Archives pour la catégorie TAO des arbres

Un fascinant voyage dans l’intimité du monde végétal

 

Ce qui n’a pas de nom n’existe pas », disait Boileau. Bienvenue dans le réel, répond Maurice Reille avec son tout nouveau Dictionnaire visuel de botanique (Ulmer, 303 p. 29,90 €.), outil impressionnant qui permet de décrire, pour les identifier, les plantes que l’on croise, sur les chemins ou sous son râteau.

livreQuestion agriculture générale, on y apprend des choses incroyables : que la tomate est une baie (fruit charnu dont les graines sont des pépins) comme l’avocat, la citrouille ou la datte ; que les petits cercles ronds tendus , genre de papier de soie, produits par la monnaie-du-pape (Lunaria annua) s’appellent des silicules ; qu’en raison de leurs « noyaux », on peut traiter de drupes les fraises, les mûres, les prunes et même les ananas ; que la noisette est un akène (fruit qui ne s’ouvre pas à maturité et qui contient une graine) et même une nucule, tant sa coque est dure ; ou que, chez les érables, larguer les samares ne veut pas dire partir à l’aventure, mais disperser au vent ses graines ailées.

C’est la force des dictionnaires que de vous balader d’un bout à l’autre de leurs pages, une idée en amenant une autre. Ici, le principe fonctionne à merveille. En 428 entrées qui sont autant de ports, Reille visite 867 espèces végétales et fait faire à son lecteur un périple irrésistible. Le voyage est d’autant plus tentant qu’il fournit au voyageur les bases d’un langage qui lui permettra de voir son jardin d’un autre œil et de discuter à binettes égales (ou presque…) avec son pépiniériste favori.

Plante « vernale »
Savoir que le très bel eucalyptus de votre tante Francine a des feuilles « perfoliée s » (c’est-à-dire que la tige semble les traverser en leur centre) lorsqu’on a oublié qu’il répondait au doux nom de Baby blue peut faire gagner du temps. Ne pas ignorer, non plus, qu’une plante « vernale » fleurit au printemps…

Mais les richesses de vocabulaire ne sont pas les seuls attraits de ce livre qui est également, grâce aux nombreux clichés de l’auteur (plus de 2200), un voyage intime au cœur des organismes végétaux. Grâce à la photo macro, Reille met en vedette les mécanismes vitaux de végétaux rares ou extrêmement communs révélant, sous son objectif, un monde incroyable.

Monstre rigolard
Le sourire rose et vert de son gynostème (la partie reproductrice de son anatomie) transforme l’orchis géant en un monstre rigolard et l’ovaire d’une simple violette semble pavé de grains de caviar… Même curiosité pour les feuilles dont les limbes, à l’échelle d’un œil de fourmi, se font tantôt broderies, tantôt feutre, tantôt labyrinthes. Plus impressionnantes encore sont les graines. On observe leur ordonnancement, simple ou compliqué, mais aussi l’ingéniosité avec laquelle cet embryon en sommeil voyage vers sa future vie.

Saule Marsault
Fourrées comme celles du saule Marsault, ailées comme celles de la gentiane jaune, sculptées chez les pieds-d’alouette ou les jusquiames, elles sont, chez les épilobes, si poilues que l’on dirait les mouches que les pêcheurs confectionnent pour taquiner la truite.

Ce foisonnement fait passer le côté impénétrable de certaines définitions que l’on croit, en début de lecture surtout, réservées aux seuls botanistes chevronnés. Mais la timidité intellectuelle ne dure pas : on s’habitue. Et puis, savoir que « dans la grande famille des Astéracées, l’ovaire infère est toujours uniovulé et le fruit monosperme vous pose un jardinier, non ?

