenais aussi à éprouver de la jalousie envers tout autre thérapeute ou animateur qui jouissait d’une certaine popularité. Comme s’il n’y avait pas eu assez de gens ayant besoin de recouvrer la santé; ou comme s’il n’y avait eu qu’une réserve limitée d’amour et d’admiration, et que, si une autre personne en recevait, moi, j’allais en être privé. Tout cela faisait partie des épanchements de mon enfant intérieur blessé. Il croyait qu’on ne me donnerait jamais ma part du gâteau et que, pour mon bien, je devais m’arranger pour en obtenir le plus possible au moment où j’en avais la chance. Ses «indulgences» m’ont causé de nombreuses souffrances au fil des ans.

Je prends maintenant le parti de mon enfant intérieur blessé en m’occupant très bien de lui. Je lui promets des choses merveilleuses et je tiens toujours les promesses que je lui ai faites. Vous devez être rigoureusement fidèle à vos promesses si vous désirez gagner la confiance de votre enfant intérieur. En donnant à mon enfant des tas de bonnes choses, je l’éduque. Il lui arrive parfois encore de prendre le dessus, mais cela se passe tellement mieux qu’avant. Je lui prouve que nous pouvons avoir plus de plaisir en retardant le moment de nous récompenser et ça porte ses fruits.

Récemment, par exemple, j’ai fait une expérience avec lui. Il adore les bonbons, les tartes, les sundaes, etc. Je lui ai permis de manger toutes les sucreries qu’il voulait pendant une semaine. A la fin de cette semaine-là, nous avons évalué comment nous nous sentions. C’était terrible: j’avais pris plus de deux kilos et mon ventre débordait de mon inconfortable pantalon de taille 38. J’ai alors refusé toute sucrerie à mon enfant intérieur pendant six jours au cours desquels nous avons fait l’exercice le plus souvent possible. Le dimanche, je lui ai êrmis de manger des gâteries. Nous avons ensuite réévalué comment nous nous sentions. Beaucoup, beaucoup mieux. En réalité, nous n’avons pas mangé énormément de sucreries ce dimanche-là.

Ce régime risquerait fort peu d’être endossé par une quelconque association de médecins ou de diététistes, mais il m’a permis de prouver au Petit John qu’il y a plus de plaisir à différer les gratifications qu’à sauter dessus comme un goinfre.

Septième nouvelle règle

La septième règle est une des clés du bonheur. Une si grande partie de la souffrance humaine provient du fait que l’enfant intérieur blessé prend sur lui trop de responsabilités ou, au contraire, refuse d’en assumer sa juste part!

Vous devez carrément faire face aux conséquences de votre comportement. En retrouvant votre enfant intérieur blessé, vous avez commencé à travailler votre sens des responsabilités. La plupart des réponses de l’enfant intérieur ne sont pas de vraies réponses; ce sont plutôt des réactions ancrées et souvent excessives. Une vraie réponse prend sa source dans de vraies émotions et relève d’une décision consciente. Pour être à même d’avoir une vraie réponse, on doit être en contact avec ses émotions, ses besoins et ses manques. Or, les adultes qui vivent avec un enfant intérieur blessé sont jusqu’à un certain point coupés de tout cela.

Soutenir votre enfant intérieur, c’est lui apprendre à agir plutôt qu’à reagir. Pour agir, vous devez être en mesure de répondre ; cette capacité se manifeste lorsque c’est vous qui maîtrisez la vie de votre enfant intérieur et non pas lui qui maîtrise la vôtre.

La relation d’intimité est, à ma connaissance, ce qui illustre le mieux combien il est important d’assumer cette responsabilité. Nous pouvons établir des relations intimes parce que nous avons tous un enfant intérieur merveilleux et vulnérable. Deux personnes «en amour » reproduisent la symbiose qui caractérise le premier lien entre la mère et l’enfant. En substance, elles fusionnent l’une avec l’autre. Elles éprouvent un sentiment tout-puissant d’unité et de force. Chacun partage son moi le plus vulnérable et le plus profond avec l’autre.

Cette extrême vulnérabilité conduit les adultes à avoir peur des relations intimes et à détruire en fin de compte toute intimité. Dans une relation amoureuse, la destruction de l’intimité survient quand l’un des partenaires, ou les deux, refuse d’assumer la responsabilité de l’enfant vulnérable qu’il porte en lui.