Valérie Lejeune
Le Figaro

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Histoire d’une relation vitale

 

 

​Choisir et planter un arbre n’est jamais anodin. Cela peut être l’occasion de marquer un événement important de notre vie de famille, mariage, naissance, anniversaire, crémaillère…

 

 La symbolique de l’arbre

Derrière l’arbre se cache une forêt de symboles. On les retrouve dans l’histoire de toutes les religions et dans les traditions populaires du monde entier. L’arbre du fruit défendu, l’arbre de la connaissance, l’arbre sacré, l’arbre à palabres… et bientôt l’arbre de votre jardin secret ! Inconsciemment vous serez influencé par cette puissance symbolique avant de faire votre choix. 

Celle-ci est parfois encore très présente dans nos esprits : force et solidité pour le chêne, paix et fécondité pour l’olivier ; gloire et immortalité pour le palmier, douceur et délicatesse pour le bouleau ; indépendance et liberté pour l’érable…

 

Personnellement, en l’an 2000, j’ai planté mon propre chêne, le voici aujourd’hui, il a désormais 16 ans :

 

Chêne dans mon jardin

 

 

Planter un arbre un geste pour l’environnement

À travers leurs métamorphoses successives, ils nous font vivre en direct le rythme des saisons. Les plus expressifs dans ce domaine sont les espèces à feuillage caduc et à floraison printanière. Nous avons besoin des arbres dans notre environnement le plus proche, d’autant plus dans les jardins urbains où planter un arbre devient un geste “écologiquement correct”. 

Très vite, vous en ressentirez les bienfaits. Grâce à la photosynthèse, leur large parure de feuillage absorbe le dioxyde de carbone et rejette de l’oxygène. Elle diffuse aussi une certaine fraîcheur en humidifiant l’air ambiant : effet climatiseur garanti ! Par son métabolisme, l’arbre purifie l’atmosphère en réduisant la quantité de gaz polluants et en absorbant une partie des particules fines. 

Porteur d’espoir, marqueur du temps qui passe, vecteur de biodiversité, l’arbre, quelle que soit sa taille, dépasse toutes nos espérances.

Respect !

 

 

 

L’arbre et la notion de renouveau

:

La Chine , nous l’avons déjà vu, ne possède pas le monopole exclusif du symbolisme de l’arbre.

On retrouve bien évidemment l’arbre de vie dans la Kabbale et l’arbre de la connaissance (ou du péché !) dans la bible au coté de Adam et Eve. Mais on le retrouve également avec Ygdrasil l’arbre cosmique de la mythologie scandinave sans parler des arbres du zodiaque et des arbres généalogiques qui symbolisent la succession des générations, donc le passé, le présent et le futur. L’arbre représente donc et bien l’axe du monde (axis mundi) qui relie le Ciel et la Terre.

En énergétique chinoise l’arbre, donc le Bois, symbolise le Printemps, l’Est, l’Orient, le Petit (ou Jeune) Yang, la croissance, la régénération, la renaissance et la résurrection.

Il  puise sa force dans les profondeurs de la Terre , ce qui correspond au Nadir, au Grand Yin, au Nord, à l’Eau grâce à ses racines mais sort de l’obscurité pour venir à la rencontre de la lumière. Chaque année il semble mourir en hiver mais ressuscite (se remet en mouvement) à nouveau au printemps.

36
Cela correspond symboliquement en Chine à l’hexagramme 36 

http://livreblogdujeudutao.unblog.fr/category/le-livre-des-mutations/

 


« Ming Yi »
« l’obscurcissement de la lumière » ou le matériel funéraire et en Occident et au Moyen Orient à la mise au tombeau. 

Cette mise au tombeau, donc à l’obscurité des profondeurs de l’hiver, est naturellement suivie par le retour à la vie, à la lumière du printemps, à la résurrection, donc à la renaissance et au renouveau des énergies. 
En Chine, le premier jour de l’année est également le premier jour du Printemps, donc celui du renouveau de la nature, de la germination des énergies. 
L’élément bois est donc rattaché à la vue. 
On dit toujours « il a vu le jour à telle date ». 
Mais également aux muscles et au tendons qui motivent le mouvement et l’activité physique.