Examinons ce qui se passe à partir de l’instant où deux adultes enfants tombent amoureux. Leurs enfants intérieurs blessés sont transportés. Chacun voit dans l’autre les qualités et les défauts de ses parents. Chacun croit que, cette fois, les besoins inassouvis de son enfant seront finalement pris en considération. Chacun prête à l’autre une force démesurée et lui accorde une estime excessive. Chaque enfant blessé considère l’autre comme son parent. Peu de temps après le mariage, les deux partenaires commencent à manifester l’un envers l’autre leurs exigences. Celles-ci masquent leurs attentes essentiellement inconscientes qui découlent des désirs ardents et du sentiment de vide qu’éprouve l’enfant intérieur blessé niché en chacun d’eux. La nature a horreur du vide, et un élan vital pousse l’enfant intérieur blessé à finir ce qui n’est pas terminé. Il recherche l’affection parentale qu’il n’a jamais eue, mais qu’il désire toujours aussi vivement obtenir. Emporté par cette quête, l’un des partenaires peut même inciter l’autre à adopter le comportement de l’un de ses parents. À certains moments, il peut dénaturer les actes de son partenaire de manière à accentuer la ressemblance entre celui-ci et son parent réel. A tout prendre, cette perspective n’est pas rose! Cela équivaut à un mariage entre deux enfants de quatre ans qui tenteraient d’assumer des responsabilités d’adultes.

Si vous avez retrouvé votre enfant intérieur, vous avez une chance de connaître l’intimité. En le soutenant, vous vous rendez responsable de sa vulnérabilité. Le fait de vous engager à devenir le parent de votre enfant intérieur vous évite de nouer un lien avec une personne en espérant que celle-ci remplacera vos parents perdus. L’intimité devient possible lorsque chaque partenaire assume la responsabilité de son propre enfant intérieur vulnérable. Par conséquent, elle ne pourrait se créer si vous essayez d’obtenir de votre partenaire ce que vos parents ont été incapables de vous donner.

Huitième nouvelle règle

La huitième règle vous offre le moyen d’apprendre à votre enfant intérieur ce qu’est la honte normale. La honte toxique nous contraint à être plus qu’humains (des modèles de perfection) ou moins qu’humains (des ploucs). La honte normale nous permet de nous tromper, l’erreur étant foncièrement humaine. Elle tient compte de ce que nos erreurs nous servent d’avertissements et de ce que nous pouvons en tirer des leçons valables durant toute notre vie. En accordant à notre enfant intérieur le droit de se tromper, elle lui offre la possibilité de se montrer plus spontané. Car vivre dans l’appréhension des erreurs, c’est marcher continuellement sur des œufs et mener une existence circonspecte, superficielle. Si votre enfant intérieur croit devoir surveiller chacune de ses paroles afin de ne jamais rien dire de mal, il ne dira probablement jamais rien qui vaille. Il pourrait bien aussi ne jamais demander d’aide ni vous dire qu’il souffre ou qu’il vous aime.

Neuvième nouvelle règle

La neuvième règle est la Règle d’Or. Elle demande à votre enfant intérieur d’avoir pour les autres autant d’amour, d’estime et de respect que vous en avez pour vous-même. Elle lui fait également comprendre que s’il enfreint cette règle, il devra en assumer les conséquences.

Notre enfant blessé doit en effet apprendre à répondre de ses actes et faire l’expérience d’une saine culpabilité, cette forme de honte morale nous informant que nous avons bafoué nos propres valeurs et celles des autres et qu’il y a un prix à payer pour cela. La saine culpabilité est à la base de la saine conscience dont notre enfant intérieur a besoin. L’agressivité dont j’ai parlé précédemment vient surtout du fait que notre enfant blessé n’a jamais développé sa propre conscience.

Lorsqu’un enfant maltraité s’identifie à son agresseur, il hérite également du système de valeurs déformé propre à cet agresseur. Lorsqu’un enfant a vu ses comportements répréhensibles renforcés par l’excès d’indulgence ou de complaisance de ses parents, il en a déduit que les règles ordinaires des gens moyens ne s’appliquaient pas à lui: de par Son « statut particulier», il s’est cru autorisé à se placer au-dessus des règles.

Dixième nouvelle règle

La dixième règle laisse savoir à l’enfant intérieur que la vie est fertile en problèmes, lui qui s’indigne si souvent devant les aléas et les difficultés de l’existence en gémissant «Ce n’est pas juste! », «Je ne peux pas croire que ça me soit arrivé à moi! »: voilà une phrase que j’ai souvent entendue en tant que thérapeute. Comme si les problèmes et les difficultés étaient de mauvais tours que nous jouait un esprit sadique caché dans le cosmos! Les problèmes et les difficultés font partie de l’existence de tout un chacun et, ainsi que Scott Peck l’a dit: «Nous ne pouvons résoudre les problèmes de la vie qu’en les résolvant.» De fait, la manière dont nous transigeons avec nos problèmes et nos difficultés détermine la qualité de notre vie. Un thérapeute de Chicago, Terry Gorski, a avancé que «croître, c’est passer d’un ensemble de problèmes à un meilleur ensemble de problèmes », J’aime bien cette observation. Elle est absolument vraie en ce qui concerne ma vie. Chaque nouveau succès apporte de tout nouveaux problèmes.

Nous devons apprendre à notre enfant intérieur qu’il est normal d’avoir des problèmes et qu’il faut les accepter. Nous devons également lui faire comprendre que les conflits sont inévitables dans les relations humaines. En réalité, l’intimité n’est possible qu’à condition que la relation soit en mesure d’absorber les conflits. Nous devons montrer à notre enfant intérieur comment lutter honnêtement, en respectant les règles du jeu, et comment résoudre ses différends.

En apprenant ces nouvelles règles à votre enfant intérieur, vous lui donnerez la permission d’enfreindre ses anciennes lois. Une fois qu’il les aura intériorisées, elles deviendront pour lui une seconde nature, stimulant son narcissisme et favorisant la guérison de sa blessure spirituelle.

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LA PERMISSION D’ÊTRE VOUS-MÊME

Votre enfant intérieur a besoin que vous lui donniez la permission inconditionnelle d’être lui-même et, dans cet ordre d’idées, la discipline éducative que je viens d’exposer lui fera faire de grands pas vers le rétablissement de son moi. Cependant, vous pouvez l’aider encore davantage en lui donnant la permission d’abandonner le(s) rôle(s) rigide(s) qu’il a endossé(s) afin d’équilibrer son système familial et de sentir qu’il était important aux yeux des autres. J’ai déjà suffisamment parlé des rôles et de la façon dont ils se mettent en place dans un système familial dysfonctionnel. Vous avez commencé à permettre à votre enfant intérieur d’abandonner ces rôles figés quand vous avez retrouvé votre moi de bambin puis votre moi d’enfant d’âge préscolaire, et vous allez maintenant pouvoir aller plus loin. Dans cette démarche, les rubriques suivantes pourront vous servir de modèle général pour travailler tous les rôles que joue votre faux moi. Laissez tomber les rôles de votre faux moi

Première étape

Tout d’abord, vous avez besoin de vous faire une image plus claire de vos divers rôles au sein de votre système familial. Comment avez-vous appris à vous sentir important lorsque vous étiez enfant? Que faisiez-vous pour maintenir les liens de la famille et combler ses besoin ? Voici quelques-uns des rôles les plus couramment adoptés: le Héros, la Vedette, le Perfectionniste, le Petit Homme de maman, l’Époux Substitut de maman ou l’Épouse Substitut de papa, la Petite princesse de papa, le Copain de papa, la Complice de collège ou la Soeur de sang de maman, le Soutien ou le Protecteur de maman ou papa, la Mère de maman, le Père de papa, le Pacificateur, le Médiateur, l’Enfant Sacrifié, le Bouc Émissaire ou le Rebelle de la famille, l’Incapable, l’Enfant Problème, l’Enfant Perdu, la Victime. Les rôles sont inépuisables, mais chacun remplit la même fonction: garder le système familial en équilibre, immobile et à l’abri du changement.