Le symbolisme occidental de l’Arbre de Vie ou de l’Arbre de Croix

On parlait jadis de « l’arbre de la croix ». 
On arborait donc la croix. 
La croix symbolisa donc aussi l’épée franque qui souhaitait se mesurer au cimeterre, donc au croissant. Il est à noter que la croix, constituée de bois, se compose d’une barre verticale (symbolisant le Ciel) et d’une barre horizontale (symbolisant la Terre ), d’une partie visible se tournant vers l’au delà et d’une partie invisible se situant dans l’au deçà. Elle symbolise donc la vie…et la Voie.
Le métal des clous et de la lance symbolise la mort physique. 
Le tout se transforme, lors de la résurrection, en lumière céleste et en éternité.

 arbre

avant la pratique matinale

Et une information sur les faux-arbres antennes 
cliquer ici

Et une curiosité occidentale : l’arbre de Saint Claude ou Saint Gleude 
C’est « l’arbre à loques » situé entre Picardie et Normandie.
cliquer ici

L’INDIVIDU VERITABLE A UN ROLE A JOUER

 

Par la réalisation de sa véritable individualité, chaque être humain est appelé à jouer le rôle que la Totalité universelle lui assigne. Il doit être comme une fenêtre ouverte, ici, en « surface » où s’exprime en lui et par lui l’infinitude du champ de conscience universel. Il est dès lors un membre actif du « Corps cosmique ».

 Nous avons insisté à maintes reprises sur la vision de la nouvelle physique quantique et de la biologie systémique évoquée par Fr. Capra, David Bohm et plusieurs savants tels E. Jantch. Ceux-ci considèrent la Totalité-Une de l’Univers comme l’unité organique d’un seul et même « Grand Vivant » suprêmement substantiel.

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Le corps cosmique du Grand Vivant s’exprime à travers les membres innombrables que sont les véritables individus, libérés de leur égo. Le rôle de chaque unicité individuelle peut être comparé à celui que jouent les notes particulières dans la Grande Symphonie universelle. Ce rapprochement n’est d’ailleurs pas nouveau.

Chaque note possède sa singularité propre se traduisant par un son restant toujours unique mais vibrant et se renouvelant sans cesse parce qu’il s’accorde aux rythmes toujours changeants du Grand Vivant. Il est à remarquer que sans le recours au jeu des notes innombrables et différentes qui la constituent, la symphonie ne pourrait exister. Un rapport identique existe entre les parties et le Tout, entre les individus et l’Universel. La notion de Corps Cosmique évoquée dans les sagesses antiques, tel le Dharma Kaya dans le Védanta ou le Corps de Bouddha dans le bouddhisme ou « le Corps de Christ » dans l’ésotérisme chrétien se trouve curieusement mise en évidence par la nouvelle physique quantique. Fr. Capra le souligne dans le « Tao de la Physique » où il écrit  : « L’expérience du Corps est en fait soulignée dans bien des traditions orientales et est considérée comme la clef de l’expérience mystique du monde. »

Lorsque nous sommes en bonne santé, nous ne sentons aucune fragmentation de notre corps mais le percevons comme un tout unifié, et cette conscience engendre un sentiment de bien-être et de bonheur. De façon semblable, le mystique perçoit l’intégralité de l’Univers comme un prolongement du corps. » La notion de « corporéité cosmique » est évoquée par le Lama Govinda qui déclare que pour « l’homme éveillé, dont la conscience embrasse l’Univers, l’Univers devient son corps, tandis que son corps physique devient une manifestation de l’esprit universel et sa vision intérieure, une expression de la Réalité Suprême ».

 Les physiciens d’avant-garde, tels David Bohm et Fr. Capra, considèrent que l’essence ultime de la matière est le lieu de la plus haute concentration d’énergie. La nouvelle physique quantique enseigne que seuls les champs sont substantiels, et que, par contraste, la matière qui nous est familière — et qui pour nous est le symbole de la substantialité — est presque insubstantielle. La notion de la corporéité cosmique qui vient d’être évoquée, associée aux enseignements de la Bhagavad Gîta, nous suggère une image un peu simpliste. Nous citons à ce propos les versets de la Bhagavad Gîta : « Treizième dialogue » :

« CELA a des mains et des pieds, des yeux et des têtes, des oreilles et des bouches partout. CELA réside dans le monde et embrasse toutes choses ».

« Rayonnant de toutes les facultés des sens sans en avoir aucun; détaché de tout, libéré des qualités. IL perçoit les qualités».

« A l’extérieur et au-dedans de tous les êtres, immobile et mobile, d’une subtilité imperceptible, tout près et bien loin de nous est CELA ».

« Indivisible, IL réside dans tous les êtres comme s’il était partagé. IL est CE qui soutient tous les êtres.

IL absorbe et IL génère ».

« CELA, Lumière des lumières est, dit-on, par-delà les ténèbres. C’est la Sagesse et l’objet de la Sagesse que peut connaître la Sagesse qui réside dans le cœur de chacun».

Le Corps Cosmique du Grand Vivant possède des milliards de membres que sont tous les êtres humains. Il a des milliards de pieds, de jambes, d’oreilles et d’yeux. Un de nos instructeurs chinois le comparaît à un immense myriapode, sorte de millepatte géant se mouvant à l’aide de ses milliards de pseudopodes. Sans eux, il ne peut avancer. Chaque être réalisant parfaitement son individualité permet à la Totalité universelle de s’exprimer dans la souplesse que lui suggère l’Holomouvement.

En revanche, l’être humain prisonnier de son égoïsme et identifié à son image résiste à l’impulsion créatrice. En conclusion, nous avons un rôle à jouer. L’adéquacité de notre comportement dans une présence au Présent toujours renouvelé nous permet d’être une articulation parfaite, dans le temps et l’espace de CELA, de la Totalité-Une qui est au-delà du temps et de l’espace parce qu’Elle est à la fois immanente et transcendante. Le dépassement de l’égo n’est donc pas une annihilation mais une Plénitude. Ceci a été admirablement exposé par John Blofeld: « Le Tao transcende à la fois le fini et l’infini.

Puisque le Tao est tout et que rien ne lui est extérieur, lorsqu’un être finit par laisser tomber l’illusion d’une existence séparée, il n’est pas perdu dans le Tao comme une goutte de rosée qui se fond dans la mer. Plongez le fini dans l’infini, et bien qu’il ne reste qu’un, le fini, loin d’en être diminué, assume la stature de l’Infini ». « Ceux qui ne sont que logiciens n’approuveront pas mais si vous percevez la signification cachée, vous rirez de leurs arguties. Votre perception vous mettra face à face avec le véritable secret chéri par tous les Sages accomplis; un secret vaste, glorieux, à peine concevable.

L’esprit de celui qui revient à la Source devient la Source. Votre esprit, par exemple, est destiné à devenir l’Univers ». La nature exacte des rapports entre l’individu véritable et la totalité universelle permet de donner la seule réponse valable au problème de la mort. Celui-ci ne s’éclaircit vraiment qu’à partir du moment où nous avons pu discerner les parts respectives du « résiduel » et du « vivant » dans le corps cosmique. La compréhension du rapport exact existant entre le « résiduel » et le « vivant », entre le Passé et le Présent intemporel entraîne une métamorphose complète de notre approche du problème de la mort.