Chaque rôle fournit également à la personne qui le joue un moyen de dissimuler sa honte toxique. Le rôle nous structure et nous définit; il prescrit un ensemble de comportements et d’émotions. Ainsi au fur et à mesure que nous jouons nos rôles, notre moi authentique devient de plus en plus inconscient. Comme je l’ai expliqué précédemment, au fil des ans, nous développons une accoutumance à nos rôles.

Soutenir votre enfant intérieur, c’est lui permettre de choisir ce qu’il veut préserver dans ses rôles et ce qu’il désire laisser tomber. Il importe que vous lui montriez clairement que ses rôles n’ont vraiment servi à rien. Pour ma part j’ai demandé ceci à mon enfant intérieur blessé: «En jouant tes rôles de Vedette, de Perfectionniste et de Protecteur, est-ce que tu as réellement sauvé quelqu’un dans ta famille !» La réponse immédiate a été «Non». Je lui ai aussi demandé: «Le fait d’être une Vedette, un Perfectionniste et un Protecteur t’a-t-il procuré une paix intérieure durable?» Encore une fois, sa réponse a été «Non» ; il se sentait encore vide, seul et déprimé la plupart du temps.

Finalement, je lui ai demandé: «Quelles émotions as-tu été obligé de refouler afin de jouer tes rôles de Vedette, de Perfectionniste et de Protecteur?» Il m’a répondu que j’avais dû taire ma peur et ma colère; je devais toujours être fort, gai et positif. Derrière mes rôles surhumains se terrait un petit garçon seul, effrayé et pétri de honte.

Deuxième étape

Vous êtes maintenant prêt à laisser votre enfant intérieur éprouver les émotions que lui interdisaient ses rôles. Dites-lui que c’est bien de se sentir triste, apeuré, seul ou fâché. Vous avez déjà accompli une bonne part de ce travail dans la deuxième partie de ce livre mais, en tant que nouveau défenseur de votre enfant blessé, vous devez lui faire savoir qu’il a la permission d’éprouver les sentiments précis que ses rôles rigides prohibaient. Vous lui donnerez ainsi la permission d’être lui-même.

Il est particulièrement important que vous le protégiez à cette étape-ci, car les sentiments refoulés sont si redoutables à partir du moment où ils commencent à émerger qu’ils pourraient accabler votre enfant intérieur. Vous devrez procéder lentement et lui donner beaucoup d’encouragements affectueux. Chaque fois que nous changeons un vieux schéma acquis dans notre famille d’origine, cela nous semble peu familier (littéralement, c’est «non familial »). Nous ne nous sentons pas «chez nous» dans notre nouveau comportement. Le fait d’éprouver de nouvelles émotions semblera étrange, peut-être même fou, à votre enfant intérieur. Soyez donc patient avec lui, car il ne se risquera pas à faire l’expérience de ces nouveaux sentiments s’il ne sent pas qu’il jouit d’une sécurité absolue.

Troisième étape

Pour explorer votre liberté nouvellement acquise, vous devrez chercher les nouveaux comportements qui vous permettront d’expérimenter votre moi dans un contexte différent. En ce qui me concerne, par exemple, j’ai fait appel à la créativité de mon adulte afin qu’il me dise les trois choses que je pouvais faire pour échapper à mes rôles de Vedette et de Perfectionniste. Demandez vous aussi à l’adulte créatif en vous de choisir trois attitudes précises. Voici ce que le mien m’a proposé:

    1. Je peux me rendre à un séminaire ou bien à un atelier où personne ne me connaît et m’attacher à n’être qu’un membre du groupe, un participant comme les autres.

    2. Je peux faire un travail médiocre pour m’acquitter d’une tâche quelconque. Je l’ai fait alors que j’écrivais un article pour un journal.

    3. Je peux seconder les efforts d’une autre personne qui est le centre d’intérêt d’un groupe ou d’une assemblée. Je l’ai fait en partageant l’estrade avec un collègue à Los Angeles. Les feux de la rampe étaient braqués sur lui.

Toutes ces expériences ont été bénéfiques pour moi. J’ai découvert comment je pouvais me sentir en faisant partie d’un groupe plutôt qu’en étant la Vedette. Je me suis laissé le choix de ne pas viser la perfection. J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer un rôle de soutien auprès de quelqu’un d’autre. Quant à mon enfant intérieur, il a aimé accomplir ces choses. Il était si fatigué de toujours devoir être une Vedette ou un Perfectionniste.