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Celui-ci ne nous suggère plus le climat d’angoisse et souvent de drame qui est généralement prédominant. Précisons cependant que la dédramatisation du problème de la mort ne peut être atteinte par une compréhension se limitant au niveau intellectuel et verbal. Il s’agit d’un problème fondamental dont la solution requiert une méditation approfondie, un « penser-sentir » intuitif et un silence intérieur capables de nous délivrer des perpétuelles auto-occupations de l’égo. L’attitude intérieure correcte et dédramatisée du problème de la mort ainsi que les rapports entre la conscience personnelle familière et la conscience cosmique sont exposés de façon très claire ne laissant subsister aucune ambiguïté par Renée Weber

Extrait du livre : L’arbre de vie cosmique et ses fleurs de Robert LINSSEN – Editions « Etre Libre » 1987 

La physiologie de l’arbre et son rapport avec la pratique énergétique

 

Si il s’agissait d’une simple image (Xiang) ou d’un simple symbole spéculatif, l’arbre, dans la pratique n’aurait qu’un rôle décoratif. Mais depuis des millénaires les sages de l’ancienne Chine eurent une vision assez précise des mouvements de vie qui animent les arbres.

Ils furent donc probablement les premiers, le Liji (Li Ki) ou Livre des Rites, l’un des Cinq Grands Classiques de la Chine , en atteste, à édicter des règles qui avaient pour but de les protéger (Calendrier des Xia, Prescriptions mensuelles…) :

« Premier mois du Printemps … Il est fait défense d’abattre des arbres. Qu’on ne renverse pas les nids. Qu’on ne détruise pas les petits animaux, les fœtus, les nouveaux nés, les oiseaux au sortir du nid, ni les faons, ni les œufs… » « Second mois de Printemps …qu’on protège les bourgeons et les pousses, qu’on nourrisse les petits animaux… »

« Premier mois d’Eté…que rien ne soit dégradé ni ruiné, qu’on n’abatte pas de grands arbres… » « Second mois d’Eté…qu’on protège la forêt, qu’on ne fasse pas de feux dans les endroit exposés au sud » « Troisième mois d’Eté…En ce mois les arbres prospèrent : il est ordonné aux inspecteurs d’aller à la montagne et de veiller à ce que les arbres ne soient ni taillés ni abattus ». Il est ajouté « Respecter les arbres, c’est respecter la vie ».

C’est probablement pour ces raisons que la cuisine chinoise classique permet, grâce à son découpage et à ses divers modes de cuisson d’économiser du combustible.

bodhidarma

Bodhidharma et son arbre

Tout d’abord, comme tout être vivant, l’arbre respire. Il absorbe l’oxygène et produit et rejette du gaz carbonique. Ce qui pourrait être un inconvénient. Mais, heureusement, ce processus est largement compensé par la photosynthèse. Celle ci se réalise au travers des feuilles qui agissent comme de multiples panneaux qui captent à la fois la pluie et la lumière solaire.

Cette lumière permet un processus alchimique subtil permettant de fractionner les molécules d’eau (H2O) amenées jusqu’à ces feuilles à partir du sol grâce à la sève brute ou a partir du ciel par la pluie. L’oxygène (O) est alors libéré et se répand dans l’atmosphère tandis que l’hydrogène (H) s’allie au gaz carbonique pour produire des glucides. Par la suite, ces glucides, toujours dans un processus subtil, se transforment en amidon, puis en lignine donc en bois.

Cette même photosynthèse permet également de synthétiser les acides aminés en utilisant l’azote puisé dans le sol et transporté par la sève brute. Cette synthèse permet la production de la sève élaborée à partir des feuilles, sève qui se répartit ensuite dans les diverses parties de l’arbre. Cela s’effectue à partir au travers d’un important réseau de canaux situés sous l’écorce au niveau du liber.

Cette circulation particulière amenant la sève brute à partir du sol dans l’aubier jusqu’à une hauteur considérable et distribuant la sève élaborée dans les différentes parties de l’arbre s’effectue grâce à deux systèmes distincts. Le premier est l’ évaporation qui attire la sève vers le haut. Le second est produit par la différence de concentration entre la sève brute et la sève élaborée, différence produisant une pression suffisante pour faire circuler la sève.

Lorsque l’évaporation n’est pas suffisante, les racines se chargent d’ions dans le sol ce qui crée un appel d’eau suffisant pour créer une circulation minimale. Il existe donc bien une différence particulière entre la respiration diurne (Yang) et la respiration nocturne (yin) de l’arbre, comme il existe une différence entre sa circulation printanière et estivale (Yang) et sa circulation automnale et hivernale (Yin). 