À cette étape, je savais que mon rôle de Protecteur était encore plus influent, car il représentait mon moyen le plus significatif de compter aux yeux des autres. La perspective de modifier ce rôle était d’autant plus inquiétante. La première fois que je m’y suis attaqué, je me suis proposé les nouveaux comportements suivants:

    1. Je réduis le temps que je consacre à la consultation de cinquante à quarante heures par semaine.

    2. Je change le numéro de téléphone de mon domicile (que j’avais donné à mes clients) afin d’obtenir un numéro confidentiel. J’installe un répondeur téléphonique pour les consultations urgentes.

    3. Je refuse de consacrer mes temps libres à des réunions sociales au cours desquelles j’ai l’habitude de répondre aux questions des participants relatives à leurs problèmes personnels.

Quand j’ai adopté un de ces comportements pour la première fois, je me suis senti coupable. Il me semblait que j’étais égoïste. Mais petit à petit, mon enfant intérieur en est arrivé à constater que les gens m’estimaient et me respectaient toujours. Lorsque j’ai découvert que j’étais digne d’estime et d’amour sans devoir faire ces choses pour les autres, j’ai franchi une étape importante dans ma croissance personnelle.

Quatrième étape

Enfin, vous devez aider votre enfant intérieur à choisir ce qu’il désire conserver dans ses rôles. Moi, par exemple, j’adore parler à des centaines de personnes quand je donne des conférences ou des séminaires. Mon enfant intérieur aime raconter des blagues et entendre rire les gens. Il aime aussi les moments où les applaudissements fusent à la fin d’une causerie ou d’un atelier. C’est pour cette raison que lui et moi avons décidé de continuer à faire ce travail.

Mon enfant intérieur m’a fait savoir que je le faisais mourir avec mes rôles de Gentil Garçon, de Protecteur et de Vedette. Au cours de mes ateliers ou de mes séminaires, par exemple, j’avais l’habitude de ne jamais prendre de repos. Pendant toutes les pauses, je parlais avec les gens, je répondais à leurs questions, j’essayais de les faire profiter d’une thérapie en trois minutes et je dédicaçais des livres. Je pouvais également rester une heure et demie de plus après avoir terminé une conférence ou un atelier. Résultat, je travaillais parfois douze heures de suite.

Un soir que je rentrais chez moi, dans l’avion qui me ramenait de Los Angeles, mon enfant intérieur a tout simplement éclaté en sanglots. Je ne parvenais pas à croire que cela m’arrivait, mais j’ai compris le message. Mon enfant intérieur voulait bien que nous gardions le rôle de Vedette, mais le Protecteur devait s’effacer. J’ai donc effectué certains choix qui lui plaisent. Depuis quelques années, nous nous envolons toujours en première classe. On vient fréquemment nous chercher en limousine. Durant les ateliers, au moment de la pause, plusieurs personnes sont chargées de s’occuper de nous. Nous utilisons ce moment pour nous reposer et manger un fruit frais ou toute autre nourriture légère.

Maintenant, mon enfant intérieur et moi donnons une attention de qualité aux autres. Néanmoins, nous prenons aussi bien soin de nous-mêmes. Et nous laissons les autres s’occuper de nous. Nous avons choisi d’être une Vedette, mais pas au prix de notre conscience d’être. Nous avons choisi de nous occuper des autres, mais nous ne sommes pas obsédés par cette tâche. Nous ne croyons plus que nous perdrions notre importance si nous ne prenions plus soin des autres. Je me préoccupe de mon enfant intérieur; je l’appuie et je lui dis que je l’aime exactement tel qu’il est. Mon enfant ne croit plus désormais qu’il doit renoncer à son moi authentique afin d’être aimé. Nous savons tous deux que la relation la plus décisive dans notre vie est celle que nous entretenons l’un avec l’autre.

Je lui ai donné la permission d’être qui il est et c’est cela qui a fait toute la différence.

Bradshaw John

par JOHN BRADSHAW

Extraits de son livre RETROUVER L’ENFANT EN SOI
Les Éditions de l’Homme, 2004

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