On retrouve donc bel et bien les quatre cycles principaux de l’énergétique chinoise, le cinquième étant celui de la production des fruits destinés à la reproduction et de lignine, donc de bois assurant la structure de l’arbre. Cette dernière production s’opère à partir du cambium qui engendre à la fois le bois de l’aubier et le liber ou circule la sève.

Chaque année l’arbre produit une nouvelle quantité de bois, le cerne. L’aubier se constitue de lignine dont les cellules vivantes sont animées par la sève brute. Le cœur même de l’arbre se constitue de lignine dont les cellules sont mortes. Il constitue en quelque sorte le squelette de l’arbre. 

Bien qu’il s’agisse à l’échelon microscopique d’échanges subtils, les quantités considérées par les grands arbres sont considérables tant au niveau de la production d’oxygène que de l’évaporation en eau. Une forêt produit ainsi plusieurs millions de mètres cubes d’oxygène et l’équivalent de plusieurs milliers de tonnes d’eau. Cette production et cette évaporation massive ne sont pas sans influence sur le climat et la climatologie.

Certaines espèces comme les pins, les mélèzes, les épicéa produisent également des substances balsamiques en grandes quantités.

Enfin, les arbres influent profondément sur le sol, permettant des associations particulières notamment avec les plantes et les champignons. 
On connaît les associations particulières entre les champignons et certaines espèces d’arbres. 

L’amanite tue mouche (Amanita muscaria) ne pousse que sous les bouleaux et est donc plus fréquente sur les sols siliceux.
Les truffes (tuber mélanosporum), comme la russule noircissante préfèrent les chênes. Lorsque l’on cueille des champignons il est donc d’abord préférable de regarder d’abord vers le haut afin de déterminer les essences d’arbres les plus favorables à la cueillette. Ce sous bois particulier aux essences d’arbres, aux espèces végétales spécifiques comme les lichens, les mousses, les fougères influe à son tour sur les espèces animales qui trouvent un biotope favorable à leur activités.

Le geai recherche les chênes dont il disperse les glands assurant la reproduction de l’arbre. Bon nombres d’insectes, particulièrement de papillons, sont liés à des espèces spécifiques (Bombyx du chêne, de l’ailante, sphinx du laurier rose…). 
L’arbre constitue donc bien un moyen d’ échange exceptionnel entre l’énergie et la matière, le ciel et la terre, l’être humain et son environnement le plus naturel. 

Dans la vision chinoise de l’énergétique l’arbre ne se limite donc pas aux seules racines et à son faîte mais prend en compte ce qui est à son origine, le sol et ses minéraux (sels minéraux, cristaux attachés au Métal) et à son environnement général. 
Un philosophe chinois, Zhang Shi (1133 1180) a pu affirmer dans « L’initiation Correcte » (Zhengmeng) :

« l’être humain possède des défauts comme l’arbre possède de la mousse, des insectes et des oiseaux. Un arbre sans mousse, sans insecte et sans oiseau n’est plus un arbre. Un être humain sans défaut n’est plus humain ».

 

taiji
Taiji et arbre dans la Cité Pourpre à Pékin

Les arbres nous ressourcent

 

Debout, l’oreille posée contre un arbre, j’écoute, comme le faisaient autrefois les Indiens avec la terre. L’expérience donne à découvrir des chuintements, des bourdonnements, des bruits de ville », raconte Idalgo, 42 ans, pourtant doté d’un esprit cartésien. Ce samedi matin, la forêt de Fontainebleau est le théâtre de curieuses expériences. Une vingtaine de personnes écoutent, touchent, hument en chœur… les arbres !

Derrière cette activité insolite se cache un homme jovial, Patrice Bouchardon, animateur de « stages nature »  pas tout à fait comme les autres. Ingénieur de formation, il a toujours nourri un vif intérêt pour les arbres qui l’a conduit à une réflexion sur notre rapport à la nature. En quoi ce contact contribue-t-il à notre équilibre ? Comment développer notre perception de ces végétaux ? Au-delà du simple engouement pour l’aventure sportive et l’écologie (91 % d’entre nous déclarent aimer la forêt, sondage Sofres 2000), notre fondu de futaies insiste sur les bienfaits des chênaies et autres sapinières.

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Retrouver son tonus

« Allez vous adosser contre un arbre qui vous inspire, détendez-vous et concentrez-vous sur votre respiration, propose Patrice Bouchardon à ses stagiaires. D’où part-elle ? De votre ventre ? De votre gorge ? » Cette exploration attentive du souffle a pour effet immédiat une sensation de tonus retrouvé… qui s’explique : les arbres ont une influence positive sur la qualité de notre atmosphère. « Ce sont eux qui transforment l’oxyde de carbone en oxygène, si précieux pour notre vitalité », rappelle Jacques Fleurentin, pharmacologue.

En forêt, chaque arbre en produit environ sept litres par jour. Plus qu’il n’en faut à l’homme, dont les besoins quotidiens tournent seulement autour de un demi-litre. De plus, cet oxygène naissant au sortir de la feuille est « anionisé », c’est-à-dire qu’il est accompagné d’ions négatifs. Ces derniers présentent trois caractéristiques majeures : ils favorisent la dilatation des vaisseaux sanguins, améliorent l’oxygénation des tissus et luttent contre le stress. Pendant une séance de respiration avec un arbre, nous pouvons en quelque sorte prendre rendez-vous avec notre vitalité d’une manière plus « végétale ».

Développer ses sens

Quand le corps est noué, nos sens ne remplissent plus leur mission et nous avançons dans la vie comme des robots. Dans la forêt, narines et oreilles ouvertes, nos gestes perdent, au contraire, de leur automatisme : une étape importante pour mettre le mental au repos. Patrice Bouchardon l’assure : « Les arbres peuvent nous aider à ouvrir nos portes sensorielles afin de mieux habiter notre corps. » D’où les quatre exercices qu’il propose.

Elargir son champ de vision

« Déroulez vos pieds sur le sol et plongez votre regard dans le feuillage de l’arbre en amoureux du voir », suggère le gourou forestier. Notre vue est tellement sollicitée que nous regardons souvent sans voir. « Au début, mon regard s’arrêtait au premier rideau d’arbres, témoigne Inès, 37 ans. En découvrant les espaces entre les arbres et les feuilles, j’ai compris que l’on pouvait aiguiser sa vue et aller au-delà des obstacles. Comme dans la vie. »

Explorer le toucher

Notre peau recèle deux millions de récepteurs sensoriels. Malgré cela, le toucher est devenu tabou dans notre société : comme nous n’établissons souvent qu’un contact visuel, l’image mentale prédomine sur la sensation. Pour rendre la place qu’il mérite au premier des sens, l’exercice consiste à occulter la vue. « Yeux fermés, mains tendues, j’ai parcouru le tronc, enjambé les racines… Ça m’a rappelé mon enfance », raconte Carlos, 26 ans. C’est vrai, ces retrouvailles sont souvent de l’ordre d’une jubilation enfantine. Mais ce n’est pas seulement pour raviver nos souvenirs que Patrice Bouchardon encourage ce contact, c’est aussi « pour renouer avec la spontanéité de l’enfance et reprendre confiance dans ses capacités physiques. »

Apprendre à sentir

Sentir au lieu de penser, serait-ce le secret ? Sentez le tronc d’un arbre, les bourgeons, les feuilles. Identifiez les odeurs. Derrière chacune se cachent des images, donc des émotions. « Le cerveau de l’olfaction, appelé aussi rhinencéphale, fait partie du système limbique, le siège de nos émotions et du plaisir », explique Benoît Schaal, biologiste au CNRS. « Un jour, dans un verger de pommiers, mon corps s’est mis à pétiller, raconte Thérèse, 45 ans. Quand je suis morose, je me replonge dans cette sensation. »

Ouvrir ses oreilles

Aujourd’hui, nous ne prenons conscience d’un son que lorsqu’il nous agresse ! « Si vous posez votre oreille contre un arbre, c’est bouleversant… » Patrice Bouchardon parle de mille bruits différents : des craquements graves, sourds ou aigus. Premier bénéfice : la détente cérébrale. Le mental encombrant et trop bavard est congédié, laissant la place à notre sensibilité et à notre réceptivité. Pratiquée régulièrement, cette technique permet d’être davantage à l’écoute de soi et des autres.

Lever des blocages émotionnels

En poursuivant ses travaux, Patrice Bouchardon s’est rendu compte que les arbres pouvaient agir sur nos désordres émotionnels : « Chacun d’entre eux possède une qualité particulière, assure-t-il. Sa mission : l’éveiller en nous. » Ainsi, le bouleau nous inviterait à abandonner la lutte pour plus de douceur et d’harmonie. Le noyer susciterait l’autonomie et le sens de la responsabilité, et serait efficace en cas de deuil difficile… Michèle, 24 ans, se souvient avoir tourné la page avec son ex-mari lors d’un exercice avec une vieille souche de noyer.

Pensée magique ? Déjà, phytothérapie et élixirs floraux nous apportaient des « médicaments » pour le corps et l’esprit, alors…

Pour le chaman

La pharmacie est la forêt
Chef de mission humanitaire en Amazonie équatoriale pour Pharmaciens sans frontières, Jean-Patrick Costa explique, dans Chamans, hier et aujourd’hui (Flammarion, 2001), comment les médecins shuar utilisent l’arbre à des fins thérapeutiques.

Qu’est-ce qu’un chaman ?
C’est un médecin dont le savoir est fondé sur le pouvoir de la nature. Pour lui, la pharmacie est la forêt. Il sait, ou plutôt il ressent, qu’il peut échanger avec l’arbre. Pour se ressourcer, il pratique le « hug tree », une respiration énergétique auprès de l’arbre. C’est une sorte de méditation.

Pourquoi l’arbre est-il “guérisseur” ?
Les Indiens shuar pensent que les âmes de leurs ancêtres se sont réincarnées dans les arbres. Ils font appel à ces esprits pour être guidés dans leurs chants et dans leurs danses de guérison. Tout un rituel, où ils utilisent l’énergie de l’arbre – tantôt vivifiante, tantôt apaisante, selon le tempérament de l’ancêtre réincarné – pour rééquilibrer celle de l’homme.

A vous !

Choisissez un arbre qui vous attire. Embrassez-le et écoutez, yeux fermés, les sensations que cela déclenche. Vous réaliserez que l’on peut entendre autrement qu’avec les oreilles.

Les mains à plat contre le tronc, écartez-les lentement et notez les picotements, la chaleur, etc., dans vos paumes : vous rencontrez les zones énergétiques de l’arbre.

Comme pour une fleur, apprenez à sentir l’arbre. A chaque inspiration, identifiez les odeurs (sucrées, amères, boisées, etc.) et déterminez précisément ce qu’elles vous inspirent.

Adossez-vous contre lui et prêtez attention à tout ce qui vous arrive : des pensées, des images, des émotions, des souvenirs. Renouvelez l’expérience auprès d’autres arbres.

 ETRE ARBRE

A lire

L’Energie les arbres de Patrice Bouchardon. 
Comment bénéficier du pouvoir des arbres (Le Courrier du livre, 1999).

Communiquer avec les arbres 
de Maja Kooitstra. Des exercices pour apprendre à établir le contact (Le Courrier du livre, 2000).

Arbres millénaires d’Anna Lewington. 
Histoire des arbres les plus anciens (Le Courrier du livre, 2000).

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